Les Saints Martyrs, feu les Martyrs de Marde (comme je les ai connus, jadis), je les aime d’amour, avec volupté, tendresse et déraison. Je ne connais aucun groupe qui allie avec autant de goût (ou de mauvais goût, c’est selon les visions) déclamations nihilistes hurlées en défaveur/hommage à un monde fétide (qui est le nôtre, hélas), visuels percutants et délicieusement ostentatoires, théâtralité sans borne, énergie brute, flair artistique incisif… et le tout dans cet amalgame complètement surréaliste-rococo et déviant de genres musicaux champ gauche (punk hardcore kéb, black métal poussiéreux de hargne, no wave libidineuse, post-punk mécaniquement décalibré, goth-rock des abysses et chanson française avariée).
Sur scène, ce sont des personnages irrévérencieux qui revêtent des costumes grand guignolesques (le prêtre BDSM, le médecin de la peste, etc..) mais malgré ça, ils demeurent authentiques à 1052%. Leur propos, leurs textes (empreints d’une poésie noire comme le café du Double R) vont s’imprégner dans votre être tout entier et, tels des ténias avides, vont gruger vos matières grises et y pondre tout un tas d’immondices… des vérités insoutenables, du mal-être probant et profond, des remises en question, des ivresses impossibles… mais de la beauté aussi, une sorte d’appréciation du chaos et des ruines de notre monde quasi-moribond.
Bref, c’est un de mes groupes préférés actifs actuellement et cela allait donc de soi que je les invite à participer aux 15 Fréquences Ultimes. Cependant, dans leur cas, comme ils sont quatre (et qu’ils ont tous et chacun des goûts musicaux dignes d’une mixtape propre), j’ai pensé faire les choses un peu différemment… Et OUI ! Ci-bas, vous retrouverez non pas une mais QUATRE mixtapes pernicieuses à vous mettre sous la dent (ou plutôt dans l’t’ympan). Un énorme merci à Frère Foutre, Souffrance, Anonymous Bosch et Alpha Vil de s’être prêtés au jeu et de m’avoir soumis vos sélections musicales passablement éclatées (je n’exagère pas !!! voir les playlists ci-bas !). Ce fut un plaisir de mixer tout cela pour vous.
Donc, sans plus tarder, mesdames et messieurs, phoques et chiens, gants d’acryliques zombifiés et momies désabusées, préparez vous à plonger dans les goûts, influences et plaisirs coupables de quatre des musiciens les plus importants de la scène underground québécoise ! Bonne écoute à tous et à toutes !
Tracklist:
Mystère des voix bulgares – Dragana i Slavei
Captain Beefheart – The Host, the Ghost, the Holy-O
Tom Waits – I’ll take New York
Backxwash – Muzungu
Marnie Stern – Prime
Sunn O))) – It took the night to believe
Lingua Ignota – I who bend the tall grasses
Antonin Artaud – La recherche de la fécalité
Death Grips – I break mirrors with my face in the United States
Catherine Laurin est une des artistes les plus fascinantes qui a émergé de ma chère trifluvie ces dernières années. Compositrice, violoniste de formation classique, fabuleuse chanteuse qui peut absolument tout faire avec son organe vocal hallucinant, parolière habile, réalisatrice/arrangeuse hors pair, épicurienne-musicienne un brin touche-à-tout ; que ce soit au sein de la formation Cosmophone (dans un genre « pop atmosphérique électro-interstellaire ») ou encore dans le groupe montréalais Pourpre (dont je qualifie la musique de « rock néo-prog théatral post-vintage »).
Pour sa mixtape très personnelle, mamzelle Laurin vous invite à parcourir avec elle ses amours sonores et ses influences qui sont hautement variées. On y retrouve du prog rock grandiloquent, du art rock stupéfiant, des pépites pop à la production très moderne et aventureuse, des chansons mythiques d’auteurs-compositeurs énormes (Dylan, Bowie, Smith), du jazz modal intimiste, du rap et du R&B alternatif subjuguant, ainsi que quelques ivresses bruitatives en provenance de notre scène musicale québécoise adorée.
Un gros merci à Catherine pour sa participation à cet exercice à la fois exaltant et déchirant !
Bonne écoute à tous et à toutes !
Tracklist:
Arca – Anoche
The Alan Parsons Project – The Turn of a Friendly Card
Radiohead – Scatterbrain
Elliott Smith – Everything Means Nothing to Me
Blood Orange – Dagenham Dream
Coldplay – Don’t Panic
Bob Dylan – The Lonesome Death Of Hattie Carroll (Live 1975)
Éric Normand… personnage fascinant, ultra talentueux, radicalement original, polymorphe et fort travaillant/prolifique de la contre-culture musicale québécoise (et ce, depuis des années). Ce natif de Mont-Joli qui habite actuellement Rimouski (la nouvelle capitale du bruit et de l’expérimental !) est un touche-à-tout notoire ; à la fois improvisateur, compositeur, imprimeur, bassiste, guitariste, chanteur, échantillonneur sonore, fondateur/gérant de la splendide étiquette Tour de Bras, collaborateur fréquent chez nos amis de Cuchabata et membre de plusieurs formations hétéroclites et collectifs tous plus sautés les uns que les autres (Brûlez les meubles, Le GGRIL, Incipit, Tutu Combo, Jack et ses boîtes, P.O.W.E.R., Tomahawk Territory, le Éric Normand 5 ; pour ne nommer que ceux-là). Bref, on peut le mettre dans la même catégorie que les John Zorn, Jim O’Rourke, Sun Ra, Masami Akita, Omar Rodríguez-López de ce monde ; une catégorie que j’aime appeler « Mais DORMENT-ILS DES FOIS ??? »
Alors, un mec au parcours musical aussi stupéfiant/abracadabrant, ça écoute quoi ? Qu’est-ce qui l’influence au quotidien dans son art ? Et bien, cette mixtape répond partiellement à la question (je dis « partiellement », parce ce que je sais qu’Éric aurait facilement pu me faire un « 250 Fréquences Ultimes »). Au programme, vous aurez la chance de savourer la Zeuhl très brutale et folichonne des Japonais Ruins, l’avant-pop obtuse des Residents (en mode « minimal wave »), les field recordings de notre cher Luc Ferrari, l’avant-prog de chambre de After Dinner, un audacieux collage sonore électroacoustique de Mauricio Kagel, ainsi que des pièces de plusieurs chansonniers « champ gauche » (Vannier, Marcoeur, Higelin) et un lot de pistes free jazz/modern improv (Carla Bley, Threadgill, Dixon, Giuffre, Ornette, Lacy).
Un gigantesque merci à sieur Normand pour sa participation aux 15 Fréquences Ultimes et pour tout ce qu’il fait pour la musique locale at large ! Après l’écoute ébouriffante de cette mixtape addictive, je vous invite à aller écouter la musique que propose Éric Normand avec ses différents projets/collaborations.
Tracklist:
Ruins – SKHANDDRAVIZA
Albert Marcoeur – L’agriculteur
After Dinner – A Walnut
Steve Lacy 7tet – Art (avec voix)
Jean-Claude Vannier – Cette Race Bizarre
The Residents – Hello Skinny
Ornette Coleman and Prime time – Latin Genetic
Carla Bley – Valse Sinistre
Henry Threadgill Very Very Circus – Try Some Ammonia
Sounds From Your Lips, premier album de la montréalaise Meggie Lennon (paru sur la superbe étiquette Mothland), demeure un des de mes plus beaux moments d’extase musicale des dernières années… Enchevêtrant avec une folle adresse pop baroque, dream pop, néo-psych, electronica et indie rock (le tout sublimé par une prod chaleureuse et ample), Meggie a livré un disque estival irrésistible et addictif au possible. J’en parlais à notre bon Guillaume récemment et en bon fanboys que nous sommes, nous attendons tous deux la suite avec impatience !
Pour sa participation aux 15 Fréquences Ultiiiiiimes, mamzelle Lennon nous pond une mixtape à l’image de sa musique ; hyper variée mais hyper-cohérente. C’est une mixtape planante qui accompagnera vos road trips de cet été à merveille (mais écoutez là quand même maintenant là !!!). En ouverture, on y retrouve le Néo-Brunswickois préféré des petits et grands (j’ai nommé Mort Garson, figure de proue du space-ago pop et du Moogsploitation), puis après on s’en va au pays des rêves électroniques avec monsieur Harrison et le downtempo-space-prog de Air… S’ensuit des ravissants moments de pop baroque avec Weyes Blood et Beck à son plus Gainsbourgien… Puis, détour chez les génies de la prod (Murphy et Parker) pour deux énormes morceaux. On fait une petite pause détente sous le Soleil d’Hiver de Niagara et on poursuit notre périple indie-psyché-licieux qui aboutit sur une des meilleures pistes de Beach House (quel bon choix !).
Un gigantesque merci à Meggie pour sa participation enthousiaste ! Si vous aimez cette mixtape (spoiler alert : c’est impossible de ne pas l’adorer), allez tout de suite vous mettre Sounds From Your Lips dans l’tympan (et que ça saute !!!).
Tracklist:
Mort Garson – This Is My Beloved
George Harrison – Red Lady Too
Air – Bathroom Girl
Weyes Blood – Generation Why
Beck – Lonesome Tears
LCD Soundsystem – New York, I Love You But You’re Bringing Me Down
Tame Impala – ‘Cause I’m A Man
Niagara – Soleil d’Hiver
Mac DeMarco – My Kind of Woman
Unknown Mortal Orchestra – So Good At Being in Trouble
Cinématographique… La musique d’Ambre Ciel l’est (et à foisons !). Elle m’a littéralement ravi et ensorcelé avec son magnifique album « Vague Distance » paru en janvier 2021. Amalgamant avec finesse et une maitrise évidente musique ambient, néoclassique et dream pop baroque, elle s’est créé son propre petit univers sonore hautement personnel dans lequel il fait bon se perdre et errer, flottant en apesanteur dans une matière bruitative elle aussi en suspension, entre ciel et terre, comme un doux brouillard un peu étrange et bienfaiteur… Musique onirique qui invite au voyage intérieur, à ces moments de contemplation qu’il fait bon de s’accorder le plus souvent possible dans nos vies folles folles folles… « Vague Distance », c’est cette marche extérieure solitaire entre chien et loup, alors que le ciel de décembre rosé/orangé ressemble à une toile impressionniste… Ce sont ces matins hivernaux où les arbres et les plantes se retrouvent couverts d’une mince couche de givre… Cela peut aussi être le sentiment qui nous habite lors d’un après-midi mystique, alors qu’on flâne en forêt, un peu en dehors des sentiers battus, laissant la poésie des lieux environnements nous emplir l’âme et le regard de splendeur infinie.
La mixtape de Jessica Hébert (l’alter égo de ce ciel ambré) est à l’image de sa musique : belle, délicate, méditative, chimérique et hautement cinématographique. On y retrouve deux de mes compositeurs minimalistes américains préférés (Glass et Reich), bon nombre de musiciens scandinaves (qui semblent souvent avoir une prédilection pour le majestueux), le jazzman légendaire Pharoah Sanders faisant équipe avec Floating Points pour une méditation jazz-classique-minimaliste-spirituelle envoûtante, le chanteur indie folk préféré des petits et des grands (Sufjan Stevens) avec une de ses chansons les plus intimistes, le gigantesque Thom Yorke avec une pièce tirée de la superbe bande son du remake de Suspiria et plusieurs autres qui sauront vous éblouir l’appareil auditif.
Merci à Ambre Ciel pour sa participation aux 15 Fréquences Ultimes ! Après avoir passé une agréable écoute à travers ses influences et ses plaisirs sonores, je vous invite à aller plonger tête première dans sa musique. Vous ne serez pas déçus.
Tracklist:
Philip Glass – Suite from ‘The Hours’ : Movement I
Jónsi & Alex Somers – Atlas Song
Balmorhea, Lili Cuzor, Clarice Jensen – Day Dawns in Your Right Eye
Floating Points, Pharoah Sanders, London Symphony Orchestra – Promises : Movement 1
Louis-Philippe Cantin est un chantre psychédélique trifluvien des temps modernes. Homme aux talents multiples, sieur Cantin est auteur-compositeur-interprète, chanteur-parolier-guitariste du fabuleux groupe Perséide, sonorisateur, rédacteur (entre autres pour DICI) et traducteur. Bref, un couteau-suisse sous forme humaine.
Il prend congé momentanément de ces multiples occupations le temps de nous partager ses 15 Fréquences Ultimes. Et nous l’en remercions grandement, vu l’intense bonheur auditif qui s’emparera assurément de toute personne (humaine ou animale) qui se laissera tenter à appuyer sur l’invitant bouton fléché ci-haut (communément appelé « PLAY » dans la vie de tous les jours). S’ensuivra alors une « masterclass » de rock psychédélique, qu’on parle de revival ou de celui de la vieille école, avec quelques merveilles acid folk disséminées ça et là. Un régal dont vous me donnerez des nouvelles !
Mais ce n’est pas tout : comme Louis-Philippe ne fait pas les choses à moitié, il a empoigné sa plume (qu’il manie fort bien d’ailleurs) pour nous décrire ses sélections. Le tout est dispo ci-bas.
Je souhaite une FANTABULESQUE ™ écoute à tous les fans de Tolkien, aux chamans étoilés des temps rétro-nouveaux, aux arbrisseaux enchantés et à tous ceux qui ont des tibias.
Tracklist:
Nick Drake – Cello Song
Matt Berry – October Sun
Communicant – Sun goes out
The Brian Jonestown Massacre – Super-sonic
Elephant Stone – Sally Go Round The Sun
Bo Hansson – Leaving Shire
Jacco Gardner – Volva
Pink Floyd – The Scarecrow (Pathé pictorial, July 1967)
Jonathan Personne – Terre des hommes
Chocolat – Gobekli Tepe
Kikagaku Moyo – Smoke and Mirrors
Population II – Attraction
Morgan Delt – Barbarian Kings
Wolf People – Kingfisher
Cory Hanson – Replica
Louis-Philippe Cantin commente sa sélection
Difficile, en quinze tounes, de résumer ce qui contribue à sculpter notre visage de personne créatrice. J’ai donc tenté, autant que faire se peut, de rester spontané dans mes choix ; d’indiquer les premières choses qui me venaient à l’esprit. Celles et ceux qui connaissent la musique de Perséide pourraient trouver évidents certains de mes choix. C’est qu’en listant ces tounes-là, j’ai essayé de laisser de côté mon ego. Rien ne sert de vous proposer la musique la plus obscure possible juste pour montrer que je suis un geek qui connaît plus ça qu’un autre. Le partage n’est pas une compétition.
Bonne écoute !
Cello Song – Nick Drake Avec Nick Drake, on s’éloigne beaucoup de l’étiquette sonore de Perséide. Or, c’est le premier artiste qui m’est venu à l’esprit. Les albums de Nick Drake font en fait partie des albums que j’écoute le plus. Ils me chavirent à chaque fois. Je me souviens de l’avoir découvert avec la compilation Way to blue : an introduction to Nick Drake. Un ami disquaire m’avait proposé de CD à 5$ en me disant « Achète ça sans l’écouter, je suis sur que tu vas tripper! » Tout en confiance, j’ai acheté le disque que j’ai déballé aussitôt arrivé dans la voiture. « Cello song » est la première pièce de cette compilation. J’ai automatiquement été séduit, bouleversé, impressionné et bercé par la musique douce et tragique de Nick Drake. Son jeu de guitare m’a jeté à terre dès les premières notes de « Cello song ». J’ai finalement écouté tout l’album avant de sortir de la voiture. Quand je suis arrivé chez moi, j’ai aussitôt pris ma guitare et tenté de l’accorder différemment.
October Sun – Matt Berry Je suis un gros fan du mockumentary néo-zélandais What we do in the shadows, film duquel est tirée une série télé du même nom. Or, je ne suis pas vraiment bon pour retenir le nom des acteurs. Ça m’a donc pris un moment pour comprendre que le puéril Laszlo de la télésérie était en fait LE Matt Berry qui fait de la musique folk psychédélique. Si j’avais été Britannique, j’aurais probablement connu la vedette bien avant de découvrir son projet musical plutôt niché, mais la vie nous réserve parfois des surprises. Son album Phantom Birds m’a obsédé. Il a aussi actionné mon obsession pour le pedal steel et m’a poussé à vouloir en intégrer à notre album Les couleurs d’été. Merci à Raph pour ça! Cela dit, je propose la chanson « October sun » qui provient de l’album Kill the wolf parce qu’elle me donne l’impression de prendre un bain de soleil dans un champ au Moyen-Âge. Il y a quelque chose de profondément païen dans cette chanson. J’aime beaucoup les voix, le texte et les référents acid-folk qui construisent la toune.
Sun goes out – Communicant Certains crieront au rip off de Tame Impala : Ben oui! ça ressemble pas mal à du « vieux Tame Impala ». Évidemment, je suis un gros fan d’Innerspeaker et du mythe qui entoure Kevin Parker. Tant qu’à en mettre dans cette playlist, je me suis dit que je pouvais proposer quelque chose qui viendrait satisfaire les nostalgiques qui voudraient que Tame Impala soit resté psych! Communicant maîtrise sans l’ombre d’un doute les codes qui font la néo-psychedelia aux tendances Dream pop. On sent les sixties, on sent le nasillard à la John Lennon et le fuzz est bien grinçant. Bien établir les codes tout en restant trippant et catchy demande à la fois du contrôle et de l’authenticité. Alors bravo Communicant! J’attire aussi votre attention sur les référents solaires des deux dernières propositions. Pour moi, le lien entre le soleil et la musique psych rock contemporaine est indéniable. J’y pense beaucoup quand j’écris : je trouve que le référent est plus facile à intégrer en anglais qu’en français. Dans tous les cas, je citerai le jeu vidéo Dark Souls à ce sujet : « Praise the sun! »
Super-sonic, The Brian Jonestown Massacre Il y a un avant et un après notre découverte de Brian Jonestown Massacre. À l’époque où ce groupe est entré dans ma vie, par le biais d’une suggestion d’un collègue de travail avec qui je discutais des Stone Roses, j’ai senti que le projet d’Anton Newcombe représentait une sorte d’autorisation à garder ça simple. On aime tous les Beatles (ou presque), mais autant les Beatles ont construit dans notre imaginaire l’idée du « band de ti-gars qui sont partis de rien », autant ils ont contribué à légendifier le processus d’écriture de chansons et, surtout, celui de l’enregistrement d’albums. Avec les Beatles, l’accessible et l’inatteignable se côtoient. Je ne me suis jamais vraiment identifié au mouvement punk. Je suis trop calme pour la rébellion qu’on crie dans les rues et j’aime trop la forêt pour m’attacher au caractère urbain du punk. La simplicité musicale, le désir d’émancipation et le rappel que tout est possible, si je l’avais frôlé avec Nirvana quand j’étais ado, je l’ai associé à ma pratique grâce à Lou Reed, mais aussi grâce à Brian Jonestown Massacre. Évidemment, j’ai vu le film Dig! et je connais le mythe autour du personnage de Newcombe qui, aujourd’hui semble s’être calmé. Pour moi, Anton Newcombe est un travailleur acharné qui a construit une scène autour de la volonté de bâtir une communauté musicale et de celle d’aboutir à un son nouveau, mais qui assume l’emprunt sans scrupule. Ses slogans comme « Keep music evil » ou « Make music everyday » m’accompagnent tous les jours. Si c’est encore disponible, vous irez visionner la performance de cette chanson au festival Levitation au Texas. Rishi d’Elephant Stone y joue du sitar.
Sally Go Round The Sun – Elephant Stone Essence du rock psychédélique. Y’a du sitar comme référent à George Harisson, y’a une progression d’accords répétitive typique au genre (Est-ce 1-3-5?), y’a des sons à l’envers, y’a du fuzz, le mot soleil se trouve dans le titre. Avec Elephant Stone, j’ai aussi compris que l’idée de communauté autour de la musique psychédélique (au sens bien large) existait bien au-delà des frontières géographiques. Elephant Stone est un projet basé à Montréal qui se connecte au Brian Jonestown Massacre, mais aussi aux Black Angels (allez écouter « Deer-Ree-Shee », peut-être saurez-vous deviner le jeu de mots que fait le titre). Dans le cas des trois groupes, les références sont toujours assumées : Brian Jonestown Massacre, Brian Jones des Rolling Stones ; Elephant Stone ; « Elephant Stone » des Stone Roses ; The Black Angels, « The Black Angel’s Death Song » de Velvet Underground. C’est ce type de jeu qui aide à bâtir un imaginaire, un folklore, autour du style me parle énormément et m’aide à assumer que rien n’est totalement original ou nouveau. « Touttt est dans touttt », disait Raoûl Duguay.
Leaving Shire – Bo Hansson Ceux qui me connaissent savent que je suis drivé pas deux choses : La musique psychédélique et Lord of the rings. Je n’ai jamais vraiment accroché sur tous ces bands de prog et de métal-cheval qui multiplient les références à Tolkien. Si j’aime l’idée, je ne suis pas séduit par le rendu (mais ça, c’est bien personnel!). Autant j’adore les films de Peter Jackson, autant je crois qu’ils sont venus teinter notre imaginaire autour de l’univers tolkienien. Au final, ces long-métrages-là ne sont qu’une interprétation de l’oeuvre. C’est pourquoi j’aime beaucoup me plonger dans des interprétations alternatives de Lord of the Rings. Cet album instrumental de 1970 en est un que je chéris particulièrement. Il est sombre, évocateur, mais surtout simple. Si on est habitué à la grandiose symphonie de Howard Shore, j’aime l’idée de revenir à la simplicité pour décrire la Terre du Milieu d’un point de vue sonore. J’aime aussi l’idée que cette musique est si différente de celle des films qu’elle nous oblige à s’imaginer l’univers de Tolkien différemment. J’hésitais à choisir entre « Leaving Shire » et « The Old Forest » parce que la deuxième se penche sur un chapitre que j’adore et qui fut discarté par l’adaptation de Jackson. J’ai finalement choisi « Leaving Shire » à cause de cette idée du départ. Partir en quête, fuir la mornitude, chercher l’aventure, regarder au loin sont des thèmes structurants pour mon écriture. Ces premiers chapitres de Lord of the Rings, alors que les Hobbits quittent leur pittoresque pays, sont empreints d’une symbolique qui m’accompagne tous les jours.
Volva – Jacco Gardner Je n’ai jamais rencontré Jacco Gardner, mais je sais qu’on a une chose en commun : On adore l’album Lord of the Rings de Bo Hansson! L’album Cabinet of curiosities et l’album qui le suit, Hypnophobia, font partie des albums les plus importants de mon parcours de mélomane. Les textes oniriques, les références sonores à Syd Barrett, les harmonies à la Beach Boys, l’utilisation du mellotron : tout est là pour que j’embarque sans jamais décrocher. Comme pour Nick Drake, je crois que je vais toujours réserver un espace spécial à la musique de Jacco Gardner dans mon imaginaire. J’ai choisi la pièce « Volva » provenant de l’album Somnium pour deux raisons. Premièrement, j’étais heureux de constater, à la sortie de cet album, que Jacco Gardner proposait une œuvre extrêmement cohérente avec son processus, mais qui explorait tout de même de nouveaux horizons. Deuxièmement, j’ai choisi cette pièce parce qu’elle m’évoque, comme « Leaving Shire », le voyage et le départ. Chaque fois que je l’entend, je m’imagine une scène campagnarde, voire pastorale, un peu naïve en sorte de diorama défilant dans laquelle un personnage, brin de blé entre les dents, baluchon au dos, choisit de quitter son village pour aller voir ce qu’il y a de l’autre côté des montagnes qui le surplombent.
The Scarecrow – Pink Floyd (Pathé pictorial, July 1967) Bon! Nous y voici, je suis rendu à écrire sur Pigne Floille. Je promets de ne pas m’étirer sur le fait que c’est dont important comme groupe pis que « Dark Side of the Moon » est le meilleur enregistrement de tous les temps et blabla. Une chose est sûre, je suis un gros fan de tout ce qui entoure le fameux live à Pompéi. J’ai écrit une toune qui porte ce nom-là, je me suis même rendu dans l’amphithéâtre en Italie pour écouter Meddle. J’aurais pu choisir « One of these days » qui m’a appris que tu peux faire une toune trippante juste avec deux accords. J’aurais pu parler de « Careful with that Axe Eugene » qui m’a montré que tu peux faire une toune trippante avec juste UN accord (et qui est drôlement avant-gardiste par rapport au métal quand au pense au fait que Roger Waters y scream). J’aurais aussi pu parler de mon amour inconditionnel pour la chanson « Granchester Meadows » qui, à toute heure, toute saison, me donne l’impression d’être l’été sur le bord d’une rivière. Finalement, j’ai choisi « The Scarecrow » parce que j’adore l’intégration de l’orgue Farfisa de Richard Wright dans cette période-là de Pink Floyd. Les solos toujours un peu erratiques et nasillards qu’on entend sur cette toune comme sur « Mathilda’s Mother » m’ont toujours fait tripper. Les textes naïfs, confus et féériques de Syd incarnent pour moi le Saint-Graal, voire l’Arkenstone inatteignables du relâchement en écriture. Surtout, il faut regarder la vidéo qui accompagne cette chanson en visionnant le « Pathé pictorial ». Si vous aviez de la difficulté à vous imaginer la scène que je décrivais plus haut en parlant de Jacco Gardner, je crois que cette vidéo est un bon point de départ.
Terre des hommes – Jonathan Personne L’ambiance du vidéo de Pink Floyd dont je parlais plus haut et l’espèce de candeur que réussissent à canaliser les chansons de Syd trouvent leurs échos dans plusieurs projets québécois. Jonathan Personne en fait partie. J’adore Corridor depuis leurs balbutiements, mais j’ai vraiment eu la piqûre pour les albums de Jonathan Robert. La dimension un peu plus folk dans laquelle il nous amène, celle du singer-songwriter derrière le band en est une qui me plaît beaucoup. Toutes les chansons des trois albums de Jonathan Personne se rejoignent dans leur mélancolie et leur espèce de façon de plonger l’auditeur dans un passé fantasmé qui n’existe que dans nos esprits. J’ai choisi « Terre des hommes » pour son riff de guitare incroyable et pour le passage qui dit « Évidemment, il est temps pour toi de quitter la planète ». Chaque fois que la voix se lance dans cette envolée plus haut perchée, je ne peux m’empêcher de chanter le texte à l’unisson avec ma table-tournante.
Gobekli Tepe – Chocolat Pour moi, Chocolat, Jonathan Personne et Corridor, ça flotte dans le même univers. Les projets comprennent des collaborateurs communs, certains albums se sont faits dans les mêmes studios. L’album Tss Tss de Chocolat est pour moi un incontournable de la musique québécoise pour bien des raisons. Premièrement, il donne suite à l’incroyable Maladie d’Amour de Jimmy Hunt qui, à mon humble avis, est un des albums les plus importants des 15 dernières années. Lâcher son projet solo salué par la critique alors que l’avenir ne fait que promettre pour revenir à son groupe de rock et sortir un album psychédélique plus instrumental que chansonnier est à la fois un risque pour sa carrière et une démonstration d’intégrité artistique. « Fantôme » sur Tss Tss montre qu’on peut faire beaucoup de chemin avec un seul mot. « Gobelki Tepe » prouve quant à elle qu’une seule strophe suffit à marquer l’imaginaire et à transformer une chanson jammy et répétitive en épopée épique qui nous transporte aux balbutiements de la civilisation tout en restant sensible à l’expérience humaine : « Quand la glace reviendra nous irons chasser pour toi. Quand la glace reviendra tu pourras dormir dans le vieux temple Et nos mains se rempliront d’amour Et ceux qui nous aiment se partageront nos cœurs. »
Smoke and Mirrors – Kikagaku Moyo Parmi ces groupes qui parviennent à évoquer quelque chose d’ancien sans se transformer en Dead Can Dance, il y a Kikagaku Moyo. Comme avec Brian Jonestown Massacre, il y a un avant et un après la découverte de Kikagaku Moyo. J’ai vu le groupe 3 fois en spectacle et chaque fois, j’ai été renversé. Il y a quelque chose d’extrêmement rafraîchissant dans leur acceptation de l’imperfection. En spectacle, comme sur album, ce groupe japonais sait plonger dans le vide et sait se rendre vulnérable aux erreurs, ça rend leurs jams d’autant plus excitants. La voix qui chante dans une langue qui n’existe pas ajoute une couche de crémage sur leur gâteau à la fois profondément psych-rock et folk. Je suis à l’aise de dire que Kikagaku Moyo va rester un de mes groupes préférés pendant une longue période de ma vie.
Attraction – Population II Avec Population II, on est pas dans le « non-langage » de Kikagaku Moyo, mais la façon dont le batteur et chanteur Pierre-Luc Gratton a de tisser s’approche définitivement de l’écriture automatique. L’univers lexical de Population II cadre parfaitement avec la musique que le trio propose. On entend que les idées proviennent davantage de jams que de chansons écrites avec un cahier et une guitare acoustique. La musique de Population II est sombre, primale et extériorise à notre place toutes les pulsions qu’on ne laisse pas sortir dans nos vies de tous les jours. Chaque fois que je fais tourner l’album À la Ô terre, je ne peux m’empêcher d’avoir l’impression que Population II parvient mieux que bien des psychiatres à nous faire plonger dans notre inconscient. Merci également à eux pour les incroyables sons de Farfisa sur « Attraction » et pour des gemmes de paroles comme l’extrait suivant : « Mille millions de ces hommes Aiment mille millions de ces femmes Qui s’adonnent à la plus grande et belle de leurs envies Si mille millions de ces hommes Aiment mille millions de ces femmes N’en découle rien de moins Que la vie »
Barbarian Kings – Morgan Delt Je ne me souviens plus trop de quelle façon j’ai découvert Morgan Delt, mais je me souviens avoir accroché très rapidement. Je crois que cette chanson poursuit bien là où Population II nous a laissé. Elle est sombre, kaléidoscopique et rituelle. Morgan Delt n’a que deux albums à son actif. Le premier est plus caverneux, l’autre plus solaire. Dans les deux cas, ils s’intègrent parfaitement à la mouvance néo-psychédélique tout en gardant un caractère unique qui me plaît beaucoup. J’aime particulièrement le traitement des voix dans « Barbarian king » parce qu’on dirait que c’est un reptile qui s’adresse à l’auditeur.
Kingfisher – Wolf People « Kingfisher » de Wolf People nous plonge encore dans un imaginaire ancien et suranné. Cette fois, c’est la dimension plus féodale des guitares et de la flûte qui m’a attiré dans cette chanson qui, nous berce comme un conte merveilleux et nous transporte comme un roman d’aventure chevaleresque à la Chrétien de Troyes. J’aime beaucoup ce pan du rock britannique qui assume son héritage celtique et le folklore qui vient avec. Je crois que ça ajoute une couleur plus mélancolique à un genre musical qui, lorsqu’il garde ses racines dans le blues, peut rapidement tourner en rond. Merci, donc, à Wolf People, de puiser dans ce riche univers qu’est celui du acid folk britannique pour tremper votre rock dans la potion d’un magicien à la Merlin l’enchanteur. Si Wolf People n’existe plus aujourd’hui, vous vous réjouirez d’apprendre que de ces cendres est né Large Plants.
Replica – Cory Hanson Je termine cette courte liste de lecture avec une suggestion folk qui viendra boucler la boucle qui avait débuté avec Nick Drake. Cory Hanson, le chanteur et guitariste de Wand (allez écouter leur toune « White Cat ») a deux albums à son actif et en sortira bientôt un troisième (j’écris ces lignes au printemps de 2023). Ce qui m’a tout d’abord séduit dans le premier album de Cory Hanson, c’est le côté buzzé de son folk, l’intégration de l’alto et la beauté de ses textes à la fois crus et lyriques. Cory Hanson réussit toujours à rester edgy malgré le fait qu’il nous pousse des mélodies extrêmement accrocheuses. Son deuxième album, plus country que le premier, intègre magnifiquement le pedal steel. Les deux simples qui sont parus en vue de son prochain album, « Housefly » et « Twins » me confirment d’avance que sa prochaine collection de chansons, cette fois plus grunge, me séduira autant que ses deux premières propositions.
Après l’euphorie des tops 2023 (auquel notre ami Joël a aussi participé), c’est maintenant l’heure de reprendre à nouveau notre programmation habituelle. Et cela veut dire : le retour des 15 Fréquences Ultimes (*hurlements de joie euphorique dans l’assistance). On commence l’année 2024 en grand avec notre 20ème épisode, qui nous délecte avec les sélections musicales de Joël Lavoie, compositeur, ingénieur du son et artiste sonore basé à Tiohtià:ke / Montréal.
Sieur Lavoie a à son actif des parutions sur des étiquettes telles que Jeunesse Cosmique (label qu’on aime tendrement ici aux Paradis), Microklimat, Everyday Ago/Time Capsule et Kohlenstoff Records. Il est concepteur de plusieurs installations sonores, entre autre pour le célèbre Festival de Musique Actuelle de Victoriaville. En tant qu’ingénieur son et concepteur sonore pour les arts de la scène, il a travaillé avec une pléiade d’artistes de renom tels que Marie Béland, Alexa-Jeanne Dubé, La Fratrie, La 2e porte à gauche, Audrey Rochette, Émile Pineault, Mykalle Bielinski, Claudel Doucet et Sébastien B Gagnon.
À l’honneur ici, à travers cette mixtape hyper variée et pourtant étrangement cohérente : drone, ambient, field recordings, jazz spirituel, musique électronique expérimentale, musique concrète / électro-acoustique, psych-rock noisy, musique classique impressionniste.
Je souhaite une introspective et luxuriante écoute à tous les amants de sons divins et d’ondes surnaturalistes !
Tracklist:
Rafael Anton Irisarri – Will Her Heart Burn Anymore
Oren Ambarchi – Corkscrew
Erik Satie (Reinbert de Leeuw) – Gnossienne No.1
Jesse Osborne-Lanthier – Neck Soap
Feu St-Antoine – L’eau par la soif
Luc Ferrari – Petite Symphonie Intuitive Pour Un Paysage De Printemps
Je vous ai chanté les louanges de son sublissime premier album Préfontaine (via ma playlist de la semaine passée) et c’est maintenant à son tour de vous présenter ses 15 pièces chouchous !
Maud Evelyne apporte un vent de fraicheur sur la scène musicale québécoise indépendante. Alliant avec une maitrise déconcertante chansons folk mélancoliques et piécettes rétro-pop-futuriste à des textes à la fois surréalistes, fortement imagés et originaux, notre auteur-compositrice-interprète adorée est une de mes plus belles découvertes de l’année et devrait l’être pour tous ceux et celles d’entre vous qui n’avez pas encore eu la chance de fouler son monde sonore onirique à souhait (vous avez le temps encore ; il vous reste un mois !).
À l’écoute de cette délectable mixtape, vous voyagerez à travers le fuzz-rock tropicaliste d’Os Mutantes, l’afropop jazzy/funky-licieuse du Nigérien Fela Kuti, la pop soignée et doucereusement psych de la Galloise Cate Le Bon, la grandeur romantique architecturale du compositeur allemand Richard Strauss, la country enchanteresse de notre cowboy québécois préféré (Willie !) et la chanson extravagante de la française Brigitte Fontaine… Et bien d’autres déliciosités folk et baroque-pop en prime !
Je souhaite donc une exquise écoute à tous et toutes, y compris les pattes de chaise scandinaves et les ragondins amateurs de danses slaves !
Tracklist:
Os Mutantes – A minha menina
Fela Kuti – I Know Your Feeling
The Beach Boys – I Just Wasn’t Made For These Times
The Kinks – Waterloo Sunset
The Beatles – Yes It Is
Brigitte Fontaine – Cet enfant que je t’avais fait
Joan Baez – Babe, I’m Gonna Leave You
Gillian Welch – Revelator
Cate Le Bon – Are You with Me Now?
The Dø – Slippery Slope
Willie Lamothe – Mille après mille
Sandy Denny – It’ll Take A Long Time
Nick Drake – River Man
Richard Strauss – Im Abendrot (Elisabeth Schwarzkopf)
Mélomane depuis sa naissance, Sylvain a toujours amassé les cassettes et cd jusqu’au jour fatidique du 17 mars 2006, où sa vie fut perturbée à jamais par l’achat de ses premiers disques vinyle au No Fun Fest à Brooklyn. La vie ne fut jamais pareille depuis, accroc de la galette noire pour la vie, la « collectivite » aigüe frappe très fort. Aussi musicien à ses heures, Castilloux a oeuvré dans plusieurs groupes de la scène underground de Montréal, dont ManyMental Mistakes, Ghostlimbs, Les Zerreurs et présentement Nuage Flou ainsi que Curling Irons.
Tel qu’évoqué ci-haut, mon pote Sylvain (que j’appelle affectueusement « OG Castilloux ») a une collection de disques complètement folle (et vaste). Il publie religieusement ses écoutes sur sa page Instagram, que je consulte régulièrement avec admiration et envie. C’est une des références absolue en matière de no wave, garage rock, post-punk, noise rock, punk, hardcore, abstract/leftfield hip-hop, rock expérimental, psych (et j’en passe). Parler avec Sylvain est dangereux parce ce qu’à chaque fois, au terme de la discussion, tu as le goût de t’acheter 47 albums… Et souvent les 2-3 premiers de chaque groupe évoqué 🙂
C’était donc normal que ce grand mélomane devant l’éternel soit une des premières personnes à qui j’ai proposé le délicat exercice de sélectionner ses 15 pistes ultimes. J’imagine que le choix fut délicat et difficile. Mais en bout de ligne, on a ici un mix qui représente vraiment bien toutes les (nombreuses) facettes d’un des musiciens les plus sympa et cool de la scène montréalaise !
Je souhaite une fabuleuse écoute à tout le monde, y compris le célèbre Géant Vert (qui, fait fort méconnu, adore écouter du no wave lorsqu’il n’est pas occupé à faire la promotion des légumes en conserves).
Bolduc Tout Croche, c’est le projet de Simon Bolduc, compositeur, guitariste, parolier et chanteur. Il est accompagné de précieux acolytes : Andrea Mercier (basse et voix), Marc-Antoine Sévégny (batterie) et David Marchand (pedal steel et guitare électrique). La troupe évolue dans une forme de country-rock alternatif empruntant autant à l’americana qu’au rockabilly ; mariage d’influences réussi et singulièrement unique dans le panorama musical québécois. Et puis, il ne faut pas oublier de parler des textes simples mais forts bien écrits de Simon ; à la fois touchants, universels et profondément humanistes.
Quand j’ai demandé à notre homme (parfois chapeauté) de choisir 15 pièces qui furent marquantes dans son parcours d’artiste et de mélomane, il fut emballé et m’a pondu cette liste de pistes qui, selon moi, englobe bien l’essence même de Bolduc Tout Croche. S’entremêlent artistes québécois, américains et français. Peu importe leur provenance et leur mode d’expression musical, ce sont des storytellers de talent qui ont un regard unique sur la vie, tout comme Simon.
Je vous souhaite une très bonne écoute messieurs-dames (et aussi les aiguise-crayons vampiriques) !
Tracklist:
Dumas – Linoleum
Émilie Proulx – La peur me montre vers où aller
Rob Lutes – Uptight
Giant Sand – Lost love
Merle Haggard – Green Green Grass of Home
George Jones – Choices
Doc Watson – Shady Grove
Richmond Fontaine – Wake Up Ray
Tony Rice – Never Meant To Be
Tom Waits – Hold On
Gainsbourg – Je suis venu te dire que je m’en vais
Bashung – Comme un Lego
Renaud – Dans mon HLM
Jérôme Minière – Simple comme bonjour
WD-40 – Je reviens de l’est
Vous pouvez suivre et encourager Simon Bolduc/Bolduc Tout Croche ici :
Samuel Bobony est un musicien important de la scène underground québécoise. Artiste/paysagiste sonore hautement polyvalent et original, il officie à la barre de son projet perso Black Givre depuis l’an de grâce 2012, y alliant batterie, synthétiseurs multiples et échantillons sonores. Il joue aussi de la batterie dans l’excellent groupe psych-kraut-funky Avec le Soleil sortant de sa bouche et dans L’INCROYABLE et cultissime Fly Pan Am depuis peu ; tout cela en plus de participer à divers autres projets sonores tels que Pangea De Futura et Actors Artificial.
Voici donc sa sélection de 15 oeuvres contrastantes mais complémentaires, qui oscille entre pistes très expérimentales et d’autres plus accessibles. Il y a tout pour me plaire ici : du drone, de l’ambient, de l’électro-acoustique, du trip-hop, de la glitch pop, du post-rock, du dub ambient/idm et de la folk psychédélique (la sublime Linda Perhacs, qu’on peut maintenant qualifier de musicienne chouchou des 15 Fréquences Ultimes).
Bonne écoute à tous et toutes et même aux porte-cigarillos en cristal liquide mésopotamien !
Tracklist:
Felicia Atkinson – Lighter Than Aluminium
Tim Hecker – Chimeras
Kieran Hebden & Steve Reid – The Sun Never Sets
Trans Am – I Want It All
Linda Perhacs – Parallelograms
Gastr Del Sol – Work from Smoke
Marja Ahti – Ashes Over Hatching Eggs
Tricky – Vent
Scott Walker – Cossacks Are
Kee Avil – Okra Ooze
DJ Shadow – Midnight In A Perfect World
Piano Magic – Theory of Ghosts
Massive Attack – Live With Me
Broadcast – Lights Out
Seefeel – Polyfusion
Vous pouvez suivre et encourager Samuel Bobony sur son site web.
Quel plaisir de recommencer cette série de mixtapes avec les sélections de mon amie Isabelle, la femme aux milles drones et aux dix milles talents ! Artiste visuelle audacieuse, doctorante en arts de la scène et de l’écran, multi instrumentiste ubiquiste, compositrice/créatrice de paysages sonores hallucinés, improvisatrice chevronnée, membre du collectif Tendancielle (qui s’est récemment illustré lors de la 39ème édition du légendaire FIMAV)… Dois-je continuer ? Parce ce que tout ça ne résume qu’une petite partie du personnage fascinant.
On est chanceux d’avoir une artiste de la trempe d’Isabelle en trifluvie. Et en plus, je peux vous dire avec confiance qu’elle n’est pas qu’une merveilleuse artiste mais aussi une personne formidablement gentille et profondément humaine.
À l’écoute de cette mixtape éclectique, vous pourrez découvrir les influences multiples de mamzelle Clermont, passant de l’expérimental à la pop électronique/atmosphérique, à la musique minimaliste, au drone/ambient et à la musique du monde. Un régal sonore !
Bonne écoute les amis (y compris les écrevisses à transmodulation vectorielle).
P.S. : Aussi, vous vous DEVEZ d’écouter son album « Devenir paysage » (paru sur la super étiquette trifluvienne « Les Cassettes Magiques »), une des meilleures sorties de cette année.
Tracklist:
Björk – Pleasure Is All Mine
Meredith Monk – Turtle Dreams
Kid Koala & Emilíana Torrini – Satellite
Laurie Anderson – From The Air
Robin Hayward & Christopher Williams – Reidemeister Move
Brian Eno – Music for Airports
Daniel Lanois – The Deadly Nightshade
FKA Twigs – Lights On
Terry Riley – In C
Zeena Parkins – Firebrat
Fanfare Pourpour – Tango de l’avion
René Lussier et Pierre Tanguay – La vie qui bat: Chevreuil