15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 6 – Neige et Noirceur

Pour la 6ème édition des « 15 Fréquences Ultimes », j’ai le plaisir de vous présenter les sélections de sieur Spiritvs, seul maître à bord d’un des projets de Black Metal les plus légendaires et prolifique au Québec. J’ai nommé : Neige et Noirceur.

J’écoute sa musique depuis plus de 10 ans et je le considère, à juste titre, comme un des pionniers de ce qu’on pourrait considérer comme la seconde vague BM québécoise. Ce fut donc pour moi un véritable honneur de me plonger le tympan dans ses influences ; dans ces pièces qui l’ont accompagné et qui ont, en quelque sorte, aidé à façonner le son si unique de Neige et Noirceur.

Bonne écoute !

Tracklist:

  1. Empyrium – When Shadows Grow Longer
  2. Ulver – Capitel I: I Troldskog Faren Vild
  3. Satyricon – The Dawn of a New Age
  4. Darkthrone – Circle the wagons
  5. Cradle of Filth – Cruelty brought the orchids
  6. My Dying Bride – Sear me MCMXCIII
  7. Borknagar – The Dawn Of The End
  8. Paysage d’Hiver – Moloch
  9. Drudkh – The First Snow
  10. Summoning – A New Power Is Rising
  11. Agalloch – …And The Great Cold Death Of The Earth
  12. Black Sabbath – Solitude
  13. Blood Ceremony – The Hermit
  14. Opeth – Windowpane

Vous pouvez suivre et encourager Neige et Noirceur sur la page Bandcamp du projet ou encore sur Facebook.

Mixtapes, Psychédéliquement vôtre

Psychédéliquement vôtre – Épisode 2

Deuxième épisode de cette série de mixtapes qui vous offre une forte dose (lysergique) de plaisir sonore. EN JOIE mes chères et chers mesdames, messieurs, enfants indigo, bulletins scolaires zombifiés, théières volantes péruviennes ; sans oublier mes amies les pieuvres multicolores de la baie galaxique étoilée de Saint-Fulgence !

Tracklist:

  1. Me and The Rest – Mark Time
  2. Thee Oh Sees – Carrion Crawler
  3. The Generation Gap – Plastic Faces
  4. The Bermuda Jam – Good Trip Lollipop
  5. Sagittarius – My World Fell Down
  6. Linda Perhacs – Parallelograms
  7. Ginette Bellavance & YUL – Mister Canada
  8. Acid Mothers Temple & the Melting Paraiso U.F.O. – Amphetamine A Go Go/Pink Lemonade
  9. Bow Street Runners – Another Face
  10. Sidewalk Skipper Band – Strawberry Tuesday
  11. Stained Glass – A Scene in Between
  12. Erkin Koray – Hele Yar
  13. The Pastels – I Wanna Know
  14. Sir Winston & The Commons – No Sorrow
  15. Jean Le Fennec – L’abandon
  16. Amon Düül II – Archangels Thunderbird
  17. The Brims – Anti Gandja
  18. Eden Ahbez – Full Moon
15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 5 – Vivianne Roy

Hey ! C’est le moment préféré de ta semaine ! La sortie d’un autre épisode des 15 Fréquences Ultimes, avec cette fois, l’incandescente Vivianne Roy de Laura Sauvage et des Hay Babies !!!

Je suis un fan fini des Hay Babies depuis belle lurette donc Vivianne est une des premières personnes à qui j’ai pensé dans l’élaboration de ce qui allait devenir par la suite les 15 fréquences… Elle m’a fait parvenir cette rocambolesque playlist (surnommée « quarantine faves ») début 2021. Plus de deux ans plus tard paraît enfin son épisode. Après tout ce temps, Vivianne ne se rappelle même plus de ses sélections donc ce sera un plaisir pour elle de redécouvrir (avec vous tous) ce qui est, selon votre humble serviteur, une des meilleures mixtapes que j’ai jamais produit.

Au programme : il y a du soul/funk/gospel assez fabuleux merci (qui lorgne parfois vers la outsider music), du psych rock délectable et parfois grandiloquent, du Blues atypique givré, du jangle pop lysergique et du Moogsploitation/early electronic de haut calibre ; Bruce Haack et ce cher MORT GARÇON en clôture (aka « le deuxième Néo-Brunswickois le plus cool ever », après Vivianne of course).

Impossible que vous viviez pas un SUPER beau moment à l’écoute de cette splendeur faîte mixtape.

Tracklist:

  1. Johnnie Frierson – Miracles
  2. Timmy Thomas – Why Can’t We Live Together
  3. Doug Hream Blunt – Fly Guy
  4. Sugarloaf – Green-Eyed Lady
  5. The Cleaners From Venus – Incident in a Greatcoat
  6. Dave Grusin – Ascension to Virginity
  7. Kim Fowley – The Trip
  8. The Human Beinz – Dance On Through
  9. Isaac Hayes – Walk On By
  10. Chuck Berry – Oh Louisiana
  11. Bruce Haack – National Anthem To The Moon
  12. The Electric Prunes – Holy Are You
  13. Dr. John – Danse Fambeaux
  14. Captain Beefheart & His Magic Band – Her Eyes Are a Blue Million Miles
  15. Mort Garson – Plantasia

Vous pouvez suivre et encourager Vivianne au liens ci-bas :
Page officielle des Hay Babies
Page Bandcamp des Hay Babies
Page Instagram des Hay Babies
Page officielle de Laura Sauvage
Page Bandcamp de Laura Sauvage

Et voici des apparitions Vivianne dans différents podcasts : The ConunDRUM, Tu Me Niaises et Sortie Phono

Autres Mixes, Mixtapes

Les Paradis Étranges présentent…. Nightclub on Yuggoth (un mix tentaculaire)

Dans sa demeure de R’lyeh la morte , Cthulhu attend en… dansant

Parce que les abominations tentaculaires, créatures mi-humanoïdes mi amphibiennes, grands anciens qui chuchotent dans les ténèbres originelles et autres horreurs intergalactiques de ce monde méritent aussi leur night out !

Bonne écoute, que vous soyez d’ici ou d’ailleurs !

Tracklist:

  1. cv313 – Isis
  2. Seefeel – Filter Dub
  3. Grant – Bend
  4. AL-90 – Serpentarium
  5. Various Artists – Erosion 2
  6. Rhythm & Sound – Mango Drive
  7. Scorn – Black Box
  8. Andy Stott – Luxury Problems
  9. S Olbricht – Blambestrid
  10. The Future Sound of London – Cascade
  11. Monolake – Tetris
  12. Luigi Tozzi – Bioluminescence
  13. Zum Goldenen Schwarm – Weltentor
  14. Wanderwelle – The Starry Night
15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 4 – David Dugas Dion

Quatrième épisode des 15 Fréquences Ultimes, avec les sélections hétéroclites de mon pote David Dugas Dion (aka David & The Woods / David & The Mountains), un des piliers des riches scènes expérimentale et alternative québécoises.

David évolue et a évolué dans les formations suivantes : Caapi, Devenir-Ensemble, Square/Sine, Garura, La Forêt Rouge, Leftovers Diable!, Total Improvisation Troop, Crabe, Bleeding Traks (et j’en passe). Il est le head-honcho de Cuchabata Records, label underground polymorphe qui nous régale les tympans et nous embrume l’esprit de la plus délicieuse façon et ce, depuis 2003 (le label va donc bientôt pouvoir boire légalement dans tous les pays du monde dans un an !).

Comme vous pouvez le constater en z’yeutant la succulente tracklist ci-bas, il y en a ici pour tous les goûts : musique brésilienne populaire, folk magnifique, death metal purulent, noise-rock épique, jazz libre mystique, post-punk syncopé, rock psychédélique japonais finement poilu… Bref, un autre régal auditif gracieuseté des Paradis Étranges.

Merci cher sieur Dion et bonne écoute à tout le monde (particulièrement aux unijambistes) !

Tracklist:

  1. The Beatles – Strawberry Fields Forever
  2. Neil Young – After The Gold Rush
  3. Slayer & Ice-T – Disorder
  4. Nirvana – Negative Creep
  5. Suffocation – Liege of Inveracity
  6. Sonic Youth – The Diamond Sea
  7. The Velvet Underground – Sister Ray
  8. The Cure – 10:15 On A Saturday Night
  9. Frank Zappa & The Mothers Of Invention – The Chrome Plated Megaphone of Destiny
  10. John Coltrane – Meditations & Leo (Concert In Japan)
  11. Robbie Basho – Himalayan Highlands
  12. Devendra Banhart – Will I See You Tonight (feat. Vashti Bunyan)
  13. Acid Mothers Temple – Atomic Rotary Grinding God – Quicksilver Machine Head
  14. Wolf Eyes – Thirteen
  15. Caetano Veloso – It’s a Long Way

Vous pouvez suivre et encourager David sur la page Bandcamp de Cuchabata ou encore en écoutant le podcast officiel du label, le Cuch Cast.

Agonies Célestes, Mixtapes

Agonies Célestes – Épisode 1

Vous aimez vous prélassez dans des caveaux funéraires le dimanche matin, avec votre café (noir, il va sans dire) à la main ? Vous conservez des dépouilles de corbeaux et de gerboises dans des sacs (Ziploc®) que vous ouvrez lors des grandes occasions afin de vous enivrer les sens de l’odeur de la mort ? Vous aimez les longues promenades solitaires aux heures pâles de la nuit, en pleine forêt boréale, à -30 degrés celsius, implorant la lune et vociférant des horreurs d’une voix râpeuse et souffreteuse ? Les « Agonies Célestes » se dressent là pour vous, mes perfides amis. À chaque épisode, Salade d’endives sélectionne pour vous la crème de la crème du Black Metal, que ce soient les classiques norvégiens des riches années 90 ou des perles taries vomies par les diverses scènes underground qui sévissent un peu partout sur le globe. Black atmosphérique, Black cru et rageur, Black sympho, Black païen/folkloriste/viking, Black avant-gardiste, Dark Metal, Black vampirique… Tout ceci s’y retrouve ; saupoudré par quelques généreuses louches de synthé donjonné, de dark ambient et de black noise (pour varier les déplaisirs).

Bonne écoute de ce tout premier épisode de la série !

Tracklist:

  1. Darkthrone – En vind av sorg
  2. Këkht Aräkh – Elegy for the Memory of Me
  3. Thantifaxath – Panic Becomes Despair
  4. Blut Aus Nord – The Plain of Ida
  5. Xasthur – Walker of Dissonant Worlds
  6. Black Cilice – The Gate of Sulphur
  7. Fluisteraars – Brand woedt in mijn graf
  8. Lunar Womb – Öinen Matkaaja
  9. Monarque – Jusqu’à la Mort
  10. Nächtlich – Decomposing and Immortal
  11. Kommodus – Conquering The Carpathians
  12. Wedard – Einsamer Winterweg
  13. Lamp of Murmuur – Chalice of Oniric Torment
  14. Nokturnal Mortum – The Funeral Wind Born in Oriana
  15. Lakanys – In Times Of Agony And Darkness
  16. Wolves in the Throne Room – Vastness and Sorrow
  17. Sulphuric Night ‎- Forever Cursed I
  18. Enslaved – Større Enn Tid, Tyngre Enn Natt
15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 3 – Vanille

Déjà le troisième épisode des 15 Fréquences Ultimes, cette fois avec les choix musicaux de la talentueuse auteure-compositrice Rachel Leblanc. Celle qu’on connaît sous le savoureux nom de Vanille nous assène une irrésistible dose de douceur directement dans les tympans ; ces derniers se retrouvant gorgés de liesse sonore brute et absolue. C’est une mixtape que je qualifierais de forestière et d’automnale. Ça lorgne du côté du folk psychédélique, du pop baroque, sunshine pop et autres déliciosités du genre… Bref, du psychédélisme « gentil » qu’il fait bon écouter le dimanche matin, café à la main, alors qu’on vient à peine d’émerger du monde des songes opiacés, l’esprit encore tout engourdi.

C’est aussi totalement à l’image de la musique ravissante de Vanille ; en particulier son plus récent opus « La clairière », un disque que vous devez absolument vous procurer à la vitesse grand V (et qui sera assurément dans mon Top Albums Québec de la fin de l’année).

Bonne écoute messieurs-dames et aussi aux cerfs de virginie, oiseaux de toutes les couleurs possibles et impossibles, coatis à nez blanc et tous les amateurs d’orchestrations voluptueuses et de flûte traversière !

Tracklist:

  1. The Millennium – 5 a.m.
  2. Kevin Ayers – Town Feeling
  3. The Beach Boys – Wonderful
  4. Buffalo Springfield – Expecting to Fly
  5. Sibylle Baier – Colour Green
  6. Fairport Convention – Who Knows Where The Time Goes?
  7. Nazz – If That’s The Way You Feel
  8. Shirley Collins – The Unquiet Grave
  9. Karen Beth – Nothing Lasts
  10. Vashti Bunyan – Timothy Grub
  11. Arthur – A Friend of Mine
  12. Jake Holmes – Did You Know
  13. Bridget St John – Autumn Lullaby
  14. Karen Dalton – Something On Your Mind
  15. Duncan Browne – The Ghost Walks

Vous pouvez suivre et encourager Vanille sur sa page Bandcamp, sa page Facebook ou sa page Instagram

Mixtapes, Psychédéliquement vôtre

Psychédéliquement vôtre – Épisode 1

Les Paradis Étranges ne sont pas peu fiers de vous présenter le premier épisode de Psychédéliquement vôtre, un voyage sonore à entreprendre régulièrement avec (ou sans) stupéfiant de votre choix ! Un parcours quasi-infini de la musique psychédélique at-large, tous sous-genres et toutes époques confondues : acid rock, early prog, folk psychée, pop baroque, yé yé, heavy psych, garage rock, néo-psych, krautrock, stoner rock, raga rock, freakbeat, psych-soul, tropicália, noise rock et autre merveilles du genre.

Bonne écoute !

Tracklist:

  1. The Electric Prunes – Dr. Do Good
  2. The Freeborne – Images
  3. The Turfits – If It’s Love You Want
  4. White Room – Thoughts of Yesterday
  5. The Joint Effort – The Third Eye
  6. Som Imaginário – Super-God
  7. Moonkyte – Where Will The Grass Grow
  8. Simon Dupree & The Big Sound – Kites
  9. Park Avenue Playground – The Trip
  10. Public Nuisance – Magical Music Box
  11. J.K. & Co. – Fly
  12. July – Dandelion Seeds
  13. King Gizzard & The Lizard Wizard – Let Me Mend the Past
  14. Ant Trip Ceremony – Locomotive Lamp
  15. Spacemen 3 – Sound of Confusion
  16. Michele – Fallen Angel
  17. The Village S.T.O.P. – Vibration
  18. The Calico Wall – I’m a Living Sickness
  19. The Deviants – Child of the Sky
  20. C.A. Quintet – Underground Music
  21. Shinki Chen & His Friends – Requiem of Confusion
  22. Fifty Foot Hose – Red The Sign Post (Alternate Take)
  23. Mercury Rev – Chasing a Bee
  24. Louise Forestier – From Santa to America
  25. The Strawberry Alarm Clock – Incense and Peppermints
15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 2 – Roger Tellier-Craig

Pour ce second épisode des 15 Fréquences Ultimes, l’élégant, polymorphe et scintillant Roger Tellier-Craig (Fly Pan Am, Le Révélateur, Godspeed You! Black Emperor, Et Sans, Set Fire to Flames, Pas Chic Chic) nous invite à plonger dans ses souvenirs bruitatifs obtus et ses influences musicales on ne peut plus variées.

Le sympathique et talentueux gaillard nous a aussi concocté de magnifiques commentaires (ci-bas, sous la liste des pistes) pour accompagner son magnifique mix. À lire avec attention en savourant la délicieuse matière sonore.

Vous pouvez suivre le parcours artistique ahurissant de Roger sur son site web : https://rogertelliercraig.com/
Sa page Soundcloud : https://soundcloud.com/satz-ebene
La page Bandcamp de Fly Pan Am : https://flypanam.bandcamp.com/

Tracklist:

  1. Pink Floyd – Cirrus Minor
  2. Faust – No Harm
  3. Luc Ferrari – Hétérozygote (extrait)
  4. Bernhard Günter – Untitled I/92 (extrait)
  5. Oval – Line Extension
  6. My Bloody Valentine – All I Need
  7. Stereolab – Jenny Ondioline (Part I)
  8. David Tudor (feat. Takehisa Kosugi) – Pulsers (extrait)
  9. Brian Eno – Lizard Point
  10. Ennio Morricone – 1970 (extrait)
  11. Morton Feldman – For Samuel Beckett (extrait)
  12. Jim O’Rourke – Cede (extrait)
  13. Laurie Spiegel – Pentachrome
  14. Charlemagne Palestine – Fifths In The Rhythm Three Against Two For Bösendorfer Piano – Two
  15. Cluster – Im Süden

Pink Floyd – Cirrus Minor

Première vraie rencontre avec la magie du son. Je devais avoir 14 ans, c’était l’été et il faisait plein soleil, et j’étais assis à l’arrière de notre voiture familiale, les écouteurs aux oreilles. Ce morceau me transporta littéralement “ailleurs” dans un monde impossible, imaginaire, spécialement le passage instrumental de la fin. C’était le début de mon intérêt pour la musique psychédélique, étrange, “surréelle”. 

Faust – No Harm

Ce disque fut une grosse claque à l’époque pour moi. Pendant un certain temps j’avais écouté plusieurs groupes “prog” dans l’espoir de découvrir d’autres groupes comme Pink Floyd, mais j’étais resté insatisfait. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque nous n’avions pas accès à l’internet, donc c’était beaucoup plus difficile de trouver le bon fil pour arriver à ce genre de découverte. J’avais découvert le Velvet Underground, ce qui m’avait sensibilisé à du rock plus “artsy”, mais à cette époque j’étais plutôt obsédé par Sonic Youth et les débuts du “indie rock”; Sebadoh, Pavement, Royal Trux, GBV, etc. Et c’est en lisant des reviews de “Westing (By Musket And Sextant)” que j’ai lu les noms de Can/Faust/Neu! pour la première fois. Quand j’entendis finalement l’album “So Far” je n’en revenais pas, c’était exactement ce que j’espérais et même plus; du rock répétitif, noisy, avec des passages psychédéliques, une approche collage avec des éléments électroacoustiques, des sections pop interrompues par des intrusions avant-gardistes. Ce disque informa totalement l’approche musicale de Fly Pan Am par la suite. 

Luc Ferrari – Hétérozygote (extrait)

À cette même époque j’ai eu la chance de mettre la main sur ce disque de Ferrari à l’Échange pour un maigre 5$. J’étais étudiant en arts visuels au Cégep et je ne jouais pas encore d’instrument de musique, quoique je m’étais quand même amusé à faire des “albums” lo-fi avec une guitare et un sampler Realistic hyper primitif. J’avais vraiment envie de faire de la musique abstraite mais vu que je n’étais pas musicien j’avais le syndrome de l’imposteur. Le texte à l’endos de la pochette fut hyper libérateur pour moi: “J’ai aussi appelé ça ma musique concrète du pauvre, vu qu’il n’y a pratiquement pas de manipulations et que cette bande aurait pu être réalisée dans un studio non professionnel. Il s’agissait dans mon idée d’ouvrir le chemin à la musique concrète d’amateur comme on fait des photos de vacances.”  La musique me transportait davantage dans ce monde impossible et surréel, où j’errais entre une multitude de fantômes et de traces de lieux. C’est à cette époque que j’ai décidé que je voulais faire de la musique électroacoustique, en grande partie à cause de ce disque. 

Bernhard Günter – Untitled I/92 (extrait)

De la musique au seuil de l’audible. C’était une toute nouvelle idée pour moi en 1995. Une musique qui s’hallucinait presque. Des sonorités microscopiques hyper tranchantes et futuristes, la précision de la musique numérique que je découvrais à ce moment. J’aimais cette idée d’une musique qui existerait à quelque part entre la présence et l’absence, une musique qui est là mais que nous n’entendons pas tout à fait. Plus tard j’ai découvert que Luigi Nono avait déjà travaillé cette idée auparavant, mais la musique de Günter reste encore à ce jour tout à fait singulière. 

Oval – Line Extension

Au Cégep j’avais découvert Godard, et un aspect de son oeuvre qui m’avait fortement marqué et inspiré était son intérêt à révéler le support du film, donc quand j’ai entendu Oval pour la première fois il y a automatiquement eu un déclic. Mais au-delà de l’aspect conceptuel, la musique elle-même me frappa de par son aspect si futuriste et singulière, pop et avant-gardiste à la fois. Comme avec Günter, c’était mon introduction aux sonorités plus numériques, mais c’était aussi la première fois que j’étais exposé aux sonorités de glitches/skips, ainsi que par le genre de phrasé musical qui était généré par le micro-sampling. 

My Bloody Valentine – All I Need

Comme beaucoup d’autres, la première fois que j’ai entendu “Loveless”, je pensais que ma cassette était défectueuse, surtout qu’en 1991 il n’y avait pas tant de gens qui connaissaient bien le groupe dans mon entourage. J’avais découvert “Only Shallow” à Nu Musik sur Musique Plus et ça m’avait totalement sidéré, mais je n’étais pas préparé pour le reste. Ce fut l’amour fou. J’étais complètement séduit par cette musique qui me dépassait, immense comme la mer, bruyante et totalement nouvelle. J’ai rapidement mis la main sur “Isn’t Anything” qui me dépassa tout autant, surtout ce morceau “All I Need”. C’était la première fois que j’entendais quelque chose d’aussi noisy et éthéré à la fois. Je pense que dans un sens ce fut ma première vraie rencontre avec le potentiel d’une certaine abstraction sonore, même si le morceau reste quand même très mélodique, mais c’était impossible pour moi à cette époque de comprendre quel instrument avait généré ces textures, et cela m’a vraiment ouvert sur les possibilités qu’offraient l’expérimentation sonore.

Stereolab – Jenny Ondioline (Part I)

Cet album de Stereolab fut ma première rencontre avec le “drone”. Je crois que j’ai acheté la cassette en 1993, quelque temps avant que Table of The Elements réédite “Outside The Dream Syndicate” de Tony Conrad et Faust. Je sentais à l’époque que j’avais fait le tour de la musique axée sur les chansons, et cela déclencha en moi une étrange crise “existentielle” musicale où j’avais l’impression que tout avait été fait – j’étais très naïf. Mais cet album de Stereolab, et tout particulèrement ce morceau, venait soulager ce tracas; il y avait quelque chose qui me paraissait nihiliste dans cette répétition, dans cette monotonie, quelque chose qui refusait cette idée “d’innovation”, dans un sens, tout en sonnant très futuriste à la fois, et je trouvais cela très libérateur. Le fait que Laetitia Sadier chante parfois en français fut aussi une aspect marquant pour moi. C’était la première fois que j’entendais de la musique francophone avec laquelle je pouvais m’identifier. C’était très inspirant. Et à travers eux j’ai découvert Brigitte Fontaine, qui me renversa totalement, et tout le reste suivit par la suite…

David Tudor (feat. Takehisa Kosugi) – Pulsers (extrait)

C’est Alexandre St-Onge qui m’a fait découvrir la musique électronique de Tudor. J’écoutais déjà Derek Bailey at AMM à l’époque mais je n’avais jamais entendu de musique électronique “free” comme ce que faisait Tudor. Ce fut une grosse claque. Je ne comprenais pas ce que j’entendais; cette pièce me faisait penser à du techno, genre les débuts de Panasonic, mais la structure était totalement imprévisible et c’était tellement plus sale et noisy, et en plus au 1/3 du morceau il y a Takehisa Kosugi qui embarque avec son solo de violon sci-fi. Ce disque eut une profonde influence sur le type de matériau électronique que j’allais produire pour des années à venir. Et c’était tellement inspirant pour quelqu’un comme moi, qui se sentait imposteur, de voir un virtuose comme Tudor abandonner la musique instrumentale pour consacrer la reste de sa vie à ce qui me paraissait à l’époque comme l’antithèse de la virtuosité. 

Brian Eno – Lizard Point

Autre grosse découverte lors de mes années au Cégep. J’étais déjà fan de ses albums rock mais la découverte de “On Land” m’a vraiment emmené dans une autre zone. Je crois que c’est en découvrant cet album que j’ai décidé d’assumer que je voulais faire de la musique. Eno parlait de faire de la musique tout en étant “non-musicien”, et cette musique plus impressionniste, sans “chops” évidente, semblait plus accessible pour un non-musicien comme moi. Je sentais que c’était possible pour moi enfin de faire du son de manière autodidacte. Je me mis donc à faire de la musique “abstraite” suite à cette découverte, produisant deux cassette pour mon propre plaisir sous le nom de Cumulus, et le nom de mon “studio” d’ailleurs était “Lizard Point”.

Ennio Morricone – 1970 (extrait)

J’aurais pu choisir une multitude de morceaux de Morricone, mais celui-ci semblait être un bon compromis qui illustre bien la nature hybride de sa musique, à quelque part entre la musique pop, jazz et contemporaine. Je connaissais déjà Morricone pour ses fameuses BO de “spaghetti western” mais c’est en regardant “Teorema” de Pasolini que j’ai découvert Morricone. Le fait que Morricone puisse passer aussi aisément d’une chanson pop 60’s hyper catchy à un passage de musique contemporaine me fascinait. Cette fluidité entre les styles fut hyper inspirante pour moi. J’ai toujours perçu Morricone un peu comme un Jim O’Rourke ou un John Zorn, mais bien avant eux. 

Morton Feldman – For Samuel Beckett (extrait)

Encore une fois j’aurais pu choisir plusieurs morceaux de Feldman, mais j’ai choisi celui-ci pour sa singularité, même dans l’oeuvre de Feldman. La musique de Feldman m’a vraiment emmené à penser la composition autrement, autant au niveau de la temporalité, des contrastes dynamiques, de la durée et des tensions harmoniques. Ce fut aussi une toute nouvelle manière pour moi de penser la répétition, cette tendance dans sa musique à répéter ces motifs qui se voient toujours légèrement reconfigurés dans leurs durées et structure, souvent interrompus par des silences. Il y a aussi une sorte de neutralité émotive dans la musique de Feldman qui m’a toujours inspiré, et qui me rappelle en quelque sorte l’indifférence de la nature. 

Jim O’Rourke – Cede (extrait)

J’ai d’abord pensé inclure un morceau de Gastr Del Sol mais je trouve que cette pièce de O’Rourke contient davantage tous les éléments qui ont eu une grande influence sur ma sensibilité pour des années à venir. Pour un non-musicien comme moi, intimidé par les prouesses de la musique académique, cette pièce de O’Rourke était très inspirante de par son apparente simplicité et son refus de vouloir impressionner. Il y avait quelque chose de presque punk dans l’attitude de ce morceau pour moi, autant dans son minimalisme que dans l’utilisation des “plunderphonics”, pour faire des passages flirtant avec le ambient, et ces sections au seuil de l’audible. Disons que nous étions assez loin des tendances en musique acousmatique de l’époque. Sans oublier que O’Rourke pouvait aussi facilement produire une disque de rock électroacoustique d’un groupe comme Faust, passer d’un gig de “free improv” à une compo électroacoustique, d’une musique avant pop de Gastr De Sol à une compo minimaliste solo “mélangeant” John Fahey avec Tony Conrad, etc. Tout comme Morricone ou Faust, il représentait parfaitement pour moi cette approche non-hiérarchique des styles qui m’inspirait tant, travaillant l’hybridité et les contrastes, et touchant même à la citation, et non comme un simple geste empreint de nostalgie, mais plutôt comme une manière de démontrer l’inépuisable potentiel du matériau socio-musical. 

Laurie Spiegel – Pentachrome

Tous les autres morceaux que j’ai choisis proviennent d’une époque où je découvrais la musique qui allait définir mes sensibilités jusqu’à ce jour, à quelque part entre mes 14-23 ans. Tout ce qui suivit ne fut qu’une continuation de ce premier élan, jusqu’à temps que je découvre la musique de Laurie Spiegel une dizaine d’années plus tard. À ce moment précis, autour de 2009, je me dédiais à mon projet électronique Le Révélateur, qui était au départ plutôt axé sur la technologie analogique, mais la découverte du travail de Spiegel, qui sonnait pour moi autant ancien que futuriste, changea tout pour moi. J’étais fasciné par cette musique tonale, trop précise et mathématique pour être du “new age”, qui se rapprochait plutôt du travail des minimalistes américains et qui était conçue à partir des synthétiseurs analogiques et d’ordinateurs primitifs. C’est à ce moment que je me mis à utiliser l’ordinateur davantage dans mon travail et ma musique fut longtemps inspirée par le travail de Spiegel, ainsi que par d’autres pionniers de musique numérique comme Maggie Payne, Jean Piché, John Chowning, Michel Redolfi, etc…

Charlemagne Palestine – Fifths In The Rhythm Three Against Two For Bösendorfer Piano – Two

Probablement le morceau qui a le plus inspiré mon jeu de guitare, tout particulièrement sur les passages répétitifs des disques auxquels j’ai participé avant 2004. Je trippais vraiment sur ce rythme de 3 contre 2 répété incessamment de manière hypnotique, d’une grande simplicité mais hyper précis, froid, neutre. À cette époque je me battais beaucoup contre cette idée de séduction musicale, et cette “pauvreté” de matériau était vraiment très inspirante pour moi, c’était comme un refus de plaire, une forme de résistance. 

Cluster – Im Süden

Quand j’ai entendu ce morceau pour la première fois en 1995, c’était comme si le monde s’ouvrait. À cette époque c’était impossible de mettre la main sur les disques de Cluster ou Neu! à Montréal, tout ce qu’on avait à notre disposition était ce livre de Julian Cope, “Krautrocksampler”, jusqu’à temps qu’un label mystérieux du nom de Germanofon se mette à éditer des bootlegs de ces albums en CD. On ne pouvait qu’imaginer la musique contenue sur ces disques à travers les descriptions qu’en faisait Cope dans les pages de son livre, mais une fois que j’entendis enfin cet album de Cluster la musique était au-delà de mes attentes. Ce morceau en particulier a beaucoup résonné avec moi, j’irais même jusqu’à dire qu’il a directement influencé “L’espace au sol…” de Fly Pan Am, principalement au niveau de nos jeux de guitares, ces patterns qui se perpétuent tout au long du morceau. 

Autres Mixes, Mixtapes

Les Paradis Étranges présentent…. A Nonesuch Explorer MIX (par Salade d’endives)

Vers la fin des années 60, l’excellente étiquette de disques Nonesuch a décidé de se lancer dans la parution d’une sous-série de disques consacrés à la musique traditionnelle/folklorique/classique de pays et régions aux 4 coins du globe. On parle ici bien sûr de la légendaire série surnommée « Explorer ». Nonesuch furent parmi les premiers à partager ces merveilles au monde entier et ce même avant que le terme un peu galvaudé de « musiques du monde » ne soit même conceptualisé.

Les disques parus sous l’égide « Nonesuch Explorer » furent publiés de 1967 à 1984. Ils consistent surtout à des enregistrements qu’on qualifie de « field recordings » (enregistrements sur place, pour mieux s’imprégner du pouls et de la culture locale). On est donc bien loin de l’exotica de l’époque (qui était plutôt une version presque parodique des musiques étrangères, telles que vues et ré-interprétées par l’homme blanc occidental) ou de certaines productions ultérieures (enregistrées en studio), parfois un brin aseptisées.

Des enregistrements exemplaires de Nonesuch furent réalisés en Asie, en Europe de l’Est, en Amérique centrale et du sud, dans les Caraïbes et au Moyen-Orient. C’était pour plusieurs la première occasion d’entendre la VRAIE musique étrangère, non édulcorée.

Cette série d’albums m’est très très chère. C’est pourquoi j’ai voulu lui rendre hommage à travers ce mix qui vous entrainera l’appareil auditif à travers multiples traditions sonores fascinantes et qui, je l’espère, vous donnera le goût de voyager.

Bonne écoute !

Tracklist:

  1. Shinichi Yuize – Zangetsu (Lingering Moonlight)
  2. Joaquín Bautista – La Visita
  3. Ensemble Of The Bulgarian Republic, Philip Koutev – Nyagul Na Milka Dumashe (Niagol Talks To Milka)
  4. Saka Acquaye – Echoes Of The African Forest
  5. Ram Narayan, Mahapurush Misra, Shirish Gor – Dhun Khamaj That
  6. Los Chiriguanos – El Chupino
  7. Lu-sheng Ensemble – T’ao Li Ch’un Feng (Beautiful Spring)
  8. Artiste(s) Inconnu(s) – Acholi Bwala Dance
  9. Laxmi G. Tewari – Oyun Havası
  10. M. Nageswara Rao – The Ten Graces Played On The Vína
  11. The Pennywhistlers – Shto Mi E Milo
  12. Artiste(s) Inconnu(s) – Pandillero
  13. Artiste(s) Inconnu(s) – Ketjak Dance (extrait)
  14. Members Of The Radio Afghanistan Orchestra – Rain Song
  15. Artiste(s) Inconnu(s) – Dzil Duet
  16. Katsumasa Takasago – Komori Uta
  17. Björn Ståbi & Ole Hjorth – Skänklåt
  18. The Bauls Of Bengal – O Ki Garial Bhai
  19. Joseph Spence – Don’t Take Everybody To Be Your Friend
  20. Pegro Lunes Tak’il Bek’et, Rominko Patixtan Patixtan, Carmen Gomez Oso, Rominko Mendez Xik’ & Xun Perez Hol Cotom – K’in Sventa Ch’ul Me’tik Kwadulupe
  21. Artiste(s) Inconnu(s) – Lukuji
  22. Mustafa Kandıralı & Ensemble – Saba Zeybek/Tavas Zeybeği
  23. K.R.T. Wasitodiningrat – Ketawang Puspawarna
  24. Orchestre Jazz Corondo – Joséphine
  25. Artiste(s) Inconnu(s) – Not Goodbye

Une partie de ma collection de disques Nonesuch Explorer

15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 1 – Klô Pelgag

Pour cette première édition des 15 (17 dans son cas ! oooooh la tricheuse !) Fréquences Ultimes, l’incroyable auteure-compositrice, musicienne, chanteuse, arrangeuse et poétesse Klô Pelgag nous convie à un authentique festin royal pour nos oreilles. Au menu : pop anatolienne psychédélique, avant-garde made-in-Québec, prog-rock de grand cru, chanson française expérimentale, folk brumeuse 70s, art-pop islandaise, minimal wave grecque et autres merveilles internationales subjuguantes ! Bon appétit et un grand merci à Klô d’initier le bal d’une série de mixtapes qui promet de mettre le feu au plancher (du moins autant que la célèbre compilation « Red Hot »).

Tracklist:

  1. Gülden Karaböcek – Dostum
  2. Lena Platonos – Markos
  3. Roberto Musci – Lullabies…Mother Sings… Father Plays
  4. Sibylle Baier – Tonight
  5. L’infonie – Viens danser le OK là!
  6. Asa-Chang & Junray, Kyoko Koizumi – Senaka
  7. Vashti Bunyan – Train song
  8. Gentle Giant – Proclamation
  9. Aksak Maboul – A Modern Lesson
  10. DakhaBrakha – Sho z-pod duba
  11. Pink Floyd – Green is the color
  12. Steve Hackett – Ace of wands
  13. Ravi Shankar & Philip Glass – Sadhanipa
  14. Brigitte Fontaine & Art Ensemble of Chicago – Comme à la radio
  15. Serge Gainsbourg – Valse de Melody
  16. Nick Cave & The Bad Seeds – Girl in Amber
  17. Björk – All is full of love

Vous pouvez suivre les aventures musicalement rocambolesques de Klô sur son site web officiel, sa page Instagram, sa page Bandcamp ou encore sur son Facebook.