Playlist

PLAYLIST #34

Coucou nous revoilou ! Avec une nouvelle playlist qui est, ma foi, assez en retard (la dernière datant déjà de fin avril).

Un énorme DÉSOLÉ pour notre absence des dernières semaines/mois. Votre humble serviteur a vécu quelques aléas qui l’ont plongé dans un état mental un brin moribond… Et mes (trop) rares moments libres des dernières semaines furent consacrés à mon projet sonore UgUrGkuliktavikt, exutoire ténébreux suprême s’il en est. Je vous reparlerai d’ailleurs de toutes les fascinantes et infâââââmes sorties d’UgUrGkuliktavikt que vous avez manqué ces derniers temps dans de futures publications…

Une nouvelle toute fraîche pour le blog : J’ai décidé que j’allais arrêter de donner des « notes » aux disques dans mes chroniques/critiques. Alors que j’évolue encore plus profondément et « symbiotiquement » dans mon amour (suprême) du 4ème art (le meilleur), je trouve de plus en plus trivial et ridicule le fait de sentir le besoin de « noter » un album sur 10 ou sur 100…

La musique, ce n’est pas un concours. La musique, c’est bien plus que cela. C’est émotion pure (qu’elle soit positive ou négative), c’est splendeur fait de splendosité, c’est un médicament pour l’âme, c’est un monde infini de possibles, un chavirement de l’être, de la poésie sous forme bruitative, un moment de bonheur qu’on s’offre à soi seul (ou entre amis), le grand frisson transcendant tout… Et je trouve que c’est un peu (beaucoup) manquer de respect à cet art (et aux artistes qui l’exercent) de coller des notes ou scores à ces objets (matériels ou dématérialisés) qui n’existent pas pour être notés mais bien pour être écoutés avant tout… De plus, je pense que souvent, quand on note le disque, les gens vont aller regarder la note avant même de lire la critique ; voir même en passant outre sur cette dernière (qui pourtant, représente le travail réel du chroniqueur). Au même titre qu’il est quasi-impensable de donner une note sur 100 à un tableau ou une sculpture, je ne comprends plus ce besoin de noter des disques de musique…

Bref, je suis tanné des critiques/journalistes de musique qui étalent leur « bon goût » sur la place publique avec suffisance en y déversant des 10 sur 10 à tout rompre ou des 2 sur 10 lapidaires (et gratuits)… Moi, je vois plutôt comme un passionné invétéré qui tente de toute ses forces et de tout son être de communiquer cet amour de la musique aux quelques lecteurs qui passent par ici… Et comme un auteur (avec ses qualités et ses défauts) de textes qui ont le but premier de donner envie au lecteur d’écouter les disques dont il est question, je trouve contre-productif de les noter… Inviter les gens dans un perpétuel voyage de découvertes sonores folles, telle est ma mission. Pas de hiérarchiser ces merveilles selon une grille de critères emmerdants au possible.

Je vais donc, dès que possible, retirer les notes des nombreuses critiques déjà publiées sur le site. Seuls les textes (et infos complémentaires) demeureront. Je n’exclu par le fait d’ajouter des petites mentions/logo du genre « disque d’île déserte », « disque sous-estimé », « plaisir coupable », « prod de fou » ou ce genre de chose à l’avenir (je réfléchi encore à cela en compagnie de moi-même et je vous reviens).

Dernier point avant de passer à nos sélections : le blog sera probablement moins actif un peu qu’il l’était initialement… Bon un peu plus que ces deux derniers mois, espérons le… Mais pour tout dire : je suis présentement en processus de recherche d’emploi et il y a fort à parier que mon nouveau poste sera en « présentiel »… ahem… Donc fini la belle époque où je pouvais écouter des disques dans mon bureau à longueur de journée (snif, snif, snif). Gros gros deuil pour ma part. Mais qu’à ne cela tienne, dès qu’un petit temps libre pointera le bout de son minois, je vais faire touner mes galettes et vous en parler m’sieur-dames. Promis-juré-craché (même si c’est malpoli).

Bon, assez jacté. Voici ma playlist et celles de mes amis Guillaume et Léon ! Enjoy !

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE

  • Ensemble Accentus, Thomas Wimmer – Sephardic Romances – Traditional Jewish Music From Spain (Naxos, CD) [1996]
    Un splendide album de cet ensemble autrichien se spécialisant dans la musique ancienne (antiquité, moyen-âge, renaissance). On a ici affaire à la musique s’inspirant des traditions juives, turques, arabes, africaines, grecques et européennes. En se basant sur les documents historiques, l’ensemble tente de redonner vie à ce à quoi pouvait ressembler la musique profane en Espagne alors que le pays abritait bon nombre de ressortissants juifs. Un fantastique voyage dans le temps !

  • Brahms – The Complete Symphonies (Herbert von Karajan & Berliner Philharmoniker) (Deutsche Grammophon, 2 x CD) [1978]
    Johannes Brahms, en bon perfectionniste notoire, n’écrira que 4 symphonies. Il passa 14 ans à peaufiner sa première avant de la terminer en 1876 ! Les deux premières symphonies, de facture très classique, sont très belles et inspirées de Beethoven, considéré à juste titre comme le maître du genre…. À partir de la 3ème, Brahms est au sommet de sa créativité et nous pond une oeuvre très romantique, lumineuse et personnelle ; souvent citée comme un des chef d’oeuvres de l’Allemand. Pour terminer, la quatrième est la plus tumultueuse/impétueuse ; un retour à la forme classique mais incorporant aussi des éléments romantiques et de l’innovation dans l’orchestration et dans la profusion rythmique. C’est ma préférée.
    Très belle interprétation du bon Herbert et de l’orchestre berlinois, comme toujours.

  • William Basinski – Watermusic (2062, CD) [2001]
    Un drone-ambient d’une heure, tranquille, duveteux, scintillant, ressourçant, magnifique. La musique de Basinski est un médicament pour l’âme. Et j’avais amplement besoin de ce médicament ces derniers temps.

  • Ichiko Aoba – qp (Speedstar, Vinyle) [2018]
    La beauté pure, brute, vraie… dans sa forme élémentaire. La lumière du jour filtrée par une forêt millénaire, où il fait bon se perdre. Un des plus magnifiques albums de dream-psych-folk moderne de tous les temps. Une voix qui te chavire tous les sens. Une guitare qui te fera pleurer de bonheur. Des compos absolument merveilleuses. Chef d’oeuvre. CHEF D’OEUVRE.

  • Ulver – Bergtatt – Et Eeventyr I 5 Capitler (Head Not Found, CD) [1995]
    Le début d’une des épopées musicales les plus palpitantes des (bientôt) 30 dernières années. Premier album du groupe norvégien aux milles et unes identités musicales, Bergtatt est un chef d’oeuvre incontesté de black metal atmosphérique (fortement imprégné de dark folk) et clairement un des meilleurs albums du genre. Ces 5 morceaux sont des monuments d’émotivité, d’ingéniosité mélodique, d’euphorie galvanisante et de beauté irradiante. Parce ce que oui, rares sont les albums de BM qui sont aussi BEAUX. Toujours aussi phénoménal après toutes ces années.

  • Miles Davis – Sorcerer (Columbia, CD) [1967]
    Troisième album du 2ème grand quintet de Miles et celui où le « prince of darkness » laisse le plus la place aux membres de son groupe. Miles tripait solidement sa vie de collaborer avec des musiciens aussi exquis et novateurs. Il leur laisse donc champ libre pour explorer leur talent, leur inventivité et leur flair. Sur Sorcerer, il ne compose rien. C’est surtout Wayne Shorter qui s’y colle, signant ici 4 morceaux particulièrement réussis. Mais Herbie Hancock nous montre aussi à quel point il est un compositeur de génie ; nous offrant de sa plume le morceau-titre absolument magique/mystique… et Tony Williams est l’auteur de l’énigmatique ballade « Pee Wee », ballade qui a ceci de particulier : Miles ne joue même pas dessus !
    On tient là un autre album fabuleux du Quintet en pleine gestation, lui qui prendra bientôt la voie de l’électricité (Bitches Brew n’est pas bien loin).

  • Kraftwerk – Ralf & Florian (Philips, Vinyle) [1973]
    Troisième album de Kraftwerk et mon 2ème préféré de la formation (après « Trans Europa Express » qui demeure pour moi leur plus grand chef d’oeuvre). Le groupe est alors en pleine mutation ; évoluant de leurs débuts psychédéliques vers la musique électronique qui sera leur marque de commerce à partir d’Autobahn. Mais on est à milles lieux de la synth-pop ici. L’album rappelle Cluster pour le côté expérimental, le foisonnement d’idées et la forme très « libre » des douces expérimentations sonores ici présentes. Ce qui fait la magie de « Ralf & Florian », c’est entre autre l’enchevêtrement d’instruments acoustiques (flûte, instrus à cordes, batterie) à ces claviers, vocoders et autres instruments électroniques. C’est le Kraftwerk le plus humain, le plus posé, le plus frais. Une merveille.
    Oh, et « Tanzmusik » est ma pièce préférée de Kraftwerk, toutes époques confondues.

  • The Smile – Wall Of Eyes (XL Recordings, Vinyle) [2024]
    L’excellent trio composé de Thom Yorke, Jonny Greenwood (tous deux de Radiohead) et Tom Skinner (Sons of Kemet) signe déjà ici son deuxième album. Moins jazzy et tendu que leur premier disque, ce « Mur de Yeux » est dans une veine plus posée, post-rock/art-rock planant, psych, éthéré ; le tout porté par une production époustouflante et pleine de petits détails fantasques. Un album introspectif qu’il fait bon de savourer en ces jours de printemps gris qui rappellent la fin d’automne.

  • Vetala – Satanic Morbid Metal (Harvest Of Death, Vinyle) [2010]
    Aaah, ces Portugais… Vraiment les maîtres actuels dans le domaine du black metal lo-fi, noisy, déstructuré, sale, gloupide, batracien et délicieusement infect. Vetala est une de ces hordes (à un membre) qui oeuvre à concevoir une musique infiniment malsaine et cauchemardesque ; un mélange hideux de cris glaçants, de black noise pétrifiant, de Bathory-worship version atonal, d’espèces de passages post-punk/no wave/DIY en roue libre… Parfait pour ceux qui aiment s’enfoncer dans des marécages déments et grouillants de milles immondices.

  • Souls Of Mischief – 93 ‘Til Infinity (Jive, CD) [1993]
    Le plus « east coast » des albums de « west coast » de tous les temps. Prod boom-bap/jazz-rap ; grosse basse, batterie « phat » et cuivres ensorcelants. Les MCs sont excellents. Un classique de rap 90s, à ranger avec vos A Tribe Called Quest, Digable Planets et The Pharcyde.

  • The Cure – Three Imaginary Boys (Fiction, CD) [1979]
    Excellentissime premier album du Remède, alors que le groupe est à son plus minimaliste, livrant un rock alternatif anguleux teinté de new wave et de post-punk. Des chansons énormes, la voix du jeune Robert Smith déjà reconnaissable entre milles, des guitares très « jangle » et des paroles déjà très sombres et nihilistes.

  • Low – C’mon (Sub Pop, Vinyle) [2011]
    Le plus « dream pop » des albums de Low. Beau, mélancolique, planant ; avec des harmonies vocales à tomber par terre. Une autre réussite pour un des meilleurs groupes alternatifs de tous les temps.

  • Second Hand – Reality (Trading Places, Vinyle) [1968]
    Une merveilleuse obscurité britannique de la fin des années 60 qui mélange avec succès proto-rock progressif, garage rock, pop baroque et heavy psych. Pour les fans : y’a du délicieux mellotron et de l’orgue un peu partout ! Message à Guillaume Trép : ajoute ça à ta collection au plus CRISS, si tu ne connais pas !

  • Earthen Vessel – Hard Rock / Everlasting Life (Gear Fab, CD) [1971]
    Groupe heavy psych / acid rock du Michigan qui n’a produit que ce seul album complètement démentiel et rempli à rabord de guitares fuzz (à la gloire de Dieu, amen!). Le duo chanteuse/chanteur fait penser à Jefferson Airplane mais la musique est plus lourde. C’est rare d’entendre des fous de Jésus produire une musique aussi rentre-dedans.

  • The Mothers Of Invention – We’re Only In It For The Money (Rykodisc, CD) [1968]
    Un des grands classiques de Zappa et ses Mamans Inventives, ce troisième opus du groupe est une critique musicale surréaliste et très acerbe du climat de l’époque. En bon satiriste, l’oncle Frank tire sur tout ce qui bouge : les politiciens de droite arriérés, de même que la gauche supposément progressive et son mouvement hippie qui se fait récupérer par le système… Musicalement, on a droit à un délectable mish-mash de doo-wop absurde, de musique concrète, de pop-rock psych, de jazz et de collage sonore saugrenu. Intemporel.
    What’s the ugliest part of your body ? I think it’s your miiiiiiiiiiiind….

  • Art Bears – Winter Songs (ReR Megacorp, CD) [1979]
    De l’avant-prog/rock in opposition de très haut calibre, avec une chanteuse complètement folle et atypique au possible (Dagmar Krause) et 2 lascars qu’on ne présente plus (Fred Frith et Chris Cutler, tous deux issus de Henry Cow). Une ambiance cauchemardesque, obtuse et très dense règne à travers ces morceaux courts mais étoffés à fond. À recommander aux fans de This Heat, Univers Zéro, Samla Mammas Manna, Captain Beefheart et les Residents.

  • Roxy Music – Roxy Music (Virgin, CD) [1972]
    Bon Dieu que je l’ai écouté souvent c’t’album et je le trouve toujours aussi frais, avant-gardiste, novateur, génial, ultra inspiré… Regardez moi cette photo des muzikos à l’intérieur de la pochette : accoutrements vestimentaires complètement éclatés mais chacun a son style bien à lui, comme si chaque membre faisait partie d’un groupe différent… Et cela s’entend… Il y a ici des personnalités artistiques fortes et uniques qui réussissent à co-habiter sans trop de discorde (bien que pour Eno et Ferry, le combat de coqs ne durera que deux albums). Tout ici est complètement fou et ne devrait pas si bien fonctionner ensemble et pourtant… ça marche… Que ce soit les bidouillages expérimentaux de synthés et de bandes d’Eno, la voix hautaine et théâtrale de Ferry, le hautbois et le sax enchanteur du très classieux Mackay, la guitare rock orgasmique de Manzanera, la batterie à la fois agile et tonitruante de Thompson et la basse racée/groovy de Simpson… Tout ceci est au service de chansons superbement composées, avec des retournements complètement ahurissants vu leurs structures passablement éclatées. Il y a du fun, du fou, du triste comme les pierre, du décadent, du planant, du rentre-dedans… Un chef d’oeuvre total et complet d’art-rock et le meilleur album du groupe.

  • François Dompierre – Dompierre (Barclay, 2 x Vinyle) [1975]
    Un grand disque québécois du compositeur aux milles talents ! Musique instrumentale prog-library hyper variée (des pastiches de tous les genres) avec des passages tantôt funky, enjoué, planant, épiques, festif, mélancolique. Les arrangements sont orgiaques, la production fabuleuse et la personnalité si unique de Dompierre déborde de tout bord tout côté.
    En plus, vous pouvez aisément mettre la main là-dessus dans les bacs à 1$, donc ne boudez pas votre plaisir.

  • Mons & MYLD – The Hanging Gardens of Babylon (Fantasy Audio Magazine, Cassette) [2023]
    Très beau split de synth-muzik fantaisiste mettant en scène deux projets franchement excellents qui créent ici une tapisserie sonore très introspective et rêveuse en hommage aux jardins suspendus de Babylone, une des sept merveilles du monde. Un album rassurant et calmant, parfait pour accompagner les douces journées de pluie estivales.

  • Earthen Shield – A Bitter Withered Eve (WereGnome Records, Cassette) [2024]
    Side-project winter synth absolument merveilleux de ce cher Nicholas Pahman, alias Hermit Knight et Magic Caster ; un des musiciens les plus actifs de la scène DS actuelle et aussi le propriétaire de l’étiquette « WereGnome Records » qui nous livre de l’excellence et des étrangetés biscornues sur bande depuis déjà 4 belles années…
    Earthen Shield c’est le pendant plus tragique/hivernal de Hermit Knight… On a droit ici à 4 pistes mélancoliques, émotives à souhait, planantes, méditatives, ensorcelantes… Un enchantement.

  • Cetăți Dacice Din Munții Orăștiei – The Seventh Obsidian Fortress Of Ancient Dacian Nightmare (GoatowaRex, Cassette) [2020]
    Un pur concentré de chaos, de laideur extatique, d’avilissement indompté, de primitivisme moribond, d’atonalité rayonnante sous des lumières blafardes et périmées… Ce projet de dungeon synth / black ambient qui nous provient de Normandie fait vraiment une musique très très amateur/DIY et maléfique, qui rappelle beaucoup l’esthétique des sorties des Légions Noires (surtout les projets ambient-lo-fi comme Moëvöt). Absolument génial.

  • Narghaash – Over The Magick Solitude (Ancient Meadow, Cassette) [2021]
    Très belle collection de démos de ce projet de DS mélancolique-minimaliste-lo-fi allemand, qui incorpore des influences néo-folk à sa musique qui plaira aux amateurs de dungeon synth old school. Les fans de Vargounet seront aussi ravis par une série de covers de Burzum en conclusion de la Face B.

  • Satyricon – Dark Medieval Times (Moonfog Productions, CD) [1993]
    Génial et glaçant premier album pour les black métalleux norvégiens légendaires. Cet opus originel est très primitif, très cru et incisif. Cela dit, on retrouve déjà le drumming virtuose si unique de Frost et toute l’inventivité du multi-instrumentiste et hurleur Satyr ; un petit génie dans l’art de la création d’atmosphères blafardes en diable. L’album rappelle le premier Burzum dans son côté aride/froid/brut mais avec une maitrise technique plus évidente et des éléments symphoniques ça et là. Un super album.

  • Magma – Zëss (Le Jour Du Néant) (Seventh Records, CD) [2019]
    L’oeuvre est un véritable ovni dans la carrière du groupe. Premièrement, on y retrouve un orchestre symphonique (l’orchestre philharmonique de Prague) en support. Deuxième particularité, pour la toute première fois, Vander n’est pas derrière les futs ! Il fait appel à Morgan Ågren (batteur de la formation progressive suédoise Kaipa) qui le remplace à la batterie, ce qui donne une rythmique métronomique complètement différente à ce qu’on a l’habitude d’entendre avec Magma. Christian s’attribuera plutôt le rôle de chanteur soliste et de « prophète » déclamant un long poème apocalyptique/mystique (surtout en français !) à travers la première moitié de l’oeuvre. Se joignent à eux de précieux acolytes comme Simon Goubert au piano, Rudy Blas à la guitare et Philippe Bussonnet à la basse. Et on retrouve aussi un ensemble vocal comprenant certaines des plus belles voix de Magma à travers sa riche histoire (Stella Vander, Isabelle Feuillebois et Hervé Aknin).
    On tient là un chef d’oeuvre de plus dans une discographie déjà légendaire. Un genre d’amalgame complètement renversant de Carl Orff, Richard Wagner, Steve Reich, John Coltrane, de Gospel, de Prog et de Pop Baroque.

STREAMING


GUILLAUME P. TRÉPANIER

LE MUR DU SON / écoutes récentes en rafale
On a des disques en commun dans cette sélection?

  • Jeff Buckley – Grace (1994) [US]
    Il faut vraiment avoir un coeur de marbre froid ou être mort par en dedans pour que ce disque ne fasse pas une forte impression sur nous.
    C’est chose de rare qu’un artiste possède un talent de composition de ce calibre soutenu par une voix aussi bouleversante et unique, mais ça arrive.

  • Ice Cube – Amerikkka’s Most Wanted (1990) [US]
    ENFIN! Ce disque est entré dans ma collection.
    Premier Ice Cube suite à son départ d’N.W.A.
    Ça nous laisse comprendre qu’une bonne part de leur côté intello/bad-ass provenait de ce dernier.
    Soutenu par The Bomb Squad (même team de prod que Public Enemy), cet album, c’est du lourd.
    Avec Amerikkka, l’auditeur se frottre à du gangsta rap politiquement engagé, avec des morceaux traitant de racisme institutionnel, de drogue, de pauvreté et de critiques médiatiques.
    Ice Cube, rappeur, auteur, acteur, producteur, figure publique engagée, c’est toute une tête et cet oeuvre en témoigne bien.

  • Little Albert – Swamp King (2020) [Italie]
    Je ne pensais jamais aimer et encore moins acheter un album de blues récent. Le blues plus moderne me fait rarement accrocher.
    Le dernier album de blues que j’ai aimé date de 2010, se nomme « Living Proof » et nous provient du vétéran Buddy Guy, alors…
    Alors, Little Albert! Puissant, bien senti, passages doux comme heavy, des vocals qui rappellent Alice In Chains par moment, mais le tout sur du blues. Magnifique. Des tones de voix et de guitare parfaits, grungy sur les bords. Ça vire stoner par moment, ce qui apporte une belle intensité.
    J’ai écouté Swamp King à maintes reprises pendant la pandémie et c’est devenu un classique, du moins, dans ma kallax!

  • Roy Buchanan – Roy Buchanan (1972) [US]
    Un album dans la catégorie « les frissons me pognent à tout coup ».
    Roy Buchanan est un guitariste blues, mais au son et au playing très distinctif.
    C’est comme avoir tout le feeling que le blues peut donner, mais avec un esprit qui va ailleurs, une façon d’aborder la guitare très artistique et éclectique.
    Je considère la pièce « The Messiah Will Come Again » comme un game changer dans mon cheminement musical, l’ayant entendu et joué à maintes reprises avec des amis lorsque j’étais ado.

  • Please – 1968/1969 (1996) [UK]
    Compilation d’enregistrements inédits du groupe Please, mené par le talentueux Peter Dunton (Neon Pearl, Please, Gun, T2).
    Un peu comme sur leur album Seeing Stars, les morceaux sont d’une simplicité désarmante, les riffs d’orgue catchy et Peter Dunton chante avec son timbre captivant, doux et mélancolique tout en s’occupant de maintenir un rythme solide à la batterie.
    Je suis certain que le fait que Peter soit un drummer/chanteur qui compose les parties d’orgue apporte vraiment une autre dimension au psychédélisme de Please, qui n’essaie jamais d’impressionner via des compétences musicales ou des effets sonores.

  • The Sacred Mushroom – The Sacred Mushroom (1969) [US]
    Groupe de blues psychédélique dont les membres vivaient dans une maison/commune qu’ils appelaient la « Mushroom House ». Ils habitaient une ville très industrialisée (Cincinnati, Ohio) et cette initiative s’avérait être leur réponse typique mouvement hippie à toute cette ambiance grise et capitaliste.
    J’ai découvert cet album lorsque j’étais ado et que je m’étais mis à fouiller le psych obscur sur des vieux sites internet de fans. J’avais été immédiatement fasciné par la pochette, le nom et l’histoire du band et bien que musicalement, il n’y ait rien qui se démarque tant que ça là-dessus, je suis très heureux de l’avoir enfin dans ma collection.
    Merci au Explo!

  • Plume Latraverse – Autopsie Canalisée (1983) [QC]
    Disque publié entre deux Métamorphoses à l’écriture soignée et la même année que le monumental live avec Offenbach, Autopsie Canalisée est un autre incroyable testament du poète maudit qui ose passer au scalpel tout ce qui le dérange ou le fascine.
    Sous la bannière du rock sombre, jeansé/cuiré, Plume n’a pas la langue dans sa poche. Écrire « Laxatif Rock », faut le faire.
    À travers les classiques comme Les avaleurs d’asphalte, Dis-Moé, On peut pas tout avoir ou encore La chanson de Jean-Claude, on peut distinguer de petites perles telles que Les yeux cloches, Mémoire courte, La Décade Danse ou, une de mes préférées, Dans n’importe quelle ville.
    Bref, une magnifique collection de chansons à déguster avec une stout, de préférence!

  • Maston & L’Éclair – Souvenir (2021) [US]
    Un autre dans ma série « disque de pandémie », qui a tourné à profusion lorsqu’on était dans l’isolement et l’inconnu.
    Musique envoûtante, doucement psychédélique, mélancolique lumineuse… du groove de yeux clos.
    Cet un album tout court qui fait du bien tout le long de l’âme!
    Je le recommande à tout le monde, littéralement.

  • Jean-Michel Jarre – Équinoxe (1978) [France]
    Quand t’es dans un trip de « progressive electronic »… c’est assez incontournable.
    Bien que parfois très « upbeat », il s’agit d’un beau voyage futuriste, hypnotique et atmosphérique.

  • Communicant – Sun Goes Out (2021) [US]
    Alors là, on parle d’un petit chef-d’œuvre pop/rock psychédélique, parmi les tops des albums modernes du genre.
    La pochette est aussi belle que la musique à l’intérieur. Des morceaux puissants et magnifiquement construits avec des gros hooks et des bridges hallucinants. La chanson « Sleepwalker » en est un bon exemple!
    Les textes sont aussi très imagés, avec une plume plutôt varié, évasive et unique, qui ne tombe pas dans les clichés faciles du genre.
    C’est un album où tout se tient et qu’on peut écouter à nombreuse reprises sans se lasser.
    Gros coup de coeur!

  • Men At Work – Cargo (1983) [Australie]
    Y’a des disques qu’on fait jouer parce que c’est juste du gros fun et celui-ci en fait partie. Pas un chef-d’œuvre, mais une excellente remise en forme sonore quand on a le clapet bas.
    Jangle reggae rock new wave alouette… dynamisme et énergie au rendez-vous!

  • Simon & Garfunkel – Greatest Hits (1972) [US]
    Je ne suis pas très compilation de type « Greatest Hits », mais ici, j’y trouve tout ce qu’il me faut de ce duo mythique. Et il se feel très bien comme un album de folk/pop doux, mélancolique et introspectif.
    Mrs. Robinson, The Boxer, The Sound of Silence, I Am A Rock, Scarborough Fair, Bridge Over Troubled Water… tout y est.
    L’exemple parfait d’un disque à 2$ qui peut s’avérer être un essentiel.

LÉON LECAMÉ

  • Vaurien – L’esprit et le Béton (raw black metal/blackened punk)
  • Spit – For the Masses (punk black metal)
  • Uncertain – The Descending Spirals of Time (ritual ambient/drone/sound collage)
  • Flower – Hardly a Dream (hxcpunk)
  • Stockhausen – Prozession (experimental/electronic/classique contemporain)
  • Laudanum Quilt & fencepost [&] – Diegetic Sound. (aNr66) (indus/drone/noise)
  • Youth Avoiders – Relentless (hardcore punk)
  • Brume / C. Renou – No Zen Machine (dark ambient/musique concrète/avant-garde)

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