Playlist

PLAYLIST #35

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE

  • David Bowie – Station To Station (Parlophone, Vinyle) [1976]
    L’album de transition entre la phase white funk / plastic soul de Bowie et la trilogie berlinoise. Un génial amalgame de ce qu’on a pu apprécier sur « Young Americans » (surtout grâce à la présence toujours appréciée du guitariste Carlos Alomar) et la musique plus expérimentale et froide qu’on retrouvera ensuite sur les albums « Low », « Heroes » et « Lodger ».
    La pièce-titre est un morceau d’anthologie du Thin White Duke ; une longue suite dystopique de cabaret-art-glam-kraut-funk-cocainé-à-l’os. La suite n’est pas en reste ! Des ballades somptueuses (« Word on a Wing » et la reprise de Nina Simone « Wild is the Wind »), un morceau complètement fou qui parle d’une télévision mangeuse d’êtres humains (« TVC 15 »), la fantastique « Stay » (du cocaine-art-funk à son meilleur) et le très chaud et dansant « Golden Years » (whap-whap). Du grand Bowie, comme toujours quand on parle des 70s.

  • Selda – Selda (Pharaway Sounds, Vinyle) [1976]
    Ce premier de deux albums éponyme paru par la grande chanteuse turque Selda Bağcan en 76 est une pure tuerie et aisément un des 10 meilleurs albums de « anatolian rock ». Une voix incroyable, une fusion complètement génialissime entre musique folklorique turque et rock psychédélique bien « fuzzy » (merci les Moğollar en support !), des claviers ultra kitsch et addictifs, des compositions de génie… Du gros gros fun et un disque qui n’a pas pris une ride. Essentiel.

  • Count Five – Psychotic Reaction (Craft Recordings, Vinyle) [1966]
    Un excellent disque de garage rock / proto-punk / early psych avec quelques sympathiques covers des Who, des compos originales très efficaces et une chanson titre absolument ultime ! Un must pour tout amateur de rock de garage 60s.

  • Modified Magic – Modified Magic (Library Of The Occult, Vinyle) [2024]
    Très chouette album de goth-surf-rock psychédélique instrumental / post-punk krautrockish / horror synth. Comme toujours, les sorties des bibliothécaires de l’occulte valent l’investissement !

  • King Crimson – In The Wake Of Poseidon (Discipline Global Mobile, Vinyle) [1970]
    Le deuxième album du souverain cramoisi est très similaire à « In The Court » dans sa construction donc forcément moins révolutionnaire mais proposant tout de même des pièces d’anthologie comme la très schizo-jazzy « Pictures of a City », la magnifique ballade folk-prog « Cadence and Cascade », la pièce-titre très épique et mélancolique en diable, la délurée et délirante « Cat Food » ainsi que (potentiellement) leur pièce la plus sombre et démoniaque : « The Devil’s Triangle », qui est en fait une reprise de « Mars » du compositeur Gustav Holst. Peut-être un Crimson mineur mais tout de même un sacré album que tout fan de prog se doit de posséder.

  • Nominon – Daemons (Livor Mortis, Vinyle) [2021]
    Compilation qui regroupe les trois premières démos de ce cultissime groupe de death métal suédois ; le matériel allant de 1993 à 1996. On a affaire ici à du death profondément malsain, primitif, marécageux, graveleux, ordurier ; avec quelques petits interludes ambient lo-fi méphitiques à souhait. Un régal pour tout amateur de noirceur opaque et démente !

  • Des Gens Comme Vous Et Moi – Des Gens Comme Vous Et Moi (Escales, Vinyle) [1971]
    Une magnifique obscurité québécoise… Un pressage privé de ce seul et unique album de ce groupe d’auteurs-compositeurs de la Mauricie (Cap-de-la-madeleine REPREZENT !) qui nous servent ici des perles de psych-folk-pop mélancoliques et/ou bucoliques ainsi que des piécettes yé-yé jazzy fort sympas. À noter la présence ici de René Dupéré, André Dumont et Jean Piché, qui seront ensuite de l’aventure « Agape », groupe qui produira un seul album de prog-psych-folk-chrétien assez weird merci (que je cherche activement !!!).

  • Ceramic Hello – The Absence Of A Canary (Ice Machine Records, Vinyle) [1981]
    TOUT amateur de synthés analogiques froids, de minimalisme, de pop synthétique, de John Foxx et de Kraftwerk se DOIT de poser ses oreilles sur cette petite merveille insolite et injustement méconnue. Duo ontarien composé de Roger Humphreys et Brett Wickens, Ceramic Hello n’aura sorti que cet unique album mais il s’agit là d’un des meilleurs disques de minimal synth jamais produit de tous les temps.

  • Dany Placard – J’Connais Rien À L’Astronomie (Simone Records, Vinyle) [2020]
    Sieur Placard en mode space-prog-psych-rock, pour mon plus grand bonheur ! Un des meilleurs albums québécois des dernières années.

  • Farouq Salama (فاروق سلامة) – مع الانغام الحلوه (Sono Cairo, Vinyle) [1972]
    Légendaire compositeur et accordéoniste égyptien, Farouq Salama nous sert ici un magnifique album de danses orientales folkloriques, le tout bourré de percussions hypnotiques et d’accordéon enchanteur.

  • Joanna Brouk – The Space Between (Numero Group, Vinyle) [1981]
    Un des meilleurs disques de new age de tous les temps, initialement paru en cassette au début des années 80 et réédité par les bons soins de Numero Group en 2019. Une merveille dronesque, portée par un piano délicat, du synthétiseur et des carillons.La pièce-titre qui occupe toute la Face A est un de mes morceaux ambient préféré de tous les temps.

  • Saor – Guardians (Season Of Mist, 2 x Vinyle) [2016]
    Très bon 3ème album pour ce projet de black métal atmosphérique écossais qui incorpore de fortes influences celtiques dans sa musique. Les arrangements sont magnifiques et la présence de la cornemuse et des violons vient donner une touche très unique pour un album de black métal.

  • Franz Liszt – Klavierkonzerte Nos 1 & 2 · Totentanz · Piano Concertos · Concertos Pour Piano (Krystian Zimerman, Seiji Ozawa & Boston Symphony Orchestra) (Deutsche Grammophon, CD) [1988]
    Grandiose. Mon chef d’orchestre « violent » préféré (je l’ai même qualifié de « Grindcore » dans son approche du Sacre du Printemps de Strav ; sa version demeurant MA version de référence) associé à un pianiste de génie qui est surtout reconnu pour son raffinement, sa technicité exemplaire et son élégance mais qui ici laisse tomber son naturel (du moins un peu) pour se plonger corps et âme dans le pathos primaire et l’émotivité brute de la musique du compositeur hongrois… Dans les passages plus tranquilles, il joue avec sensibilité et poésie. Et dans les passages plus intenses, son jeu est musclé, agressif, envolé, viril, puissant… Bref, il est PARFAIT pour ce que la musique de Liszt est : un concentré brut d’émotion et d’impétuosité.
    Et « Totentaz » ! Bordel !!! Si c’est pas la meilleure version de cette oeuvre incomparable, je donne mon âme à n’importe quelle entité méphistophélique ! Zimerman à son plus TÉNÉBREUX et Ozawa en plein dans son élément.
    Une rencontre au sommet entre deux maîtres qui rendent justice à un de mes compositeurs préférés de tous les temps.

  • Michel Polnareff – Polnareff’s (Universal, CD) [1971]
    Un chef d’oeuvre complet et total sur tous les niveaux…. Possiblement le meilleur disque de musique populaire française de tous les temps (oui, encore plus que Gainsbourg). Je n’en reviens pas encore de cette production absolument démentielle (quais impossible que ça sonne aussi bien pour 71). On dirait que les muzikos sont dans ma salle d’écoute, à me caresser les tympans avec cette basse ondoyante, ces cuivres intempestifs, ces claviers ronronnants, cette batterie funky-véloce, ce piano enchanteur…. C’est presque érotique comme sensation par moments.
    Les arrangements sont absolument prodigieux, les chansons complètement folles de maitrise, la voix si particulière de Polna est PARFAITE.
    Un tour-de-force et le meilleur album de pop baroque EVER.

  • Joe McPhee – Nation Time (Atavistic, CD) [1971]
    Dans la foulée des révolutions « Bitches Brew » et « A Love Supreme », le début des années 70 était un terreau fertile pour de grands déploiements de Jazz hors norme. C’est le cas de ce succulent disque en pestak du grand saxophoniste américain Joe McPhee qui mélange ici avec adresse jazz libre, jazz-funk, spiritual jazz ; le tout avec un groove assez fantasque et une intensité palpable.

  • Halo Manash – Language Of Red Goats (Aural Hypnox, CD) [2008]
  • Halo Manash – Am Kha Astrie (Aural Hypnox, CD) [2008]
  • Halo Manash – Taiwaskivi (Aural Hypnox, CD) [2009]
    Cette trilogie d’albums de Halo Manash occupe une place de choix dans mon coeur (noir). Mélangeant avec adresse et originalité ambient rituel, dark ambient et drone, ces Finlandais sont des maîtres incontestés dans l’art de créer des bandes son cauchemardesques et lovecraftiennes à fond… Il s’agit là d’une influence avouée pour mes élucubrations sonores les plus minimalistes pondues du côté de UgUrGkuliktavikt. À écouter de préférence au beau milieu de la nuit, dans une obscurité quasi totale.

STREAMING

LIVE

  • Ichiko Aoba, Maison Symphonique (Place Des Arts), Montréal (6 juillet)

GUILLAUME P. TRÉPANIER

LE MUR DU SON / écoutes récentes en rafale.
On a des disques en commun dans cette sélection?

  • Alice Coltrane – A Monastic Trio (1968) [US]
    J’ai un ami qui joue de la harpe et un jour, on a décidé de se faire un jam drum/harpe. On avait joué tout l’après-midi, au Soleil, dans la forêt de mon village natal. J’en garde un très bon souvenir. J’étais jeune et j’avais beaucoup aimé la relation « drum et harpe », je trouvais ça original et j’avais jamais entendu quelque chose du genre.
    C’est ensuite qu’un autre ami m’a dit : « ah, mais connais-tu A Monastic Trio d’Alice Coltrane? ».
    Je suis allé écouté et je suis tombé automatiquement en amour. Ça a ouvert au moins 10 portes de mon cerveau en même temps.
    Très heureux de l’avoir enfin en vinyle celui-là… et j’espère en trouver beaucoup d’autres d’Alice Coltrane, dont je suis maintenant très beaucoup pas pire fan.

  • Colonel Bagshot – Oh What A Lovely War (1971) [UK]
    Avec une ouverture magnifique nommée « Six Days War », cet album ce distingue par sa thématique sur la guerre des Six Jours, conflit historique de 1967 entre Israël et les pays aux alentours.
    Sous de superbes mélodies baignées dans la pop, le psyché, le rock et le folk, ces hippies de Liverpool dénonçaient la guerre.
    Tout ça est évidemment très cliché, mais j’peux pas m’empêcher de trouver ça beau. Surtout pour un sujet cruellement d’actualité.

  • Burnin’ Red Ivanhoe – Burnin’ Red Ivanhoe (1970) [Danemark]
    Cet album ouvre qui ouvre avec un des meilleurs riffs du monde nous provient directement de Copenhague et nous plonge dans un univers aux multiples influences : jazz, rock, psych, prog, pop, R&B, folk, blues…
    Plutôt difficile à catégoriser, disons que Burnin Red Ivanhoe est un band qui sonne 1970 dans toute ses facettes. Le duo de saxophonistes et l’utilisation d’un trombone rendent les morceaux particulièrement distinctifs.

  • Indian Summer – Indian Summer (1971) [UK]
    Indian Summer est une vraie perle heavy prog des early 70s. Aillant publié un seul album sur le même label underground que Spring et Tonton Macoute, ce groupe comparable à Uriah Heep nous garroche aux visages des passages instrumentaux hallucinants bourrés d’orgue pesant et de drum ultra-dynamique. Le chanteur a un timbre de voix digne des grands de l’époque.
    Très belle pépite de l’époque, pour les curieux.

  • Malajube – La Caverne (2011) [QC]
    La Caverne est un album à l’aura très particulier, car il est à la fois pop-électro très bonbon et à la fois très sombre, tumultueux et tourmenté. Il me fait penser à leur album d’avant, Labyrinthe, mais en plus sucré.
    Un tour de force de Malajube dont seul Malajube est capable.
    J’ai toujours adoré cette ligne de texte de Mineau : « Ma bouche est remplie de dents contre toi ».

  • Hiroshi Yoshimura – Green (1986) [Japon]
    Ambiant mélodique avec un fond de post-minimalisme de par ses fresques plus rapides et répétitives, des sons enveloppants rappelant subtilement les bandes sonores des premiers jeux vidéos… Une pochette avec une plante verte!
    Bref, cet album a tout pour me plaire, m’inspirer et me mettre dans un bon mood.

  • Barbara & Ernie – Prelude To… (1971) [US]
    Énorme coup de coeur pour ce disque cruellement méconnu de soul et folk-rock sous un chapeau « psychedelia ».
    Le mood est incroyable, les subtilités de tous les instruments, tel un sitar électrique, et les multiples layers de voix procurent aux chansons une richesse remarquable.
    Mais c’est qui ce duo?
    Barbara Massey a été choriste pour Jimi Hendrix, Cat Stevens et Herbie Hancock.
    Ernie Calabria est un guitariste jazz qui a collaboré avec Nina Simone et Harry Belafonte.
    Faites-vous au moins la faveur d’écouter la chanson « For You », présente sur ce disque.

  • Soft Machine – Third (1970) [UK]
    Un d’mes meilleurs albums à vie, celui avec lequel j’ai découvert le grand Robert Wyatt.
    Prog/Jazz « canterbury » expérimental unique et sans compromis, Third est une oeuvre complètement champ gauche et éclatée.
    Écouter Wyatt chanter Moon In June en jouant du drum me renverse à chaque écoute.

  • Yes – Yes (1969) [UK]
    Le tout premier Yes et pourtant, on se fait déjà garrocher leur drive phénoménale à la figure dès les premières minutes avec la fantastique pièce d’ouverture « Beyond And Before ». L’alliance Bill Bruford et Chris Squire produit son effet dans un groove impeccable et hallucinant.
    S’en suit d’une reprise épique et retravaillée aux détails près d’une chanson de David Crosby écrite pour The Byrds.
    En troisième lieu le groupe révèle une seconde composition originale, Yesterday And Today, que je considère parmi mes favorites de la formation.
    Bon, je ne passerai pas toutes les chansons, mais c’est pour dire à quel point ça été un excellent départ pour leur prolifique carrière qui allait suivre.

  • Plume Latraverse – Chirurgie Plastique (1980) [QC]
    Plume a entamé les années 80 avec un album au son peu représentatif de cette époque, mais plutôt intemporel.
    Gros rock, ballades acoustiques, épopée bluesy en actes de 11min, clin d’oeil cha-cha, chansonnette… Le bonhomme fait ce qu’il veut, comme d’habitude.
    En résulte ce qui est considéré par les fans comme un de ses classiques.
    Perso, « Chanson longue et plate » est une de mes favorites et « Assis ent’ deux chaises » est aisément une de ses plus belles tunes.

  • Klaatu – 3:47 E.S.T. (1976) [Canada]
    On a tous un disque qu’on conserve pour une seule chanson… Voici le miens! Je n’ai jamais été un grand fan de Klaatu, mais je ne pourrais me passer de l’espèce de ballade psycho-space-pop scifi qu’est « Calling Occupants Of Interplanetary Craft ».

  • The Rolling Stones – Tattoo You (1981) [UK]
    Un autre dans la catégorie que je garde pour un seul titre. Bon ok, peut-être deux avec celui-ci, car Start Me Up demeure tout un opener et un excellent hit.
    À travers le blues-rock générique, arrive miraculeusement la magnifique chanson « Heaven », probablement la plus éthérée et planante des Rolling Stones. Complètement hors-marché de son époque, et même ovni sur son propre album. À chaque fois, elle feel comme une surprise même si je la connais déjà.

LÉON LECAMÉ

  • UgUrGkuliktavikt – Deux berceuses dé​personnalisées pour nuits fermentées (dark ambient / drone / musique concrète hantée)
  • Gjendød – Livskramper (black metal)
  • Life Is Hell – Anthology (crust black metal)
  • Cytoplasm – Tlakuani [Demo 2024] (slam-death metal)
  • WITNESS – Demo Cassette Tape (crust punk)
  • Feculent Orchiectomy – Superluminal Antinecrodeleuzian Hyperjungian Copremesisesis (avant-garde goregrind)
  • Jacula – In Cauda Semper Stat Venenum (prog synth occulte)
  • Nächtlich – Exaltation of Evil (black metal)
  • Urine Mask – Future Trauma (crust punk)

Laisser un commentaire