Playlist

PLAYLIST #17 – Semaine du 2 octobre 2023

Un peu de bla bla pour commencer…. Cela fait des mois depuis la dernière publication des Paradis Étranges. « Mais POURQUOI ??? Où est ma dose quasi-journalière de contenu musical insolite et ravissant ??? »… Voilà ce que se demandaient surement les 2 lecteurs assidus de ce blogue anachronique… En fait, la réponse est ennuyeuse à fond. C’est tout bonnement la vie, dans ce qu’elle a parfois de plus sublimement chiant, qui a décidé d’entraîner notre cher Salade (moi en l’occurence) dans un tourbillon d’embrouilles particulièrement pénibles… Mais me revoilà enfin, détruit et déchu, mais toujours mélomane à fond. Me revoilà pour le plaisir de vous tous et celui des lamas bioniques lanceur de fléchettes roses empoisonnées.

On recommence les choses en douceur avec une jolie playlist toute neuve (ainsi que celles de mes comparses collaborateurs, plus bas). Mais vous retrouverez aussi sous peu de nouveaux épisodes des 15 Fréquences Ultimes, d’autres mixtapes fantasques et de nouvelles critiques d’albums.

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Brahms – Hungarian Dances Nos. 1 – 21 (Istvan Bogar, Budapest Symphony Orchestra) (Naxos, CD) [1988]
    Un superbe enregistrement de ces pièces fort connues du répertoire du génial compositeur allemand. Pour le néophyte: Il s’agit d’une série de 21 compositions assez courtes et inspirées d’airs populaires de danse hongroise-traditionnelle-folklorique-tzigane-slaves ; initialement arrangées pour piano à quatre mains puis ensuite réorchestrées pour orchestre symphonique (ce qui est le cas de la version Naxos dont on parle ici). Les danses alternent entre jubilation féérique et mélancolie funeste. La performance toute souple et fine de l’orchestre de Budapest convient parfaitement au genre et est bien meilleure que d’autres versions trop pompeuses/grandiloquentes pour rien.

  • Friedrich Cerha – String Quartets 1-3 (Arditti Quartet) (cpo, CD) [1999]
    Ça vous intéresse d’entendre une crise d’angoisse qui se transforme progressivement en épisode de dépersonnalisation sévère et de dématérialisation de votre être intérieur tout entier… le tout sous forme de quatuor à cordes ? Maestro Cerha est là pour vous les amis ! Fascinant. Et terrifiant.

  • Leviathan – Howl Mockery At The Cross (Hammerheart, CD) [2005]
    Cette collection de démos de sieur Wrest est aussi bonne que la plupart des albums de cette figure de proue du black metal underground américain. Au menu : des riffs anguleux à souhait, un état de dérangement mental constant, des vocaux vachement uniques et sinistres, des morceaux aux structures lovecraftiennes (je me comprends) et un cover de Death in June ! Point bonus pour l’espèce de son de trompette mariachi dans l’intro de “Summoning Lupine”.

  • Claudio Rocchi – Volo Magico N. 1 (Sony Music, Vinyle) [1971]
    Un pressing absolument grandiose de ce chef d’œuvre de folk progressif italien. Une musique subtile, automnale, mélancolique, rêveuse, émotive et hautement personnelle. La Face A (composée uniquement du morceau-titre) est évidemment renversante de volupté but don’t sleep on l’excellente Face B plus directe et à fleur de peau.

  • C’est Chic! French Girl Singers Of The 1960s (Ace, Vinyle) [2010]
    Bon Dieu que j’aime cette compile de yé-yé girls françaises ! Que de la bombe et un casting hors pair : Françoise Hardy, Jacqueline Taieb, Charlotte Leslie, Brigitte Bardot, France Gall, etc…

  • Riesenbaude – A Lonely Journey Beyond a Horizon Lost (Moonworshipper, Cassette) [2022]
    Synthé donjonné carrément mystique et embrumé de ce duo de rêveurs de mondes impossibles et anciens. On flotte bien loin.

  • Cephalophore – Seraphimus (WereGnome, Cassette) [2022]
    Black Metal atmosphérique de qualité, avec de beaux claviers planants et des relents de post-black, à mi-chemin entre Wolves in the Throne Room, le Deafheaven des débuts et Bekëth Nexëhmü.

  • William Onyeabor – Body & Soul (Luaka Bop, Vinyle) [1980]
    Le roi incontesté du synth funk africain frappe fort ici avec un de ses meilleurs albums. Des rythmes hypnotiques, du synthé jouissif, du gros groove contagieux et un SWAG tellement présent que même ton aiguille de table tournante va vouloir danser toute la nuit.

  • Edgar Froese – Aqua (Virgin, CD) [1974]
    Ce disque solo du leader de Tangerine Dream est aussi bon que les meilleurs albums du groupe, c’est dit ! 4 longues et magnifiques pistes ambient/berlin school (avec en prime, des sons aquatiques qui sont présents en quasi-permanence). Un disque réconfortant et intimiste ; la version “musique de chambre” de Phaedra.

  • Philippe Alarie – All​é​e Saint​-​Paul (Les Cassettes Magiques, Cassette)
    Premier projet solo de sieur Alarie (membre de Depost Through The) paru sur l’excellente étiquette trifluvienne Les Cassettes Magiques gérée par le génial et dynamique tandem de Pierre Brouillette-Hamelin et Guillaume « Inthildin » P. Trépanier. Désolé si je m’adonne à de la convergence ici, mais mes talentueux amis méritent toute la reconnaissance du monde pour ce beau projet.
    Allée Saint-Paul est un voyage intimiste à travers différentes atmosphères sonores… Mélangeant le folk instrumental (avec relents de Basho et Fahey), les field recordings, le drone et l’ambient à merveille, Philippe nous pond ici un album beau comme ces journées d’automne où l’azur bleuté est transpercé de par le rouge, le jaune et l’orangé des feuilles mourantes.
    À noter aussi la superbe pochette signée Louis-Alexandre Beauregard.

  • Thee Oh Sees – Help (In The Red, Vinyle) [2009]
    Un bon cru de ce groupe au milles noms qui semble tenter de rivaliser avec notre Roi Gésier adoré sur le nombre d’albums parus (Quelque part, John Zorn, Merzbow et Jim O’Rourke se bidonnent en disant : “pfff…. amateurs !”). Du Garage Rock Psych catchy à souhait.

  • Iron Maiden – Powerslave (EMI, CD) [1984]
    Pas mon Maiden préféré (mais pas loin) mais peut-être le plus parfait ? Une production lisse et puissante, où chaque instrument est parfaitement audible et est juste « à la bonne place ». Tu entends TOUTE hyper clairement, sans que rien ne supplante rien dans l’mix. Des compositions folles folles folles très classiques-Maiden (« Aces High » et « 2 Minutes to Midnight ») et l’apparition d’épopées métallo-progressives jouissives comme la pièce-titre et l’excellent « Rime Of The Ancient Mariner » (un des chef d’oeuvres de la troupe).

  • Les Alexandrins – Luc Et Lise (Les Alexandrins) (Polydor, Vinyle) [1970]
    Un de mes albums préférés de ce duo apprécié des connaisseurs de musique québécoise 60s/70s mais injustement encore trop méconnu à mon avis. C’est aussi l’album de transition où Les Alexandrins deviennent “Luc et Lise”, nom qu’ils conserveront pour quelques albums avant de finir le reste de leur discographie sous le nom de “Cousineau”, ce qui rend un peu cauchemardesque le classement des disques dans ma discothèque pour l’obsessif-compulsif que je suis. Des chansons à texte merveilleuses, à la fois pop baroque/yé-yé, folk et légèrement psych. Et que dire des harmonies vocales fantastiques (j’suis en amour avec la voix de Lise!).

  • Charles Mingus – Mingus Dynasty (Columbia, CD) [1960]
    Un très mauvais jeu de mot et une pochette qui, de nos jours, attiserait le courroux des gens facilement offensés… mais un autre superbe album du contrebassiste/compositeur/chef d’orchestre visionnaire Charles Mingus, sorti dans la foulée des légendaires « Mingus Ah Um » et « Blues & Roots ». Deux arrangements somptueux de morceaux de Duke Ellington, un morceau d’ouverture déjanté (le très réussi « Slop ») et un paquet d’autres merveilles. On ne se trompe jamais avec ce grand monsieur. A « Banger », as they say.

  • Skinny Puppy – Too Dark Park (Capitol, CD) [1990]
    Un album particulièrement désaxé qui est à la fois terrifiant et qui te donne envie de danser de manière totalement désordonnée (et qui fait parfois tout ça en même temps). Une mise en bouche particulièrement réussie avant le grand cauchemar qu’est « Last Rights ».

  • Merzbow – Ikebukuro Dada (Circumvent Recordings, CD) [2002]
    Un de mes Merzbow préféré de l’ère digitale. Du Harsh Noise vraiment malsain qui lorgne vers le Dark Ambient, le classique contemporain (piano et cordes vaguement sataniques disséminés à travers l’épais brouillard sonore) et même le Black Metal (!) sur la deuxième piste, « Ikebukuro Dada Texture », avec des samples de guitares qui rappellent Burzum. Message à tous ceux qui disent que je suis fou d’écouter de la musique comme ça : de un, vous avez raison et de deux, je vous emmerde.

  • Yoshi Wada – The Appointed Cloud (Saltern, Vinyle) [2008, archival de 1987]
    C’est beauuuuuu…. J’aurais vraiment aimé être présent pour assister à cette performance musicale (slash installation sonore) qui s’est déroulée au New York Hall of Science à l’automne 87 ; mais bon, je n’avais que 2 ans à l’époque… Yoshi Wada nous tresse ici un long drone évolutif, cyclique et mystique au travers duquel s’entrelacent un trio de cornemuses, des sirènes, des tôles frappées, des gongs, des timbales, des tam-tams et un orgue à tuyau modifié (ce cher Yannick Valiquette est déjà tout dur !). Une expérience bruitative complètement hallucinante et hallucinée.

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Maya Ongaku – Approach To Anima (2023) [Japon]
    C’est comme du Kikagaku Moyo smooth étendu sur un album de temps. Musique de doux matins.

  • Cory Hanson – Western Cum (2023) [US]
    Des chansons folk-country-rock bien écrites pis des gros solos de guitare avec de la distorsion! Ça faisait longtemps que je n’avais pas trippé sur un album axé sur la guit ainsi.

  • Johnny Lytle – Moon Child (1968) [US]
    Du jazz par le percussionniste Johnny Lytle. Si vous aimez qu’une multitude de notes de vibraphone vous tournoient autour de la tête, c’est pour vous.

  • Sly & The Family Stone – There’s A Riot Goin’ On (1971) [US]
    Un disque funk/soul chargé, complexe et inspiré du climat politique de l’époque. Classique de 1971.

  • The Temptations – All Directions (1972) [US]
    Une autre bombe funk/soul de la même époque. De savoureux cuivres, des tones de basse comme on en entend jamais et de la voix soul de chez soul.

  • Kit Sebastian – L’addio Hayat (2023) [UK]
    Le duo de psych/pop anatolien frappe encore avec un autre 45 tours qui frôle la perfection.

  • Joy Division – Closer (1980) [UK]
    Un des ultimes chef-d’œuvres de 1980, incroyablement prenant. Fascinant de voir à quel point l’émotion humaine peut se traduire en musique.

  • Gong – Rejoice! I’m Dead! (2016) [UK]
    Album mitigé chez les fans de Gong, puisque c’est le premier après la mort du fondateur et cerveau du groupe, Daevid Allen. Personnellement, je le trouve excellent, bien que moins éclaté qu’à leur habitude. Les chansons sont belles, les portions instrumentales magiques. J’embarque!

  • Giorgio Moroder – Midnight Express (1978) [Italie]
    Une trame sonore par un maître du synthétiseur, ça ne se refuse pas. Excellent film en plus!

  • Jean Guillou – Visions Cosmiques (1969) [France]
    Avez-vous déjà entendu un homme battre un orgue en l’honneur d’une mission spatiale? Moi oui.

  • Shawn Phillips – Beyond Here Be Dragons (1988) [US]
    Je suis un grand fan de Shawn Phillips, mais celui-ci manquait toujours à ma collection. Shawn devait être complètement « out » à la fin des 80s, le vinyle disparaissait peu à peu…
    Merci au Explosive Groove de m’avoir gardé cette copie.

  • Robert Wyatt – The Animals Film (1982) [UK]
    Trame sonore éclectique et inconfortable signée par le grand Robert Wyatt. Il se sert beaucoup de sa voix comme instrument (c’est un peu sa marque de commerce) et de synthé là-dessus. Pour les fans et oreilles curieuses averties.

LÉON LECAMÉ

  • Lonerist – The End of the Earth (dub techno/ambient/deep house)
  • Vesuve – Pline (post-rock/instrumental)
  • Occult Witches – Mastermind (prog/psych/stoner rock)
  • Viagra Boys – Welfare Jazz (art punk/punk rock)
  • Requiem – POPulist Agendas (post-rock/beatinstrumental)
  • White Hat – Psychedelic Ascension Order (avant-garde/psychedelic black metal)
  • Wargasm – Backyard Bastards ~ single (digital hXc/metalcore/post-metal)
  • Chrisman – Dozage (trap/afrobeat/hardstyle)
  • Cobra Barbara – Cobra Barbara (garage/indie rock)
  • Mort aux Vaches – The Man Who Made Radio [L.O.S.D.] (drone ambient/expérimental)
  • Le jour où les Clash sont venus chez nous – l’histoire d’Elixir, le 1er festival rock français
    https://youtu.be/-TLUfgrAECc

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