SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :
- Fantômas – The Director’s Cut (Ipecac, CD) [2001]
Un de mes classiques devant l’éternel ! Pour leur deuxième album, le super-groupe de Mike Patton (Faith No More, Mr. Bungle), King Buzzo (Melvins), Dave Lombardo (Slayer) et Trevor Dunn (Mr. Bungle, Secret Chiefs 3) nous offre des ré-interprétations totalement saugrenues, personnelles et passablement déjantées de musiques tirées de films de genre (horreur, science-fiction, arthouse, séries B, etc..). Un disque tellement mais tellement fun dont il est impossible de se lasser. Mentions particulières aux reprises de Rosemary’s Baby, The Godfather, Twin Peaks: Fire Walk With Me et The Omen. Parmi les plus intemporelles performances de Patton aussi (l’homme qui peut faire d’la corde à danser avec ses cordes vocales).
- Halloween Nuggets: Monster Sixties a Go-Go (Rockbeat, 3 x CD) [2014]
Une incroyable compilation de shock-rock n’roll, surf rock, rockabilly, rock garage et proto-punk ; le tout tournant évidemment autour du thème d’Halloween et du cinéma d’épouvante (avec quelques promo spots radiophoniques de films de genre série-B d’inclus à travers tout cela). Le plus fascinant là-dedans, c’est que la vaste majorité de ces titres proviennent du début/milieu des années 60 mais auraient aisément pu figurer sur des disques psychédéliques de la seconde moitié des sixties… Ces groupes (souvent obscurs), dans le but de bien rendre l’atmosphère un brin cinglée de la veille de la Toussaint, salissent leur son, expérimentent, font rugir les guitares fuzz, martèlent les batteries, usent de milles et uns effets sonores fantasmagoriques. Les chanteurs se veulent menaçant et oublient leurs bonnes manières. Bref, c’est du gros gros FUN.
- John Carpenter – Halloween (Original Motion Picture Soundtrack) (Death Waltz, Vinyle) [1979]
Le classique des classiques de c’te temps-ci de l’année ; temps qui m’est si cher. Pas fâché d’avoir conçu et réalisé un des plus énormes chef d’oeuvre de cinéma d’horreur (probablement le meilleur slasher de tous les temps), l’incroyable Jean Menuisier est aussi l’auteur de sa trame sonore légendaire. Armé de ses synthés analogiques FRETTES en diable, Carpenter nous pond des mélodies ultra minimalistes, répétitives, simplistes mais terriblement efficaces pour établir une atmosphère de suspense transi et de terreur absolue. Superbe pressing et pochette sur cette édition signée Death Waltz aussi.
- Deicide – Legion (Roadrunner, CD) [1992]
Un des 5 meilleurs disques de Death Metal, tout simplement. Un album court (moins de 30 minutes) mais absolument implacable. 8 pistes d’un death metal ultra rapide et sans relâche, bourré de riffs incisifs, de borborygmes vocaux démoniaques, de batterie technique et précise (et LOURDE), de basse aussi vrombissante qu’un moteur de bécane possédé par Pazuzu. Deicide veulent littéralement te gang-raper le conduit auditif. Et c’est délicieux.
- Ulver – Scary Muzak (House of Mythology, Vinyle) [2021]
L’essai « Horror-Synth » de Ulver est un petit régal sonore qu’il fait bon savourer par les temps qui rampent. On y retrouve 5 relectures/ré-interprétations très réussies de thèmes composés par le grand John Carpenter. Les 7 autres titres ici présents sont du cru de la bande de Trickster G. et flottent dans les mêmes eaux troubles et poisseuses.
Vraiment un de mes groupes préférés de tous les temps ; qui a su se ré-inventer maintes et maintes fois à travers leur riche discographie, touchant à peu près à tous les styles possibles (à part la salsa et la city pop… j’ai hâte !).
- Misfits – Walk Among Us (Ruby, Vinyle) [1982]
Le premier album officiel (même si c’est le troisième qu’ils ont enregistré) des rois incontestés de l’horror punk. Et c’est juste jouissif. Un merveilleux mélange de punk hardcore et de rock n’roll 50s, des mélodies accrocheuses (presque pop par bouts), une énergie folle/débordante, la voix si caractéristique de Danzig (un genre de croisement entre Elvis et Jim Morrison) + l’aspect visuel et les paroles qui tournent toujours autour de l’horreur et de la série-B.
- C. A. Quintet – Trip Thru Hell (Sundazed, CD) [1969]
Un pur chef d’oeuvre de rock psychédélique et probablement un des 10 meilleurs albums dans le genre. L’unique opus discographique de ces joyeux fêlés du Minnesota est une des pierres angulaires du dark psych américain. Mélangeant avec brio acid rock, garage rock et expérimentations studio diverses, nos lascars nous invitent à prendre part à un voyage sonore dans LES ENFERS !!! (on y apprend au passage que c’est groovy en sale chez le YABLE pis qu’il aime ça la trompette dans son psych).
Honnêtement, tous les morceaux sont fous, mais dur de ne pas tarir d’éloges la sublime pièce-titre, sorte de suite atmosphérique et instrumentale (scindées en deux parties) avec des relents pink floydiens. Sinon, je suis un fan fini de « Underground Music » avec son côté blue-eyed soul et ses freak outs de guitare.
Le désavantage de cette version CD : on doit se limiter à voir la pochette (superbe) en plus petit
L’avantage de cette version CD : c’est du Sundazed, donc ça sonne vraiment bien et il y a pleins de morceaux bonus EXCELLENTS comme cette reprise de « I Put A Spell On You » du Jay Hurleur préféré des petits et grands.
- Lustmord – The Monstrous Soul (Soleilmoon, CD) [1992]
It is the night of the demon
It is the night of the demon
It is the night of the demon
It is the night of the demon
It is the night of the demon
- Clipping. – Visions Of Bodies Being Burned (Sub Pop, 2 x Vinyle) [2020]
“Did you really think death would be so simple? No, it never stops”
La pétrifiante suite du déjà cauchemardesque « There Existed an Addiction to Blood » va encore plus loin que son prédécesseur dans l’horreur brute et sans artifice. Alliant avec brio hip-hop expérimental, horrorcore, noise, dark ambient et beats industriels, le trio frappe très très fort avec un des disques de rap les plus puissants que j’ai entendu de ma vie.
- Present – Triskaidekaphobie / Le Poison Qui Rend Fou (Cuneiform, CD) [1980/1985]
Un des bands de RIO/Avant-Prog les plus sombres de tous les temps, Present est la bête immonde de Roger Trigaux, ex-guitariste des mythiques Univers Zéro. Cette édition CD parue sur l’excellente étiquette Cuneiform regroupe les deux premiers albums du groupe belge. On a affaire ici à un mélange de musique de chambre passablement cinglée et de rock progressif machiavélique porté par une guitare électrique tranchante (rappelant celle de Fripp de KC) et une section rythmique qui plaira fortement aux fans de Magma. À recommander chaudement aux amateurs de musique sans compromis, atmosphérique, inquiétante, répétitive/minimaliste, dissonante, oppressante et surannée.
- Mayhem – De Mysteriis Dom Sathanas (Century Black, CD) [1994]
Un disque qui sent la mort à plein nez. Paroles écrites par l’ex chanteur (Dead, un sobriquet qui lui allait comme un gant) qui s’était récemment suicidé d’un coup de fusil à pompe en plein crâne. Bassiste qui assassine le guitariste de 23 coups de couteau avant la sortie de l’album. La plupart des musiciens survivants arrêtés pour avoir participé à des incendies criminels d’églises… Bref, du joli. Mais au delà du macabre évident de l’envers du décor, il y a là l’album que plusieurs considèrent comme la pièce maîtresse du Black Métal norvégien… Un album glacé, cauchemardesque, morbide, à la fois rageur et hautement atmosphérique. Et les vocaux atypiques et hautement dérangés d’Attila sont la cerise schizophrénique sur le sundae funéraire.
- Virgin Prunes – …If I Die, I Die (BMG, Vinyle) [1982]
Excellent groupe de goth-rock/post-punk irlandais, mélangeant à tout rompre mélodies punk accessibles, ambiances darkwave de cabaret de la fin des temps et expérimentations qui lorgnent du côté de l’avant-garde. Résolument unique et joyeusement détraqué. Le chanteur/parolier, Gavin Friday, a vraiment une voix et un delivery totalement totalement uniques. Perso, j’adore.
- Diamanda Galas – Diamanda Galas (Intravenal Sound Operations, CD) [1984]
Dans la catégorie « Maman, j’ai peur », on ne présente plus la cantatrice des ténèbres indicibles Diamanda Galas. Cet album éponyme de la dame aux milles voix pandémoniaques est une de ces oeuvres sans concession aucune ; uniquement à recommander aux mélomanes qui n’ont pas froid dans le dos. Au menu : des déclamations désespérées dédiées aux vides, de l’opéra-mort, des voix démultipliées qui s’entrechoquent dans un abysse d’anti matière, des chuchotements/ricanements sataniques déstructurés au possibles et triturés d’effets avant-gardistes ; le tout avec du power electronics, de la noise et de l’indus très très FRETTE et primaire en fond sonore.
En écoutant Diamanda, on a l’impression de se tenir constamment à un pas d’un précipice sans fond. Un précipice qui n’est qu’infinie noirceur. Avec un couteau de boucher qui nous chatouille la nuque.
- Sonic Youth – Bad Moon Rising (Geffen, CD) [1985]
L’album le plus gris et trouble de Sonic Youth ? Après la noirceur brute de leur débuts no-wave, « Bad Moon Rising » est un disque de transition entre le SY ultra expérimental et le SY qui, sur le prochain album, se dirigera dans une trajectoire « noise rock alternative » un peu plus accessible. C’est un de mes albums préférés du groupe et je trouve qu’on en parle trop peu… Il y a un côté post-punk (presque goth même parfois), un côté krautrock sombre et désespéré et des influences drone et psychédéliques. En plus, on y retrouve certains de mes titres fétiches du groupe : « Brave Men Run (In My Family) », « I Love Her All the Time » et « Death Valley ’69 » (en plus de la géniale « Hallowe’en » dans les bonus tracks de la version CEUDÉ). ESSENTIAL STUFF !!!
- Pierre Henry – Maléfices (Cacophonic, Vinyle) [1962]
Trame sonore bien spooky-licious de musique concrète pour le thriller de Henri Decoin (film que je n’ai pas vu, hélas). C’est austère, brumeux et parfois démoniaque. Et c’est vraiment tripant d’entendre Henry dans un contexte un tantinet plus musical que ses oeuvres typiques qui elles, se font un malin plaisir à déconstruire la forme musicale elle même. À suggérer aux fans de BO de Giallo (beaucoup de ressemblances, en plus sauté) et de musique expérimentale biscornue.
- The Vampires Of Dartmoore – Dracula’s Music Cabinet (B-Music, CD) [1969]
Que voilà là un curieux objet sonore non identifié… Les fans de kitsch rococo et de bizarreries musicales apprécieront ce petit bijou d’horrotica allemand qui mélange avec peu de finesse rock psychédélique funky, jazz-lounge, space age pop ; le tout avec une ribambelle d’effets sonores détraqués et bon nombre d’hurlements vampiriques. À recommander de toute urgence aux fans de Jess Franco et de Jean Rollin.
- Pumpkin Witch – Final Strike Of The Pumpkin Witch (Deathbomb Arc, 2 x Vinyle) [2019]
Et on termine avec une autre espièglerie… De la PUMPKIN-SYNTH !?!? Mais oui, messieurs-dames !
Ce groupe qui est à la naissance de ce sous-genre du Dungeon Synth est composé de trois acolytes mystérieux : The Vampire Tyrant au clavier, Haunter of Darkened Forests au synthétiseur et The Disgraced Scientist aux effets sonores. Leur musique réussi le délicat pari de sonner à la fois rigolote/enfantine et inquiétante/épeurante. L’incorporation d’éléments noise vient forcément me parler. Et que dire de cette pochette ? Il me faut toute la discographie !!!
STREAMING :
- akaJazy – Demons Boulder
https://akajazy.bandcamp.com/album/demons-boulder - HALLOWEEN ON NTS: 70S & 80S SLASHERS (NTS.LIVE)
https://www.nts.live/shows/halloween-special/episodes/halloween-special-slashers-30th-october-2023
GUILLAUME P. TRÉPANIER

Sélection Halloween :
Vinyles :
- Fabio Frizzi – The Beyond (1981) [Italie]
- Diablo Swing Orchestra – The Butcher’s Ballroom (2006) [Suède]
- The Ghost – When You’re Dead/One Second (1970) [UK]
- Slipknot – Mate. Feed. Kill. Repeat. (1996) [US]
- Dissection – Storm of the Light’s Bane (1995) [Suède]
- Cemican – In ohtli teoyohtica in miquiztli (2019) [Mexique]
- Gravediggaz – 6 Feet Deep (1994) [US]
- Josefus – Dead Man (1970) [US]
- Alice Cooper – Killer (1971) [US]
- Bulbous Creation – You Won’t Remember Dying (1971) [US]
- Black Sabbath – Black Sabbath (1970) [UK]
- Dream Widow – Dream Widow (2022) [US]
Cassettes :
- V/A – Melkor’s Dungeon : You Wake Up In A Crypt (2023) [US]
- Apocalyptic Fear – Decayed Existence (1992) [QC]
- Paths of the Eternal – Gloom Omen (2021) [US]
- Old Distant Weep – Bliss In Eternal (2020) [Pologne]
CDs :
- Rob Zombie – Hellbilly Deluxe (1998) [US]
- Cornbugs – Skeleton Farm (2005) [US]
- Deli Creeps – Dawn of the Deli Creeps (2005) [US]
- Buckethead – The Cuckoo Clocks of Hell (2004) [US]
LÉON LECAMÉ

- Sigh – Scorn Defeat (black metal japonais suprême)
- Darkness Enshroud – Ancient Kingdoms (occult ambient/blackbient)
- Ghostwound – The Way Back – Demo I (black metal atmosphérique/dungeon synth)
- Hail Spirit Noir – Mayhem In Blue (black metal psychédélique)
- Theatres des Vampires – Bloody Lunatic Asylum (black metal symphonique)
- SurgeryHead – Lords of the Video Wasteland (slasherwave)
- Macabre – Sinister Slaughter (grind/death metal)
- Dismal Euphony – All Little Devils (mélodique/gothique black metal)
- Church of Misery – Master of Brutality (stoner/doom/sludge de serial killer)
- Blackbeard Wizard – Blackbeard Wizard (occult doom metal)
- Energie Noire & FZR Sethi – Witches Brew (dark jazz/occult ambient)
- Bestattungsinstitut – Dedicated To Andreas Vesal-Soundtrack For A Non-Existing Film (expérimental/ambiant/électronica/cinématique)
- Dance with the Dead – Driven to Madness (horrorsynth/dance metal)
- Plumb – Strigoi Madness (keller synth)
- Demented Are Go – Welcome Back To Insanity Hall (psychobilly)
- Pazuzu – And All Was Silent… (darkwave/medieval ambient)
