Playlist

PLAYLIST #18 – Semaine du 9 octobre 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Gabriel Fauré – Piano Quartets (Trio Wanderer, Antoine Tamestit) (Harmonia Mundi, CD) [2010]
    Un de mes compositeurs préférés en mode piano + trio à cordes. Tamestit et le Trio Wanderer font la part belle à ces partitions somptueuses. On erre ici dans une musique tantôt lumineuse et parfois assombrie et brumeuse. Une musique riche, expressive, émotive et passionnée.

  • Miles Davis – Circle In The Round (Music On CD, 2 x CD) [1979]
    Une compile géniale et un peu fourre-tout de l’ange noir, avec des inédits du premier grand quintet de Miles (donc moments d’infinité somptuosité auprès de John Coltrane au menu), d’autres issues de séances d’enregistrement avec le second grand quintet (avec Wayne et Herbie !) qui expérimente en formule acoustique une musique sibylline à la lisière du jazz modal et de l’avant-garde (avant le grand saut vers l’électricité de la période « fusion » qui figure aussi sur la compile). À noter aussi la présence toute passagère de George Benson à la guitare sur « Side Car II ». Le gros highlight de ce doublé est la pièce titre : plus de 26 minutes d’une musique explorative, hypnotique, noctambule, chatoyante…

  • Neil Young With Crazy Horse – Everybody Knows This Is Nowhere (Reprise, CD) [1969]
    Un de mes Neil préférés, en mode rêche, électrique, crasseux, acide. Des pièces folles (l’halluciné « Down by the river », « Running Dry » avec ses violons somptueux, « Cowgirl In The Sand » avec ses solos qui te fendent l’âme à chaque abrasion). Un disque parfait d’un grand artiste à la discographie pléthorique.

  • Daniel Bélanger – Travelling (Audiogram, Vinyle) [2020]
    L’album instrumental hautement réussi de sieur Bélanger. Une trame sonore d’un film fictif que l’auditeur peut s’imaginer scène par scène, en changeant à loisir de personnages et situations selon l’écoute. Un disque/film dont vous êtes le réalisateur, en somme ! Des belles références au western spaghetti (Morricone !) mais aussi aux grands compositeurs québécois que sont Dompierre, Cousineau, Gagnon et Léveillée. Une belle réussite et un exercice qui, je l’espère, aura une suite dans la carrière d’un des plus grands chansonniers de chez nous.

  • Emperor – Prometheus: The Discipline Of Fire & Demise (Candlelight, CD) [2001]
    Le dernier album studio de la légende du Black Metal norvégien et mon 2ème préféré après l’immortel « In The Nightside Eclipse ». C’est leur disque le plus fou, le plus prog, victorien/baroque-rococo, vertigineux, psychédélique… Des compositions complexes aux arrangements alambiqués. Des synthétiseurs mais aussi du piano classique et du clavecin. Une batterie ultra lourde et technique de maître Trym et la meilleure performance vocale de la carrière de Ihsahn. Chef d’oeuvre du Métal extrême.

  • Vaamatar – Medievalgeist (Iron Bonehead, Vinyle) [2022]
    Du « second wave worship » particulièrement réussi en provenance de la Californie. Des riffs jouissifs, une voix bien crade, une réelle ambiance léthargique et poisseuse (qui est entrecoupée par ces moments de fureur effrénée typiques du noir métal). Bref, du très très bon Black Metal, comme c’est toujours le cas chez Iron Bonehead.

  • Asei Kobayashi & Mickie Yoshino – House (Original Motion Picture Soundtrack) (Waxwork, Vinyle) [1977]
    Trame sonore complètement déjantée/éclatée/folichonne/aliénée pour un film qui ne l’est pas moins (un de mes films préférés of all time, qui plus est). Un mélange fou fou fou de jazz fusion, de funk, de bubblegum pop japonaise, de blues Tom Waits-ien, de piano rock et d’avant-garde. Fun for the whole family, y compris les chats !

  • Fabio Frizzi – Lucio Fulci’s The Beyond (Original Motion Picture Soundtrack) : Composer’s Cut (Cadabra, 2 x Vinyle) [1981/2019]
    La version complète, définitive, ré-arrangée et remixée (par les bons soins de son géniteur) de la bande son d’un des chef d’oeuvres ultimes du cinéma d’épouvante italien. Un pressing grandiose et un magnifique objet aussi, comme c’est toujours le cas chez Cadabra. Pour les non initiés (courrez voir le film bande d’insolents !), on a affaire ici à de la très grande musique : du prog symphonico-gothique, de la musique de chambre bien sombre et des synthés horrifiants à foison !

  • Debris’ – Static Disposal (Anopheles, CD) [1976]
    Un magnum opus de WHAT THE FUCK crissement avant-gardiste… proto-punk-dada-garage-space-heavy-psych bourré d’effets de synthétiseur biscornus, de saxophone free jazz, d’énergie glam-rock, de vocaux déglingués-psychotiques et de guitare fuzz. Un genre d’amalgame insensé des Silver Apples, du Velvet Underground, des Stooges, des disques glam-arty d’Eno, de Captain Beefheart, de Pere Ubu, de James Chance & The Contortions, des Dead Kennedys, de Zappa, du vieux Devo, de Chrome, de Richard Hell & The Voidoids, des Residents et de Swell Maps. Un disque essentiel pour tout fan de weird et de fun sans édulcorant !

  • Léo Ferré – La Folie (Pro-Culture, Vinyle) [1970]
    Édition canadienne de l’album Amour Anarchie – Ferré 70 Vol.2 avec la sublime chanson-fleuve « Psaume 151 » en ouverture. De la chanson française hyper poétique, surréaliste, puissante; avec des arrangements tantôt orchestraux tantôt rock psychédélique.

  • Jean Leloup – Le Dôme (Audiogram, 2 x Vinyle) [1996]
    Le meilleur de Leloup/Leclerc ? Fort probablement. Un album qui détonne après un L’amour est sans pitié festif et jovial, paru 6 ans plus tôt. Le Dôme est sombre, introspectif, personnel, mélancolique… mais aussi complètement éclaté stylistiquement parlant. Rock alternatif, folk, dub, hip-hop et passages indus/électro s’enchevêtrent à merveille sur ce disque qui a révélé le plein potentiel de Leloup comme un des songwriters québécois les plus essentiels et originaux de sa génération.

  • Masonna (Mademoiselle Anne Sanglante Ou Notre Nymphomanie Auréolé ) – Frequency L.S.D. (Alien 8, CD) [1998]
    Pwiiiiiiik KRASH Zwiiiiktraffs ARRRRRERRRRGHHGHTYT BROOOOOOVZXDGFDGSFDGHD Pwiiiiit Ta-Ta-Ta-Ta-ZWIIIIITAPROUM BZIM AAAAAAAAAAAAARGHHH !!!!!!! GRRRRTWZwwwiiiiKBrooogrtyuuuuutytti***&&hhgfhdhFWAK !!!!! FWIIII-TA-ARRRGH-YAAAAAA-YAAAA-BRZZZTUYYOIIU-*crissements et sirène de fin des temps*-WIIIIIIIIIIIIZ-BRA-BRA-BRAGWARRRGH-CRRRR-DZZZZT-CRRRR-DZZZZZzzzzzzzzzIT-POUIT-POUIT-POUIT-AH-LA-LA-MANWAAAAAAAAAAAIIII !!!!!!! *bruit de sécheuse satanique*

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Magma – Sensationnel (1981) [Martinique]
    Musique des îles de style zouk, le groupe Magma nous offre ici des grooves épatants interprétés par 9 musiciens. Un son très complet, punché et entraînant.

  • King Gizzard & The Lizard Wizard – PetroDragonic Apocalypse; or, Dawn of Eternal Night: An Annihilation of Planet Earth and the Beginning of Merciless Damnation (2023) [Australie]
    Album de math et thrash metal qui flirte avec le prog… par des geeks, pour les geeks. C’est l’équivalent de jouer à donjon et dragon avec une calculatrice au milieu d’un moshpit.

  • King Gizzard & The Lizard Wizard – Butterfly 3000 (2022) [Australie]
    Album de dreampop synthmade qui flirte avec l’électro… par des geeks, pour les geeks. C’est l’équivalent de capturer des papillons avec un filet magique au milieu d’un jardin enchanté.

  • Aretha Franklin – I Never Loved A Man The Way I Love You (1967) [US]
    Album-monument de la musique soul avec le célèbre hit « Respect ». Ma chanson préférée sur l’album demeure cependant « Don’t let me lose this dream » et j’ai remarqué qu’elle était créditée, paroles et musique, à Aretha seulement. Elle n’était donc pas seulement une excellente interprète, mais aussi une grande songwriter?

  • Black Sabbath – Headless Cross (1989) [UK]
    Un album aux thèmes sombres avec Tony Martin au chant. Black Sabbath était loin de son heure de gloire, mais bien que Headless Cross demeure très heavy metal classique, je le trouve plutôt réussi et même assez hors-champs pour l’année 1989. Par-contre, je ne suis pas une référence, je suis totalement vendu avec Black Sabbath et compagnie.

  • Green Day – Insomniac (1995) [US]
    Probablement l’album le plus direct de Green Day, pas de moments plus smooth ou acoustiques, on garroche du début à la fin. C’était tout un défi de sortir un album post-Dookie, et même si les chansons sont un peu moins radio-friendly que sur ce précédent, beaucoup de classiques du groupe se trouvent sur Insomniac. J’y suis beaucoup attaché.

  • Green Day – Live On Green Vinyyy…yl (1993) [US]
    J’aime beaucoup la période « pré-Dookie / ado » de Green Day. Enregistré en avril 93, en Espagne, on y retrouve des tunes de leurs premiers EPs, de leur 2 premiers albums et une « early » Longview qui se nommait alors « Same Old Shit (I’m fucking wasted) ». Du moins, c’est le nom qu’on lui a attribué sur le disque. Ça sonne assez bien pour un bootleg. Billie Joe était déjà tout un frontman à cette époque, Mike Dirnt très tight à la basse (et moins aux back vocals haha) et Tré Cool est en feu, avec son énergie tonitruante habituelle.

  • Blind Melon – Soup (1995) [US]
    Un disque coup de foudre, que j’ai aimé instantanément à la première écoute. Des excellentes compos avec les émotions dans le tapis. Du chant puissant et surprenant haut (qui me rappel même Jon Anderson de Yes, il faut le faire), une job de guitare créative et poignante et du drum en béton pour soutenir le tout.

  • Ghost – Opus Eponymous (2010) [Suède]
    Rock-metal catchy à la 70s avec un chanteur épique déguisé en pape satanique, le tout garni de gros orgue passé dans un rotary speaker.
    Du gros gros fun.

  • Frank Zappa – I Don’t Wanna Get Drafted (1980) [US]
    Un p’tit single 12po de maître Zappa, ça ne se refuse pas. Surtout avec un live au solo de guitare décapant sur la face B.

  • Mike Oldfield – Hergest Ridge (1974) [UK]
    J’aime cet album presqu’autant que Tubular Bells. Je me laisse totalement emballer par cette musique. C’est une autre démonstration phénoménale du savoir-faire de Mike Oldfield au niveau des arrangements et de la composition à grande échelle.

  • Le Trio André Perry – Imagination (1961) [QC]
    Les débuts jazzés du fameux André Perry. La voix de Jacques Thierry est aussi très cool. Par moment, on dirait Sinatra qui chanterait avec le Dave Brubeck Quarter, pour vous dire à quel point le talent régnait dans cette formation.

LÉON LECAMÉ

  • Satanic Ritual Glorification – Psychedelic Hell (psych rock/occult ambient/expérimental)
  • CRAN – Natë (punk-rock mélodique)
  • Slift – Illion ~ single, album à paraître en 2024. (space/noise/psych rock)
  • Southern Culture On The Skids ‎– Too Much Pork For Just One Fork (swamp rock/psychobilly)
  • Maeströ Cröque Mört – Pour La Survivance Des Miens (raw ambient black metal)
  • Judas Priest – Panic Attack ~ single, album à paraître
  • Balmung / E – Enter the Hyperborean Forest of Hatred (raw black metal) 
  • Clifton Chenier – The King of ‘Zydeco’ LIVE
    https://youtu.be/kZ8iWgWwqG4?si=bMDI07E9K9VUUq1_

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