SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :
- Shostakovich – String Quartets (Complete) Volume 1 Nos. 4, 6 & 7 (Éder Quartet) (Naxos, CD) [1994]
- Shostakovich – String Quartets (Complete) Volume 2 Nos. 1, 8 & 9 (Éder Quartet) (Naxos, CD) [1994]
- Shostakovich – String Quartets (Complete) Volume 3 Nos. 3 & 5 (Éder Quartet) (Naxos, CD) [1995]
- Shostakovich – String Quartets (Complete) Volume 4 Nos. 2 & 12 (Éder Quartet) (Naxos, CD) [1996]
- Shostakovich – String Quartets (Complete) Volume 5 Nos. 14 & 15 (Éder Quartet) (Naxos, CD) [1998]
- Shostakovich – String Quartets (Complete) Volume 6 Nos. 10, 11 & 13 (Éder Quartet) (Naxos, CD) [1998]
J’suis un fan fini de quatuor à cordes. Plusieurs cycles sont légendaires : Beethoven (avec ses 16 quatuors) frise la perfection de cette forme de musique de chambre pour cordes. Haydn, c’est la base, la classe, la constance (il en aura écrit 68 !!!). Mozart, avec ses 23, a poursuit le travail de son prédécesseur de belle manière, avec tout le raffinement et le génie qu’on lui connaît. Schubert en aura écrit des chef d’oeuvres dans le créneau ; on a qu’à penser à « La Jeune Fille et la Mort » (sous-titre donné à son 14ème quatuor à cordes). Oh, et Stockhausen s’est permis la totale avec son Helikopter-Streichquartett (à voir et entendre au moins une fois dans sa vie… pure folie !).
Je me dois aussi de mentionner Brahms, Ligeti, Schumann, Schoenberg, Janacek, Carter, Dvorak, Mendelssohn et Scelsi qui ont tous excellé dans le style.
Mais mes deux BESTS niveau quatuor cordé, c’est Bartók et Shostakovitch. Et si il ne devait en rester qu’un, c’est Dmitri qui remporterait la palme. J’ai beau adorer ses Symphonies à grand déploiement, c’est vraiment dans ses quatuors à cordes, oeuvres plus personnelles, libres et dépouillées, qu’on découvre tout le génie de son esprit troublé. Une musique complexe, abstraite, torturée, souvent triste à mourir, parfois transpercée d’éclats lumineux salvateurs, chavirante, surprenante et BELLE à en pleurer toutes les larmes de son petit corps. Shostakovitch est allé plus loin que quiconque (avant ou après) pour tirer le maximum de pathos existentiel et de beauté irradiante de ces deux violons, de cette viole et de ce violoncelle. Pas besoin de rien d’autre pour aller à l’essentiel et explorer milles et un univers sonores éblouissants.
- John Coltrane – Infinity (Impulse!, CD) [1972]
Un disque posthume magnifique et assez particulier de John. En fait, c’est tout autant un album de la géniale Alice Coltrane qui ici, sublime la musique de son défunt époux avec des arrangements pour cordes à la fois chaotiques et paradisiaques. Les enregistrements de John datent quant à eux de 1965 (avec son quatuor légendaire incluant Elvin Jones, McCoy Tyner et Jimmy Garrison) et de 1966 (avec l’ensemble qui comptait parmi ses membres Alice, Rashied Ali, Pharoah Sanders, Garrison toujours et le percussionniste Ray Appleton)… Album décrié par la critique à l’époque (les cons) mais complètement essentiel.
- Anatole – Alexandre Martel (Duprince, CD) [2022]
Le testament nous l’avait annoncé. Anatole l’excentrique troubadour surréaliste (tel qu’on le connaissait jadis) n’est plus. Les masques tombent, le fard à joue a coulé sous la pluie… Anatole et Alexandre Martel ne font plus qu’un. Mise à nu. Un disque de tounes ; des tounes belles, légères, enjouées, tristes, mélancoliques, savamment composées, profondes, qui touchent l’essentiel. Un enrobage pop jazzy seventies savoureux (les claviers !), des textes oniriques à souhait et une humanité débordante qui irradie de chaque seconde de cette merveille sonore. Pari risqué de quitter la froideur architecturale du personnage devenu légendaire mais pari réussi. Son meilleur album.
- Current 93 – Sleep Has His House (Durtro / Jnana, CD) [2000]
« Have pity for the dead, sleep has his house… »
Dur pour moi de parler d’un album qui me chavire autant… C’est le disque le plus personnel, intimiste et le plus émouvant de la carrière de David Tibet. Un album « dédié à son père bien-aimé », alors récemment décédé. Sur fond de dark folk éplorée et d’harmonium minimaliste et dronesque, Tibet déclame ses textes poétiques et philosophico-spirituels… réfléchissant à voix haute sur le sens de la vie, sur la mort, sur l’après, sur Dieu… C’est incroyablement touchant, humain, habité, profond… Le deuil sublimé en musique.
- Current 93 – How I Devoured Apocalypse Balloon (Durtro Jnana, 2 x CD) [2005]
Un magnifique album live enregistré à Toronto en 2004 avec un line-up sublime : David Tibet (évidemment), John Contreras, Michael Cashmore, Ben Chasny, Graham Jeffery et Simon Finn. C93 en mode « ensemble de musique de chambre désespéré et poétique » (avec guitare, violoncelle et piano). Un premier disque très centré sur ce qui était alors le matériel plus récent de C93 et le second qui fait la part belle à des morceaux plus anciens ou obscurs. Bon Dieu que j’aime Current 93 (A ‿ Ω)
- Marillion – Misplaced Childhood (Parlophone, CD) [1985]
Pas mal le disque le plus populaire du plus célèbre des groupes de néo-prog. Ça sonne comme si le Genesis late 70s n’avait pas abandonné le prog finalement. Album concept boursoufflé, grandiloquent mais accessible, jouissivement kitsch, alternant des passages atmosphériques mélancoliques et des moments rock-pop enlevants.
- Margo Guryan – Take A Picture (Oglio, CD) [1968]
The one sunshine pop record to RULE THEM ALL !
Ce seul et unique album de la belle Margo est un chef d’oeuvre absolu de lazy baroque pop gentiment jazzy et psychédélique. Le genre de disque qui a du influencer fortement les Stereolab, Beach House et Broadcast de ce monde. Irrésistible !
- Taj Mahal Travellers – August 1974 (Phoenix, 2 x CD) [1975]
Une bande de hippies japonais illuminés qui créent un épais brouillard sonore ambient/kraut/drone/psych/free folk, armés de violons électriques, timbales, contrebasse, trompette, tuba, harmonica, guitare, mandoline, synthétiseur, percussions diverses et autres effets/gadgets électroniques. Musique de rituel enfumé et mystique, rappelant les premiers essais expérimentaux de Cluster et Kraftwerk. Délicieusement confus et opaque.
- Mattias Petersson – Triangular Progressions (Hallow Ground, Vinyle) [2023]
Chaque sortie de l’étiquette suisse Hallow Ground mérite l’attention des mélomanes les plus aventureux. Ici, monsieur Petersson fait du drone fort troublant en se basant sur sa passion/fascination/obsession des triangles (la forme géométrique et non l’instrument)… Bref, j’ai pas tout compris la démarche académique mais reste que ce truc est assez fou mes amis. Calme mais dérangeant. Serein dans son malaise.
- Bill Laswell (Sacred System) – Chapter One: Book Of Entrance (ROIR USA, CD) [1996]
Laswell en studio qui nous pond une quarantaine de minutes d’un dub ambient planant, libidineux, narcotique, crépusculaire… Ça se prend toujours bien et ça passe tout seul. Emplissez vos enceintes de cette drogue sonore et vous allez passer à coup sûr un très agréable moment !
- Thantifaxath – Hive Mind Narcosis (Dark Descent, CD) [2023]
On a du attendre presque 10 ans pour la suite du pétrifiant « Sacred White Noise ». Et bien, ce nouvel opus ne déçoit pas (c’est le moins que l’on puisse dire). « Hive Mind » va plus loin dans le dérèglement suprême et dans le jusqu’au boutisme sépulcral… Thantifaxath construisent des cathédrales sonores dissonantes, hasardeuses, vertigineuses, euphoriques… Des constructions post-musicales étourdissantes et gloupissantes qui vous donneront le tournis, vous feront perdre tous vos repaires, vous glaceront les sangs. Un monument de black métal schizoïde-technico-progressif-atmosphérique-rutilant et un des meilleurs albums de métal extrême de l’année, sans conteste.
- Lena Platonos – Εξισορροπιστές (Balancers) (Dark Entries, Vinyle) [2021]
Excellente compilation de démos enregistrés entre 1982 et 1985 par la légendaire et influente compositrice de musique électronique grecque. Platonos est en mode très dépouillé ici, récitant sa poésie sur fond de minimal synth noctambule et très ambient/planant.
- David Lynch & Alan R. Splet – Eraserhead Original Soundtrack Recording (Sacred Bones, CD) [1982]
Sure, just cut them up like regular chickens!
Un film aussi unique se devait d’avoir une bande son unique. Ici, le réalisateur Lynch s’est attelé lui-même à la tâche, accompagné de son comparse Alan Splet. Au menu : des paysages sonores froids, dystopiques et industriels, du dark ambient mortifié, du drone cauchemardesque, des field recordings, de la musique concrète sinistre, des bruits distants de fête foraine surréaliste, de carnaval mortifères, de trains fantôme… et cette chanson (« In Heaven »), sublime, surréaliste, triste et belle, seule lueur d’humanité dans le panorama glacé.
STREAMING :
- André 3000 – New Blue Sun [2023]
https://open.spotify.com/album/33Ek6daAL3oXyQIV1uoItD?si=fO3geshFSqWlCzEhWYBW6A - Cisser Mæhl – Innemuseum [2023]
https://cissermaehl.bandcamp.com/album/innemuseum-2 - Paavoharju – Yön mustia kukkia (2023)
https://fonal.bandcamp.com/album/y-n-mustia-kukkia - Hippie Hourrah – Exposition individuelle [2023]
https://hippiehourrah.bandcamp.com/album/exposition-individuelle - L’Rain – I Killed Your Dog [2023]
https://lrain.bandcamp.com/album/i-killed-your-dog - Laurel Halo – Atlas [2023]
https://laurelhalo.bandcamp.com/album/atlas - Hydroplane – Selected Songs 1997-2003 [2023]
https://hydroplaneband.bandcamp.com/album/selected-songs-1997-2003 - Marco Baldini – Vesperi [2023]
https://anothertimbre.bandcamp.com/album/vesperi
GUILLAUME P. TRÉPANIER

Mur de mes écoutes récentes et trop long texte, de gauche à droite :
- Deafheaven – Sunbather (2013) [US]
Chef-d’œuvre blackgaze et/ou post-metal, appelez ça comme vous le désirez.
Quand on mélange si bien le black metal à un son aérien et lumineux, ça donne un résultat fantastique et unique.
- Jakszyk, Fripp & Collins – A Scarcity of Miracles, A King Crimson ProjeKct (2011) [UK]
Side-project de King Crimson, voici un album prog et jazz où Mel Collins est le héro. On y retrouve aussi Tony Levin et Gavin Harrison de Porcupine Tree pour brillamment compléter la formation. Côté son, c’est plutôt smooth, ambiant et enveloppant, tout en étant super bien construit et pensé.
- Psychedelic Porn Crumpets – High Visceral (Part 1 & Part 2) [Australie]
Album-double comprenant les deux premiers opus de l’énergique et surréaliste formation australienne, les Psychedelic Porn Crumpets. Mettre ce disque sur la platine, c’est avoir le sentiment d’aller faire son jogging dans l’espace.
- Gaahl’s WYRD – The Humming Mountain (2021) [Norvège]
Gaahl’s WYRD est ma meilleure formation black metal actuellement. Tout se joue sur l’ambiance, l’émotion, l’espace… on se croirait au sommet d’une montagne norvégienne tout au long de l’écoute. Gaahl est au sommet de son art, alliant ici son talent pour le chant et l’écriture et son amour pour l’art bien exécuté
- John Williams – Star Wars (1977) [US]
En 1977, les gens découvraient le nouveau film Star Wars au cinéma, ne sachant pas encore que le morceau d’introduction allait être inscrit à jamais dans leur tête dès la toute première note. Mais, John Williams n’a pas seulement initié le film avec une pièce épique, il l’a soutenu tout au long. Des bribes de la marche impériale, le morceau upbeat du « Cantina Band », le thème de la princesse Leia… et une de mes œuvres préférées de Mr. Williams, le thème des Jawas ou « The Desert and the Robot Auction ».
- John Williams – The Empire Strikes Back (1980) [US]
Peut-être la meilleure bande sonore de tous les films Star Wars, John Williams a tout donné. La marche impériale complète, les élans de cuivres lors des batailles enneigées, le thème de Yoda, celui de Boba Fett… la musique sensationnelle du champ d’astéroïdes.
- John Williams – Return of the Jedi (1983) [US]
Pour une troisième fois de suite, Williams en met plein les oreilles aux fans de la série avec une autre série de nouveautés qui s’allient aux thèmes les plus connus. Le film, tout comme sa bande sonore, a profondément marqué mon enfance. J’adore retourner au palais de Jabba ou visiter la forêt des ewoks via la musique.
- Steve Reich – Drumming (1987) [US]
Musique classique post-moderne comme seul Steve Reich sait la manier. Cette œuvre est principalement axée sur les fameuses « phases » du compositeur, mais aux percussions. Un essentiel pour les fans et un à éviter pour les non-initiés.
- Vangelis – Mask (1985) [Grèce]
Album de musique classique grandiose et étonnant du compositeur aux milles facettes, Vangelis. On trouve ici un son plutôt épique avec des subtilités électro 80s qui flottent au travers. Pour les fans, n’hésitez surtout pas si vous le voyez traîner dans les bacs.
- Claude Léveillée – Contact (1972) [QC]
Quand Claude nous offre un disque instrumental au piano qui oscille entre la musique classique, baroque et le prog des années 70, on tend l’oreille et on écoute. De la musique fort imagée d’une grande beauté.
- Paul & Linda McCartney – Ram (1971) [UK]
Indéniablement un des meilleurs de la discographie de McCartney, cet album aux compositions catchy et aux arrangements du tonnerre contient beaucoup de chansons auxquelles je suis attaché, telles que Too Many People, 3 Legs, Dear Boy, Uncle Albert et la puissante et énigmatique Monkberry Moon Delight!
- Jethro Tull – Heavy Horses (1978) [UK]
Un disque au son classique de Jethro Tull, prog rock et folk avec d’inévitables fresques de voix et de flûte du leader Ian Anderson. Ce n’est pas un chef-d’oeuvre, mais il y a quelques morceaux particulièrement forts comme Acres Wild, Heavy Horses ou Weathercock. C’est bien d’y retourner de temps en temps, mais c’est pour les fans seulement.
LÉON LECAMÉ

- Usurpr – Era of Conquest (black/death metal)
- Sadistiko – Abhorraciones (black/death metal)
- Tel – Widower (post-metal)
- H31R – HeadSpace (experimental hiphop)
- ZÖJ – Fil O Fenjoon (experimental ambient/iranian folk/drone)
- Brian Wenner {aka Prism House} – Age Of Execution (experimental/idm/modular synth)
- Exulansis – Hymns Of Collapse (neofolk/chamber music)
- Tensei – ReARTiculations (instrumental hiphop/jazz/trip-hop)
- Yellow Eyes – Master’s Murmur (blackbient/industrial)
