critiques

Townes Van Zandt – Townes Van Zandt

Année de parution : 1969
Pays d’origine : États-Unis
Édition : Vinyle, Fat Possum Records – 2007
Style : Country, Folk

Vague à l’âme. Mélancolie. Tristesse résignée… Ce disque en est emplit. Ça sort de tous les pores ; de tous les sillons. Album hanté, qui semble avoir déjà trop vécu. Notre Townes est abattu, maussade, triste comme les pierres. Mais de tout ce mal-être existentiel s’érigent ces chansons douce-amères, minimalistes mais profondes, percutantes, étrangement réconfortantes… Un carnet d’errances et de perdition, dont l’auteur, au plus creux de ses déboires, parvient à transformer en chef d’oeuvre luminescent, extirpant toute la beauté sublime du pathos. Chanter malgré la désillusion, les échecs et les larmes… for the sake of the song. Car la beauté est dans toute chose.

Je vois en cet éponyme de Townes Van Zandt le reflet outre-atlantique du « Five Leaves Left » de l’ami Nick Drake. Mais là où l’amertume de Nick provenait d’une dépression profonde, celle de Townes vient de ses relations brisées et de ses multiples addictions (héroïne, boisson). Deux hommes qui souffrent. Deux génies musicaux qui subliment cette souffrance en chansons magnifiques, renversantes, indémodables ; qui vivront éternellement, influençant générations et générations d’artistes, réussissant à atteindre l’âme (et les tripes) de tout mélomane. Car la souffrance est universelle. Et l’être humain (dans une vaste proportion, désolé messieurs les sociopathes) est capable d’empathie pour son prochain ; et aussi pour soi. Et quand les humains vivent des déceptions, des coups de blues, des revers… Ils ont parfois besoin de pleurer un bon coup, de se bercer dans ces univers cafardeux (mais hautement poétiques) un moment, d’entendre une voix leur dire « ça ne va pas trop moi non plus. Mais c’est aussi cela parfois, vivre ».

La vie est parfois dure et cruelle… Mais la vie est aussi beauté infinie. Donc fermez les yeux, et écoutez Townes jouer de la guitare et chanter toute la misère du monde. Vous l’entendrez alors, cette infinie beauté.


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