Celui que mon collègue Guillaume a déjà surnommé « l’homme le plus sympathique de la province » nous fait l’honneur de participer aux 15 Fréquences Ultimes avec ce 14ème épisode abracadabrant. Vous l’avez aimé au sein de Rust Eden. Vous avez vanté ses mérites en tant que guitariste d’Helena Deland. Vous vous êtes somptueusement régalé, tout comme nous, avec son album solo « Applaudissez, bande de chameaux » paru l’année dernière (un des TRÈS bons albums québécois récent ; il est nécessaire de le rappeler !). C’est maintenant l’heure de déguster les influences musicales et pièces favorites de Larynx au travers de cet épisode lumineux et dantesque !
Vous retrouverez les sympathiques commentaires de l’homme à propos de chaque pièce plus bas.
Bonne écoute les amis (y compris les casiers postaux implosifs).
15 chansons qui me dégercent la nuque, par Alexandre Larin
-I talk to the wind de King Crimson La douceur et les harmonies de cette chanson me réconforte presqu’autant que la voix de ma mère.
-Strung out again d’Elliott Smith Je viens de le découvrir sul tard et je capote. J’apprécie particulièrement l’album From A Basement On The Hill, son album postume. On dirait qu’il y avait vraiment un espace vide dans ma vie qu’Elliott Smith à remplis!
-Beetlebum de Blur Un de mes groupes pref des 90’s. Une chanson qui m’est toujours restée dans la tête depuis un méchant bout!
-So Sincere par Gentle Giant Simplement la chanson la plus érotique jamais écrite!
-Parasol de Jesuslesfilles Je n’ai aucune protection émotionnelle devant cette magnifique toune. Ça me touche profondément!
-Qui c’est celui-là de Pierre Vassiliu Wtf cette toune!? Un alien de la chanson française. Ça me mettra toujours un sourire au visage!
-Sparring Partner de Paolo Conte Une autre toune qui me touche d’une façon nostalgiquo-merci! Du velour sur mes pensées.
-Good Eye de Catherine Leduc Une grosse ballade touchante ça! L’album au complet est délicieux mais cette toune là en particulier me décrunch le cœur! Outch et miam!
-Fièvre de Pure Carrière Le mood de celle là me criss en robe de nuit instantanément. J’ai l’impression de passer du temps de qualité aux chandelles à chaque fois que je l’écoute! Du bon miel Québécois?! Je trouve que oui!
-Cherry Blossom Girl de Air Elle me suit depuis un bon bout! Je l’ai toujours gardé près de moi. Le mélange french touch mélancolique et tristounet me berce depuis 2004! J’me tanne pas.
-One Day (At A Time) de John Lennon Elle a toujours accompagné mes hauts et mes bas. Encore un ti mood confortable et gentil comme je les aimes!
-Mélane de Fred Fortin Il fallait en choisir une de Fred mais il y en aurait probablement une gang à lister qui sont bien encrés dans mon cerveau et dans mes baloches! Son “songwriting” me décriss tout simplement! En fait, Fred c’est un peu mon “life goal” comme artiste. Toujours resté un ti peu underground, il est super respecté par tout ses pers et il se permet plein de folie. Probablement mon best au Québec!
-So Sorry de Chocolat Gros album et gros band que j’adore! La première fois que j’ai entendu Jimmy Hunt chanter ça m’a donné envie de chanter en français. Grosse influence dans la saveur rock et la créativité! Le dernier album est épique et parfaitement « edgy »!
-Play Myself Some Music de R. Stevie Moore Super génie créatif ce mec! Les influences des Beatles et la production super low-fi donne une mélange tellement savoureux! J’adore ce vieux fucké!
-The Crying Game de Dave Berry J’adoooore cette chanson! Très tragique et englobante encore une fois! J’aime beaucoup la version de Boy George aussi mais celle là (qui est l’originale) a un petit goût de revenez-y!
Nous revoici dans le dirigeable métaphysique du caporal d’endives pour un autre voyage intersidéral à travers milles et unes contrées multicolores, déraisonnables, folichonnes et septentrionales, survolant des mélèzes hallucinatoires, des huttes pygmée de cristal liquide, des ouragans qui arborent un sourire digne du chat de Cheshire, des déserts de sucre rose éblouissants, des mers de volutes incantatoires et des villes émeraudes recouvertes d’herbe folle.
Bonne écoute à tous les laitiers psychédéliques !
Tracklist:
20th Century Zoo – Rainbow
Turquoise – Tales Of Flossie Fillett
Bobb Trimble – Premonitions – The Fantasy
Ill Wind – People of the Night
White Noise – Love Without Sound
Os Mutantes – Ave, Lúcifer
Baker Knight & The Knightmares – Hallucinations
Pink Floyd – Candy and a Currant Bun
King Gizzard & The Lizard Wizard – Sleepwalker
Cerebrum – Eagle Death
Bunalım – Başak Saçlım
The Elastik Band – Spazz
Wildflowers – More Than Me
Moorpark Intersection – I Think I’ll Just Go And Find Me A Flower
Spooky Tooth – Weird
Captain Groovy and His Bubblegum Army – Dark Part of My Mind, Pt. 1
Êtes-vous prêt pour une forte dose de DooooooOOOOooooooM, de rock psychédélique, de funk acide, de hardcore punk, de rap enfumé d’la côte est et de métal extrême ??? Ce 13ème épisode des 15 Fréquences vous est alors tout indiqué ! Sébastien Dallaire (Marécages, Badass Commander, Stoned Horses, Fistfuck ; entre autres) vous convie à un rituel haute fréquence où lourdeur primitive s’enchevêtre à merveille à la léthargie lymphatique des esprits les plus embrouillés par multiples substances psychotropes et/ou alcoolisées.
Fermez les lumières, ouvrez-vous une bonne bière de micro, roulez vous un tarpé… et laissez ce marais sonore vertigineusement opiacé vous recouvrir les oreilles, les intestins et la matière grise toute entière.
Bonne écoute tout le monde (y compris les statues de l’île de Pâques).
Tracklist:
Black Sabbath – Cornucopia
Pink Floyd – Interstellar Overdrive
Suffocation – Liege of Inveracity
The Locust – Aotkpta
Genius/Gza – Liquid Swords
Napalm Death – Lucid Fairytale
Arthur Brown – Fire
Sleep – Sonic Titan
Bastard Noise – Earth On A Stretcher
Discharge – Doomsday
Betty Davis – If I’m In Luck I Might Get Picked Up
Incantation – Golgotha
Charles Bronson – Fuck Technology, I’ll Keep My Pocket Change
Vos moribonds sont frais repassés (lombrics compris) ? Vous avez fait l’inventaire de vos haches de guerre ? Votre collection d’ossements humains est finalement classée comme il se doit ? Il est maintenant l’heure de vous offrir un délicieux moment de détente avec ce deuxième épisode d’Agonies Célestes, qui, encore une fois, vous entraînera dans le monde fascinant et polymorphe du Black Metal (à toutes les sauces), avec de sympathiques interludes de synthé donjonné.
Tracklist:
Ulver – Capitel I: I troldskog faren vild
Departure Chandelier – Forever Faithful To The Emperor
Satanic Warmaster – The Vampiric Tyrant
Trolldom – Ur Nattsvart Dimma, Mot Mossens Mörka Vatten
Fogweaver – The Shores of Selidor
Odz Manouk – I Will Crush To Marrow This Crow Of Ill
The Gloomy Radiance Of the Moon – As Quelling Light Devours All
Nous en sommes déjà au 12ème épisode des 15 Fréquences Ultimes et je préfère vous avertir : c’est un épisode MAMMOUTH !!! L’ébouriffant et ineffable Jean-Sébastien Truchy (Le Fly Pan Am, Red Mass, Avec Le Soleil Sortant De Sa Bouche, Set Fire To Flames, Wisigoth, Souffle, Labios, Molasses, E.S. / I.S.) nous convie à près de 7 heures (!!!) de musique (6 heures, 54 minutes et 34 secondes plus exactement). Je mets tous les futurs candidates et candidats au défi de battre ça !
JS Truchy est un musicien polymorphe qui est présent sur les scènes rock expérimentale, électronique et avant-gardiste (at large) depuis le milieu des années 90. Je suis fan de ses divers projets sonores depuis le début des années 2000 et c’est donc pour moi un honneur grandiose de pouvoir publier ce mix fascinant qui va dans tous les sens : rock n’ roll, ambient, musique électronique et électro acoustique, drone, microsound, harsh noise, crust punk, minimalisme, poésie sonore/spoken word, folk baroque, powerviolence, rock choucroute et Scott Walker (parce que ce monsieur est un style à lui tout seul !).
Notre plus que sympathique compère nous a aussi écrit un beau texte accompagnateur :
Un choix difficile. J’ai opté pour certains titres qui m’ont marqués pour différentes raisons. Quelques fois le choix de ces titres, comme Headphones de Bjork, remplie plusieurs fonctions en soulignant un style de musique faisant écho à plusieurs styles, à plusieurs artistes (Pan Sonic, Ryoji Ikeda) que j’aurais voulu inclure. Cette liste fait aussi fi de mon amour pour la musique (pop ou non) orchestrée (bien que celle-ci soit représentée avec la pièce de Joanna Newsom), ainsi que de mon amour pour la musique rythmique, que celle-ci soit électronique ou non, et finalement de mon amour pour la musique dite du monde.
Merci pour cette occasion de repasser au travers de ces moments clés qui m’accompagnent toujours aujourd’hui.
Bonne écoute à tous et à toutes, qui que vous soyez (et en particulier aux funambules unijambistes bulgares).
Tracklist:
Little Richard – Keep a Knockin’
Merzbow – Ananga Ranga
Crossed Out – Practiced Hatred
Union of Uranus – Panacea
John Zorn – Redbird
Bernhard Günter – Untitled I_92
Björk – Headphones (Remix)
John Cage – Empty Words (1974-79) – Part III
Bernard Heidsieck – Vaduz
Alvin Lucier – I Am Sitting In A Room
Eliane Radigue – Mila’s Journey Inspired by
Giusto Pio – Motore Immobile
Tony Conrad With Faust – From the Side of Man And Womankind
Hey les cocos ! C’est l’heure de votre régal sonore hebdomadaire ! Et cette semaine, je suis complètement euphorique car j’ai la chance inouïe de vous présenter les sélections musicales fort éclatées de l’éblouissante Lysandre Ménard. En plus d’être une personne hautement sympathique, Lysandre est musicienne de formation classique (en piano, qu’elle a notamment étudié au Royal Academy of Music, à Londres) et une comédienne de talent. Elle nous a gratifié d’un premier disque solo dangereusement magnifique l’an passé : « Sans Oublier » (mon meilleur album québécois de 2022). Sinon, elle joue aussi du clavier dans le groupe de gamer jazz Ping Pong Go et accompagne souvent notre Klô Pelgag chérie en pestak. Et ça, c’est sans compter toutes ses autres collaborations musicales… Elle trouve même le temps d’accueillir avec bienveillance mes (trop) nombreuses suggestions musicales dans nos épisodiques conversations Messenger. Bref, voilà la une femme occupée et on ne s’en plaindra pas quand le résultat est aussi fabuleux pour nos tympans gorgées jusqu’à plus soif de toute cette liesse sonore généreuse et abondante.
Fun fact : Lysandre a inspiré (subliminalement) le nom du présent blogue musical. Vous irez écouter sa superbe pièce « La pointe du monde » où elle les chantaient déjà ces paradis étranges (avant même que ce petit coin du web n’existe)…
La mixtape de Lysandre, c’est un peu comme un beau film insolite. Au début, ya un générique un peu space et new agey, gracieuseté de Beverly-Glenn Copeland, ce génie qu’on a eu la chance de redécouvrir ces dernières années avec les belles rééditions qui sont sortis (quelle voix !). Notre film s’ouvre sur un plan de nature fantasque et un brin surréaliste (Arthur Russell en fond sonore). Puis, notre protagoniste principale apparaît à l’écran. Situation initiale : on découvre sa personnalité, sa famille, ses amis à travers la musique de la Galloise Cate Le Bon ; et son monde intérieur, ses joies, ses peines, ses rêves (parfaitement illustrés par Steve Reich)… Élément déclencheur : Oneohtrix Point Never (annonciateur des dangers futurs) commence à faire chavirer notre héroïne dans la tourmente. Succession de plans expérimentaux, autant diurnes que nocturnes, parfois urbains, parfois forestiers… Après quoi, c’est le point de rupture avec Messiaen. Obsédante, ensorcelante, troublante Oraison que voilà. Dur de se sortir de cet espèce de trou noir où s’entremêlent doute et torpeur languissante… Mais l’amour salvateur (via les garçons du bus mielleux) arrive sans crier gare et réussit à élever notre personnage principal ; du moins provisoirement. Moment de bonheur furtif, hélas, car voilà le moment un tantinet ÉPEURANT du film. Un monstre art rock nommé SUUNS fait irruption ! Dans la fuite crépusculaire sonorisée par Beak>, nos amants sont séparés. Retour à l’incertitude, à la mélancolie et aux regrets du passé (Molly Drake)… Au terme de cet épisode mélodramatique, l’espoir renaît avec du Mbira ravissant et solennel. On s’approche petit à petit du dénouement, où notre héroïne adorée réussi à conquérir ses démons intérieurs et à devenir la meilleure version d’elle-même (avec l’aide de Björk). Elle arrive toute bad-ass, en dansant sur du Jeanette, et s’apprête à botter le cul du monstre (désolé SUUNS de vous faire porter le chapeau du méchant). Après un combat pour le moins épique (au travers duquel un taille-bordure, une paire de mocassins, une flûte et un pédalo sont utilisés), le mal est enfin vaincu ! Place au calme miséricordieux de Linda Perhacs. Et ça fini avec le plus grand Soleil du monde, alors que l’épais linceul d’une nuit qu’on croyait éternelle se retrouve transpercé par un jour nouveau (Ravel). Générique. FIN.
Écoutez cette mixtape les amis ! Vous allez voir que c’est LA MEILLEURE AFFAIRE !!!
Tracklist:
Beverly Glenn-Copeland – Ever New
Arthur Russell – A Little Lost
Cate Le Bon – Home to You
Steve Reich – Music for 18 Musicians (extrait)
Oneohtrix Point Never – Zebra
Olivier Messiaen – Oraison
Honeybus – Be Thou by My Side
SUUNS – Translate
Beak> – When We Fall
Molly Drake – I Remember
Mbira dzeNharira – Toputika Neshungu
Björk – Human Behaviour
Jeanette – Porqué te vas
Linda Perhacs – Dolphin
Maurice Ravel – Ma Mère L’Oye, Apothéose: Le Jardin Féerique
Vous pouvez suivre et encourager Lysandre sur son Bandcamp, son Instagram ou encore sa page Facebook.
Aux Paradis Étranges, on célèbre en grand car ce 10ème épisode des 15 Fréquences Ultiiiiimes est composé des choix hétéroclitement vôtres de mon ami adoré François Zaidan, multi-instrumentiste dans l’orchestre d’Avion Tournevis et membre du Quattuor Tempora. En plus d’être beau, gentil, d’écrire très bien et de sentir bon, François est probablement le plus grand mélomane que je connaisse sur cette bonne vieille Terre ; next to me of course… J’vous le dis : y’a de quoi dans l’eau d’la Mauricie. Ça créé des mélomanes un peu sautés.
Francesco est aussi mon pusher de disques préféré, mon disquaire personnel (et celui de plusieurs autres personnes). Incroyable défricheur/chercheur de merveilles sonores aux confins du globe, il ne revient jamais bredouille de ses fabuleux « digs ». Je vous partage d’ailleurs son très élégant texte de présentation qu’il avait rédigé pour Bruit de Fond, l’ancien blogue sur lequel j’exerçais mon verbe et où il écrivait aussi parfois :
La musique avant tout. Ensuite la poussière, l’humidité, le froid qui engourdit les doigts lorsqu’on fouille à travers des milliers de disques abjects pour dénicher l’ultime, le précieux, l’obscure et l’inconnu. C’est dans les marchés aux puces à jouer à l’archéologue de sons étranges et oubliés qu’a commencé cette obsession ; cette douce et violente obsession qui perdure et qui induit toujours l’extase. Ca ne finit pas. Il ne faut pas que ça finisse. J’ai excavé des disques au Nunavut en contemplant l’immensité des eaux glacées, dans des campagnes Suisses regorgeant de free jazz et de private press psychés, au fond d’étroites ruelles à Shibuya, dans les souks Marocains entre des carcasses d’animaux et des meubles rongés par le temps, perché sur des échelles dans des appartements à Beyrouth et dans d’innombrables sous-sols Québécois. Le problème (ou la cure ?), c’est que je n’ai pas encore trouvé. Malgré la physicalité et la relative durabilité des supports, l’évanescence de la musique m’encourage toujours à chercher davantage et je me résous à ne jamais trouver.
C’est pas magnifique, tout cela ?
Et comme l’inventeur du ZAIDANATOR 3000 ™ ne fait jamais les choses à moitié, il vous a aussi composé des somptueux petits textes de présentation pour chaque piste du mix. Ils sont disponibles en bas du présent article. Je vous conseille fortement de lire le tout alors que vos tympans s’abreuvent (avec extase et délice) à même le monde sonore si particulier de sieur Zaidan.
Tracklist:
Raul Lovisoni & Francesco Messina – Prati Bagnati Del Monte Analogo
Fairuz – Saalouni El Nas
Gateway – Backwoods Song
Vis-A-Vis – Odo Gu Ahorow
John Coltrane – Sun Ship
Fred Frith – Open Ocean
Wiliam Basinski – D|P 3 (extrait)
L’Infonie – Paix (extrait)
Peter Brötzmann Octet – Machine Gun
Alvin Curan – Canti E Vedute Del Giardino Magnetico (Side 2)
This Heat – Horizontal Hold
Scott Walker – The Seventh Seal
Can – Future Days
Linda Perhacs – Chimacum Rain
Fly Pan Am – Dans ses cheveux soixante circuits
Vous pouvez suivre et encourager François sur son Instagram (bourré de disques qui font vachement envie). Voici sinon quelques liens Bandcamp de projets auxquels il a participé ces dernières années : Klô Pelgag, Quattuor Tempora, Laurence-Anne.
Je repasse la « puck » à m’sieur Zaidan ci-bas. Bonne écoute et bonne lecture !
Raul Lovisoni & Francesco Messina – Prati Bagnati Del Monte Analogo
Cette pièce a toujours été en puissance, cachée ou enfouie quelque part n’attendant qu’à être découverte. Si bien que je ne me souviens plus exactement quand ni comment j’en suis venu à la découvrir. Elle est simplicité absolue et immanquable réconfort.
Fairuz – Saalouni El Nas
Avec les longues et lancinantes pièces d’Om Kolsoum, la profondeur de Wadi Al Safi et les guitares surfs d’Omar Khorshid, Fairuz fait partie de la trame sonore de mon enfance. Ça m’a pris un long moment avant de comprendre toute la puissance de la musique Libanaise (et plus largement de la musique moyenne-orientale), de discerner les inflexions poétiques, d’apprécier les mélodies presque systématiquement jouées à l’unisson, de me plonger dans l’univers des modes (des maqamat) et d’enfin ressentir le tarab (terme s’apparentant plus ou moins à l’extase rendue possible par la musique).
Gateway – Backwoods Song
Groupe dont la cohésion, la maîtrise et la liberté est à envier. À la limite du free jazz, avec une production pas trop scintillante (dans mes quelques doux reproches à ECM), cette pièce et cet album me semble toujours intemporel.
Vis-A-Vis – Odo Gu Ahorow
Sans trop savoir pourquoi ni comment je suis un jour tombé sur une pièce du groupe ghanéen Kyeremateng Stars (merci les algorithmes j’imagine…), la musique highlife m’a pris par surprise et profondément intrigué. Généralement basé sur des entrelacements de guitares assez jumpy, les voix qui s’y juxtaposent sont toujours empreintes d’une pointe de nostalgie. La pièce proposée ici de Vis-A-Vis en est un exemple remarquable. Et par la force des choses, ces pièces et le highlife ghanéen ont pavé la voie à ma découverte des musiques d’Afrique de l’Ouest et ont contribué à mon obsession actuelle avec les musiques maliennes.
John Coltrane – Sun Ship
Étrange découverte de jeunesse mais qui a néanmoins été particulièrement fondatrice dans mon parcours. Vers mes 14-15 ans, un professeur de guitare à qui j’ai demandé de me proposer des « trucs jazz bizarres » a mentionné Sun Ship de manière un peu désintéressée et ce fut je crois mon premier contact avec le free jazz. De ça découle mon appréciation des musiques improvisées (j’y reviendrai sous peu) et du jazz d’ordre plus « spirituel ».
Fred Frith – Open Ocean
Je dois la découverte de l’album Clearing de Fred Frith au même professeur de guitare mentionné précédemment. Cet album m’a sidéré en me démontrant que les possibilités de la guitare allaient bien au-delà des notes jouées sur le manche et d’une approche plus traditionnelle de l’instrument. Bien que je comprenne maintenant comment Frith s’y est pris techniquement, cet album demeure un des piliers indéniables de mon développement musical, de mes recherches académiques et de mon jeu instrumental.
Wiliam Basinski – D|P 3 (extrait)
La découverte du travail de Basinski et de ses fameux Desintegration Loops restera toujours gravée dans ma mémoire et est empreinte d’un brin de nostalgie (feeling très propice à cette musique j’imagine…!). Je venais d’arriver à Montréal pour étudier au Cégep et moi et mon ami Jef (qui s’est étrangement volatilisé de notre cercle d’amis) allions souvent assister à des concerts de free jazz, de noise et de musique contemporaine. En rentrant d’un concert à la Sala Rossa dans l’auto de Jef, une musique douce mais insistante jouait « en boucle » sur un poste de radio universitaire. Arrivé à destination, nous sommes restés silencieux pendant près d’une demi-heure attendant que la pièce termine pour enfin savoir qui était derrière la création de ce mystère.
L’Infonie – Paix (extrait)
À mon humble avis le groupe/collectif le plus unique et éclaté ayant foulé les scènes québécoises. Bien que très ancré dans une mouvance et dans une effervescence propre à la fin des années soixante, l’Infonie m’apparaît comme une des manifestations les plus tangibles et abouties d’une tentative de création totale et multidisciplinaire. Ce groupe n’était ni complètement free, ni baroque, ni résolument prog, ni musique contemporaine, mais plutôt vraiment TOUTTT!
Peter Brötzmann Octet – Machine Gun
Écouter ça à 6h30 du matin, dans l’autobus jaune pour aller à l’école secondaire me semble maintenant un peu troublant… mais bon, les musiques improvisées ont pris tellement de place dans mon parcours et dans mes intérêts que ce n’est peut-être pas si étrange après tout.
Alvin Curan – Canti E Vedute Del Giardino Magnetico (Side 2)
La pièce traversant les deux faces de ce disque provoque un réconfort similaire à la musique de Lovisoni & Messina. Une musique irréelle adéquate pour les temps doux et troubles.
This Heat – Horizontal Hold
Dans les plus gros coups de poing musicaux que j’ai reçu en pleine figure. Le parfait alliage entre une conception assez large des musiques « pop » et la musique d’avant-garde. Toutes leurs pièces auraient pu être choisies dans le cadre de ce mix, mais l’instrumental Horizontal Hold se glisse dans le tier supérieur de mon appréciation du groupe pour sa production lo-fi abrasive, pour les changements brusques et drastiques qui préfigurent le reste de leur output créatif (et même les projets solos subséquents des membres du groupe).
Scott Walker – The Seventh Seal
Bien que j’apprécie et respecte énormément tout ce qu’a fait Scott Walker, de ses reprises de Brel à l’étrangeté absolue de The Drift ou Bish Bosch, Scott 4 constitue toujours à mon humble avis l’apogée de sa carrière. L’orchestration y est parfois tendue et contraste à merveille avec la voix crooner de Walker. À la fois de son temps et intemporel.
Can – Future Days
Bon. Can devait faire acte de présence dans mes 15 fréquences ultimes. Mais quelle pièce ? Quel album ? Ege Bamyasi aurait évidemment fait bonne figure. Tago Mago est aussi un disque d’ile déserte. La période Mooney avec son songwriting aux limites de la folie mériterait une mention spéciale. MAIS, je reviens toujours à Future Days pour la consistance de ses quatre pièces et pour ce que je considère être le « génie » de Can : un alliage impeccable de rock, de musique d’avant-garde, de musique électronique et de songwriting ultra catchy.
Linda Perhacs – Chimacum Rain
Pour un peu de douceur folk 60’s/début-70’s, j’aurais pu choisir plusieurs pièces. J’ai hésité à mettre My Spirits Calling de Rodier, Earthpeople de Ramases, Janitor of Lunacy de Nico, Willie O’Winsbury d’Anne Briggs ou de nombreuses autres (ce n’est pas ça qui manque). Mais l’unique album des années 70 de Linda Perhacs possède un certain statut mythique et un mysticisme qui lui est propre et qui témoigne admirablement bien de cette vague folk légèrement en marge des sentiers plus achalandés de la décennie.
Fly Pan Am – Dans ses cheveux soixante circuits
Fly Pan Am est une autre des raisons pour laquelle j’ai décidé de faire de la musique, mais aussi une des raisons pour laquelle j’ai commencé à m’intéresser à certaines musiques plutôt qu’à d’autres. À réécouter ce mix et à relire mes courtes notes, je me rends compte que ce que j’aime avant tout en musique, c’est l’entre-deux, l’incertitude, l’éclatement, ou l’espace liminal entre les formes, les époques, les styles. Fly Pan Am est exactement tout ça. J’ai choisi cette pièce car elle termine parfaitement un mix : sur un point d’orgue, sur une suspension/tension, sur un désir d’en savoir plus. Je ne peux pas non plus omettre mon premier contact avec cette pièce : avec des amis d’enfance, dans une auto roulant en pleine forêt, sur une substance hallucinogène quelconque : un moment d’angoisse qui a vite laissé place à un moment de contemplation et à un désir d’en savoir plus.
Les gens qui me connaissent le savent : je suis un inconditionnel fan de musique ambient ET de jeux vidéos… Hélas sur ce dernier aspect, je dois vous avouer avoir environ 5 heures par an à y consacrer depuis que la paternité a fait irruption dans ma vie (no regrets, j’y gagne au change). Cependant, je continue de vivre ma passion vidéoludique à travers l’écoute de bandes sons de mes jeux préférés et même de jeux auxquels je n’ai même pas encore joué.
La qualité des trames sonores de jeux vidéos est souvent exceptionnelle. Avant l’arrivée des consoles plus modernes, les compositeurs devaient faire preuve d’ingéniosité et de retenu pour composer des mélodies marquantes et créer des atmosphères singulières malgré les limitations techniques de l’époque… Puis la technologie s’est raffinée et le médium a continué d’évoluer, permettant aux bandes sonores de JV de gagner en profondeur, en textures, en couches, en dimensions. De nos jours, la musique de jeux vidéos est pratiquement aussi respectée que les bandes sons de films, ce qui est amplement mérité !
Cette mixtape, j’ai eu beaucoup de plaisir à la monter. C’est un voyage surtout ambient, parfois néo-classique et toujours atmosphérique, à travers une multitude de bandes sonores de JV, le tout allant de la glorieuse époque des 16 bits (Super Nintendo, je t’aime d’amour !) à l’ère actuelle.
Les fans de JV s’y retrouveront avec plaisir mais mêmes les non-puristes qui sont fans de musique zen et planantes (parfois joyeuses et enfantines, parfois cauchemardesques et nébuleuses) seront ravis eux aussi !
Tracklist:
Playstation Startup Screen
Marcin Przybyłowicz – The Fields of Ard Skellig (The Witcher 3 : Wild Hunt)
Shogo Sakai – Snowman (Earthbound)
Toru Minegishi – Midna’s Lament (The Legend of Zelda : Twilight Princess)
Martin Stieg Andersen – Menu (Limbo)
Yasunori Mitsuda – Memories of Green (Chrono Trigger)
Christopher Larkin – Dream (Hollow Knight)
David Wise – Stickerbrush Symphony (Donkey Kong Country 2)
Nobuo Uematsu – Reunion (Final Fantasy VII)
ConcernedApe (Eric Barone) – Night Market (Stardew Valley)
Akira Yamaoka – The Day of Night (Silent Hill 2)
Kenji Yamamoto – Lower Brinstar (Super Metroid)
Yann Van Der Cruyssen – Secret Lab (Stray)
Manaka Kataoka – Waterfront Theme (The Legend of Zelda : Breath of the Wild)
Nobuo Uematsu – Buried In The Snow (Final Fantasy VII)
Toby Fox – Snowy (Undertale)
Martin Stig Andersen & Søs Gunver Rydberg – Inside
Shogo Sakai – Moonside Swing (Earthbound)
C418 – Subwoofer Lullaby (Minecraft)
Yasunori Mitsuda – On the Shores of a Dream – Another World (Chrono Cross)
Capcom Sound Team – Serenity (Resident Evil 4)
Gustavo Santaolalla – Vanishing Grace (The Last of Us)
Akira Yamaoka – Sermon (Silent Hill 2)
Michiru Oshima – Heal (ICO)
Koji Kondo – Last Day (The Legend of Zelda: Majora’s Mask)
Nobuo Uematsu – Fragments of Memories (Final Fantasy VIII)
Jeremy Soule – Ancient Stones (The Elder Scrolls V: Skyrim)
Akira Yamaoka – Pulsating Ambience (Silent Hill 4 : The Room)
David Wise – Aquatic Ambiance (Donkey Kong Country)
Disasterpeace – Compass (FEZ)
Mario Galaxy Orchestra – Space Fantasy (Super Mario Galaxy)
Lena Raine – The Empty Space Above (Celeste)
Koji Kondo – Title Theme (Zelda : Ocarina of Time)
Pour ce 9ème épisode des 15 Fréquences Ultimes, les Paradis Étranges ont l’insigne honneur de vous présenter les sélections du très sympathique Philippe Larocque (homme à tout faire et mascotte chez Mothland, programmateur à DISTORTION, DJ Flâneur, faiseux de playlists jouissives… bref un homme occupé !).
Au programme de sieur Larocque, on retrouve du rock alternatif à toutes les sauces (du grunge au post-punk, en passant par le lo-fi), du no wave, du glam-emo-punk, du Jumeaux Cocteau, du Boom Bap, du dub, de la darkwave industriellement MORTE, du power pop, du garage rock et les grands chansonniers irréductibles que sont Dylan et Cohen.
Bonne écoute à tous et à toutes, où que vous soyez (mais particulièrement à ceux qui sont présentement en Papouasie Nouvelle-Guinée) et un gros merci à Phil d’avoir été patient pour la publication de sa mixtape !
Tracklist:
My Chemical Romance – The Sharpest Lives
Nirvana – You Know You’re Right (Home Demo)
Bob Dylan – Rainy Day Women #12 & 35
Moldy Peaches – Steak For Chicken
Jay Reatard – No Time
The Replacements – Answering Machine
The Cure – Cold
Lingua Ignota – DO YOU DOUBT ME TRAITOR
Cocteau Twins – When Mama Was Moth
Rowland S Howard – Sleep Alone
Ezra Furman – Come Here Get Away From Me
Leonard Cohen – Dress Rehearsal Rag
Linton Kwesi Johnson – Five Nights Of Bleeding
De La Soul – Eye Know
Teenage Jesus & The Jerks – I Woke Up Dreaming
Vous pouvez suivre et encourager Phil sur son Instagram et vous vous devez d’ajouter le site web de Mothland et leur Bandcamp à vos favoris !!! Tout ce que Phil et ses merveilleux acolytes sortent vaut la peine d’être entendu !
Troisième dose mes chers amis lysergiques ! Celle-ci est vachement forte et hallucinogène, je vous averti ! Ça commence très fort avec nos Japonais bruyants préférés de Boris accompagnés de l’ami des bêtes Masami Akita qui s’amusent en chœur à faire du Beatles en version Stoner-Noise. Et après, on voyage à travers bon nombre de pépites garage, néo-psych, baroque pop, stoner rock, tropicália, early electronics, yé yé… en passant par les Z’états-Unis, l’Angleterre mais aussi le Brésil, Les Pays-Bas, la France et même la Corée du Sud.
Bonne écoute mes petits capuchons de mélamine rôtis !
Tracklist:
Boris With Merzbow – Walrus
The Open Mind – Magic Potion
Jacques Dutronc – Hippie Hippie Hourrah
The Goody Box – Blow Up
Silver Apples – Confusion
Gal Costa – Objeto sim, objeto não
Inside Experience – Be on My Way
Leaf Hound – Drowned My Life in Fear
Olivia Tremor Control – Green Typewriters IV
Ramases – Earth People
Twink – Fluid
The United States of America – The American Metaphysical Circus
And now, for something completely different and essential… La sélection musicale bien particulière de ce 8ème épisode des « 15 Fréquences Ultimes » est gracieuseté d’Eric Fillion, musicien, auteur, professeur et chercheur postdoctoral Buchanan au Département d’histoire de l’Université Queen’s. Eric est aussi le maître à bord de Tenzier, à la fois étiquette de disque paranormale et organisme voué à la préservation et la mise en valeur de chef d’oeuvres méconnus (lire ici : initialement jamais publiés ou produits à très petite échelle) issus de notre très riche scène musicale avant-gardiste/expérimentale.
Tout ce qui est paru sur Tenzier à ce jour est proprement ahurissant et mérite l’attention immédiate de tout mélomane aguerri et ouvert aux horizons sonores les plus éclatés. Tenzier, c’est le chemin le moins fréquenté, plus aride, touffu, sauvage ; mais qui arbore des panoramas proprement sidérants et fabuleux.
À travers ce travail de défrichage sonore remarquable, Eric sauve en quelque sorte ces merveilles sonores hirsutes des brumes indicibles du temps et leur donne une seconde vie… ou plutôt : leur donne une réelle première existence/diffusion à la hauteur de leur mérite.
Jazz Libre, Musique Concrète, Électroacoustique, New Wave mutante… Tout cela se retrouve chez Tenzier et régalera les gens avides de grands frissons tonitruants (comme moi).
Comme son nom l’indique, cette mixtape se veut une introduction à la musique expérimentale canadienne du début des années 50 à la fin des années 70s… bref ce que nos amis anglophones appellent un « Young’s person guide to ».
Bonne écoute à tous et à toutes, en particulier aux terribles sangsues ailés de la planète Yigizlavede !
Tenzier – Canadiana 50s-70s – Tracklist:
Marshall Mcluhan – « The Medium Is The Massage: Intro » (1967)
Norman Mclaren – « Rhythmetic » (1956)
Hugh Le Caine – « Invocation » (1957)
Étienne O’leary – « Le Voyageur Diurne (Aka Day Tripper) » (1966)
Véritable icône de la scène musicale indie/underground montréalaise depuis bientôt 20 ans, le très talentueux, versatile et prolifique Navet Confit nous présente ses 15 pistes essentielles au travers de cette septième édition des « 15 Fréquences Ultimes ».
J’ai la chance inouïe de suivre ses escapades sonores depuis la sortie de LP1 qu’on se faisait un plaisir de faire jouer en magasin lorsque j’étais disquaire (période charnière de ma vie de mélomane). Depuis ses débuts discographiques déjà fort dantesques, il y a eu environ une douzaine d’albums tous plus folichons les uns que les autres ; en plus de nombreuses collaborations et productions d’albums d’autres artistes (Ludo Pin, Sheenah Ko, Mat Vezio, LARCHE, Maude Audet, Catherine Dorion, Géraldine et plein d’autres !). Impossible de ne pas parler aussi de son excellent groupe Nüshu, auquel participent aussi Lydia Champagne, Jessica Pion et Jerry Lee Boucher.
À l’écoute de cette mixtape délectable et truculente, vous serez séduits par la palette sonore hétéroclite de notre ami comestible. Ne vous restera ensuite qu’à jeter tout votre dévolu sur sa riche discographie !
Une excellente écoute à vous tous et toutes (en particulier les joueurs de curling experts en sorcellerie vaudou) !
Tracklist:
Sparklehorse – Weird Sisters
Pavement – Shoot the Singer (1 Sick Verse)
The Flying Lizards – Suzanne
Syd Barrett – Dominoes
Joan of Arc – (You) [I] Can Not See (You) [Me] As (I) [You] Can
Tarwater – Seven Ways to Fake a Perfect Skin
The Velvet Underground – Lady Godiva’s Operation
Les amis au Pakistan – A Said A
Robert Fripp + Brian Eno – Healthy Colors
Sonic Youth – Heather Angel
Katerine – Mon meilleur ami est un chien
Broadcast – Tears in the Typing Pool
My Bloody Valentine – I Can See It (But I Can’t Feel It)