
| Année de parution : 1979 |
| Pays d’origine : Royaume-Uni |
| Édition : Vinyle, Chiswick – 2016 |
| Style : Punk, Post-Punk, Art Punk, Pop Couillue |
Ça c’est du punk comme je l’aime. Inventif, audacieux, irrévérencieux, vicieux, énergique, cartoonesque jusqu’à la moelle, oh so very very british ; mais aussi bourré de mélodies imparables qui te restent scotchées à jamais dans le cortex (cette sensibilité « pop » qu’on retrouve aussi chez les Buzzcocks). Ce troisième album de nos damnés chéris n’a failli jamais voir le jour. Après leur second album mi figue mi raisin (que j’aime bien cependant), le guitariste et compositeur Brian James avait quitté le navire… Notre bon Capitaine Sensible a passé de la basse à la gratte principale. Lemmy de Motorhead a rejoint le groupe en mutation en temps que bassiste pour un gros 5 minutes… Puis les tentatives de recrutement d’un bassiste permanent ont finalement abouti avec l’excellent Algy Ward (ex Saints) qu’on retrouve sur ce Machine Gun Etiquette le cul assis sur 4 chaises en permanence.
Pourquoi donc cette allégorie d’arrière train ? Parce que c’t’album est à la croisée des chemins. C’est l’album de transition (réussi) par excellence. Ce n’est plus du tout le punk garage pur et dur de « Damned Damned Damned » (1977). Ce n’est pas tout à fait du post-punk (pour ce que ça veut dire). C’est un mélange de tout ça mais c’est aussi plein de pop muzik rutilante/couillue, d’explosions de clavier qui pourraient aussi figurer sur un disque prog ou psych (ce farfisa !), de solos de guitare jouissifs, de théâtralité grandiloquente et même de petits relents du futur goth-rock/new wave de la troupe.

Musicalement, ce mix improbable aurait pu résulter en une catastrophe ambulante entre les mains de muzikos moins fabuleux. Mais les Damned ont réussi leur pari et livrent ici la marchandise comme les petits Dieux bien baveux et mal élevés qu’ils sont. Il y des TOUNES incroyables sur toute la galette, mes amis. Pas un seul moment faiblounet. La créativité de ces gars là était tellement débordante que le disque a du faire pâlir d’envie toute la compétition à l’époque (à part les Pénis Buzzés ci haut mentionnés car ils butent tout aussi sévèrement).
Les fans de Punk pur jus seront ravis par une pléiade de morceaux bigrement efficaces : « Love Song » (la plus émouvante chanson d’amour de l’histoire moderne), la pièce titre très rentre-dedans (avec les garçons de The Clash aux choeurs !), la classique « Noise Noise Noise » (presqu’impossible de ne pas l’écouter deux fois de file) ou encore « Liar » qui sonne très très Sextolets Pistuels.
Mais prenez ensuite un truc comme « I Just Can’t be Happy Today »… VAT IS DISS ? Le chant hanté/habité de Vanian vachement proto-goth, l’orgue psychotronique à la Stranglers, la batterie véloce de notre rat galeux préféré… On est vraiment ailleurs et pourtant, on ne perd pas le côté très « immédiat » du punk. Sublime enchevêtrement de pleins d’influences disparates que voilà. Sinon, t’as « Melody Lee » qui débute presque comme une pièce d’Elton John avec ce piano grandiloquent avant de se muter en chanson pop punk géniale ponctuée de passes de gratte folle de m’sieur Sensible (un homme que j’aime beaucoup). Oh, et vous aimez faire des bad trip de mush au cirque ? « These Hands » est là juste pour vous mes chers. Ah-ah-ah-ah-oh-oh-oh-ooooh !
La pièce de résistance (selon moi) du divin disque, c’est ce « Plan 9 Channel 7 » qui rend un vibrant hommage au classique cinématographique de monsieur Ed Boisé (featuring Bela Lugosi et aussi le dentiste d’Ed). Ici, on a affaire à du goth-rock catchy en diable qui monte progressivement en intensité, porté par une section rythmique implacable et une lead guitare savoureuse, avant d’atteindre son apogée dans les mugissements d’un clavier fantomatique et les hululements de cette voix de fausset en extase.
Pas juste un des meilleurs albums de punk de tous les temps mais aussi un très grand disque de musique.
Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :



