Playlist

PLAYLIST #23 – Semaine du 20 novembre 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Jordi Savall & Hespèrion XX – Elizabethan Consort Music, 1558-1603 (Alia Vox, CD) [1998]
    Savall et son ensemble sont les maîtres incontestés du répertoire de la Renaissance, et dans le cas particulier de ce très beau disque, de l’oeuvre de compositeurs actifs durant le règne de Élisabeth Ire. Danses profanes, pavanes, chansons et motets sont interprétés de la plus magnifique façon sur instruments d’époque. Un régal.

  • William Basinski – A Red Score In Tile (2062, CD) [2003]
    *Enregistré en 1979
    État paradoxal, pas tout à fait endormi, ni tout à fait éveillé. Un piano antique et brisé qui coule lentement dans une mer d’ébène mi-solide mi-liquide. Un Soleil éclatant mais voilé par un brouillard surréel qui sors d’on ne sait où. Une barque dérive ça et là. Elle fait des tours sur elle, au ralenti. On voit qu’elle est emplie de larmes. Le néant et la mélancolie qui te bordent le long de cet ailleurs impossible. Le Soleil s’est couché maintenant (dans son lit couleur rouille) et la morne pluie de novembre commence à tomber sur la scène qui abrite tes pensées les plus secrètes.

  • William Basinski & Janek Schaefer – . . . On Reflection (Temporary Residence Limited, CD) [2022]
    Des souvenirs fissurés, le temps qui passe, inlassable, précieux mais fugace… Saudade-ambient, musique qui t’emplie le coeur, la tête et les tripes d’une émotion complexe, ambivalente, belle… Quand s’enchevêtre nostalgie, mélancolie et espoir, alors que le soir, frais et humide, commence à tomber comme la première neige de l’année, recouvrant tes blessures et tes regrets de son linceul blanc et salvateur. Du piano aérien, des ondes, des échantillons, du drone, le chant des oiseaux… un miracle discret, fragile et élégiaque.

  • Ennio Morricone – The Black Belly Of The Tarantula (Death Waltz, 2 x Vinyle) [2015]
    *Trame sonore d’un film réalisé par Paolo Cavara et sorti en 1971
    Maestro Morricone est probablement le plus grand compositeur du 20ème siècle (pour moi, je sais que c’est un choix hautement personnel). Et je crois que ce que j’aime le plus de toute son oeuvre, ce sont ses bandes sons pour des giallo (ce genre cinématographique typiquement italien qui est à mi-chemin entre thriller policier, épouvante et érotisme). Sur ce « Black Belly Of The Tarantula », on retrouve les deux facettes que je préfère de mon Ennio chéri : du lounge-jazz sexy, nocturne, enfumé et bossa-novesque… puis des pistes plus expérimentales, empruntant à la musique contemporaine dissonante, à la musique psychédélique, au proto-ambient ; avec des ambiances biscornues, sombres, troubles. Du génie. Et r’gardez moi c’te pochette mirifique !

  • Maxine Funke – Felt (Digital Regress, Vinyle) [2012]
    Cette néo-zélandaise m’enchante ! Un album de folk hyper personnel, tendre, pur, cru, enregistré de manière très très lo-fi. C’est doux, mystérieux, planant, croustillant et ça te prend directement aux tripes et à l’âme. Maxine continue d’enregistrer des disques de folk fantomatique dans un relatif anonymat et mériterait à être plus connue… mais en même temps, on aime bien la garder pour soi, jalousement, comme un trésor.

  • Oren Ambarchi, Johan Berthling & Andreas Werliin – Ghosted (Drag City, Vinyle) [2022]
    Oren et deux comparses en mode « kraut-avant-jazz de chambre post-minimaliste-répétitif vaguement marocain avec petites incursions électro-acoustiques ». Donc, en plein le genre de truc qui me fait léviter de bonheur. Oren, au même titre que son collègue Jim O’Rourke, est un musicien ubiquiste à souhait dont il faut surveiller toutes les sorties discographiques.

  • Maud Evelyne – Pr​é​fontaine (Cassette) [2023]
    J’ai appris à voir
    les yeux fermés dans le noir
    des fleurs multicolores
    poussaient dans mes orbites

    Le premier album longue durée (si je ne m’abuse, corrigez moi KEKUN si j’me goure) de Maud Evelyne est un de mes gros coups de coeur québécois de l’année. « Préfontaine » alterne avec brio des pistes de folk intimiste/mélancolique sublimes (avec un côté très grunge et immédiat qui te va direct à l’âme) et d’autres qui sonnent très pop-rock baroque sixties. On pense parfois à Stereolab (groupe qui m’est très cher), surtout dans l’utilisation des claviers vieillots. La musique est ravissante mais les textes, hautement poétiques et personnels, vous jetteront aussi gentiment sur le cul. Maud a une plume à la fois ludique, cocasse, imagée et inventive… mais aussi capable d’exprimer la part d’ombre et de mal-être qui existe en chacun de nous. Vraiment un disque qui mérite plus de reconnaissance. Je vous invite fortement à aller vous commander la cassette sur Bandcamp !

  • Jonathan Personne – Jonathan Personne (Bonsound, Vinyle) [2022]
    Superbe album solo d’un des membres de Corridor. Un disque tristounet, éthéré, nostalgique, planant, fantomatique et envoutant à souhait, qui passe tout seul… Sieur Personne mélange avec une facilité déconcertante country-folk, dream pop, rock alternatif, western spaghetti, pop psychédélique, prog et textures ambient, réussissant malgré cette pléiade d’influences à pondre un disque hyper cohérent et tout bonnement génial.

  • Bathory – Bathory (Black Mark, CD) [1984]
    Cela débute par une intro ambient hyper lugubre et diablement efficace juxtaposant vent mugissant, cloches d’églises et tonnerre (un genre de croisement horrifique entre le début de « Mother » de Lennon et la pièce titre de Black Sabbath). Puis, après on bascule dans un speed metal de cimetière avec des vocaux râpeux/écorchés vifs. Le son est lo-fi as FUCK. La vitesse est phénoménale. Ambiance punk-licieuse et DIY. Ouais, le Black Metal est né avec cet opus. Un disque vachement important mais surtout hyper fun à écouter !

  • Darkthrone – The Underground Resistance (Peaceville, CD) [2013]
    Un Darkthrone particulièrement inspiré, qui mélange avec brio black metal rageur, crustpunk vicié, heavy, speed et trash metal. Trois morceaux écrits et chantés (lire ici : hurlés) par Nocturno Culto et les trois autres par ce cher Fenriz (alias l’homme le plus SWAG de la scène norvégienne). Une lettre d’amour (écrite au sang) au Métal eighties mais avec les deux pieds ancrés dans la modernité. Cette période du sombre trône mérite toute autant votre attention que leur période purement black metal.

  • Vis A Vis – Di Wo Ho Ni (We Are Busy Bodies, Vinyle) [1977]
    Super album de Highlife ghanéen qui fut longtemps dur dur à trouver parce ce que jamais réédité… Mais les gentlemen de « We Are Busy Bodies » sont venu pallier à la situation. Des deux albums de Via A Vis parus en 1977, le présent disque est le plus joyeux, relax, chaleureux et ensoleillé (alors que son petit frère, « Obi Agye Me Dofo » est plus tendu, agressif et bourré de synthés. J’aime beaucoup les deux approches du groupe et c’est impossible de ne pas passer un bon moment quand on écoute un Vis A Vis.

  • Melvins – Melvins (aka « Lysol ») (Boner, CD) [1992]
    Amateurs de drone-doom-metal et de sludge, voici une des pierres fondatrices de ces genres qui vous sont chers. Une seule piste (qui contient en fait 6 sous-morceaux en son sein) d’environ une demie-heure. Cest leeeeeeent, c’est GRAS, c’est psych-à-l’os, c’est perfide, c’est LOURD et c’est monolithique. On peut se noyer avec délices dans ces feedbacks de guitare et de basse, tout en recevant les coups implacables de la batterie sur la tête (pour nous enfoncer plus profondément dans cette mer opiacée). À noter la présence des superbes covers/réinterporétations de pièces d’Alice Cooper et de Flipper. Un des meilleurs albums d’un des groupes les plus importants de l’histoire du rock et aussi un de leurs plus jusqu’au boutiste.

  • Jean-Luc Ponty – Cosmic Messenger (Rhino, CD) [1978]
    Un très bon disque de Fusion/Jazz-Rock late seventies (un genre très mal aimé et kitsch), avec une excellente pièce-titre d’introduction hyper-spooky, le tout suivi par des merveilles jazzy-prog enlevantes avec du shredding de violon électrique et des solos de gratte inspirés. Même la ballade sirupeuse « I Only Feel Good With You » fait mouche pour ma part. Mais le gros highlight du disque est selon moi est « Don’t Let the World Pass You By » ; 6 minutes et demie d’une rythmique enlevante surmontée par différents solos de claviers, violons et guitare… C’est genre la trame sonore fictive/alternative/progressive d’un Rainbow Road dans Mario Kart.

  • Museo Rosenbach – Zarathustra (Sony Music, CD) [1973]
    Un de mes disques de prog italien préféré. Un album épique, sombre, torturé, grandiloquent, excentrique et rempli à rabord de Mellotron et d’orgue hammond. La longue suite « Zarathustra » qui occupe toute la face A est un des plus grands moments du genre. Elle alterne entre passages atmosphériques tendus/mystérieux et d’autres plus explosifs (où le drum est juste bandant à souhait). La Face B, composée de morceaux plus courts, n’est pas en reste et s’approche très près de la qualité de la première. Vraiment un album de prog génial que tout fan du genre se DOIT de posséder.

  • OutKast – ATLiens (LaFace, 2 x Vinyle) [1996]
    Ici, ils entrent dans la stratosphere. Le son s’est adouci, oscillant dans des sphères soul funky ; mais il est aussi devenu céleste, cosmique, plein de relief velouté. Des beats cinématographiques-en-IMAX-façon-hip-hop-90s viennent secouer le tympan dès l’intro portée par cette voix féminine sirupeuse. Puis c’est les flow incrédibles respectifs de Big Boy et Andre Benjamin qui viennent démolir tout sur leur passage, mais en conservant ce « swag » si caractéristique du premier album. Ils sont encore jeunes ici, mais ils sont à leur meilleur. Lyriquement, c’est juste une orgie. Tu peux pas te tromper avec les 6 premiers morceaux. C’est bombe après bombe. Ça s’enchaîne à perfection, comme 6 Hosomakis que t’engouffres avec délice tour à tour. OUMAMI pour tes oreilles, bro. Ça glisse à l’intérieur. Ça te jette le cerveau à terre. Ça coule de partout. Et ça sent l’arabica pur. Et la suite n’est pas en reste. Moins poppy, mais plus intellectuelle, plus VaPoReUsE et diffuse, obtuse même…

  • Eno – Taking Tiger Mountain (By Strategy) (Astralwerks, Vinyle) [1974]
    Chef d’oeuvre devant l’éternel. Oeuvre d’art totale et débordante d’idées, de folie, d’audace, d’inventivité, de création libre et sans entrave. Dans ma sainte-trinité d’albums essentiels de Brian (ils le sont presque tous) et un de mes préférés… Probablement celui que j’ai le plus écouté avec Another Green World. J’ai effectivement beaucoup écouté cet album et pourtant, je découvre de nouvelles petites facettes sonores imbriquées au coeur de l’oeuvre à chaque nouveau tour de piste… Un album tellement en avance sur son temps qu’il pourrait sortir dans 10 ans et on crierait encore au génie. Croisement de glam rock, de art-pop, de proto-post-punk (en 1974 !!!!!!!), de prog-dada-de-salon et d’expérimentations foisonnantes, avec un line-up de rêve (comme toujours chez Brian) : le gigantesque Robert Wyatt aux percus et aux back-vocals, Phil FUCKING Collins à la batterie, les fidèles vieux compatriotes de Roxy Music (Phil Manzanera à la guitare, Andy Mackay aux cuivres) + un groupe aux choeurs + un ensemble de cordes.
    Ah ouais, il est nécessaire de mentionner que « Mother Whale Eyeless » est juste un des plus incroyables morceaux de pop détraquée de tous les temps.

  • Palghat Raghu, V. V. Subramaniam, K. V. Narayanaswamy – Bhāvālu/Impressions: South Indian Instrumental Music (Nonesuch, Vinyle) [1969]
    Les disques de la collection « Nonesuch Explorer » sont toujours source d’émerveillement pour votre humble serviteur. Ici, on est convié à un récital de musique carnatique (musique classique indienne issue de l’Inde du Sud) pour violon et mridang (tambour à tonneau). Trois longues pièces superbement enregistrées où les deux instrumentistes semblent être en parfaite osmose.

  • Nahadoth – Faces Of Winter Redux (Gondolin, Cassette) [2017]
    Que serait une semaine sans un peu de synthé donjonné ??? J’vous le demande !
    Nahadoth fait dans le dungeon synth hivernal et mélancolique (le mot le plus sur-utilisé à travers cette playlist !), avec un aspect néo-classique très prononcé. Il y a un côté très J-RPG à ces compos éthérées, ce qui me plaît forcément. Une très belle réédition comme toujours chez nos amis de Gondolin, avec une Face B remplie de matériel inédit de la même période et des covers (dont un de Enya !!!).

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Big Blood – First Aid Kit (2023) [US]
    La musique de Big Blood est indescriptible. Art rock, psych, post-punk, space rock, gospel, folk… mais le tout très digeste, voire bonbon. J’y suis accro et je n’me l’explique pas. Il faut l’vivre.

  • Skryvania – Skryvania (1978) [Belgique]
    Une obscurité prog. Très prog, aucune demi-mesure. Tellement prog que ça en devient quasiment parodique. J’adore ça. Sortez les tones exagérés au synthé et la guitare trop compliquée, j’arrive.

  • Full Moon Band – Moon Fools (1977) [Pays-Bas]
    Rareté récemment réédité par les disques PQR, Moon Fools est un album folk/psych lofi un brin hippie auquel on s’attache avec le temps. À écouter lors de matinées pluvieuses, idéalement.

  • Nick Mason – Nick Mason’s Fictious Sports (1981) [UK]
    La nouvelle du décès tout récent de la grande Carla Bley m’a fait ressortir ce disque atypique de 1981.
    Bien que ce soit le nom du batteur de Pink Floyd sur la pochette, l’entièreté de l’album a été composé et écrit par Carla Bley. De la musique unique, éclatée, indescriptible et complètement déphasée du marché 80s. Je trouve que ce disque là témoigne de tout le génie qui habitait cette femme.
    L’interprétation au chant de mon idole Robert Wyatt couronne magnifiquement le tout.

  • Paul Revere & The Raiders – Greatest Hits (compilation de 1967) [US]
    Un des grands groupes de la vague rock/garage/beat/pop 60s. Il faut dire qu’ils n’ont pas un album studio particulièrement distinctif, mais ils étaient définitivement des « hit makers » et cette compilation en témoigne bien. Je dirais même que c’est la pièce essentielle à avoir de cette formation.

  • King Gizzard & The Lizard Wizard – Quarters (2015) [Australie]
    Un album psyché-jazz où il fait bon laisser son oreille naviguer le temps de 4 pièces possédant l’exacte même durée, soit 10:10. C’est reconnu comme un classique chez les fans et c’est tout autant un classique dans mon salon.

  • Lucien Francoeur – Le Retour de Johnny Frisson (1980) [QC]
    Ici, nous sommes à la croisée des chemins entre le new wave et le rock garage, un son plutôt rare et unique en sol québécois, ce qui explique bien le succès et la réputation du poète Lucien Francoeur ici.

  • Lucien Francoeur – Aut’ Chose (1978) [QC]
    Album portant le nom de son band, Aut’ Chose baigne encore dans un restant de prog des années 70, tout en y allant rock plus classique et catchy. Lucien y dégaine des punchlines fulgurantes et innovantes dans son style unique de chanson

  • Yes – Fragile (1971) [UK]
    Un des plus grands albums prog de tous les temps. J’ai toujours admiré la grande créativité derrière les riffs, mélodies et arrangements de voix de cette œuvre. Une alliance parfaite entre de la musique accrocheuse et de la musique complexe et riche.

  • Rush – Moving Pictures (1981) [Canada]
    Rush ont attaqué les années 80 avec une telle force que ça en était presque gênant pour leurs compétiteurs respectifs. On a ici un poids lourd de leur discographie sur lequel je ne m’étendrai pas, l’oeuvre parle d’elle-même et sa réputation est là pour rester.

  • Procol Harum – A Salty Dog (1969) [UK]
    J’ai toujours particulièrement aimé l’introduction un peu mystique de ce disque, comme si on se préparait pour un grand voyage sans en connaître la destination. Sans être nécessairement un chef-d’œuvre, A Salty Dog rend bien honneur à la voix unique de Gary Brooker et montre avec brio qu’on peut faire quelque chose d’intéressant tout en y allant avec du prog plus subtil.

  • The Smiths – The Queen Is Dead (1986) [UK]

LÉON LECAMÉ

  • Sona Jobarteh – Fasiya (folk/world music)
  • Crippled Black Phoenix – Banefyre (post-rock)
  • Caverne – Sentiers D’Avant (métal noir français)
  • Ifernach – Maqtewek Nakuset (black metal)
  • Synteleia – The Secret Last Syllable (black metal)
  • BREEZE – Golden Season (noise-pop/post-hardcore)
  • Sunny Dunes – Blue Far (ambient/industriel/drone) 
  • Asagraum – Veil of Death, Ruptured (black metal)
  • Daniel Bachman – When The Rose Comes Again (acoustique expérimental) 

RIP Karl Tremblay…

Playlist

PLAYLIST #22 – Semaine du 13 novembre 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Haydn – Cello Concertos 1 & 2 (Mstislav Rostropovich, Academy Of St. Martin In The Fields) (EMI Classics, CD) [1975]
    Superbe interprétation de ces deux concertos qui sont parmi les plus brillants exemples du classicisme viennois dans toute sa somptuosité. Le russe est un des maîtres incontestés du violoncelle et il est accompagné ici par un des meilleurs orchestre de chambre EVEUR. La classe, quoi.

  • Bruckner – Requiem (RIAS-Kammerchor, Akademie Für Alte Musik Berlin, Łukasz Borowicz) (Accentus Music, CD) [2019]
    On est dans le mois des morts donc j’aime me taper des Requiems à le pelle !
    Composition moins connue de ce cher Anton, son Requiem est sa première oeuvre à grand déploiement, conçue alors qu’il avait la jeune vingtaine. Il l’a composé en hommage à son ami et mentor Franz Seiler, décédé d’une crise cardiaque. C’est donc une oeuvre de jeunesse. On sent Bruckner encore très influencé par Mozart (plusieurs passages, comme l’ouverture ou le Dies Irae, vous rappelleront le Requiem de Wolfgang), de même que par les compositeurs baroques et romantiques. Même si on est à milles lieux du Bruckner complètement post-romantique déchaîné et ténébreux de ses symphonies, ce Requiem n’est pas dénué de charme. Composé pour 4 chanteurs/chanteuses solistes, choeur, ensemble de cordes, 3 trombones, cor et orgue, ce Requiem vous offrira de beaux moments fougueux et d’autres plus contemplatifs. Le disque contient aussi d’autres très belle oeuvres funéraires de Bruckner datant de la même époque. À conseiller aux fans de ses Motets (superbes d’ailleurs).

  • Radiohead – Hail To The Thief (Parlophone, CD) [2003]
    Il vieillit bien ce Radiohead là. Je le trouve injustement un brin mal-aimé/sous-estimé. Après avoir botté le cul de tout le monde avec le doublé Kid A/Amnesiac, la bande de Thom et Johnny G. nous sorte cet excellent disque qui mix le côté électronique des deux précédents opus avec quelques morceaux plus guitaristiques rappelant la période OK Computer (voir même « The Bends » par bouts). « Salutations au voleur » est le Radiohead le plus spooky/ténébreux, ce qui n’est pas pour me déplaire. Il a ce côté très immédiat et brouillon qui est vraiment sympa. Tous les morceaux sont imprimés à jamais dans mon cortex mais mentions honorables à :
    « 2 + 2 = 5 », une intro incroyable (comme toujours chez les gars d’Abingdon) et une toune dans laquelle il se passe autant de trucs que dans « Paranoid Android » (pour la moitié du temps de cette dernière)
    « Sail to the Moon », une berceuse neurasthénique qui rappelle « Pyramid Song » (possiblement ma toune préférée de Radiohead)
    « We Suck Young Blood » et son génial slow-clap funéraire.
    « I Will », une sorte de complainte médiévale moderne et magnifique.
    « A Wolf at the Door. », Thom Yorke qui fait un espèce de rap désespéré et paranoïaque. Moi je dis oui.

  • DJ Yoshizawa Dynamite.jp & Chintam – Wamono A To Z Vol. I (Japanese Jazz Funk & Rare Groove 1968-1980) (180g, Vinyle) [2020]
    Le genre de compil qui me fait CAPOTER ! 10 pistes de jazz-funk japonais obscur et pourtant immensément génial. Un pressing impeccable, riche et détaillé. Cela SONNE mes amis ! Et que dire de la pochette si ce n’est que j’ai envie de l’épouser (ne le dîtes pas à ma femme !). Garrochez vous là-dessus au plus vite pour ceux qui ne connaissent pas !

  • Pink Fairies – Never Never Land (Floating World / Retroworld, Vinyle) [1971]
    Groupe nous provenant du Royaume-Uni et comptant parmi ses membres le génial Twink à la batterie, le talentueux Paul Rudolph à la guitare ainsi que d’autres muzikos qui étaient de l’aventure « The Deviants », les fées roses font du succulent hard psych proggy et poppy à souhait, avec des petits relents de proto-punk à travers. Un disque qui passe tout seul et qui alterne avec brio des pistes hard-rock et des pépites plus « space ». À recommander aux fans de Hawkwind, Cream, MC5 et Hendrix.

  • Timothy Leary & Ash Ra Tempel – Seven Up (MG.ART, Vinyle) [1973]
    Collaboration en mode « roue libre » entre les rock-choucrouteurs allemands Ash Ra Tempel et le gourou du LSD Timothy Leary (alias monsieur « Turn on, tune in, drop out »). Qu’est-ce que ça donne ? Un immense acid-jam délirant blues-psych-kraut-space-ambient déstructuré as fuck. Et c’est assez jouissif. Pourquoi ce titre (« Seven Up ») ? Parce ce que le bon TIMOTÉ mettait d’l’acide dans les cannettes de 7-Up des muzikos avant l’enregistrement… et cela s’entend mesdames-messieurs !

  • Nas – Illmatic (Columbia, CD) [1994]
    Le rappeur presque agaçant dans son perfectionnisme et son génie. Sortir un premier album de cette trempe alors qu’on vient tout juste d’avoir 20 ans, ça fait trembler d’envie tous les prétendants. Un flow riche et plein de fougue, des paroles anthologiques/riches et des BEATS mes amis, des BEATS !!!! A goddamn east coast masterpiece.

  • Sanguine Relic – The Essence Of Eternity’s Despair (Signal Rex, CD) [2018]
    Un de mes groupes de RAW Black Metal underground préféré des dernières années. Des riffs carrément ultimes, une ambiance de cimetière fraichement profané un soir de brume (avec les dépouilles purulentes exhibées grotesquement ça et là), des cris qui font mal à la gorge juste à les entendre, une batterie binaire comme on l’aime… L’essence même du Black Metal est là et ne demande qu’à être savourée.

  • Thelonious Monk Quartet & John Coltrane – At Carnegie Hall (Blue Note, CD) [2005]
    C’est Coltrane et Monk (supportés par le merveilleux quatuor de ce dernier) en l’an de grâce 1957. Dois-je en dire plus ? Une des rares rencontre entre ces deux géants du jazz (et de la musique at large) qui, malgré leurs approches radicalement différentes, réussissent le délicat pari d’enchevêtrer leur génie de la plus belle façon ; pour le bonheur de nos tympans gorgés ici d’une liesse sonore divine. Lors de cette soirée de novembre 57, c’est Coltrane (l’invité) qui s’adapte le plus des deux (tout en demeurant tellement lui-même). Il est doux, duveteux, soyeux mais intrépide… Il est en mode « sideman atypique » tout le long. Et son jeu semble inspirer Monk qui, au piano, répond à son sax tenor dans un dialogue évolutif fascinant. Il se permet quelques fioritures célestes notre John, mais sans détonner de l’ensemble, parfait engrenage qui permet à la machine de sieur Monk (son aîné musical) de rouler à perfection. BEAU.

  • The Beatles – Hey Jude (The Beatles Again) (Apple Records, Vinyle) [1970]
    Compile de singles de nos Bidules chéris qui ne figurent pas sur leurs albums (pour la plupart). Même si elles est devenue un brin obsolète par la sortie des « Past Masters » dans les années 80, j’aime quand même bien cette galette qui donne un aperçu succinct de différentes époques des garçons dans l’vent. Ah ouais, « Rain », c’est juste un morceau superbe.

  • Unsheathed Glory – Tales From Toasty Troll Tavern (WereGnome, Cassette) [2022]
  • Unsheathed Glory – The Siege Of Charvencia Keep (WereGnome, Cassette) [2023]
    Deux albums de ce super projet de comfy/dungeon synth parus sur l’étiquette merveilleuse des disques du gnome-garou. Ça sent bon les ambiances de J-RPGs médiévalo-fantaisistes, avec ses thèmes parfois épiques laissant présager des aventures abracadabrantes, parfois relaxants (musiques de fond pour une petite bourgade endormie) ou parfois joyeux (la musique de la taverne des trolls enivrés). On dirait que j’en ai jamais assez de la musique comme ça dans ma vie.
    Tales From Toasty Troll Tavern est plus enjoué et magique. The Siege Of Charvencia Keep est plus grave, austère et mélancolique.

  • Merzbow – Gomata (Hypnagogia, CDr) [2017]
    Le dernier volet de la trilogie « Merzcow ». Masami nous sert ici 4 pistes noise tantôt abrasives, tantôt cafardeuses ; débordantes jusqu’à plus soif de ce synthé très space et plein de reverb, le tout créant une atmosphère psychédélique obtuse, cauchemardesque et chaotique à souhait. Excellent comme musique de fond pour un souper spaghetti en famille.

  • Kasa Tessema – Kassa Tèssèma (Heavenly Sweetness, 2 x Vinyle) [2014]
    Chanteur folk éthiopien à la voix profonde, riche et touchante, accompagné uniquement de sa guitare 6 cordes.
    Comment une musique aussi simple peut-elle être me fendre l’âme aussi profondément ? Sa sincérité complète et totale, probablement… Et c’est juste beau sans limite et sans bon sens. Musique empreinte d’une mélancolie ancestrale et d’une insondable nostalgie, mais tout ça dans le calme, l’humilité et dans une certaine forme de candeur résignée. J’en passerais des nuits entières à l’orée de cette forêt, près du feu, à écouter Kasa me raconter histoires et légendes, sans fla-fla ni concession, laissant juste son coeur pleurer sa misère à travers sa voix et sa 6 cordes..

  • Ingrid Laubrock – Contemporary Chaos Practices / Two Works For Orchestra With Soloists (Intakt, CD) [2018]
    Jazz avant-gardiste pour orchestre big band chaotique. En plein le genre de truc qui me parle mais qui peut te vider une pièce (à utiliser lors des fins de party, avec des invités qui ne décollent pas) !
    La saxophoniste new yorkaise Ingrid Laubrock nous livre deux longues pistes de Third Stream/Modern Creative absolument bluffantes, sombres à souhait, cinématographiques et empreintes d’une tension palpable. À noter la présence d’une de mes guitaristes préférées qui oeuvre actuellement dans le créneau des « musiques DICCILES » (de dire notre papa Legault national), j’ai nommé : Mary Halvorson.

  • Deathspell Omega – The Long Defeat (Norma Evangelium Diaboli, Vinyle) [2022]
    Deathspell en évolution, encore et toujours… Moins hyper-violent et moins dissonant qu’auparavant. Plus mélodique, raffiné et progressif… mais pas moins pernicieux et suffocant pour autant. Un autre album génial dans une des discographies black métalliques les plus importantes et remarquables qui soient.

  • Jim O’Rourke – Insignificance (Drag City, CD) [2001]
    Bon Dieu que j’aime c’te disque ! L’homme aux 70 000 albums et aux 50 000 collaborations donne surtout dans l’expérimental (ambient, drone, noise, free improv, électro acoustique, musique concrète, etc…) mais une fois de temps en temps, il s’adonne à l’exercice de l’album « pop ». Ce fut le cas du génial « Eureka » (1999) qui mélangeait glitch et primitivisme américain (façon Fahey) à du jazzy-lounge-pop sirupeux à la Burt Bacharach et autres influences pop 60s et 70s (Sparks, 10cc, Van Dyke Parks, Beach Boys). Insignificance, sa suite logique, conserve la même palette d’influences mais dans un contexte plus rock et country alternatif, où la guitare et la batterie ont une place de premier choix. Jim aligne des pépites superbement composés/orchestrés, qui sont le véhicule instrumental de textes absolument tranchants, dédaigneux, amers, voir même cruels (« Looking at you reminds me of looking at the sun and how the blind are so damn lucky »…. Ye-OUCH !).
    Un très grand disque de musique qui n’a pas pris une ride !

  • Crabe – Sentients (Pantoum, Vinyle) [2021]
    Le groupe électro-prog-punk-rock-expérimental-iconoclaste préféré des petits et des grands crustacés nous sert ici un huitième album de grande qualité. Leur musique est excessivement folichonne, imprévisible, attachante, ludique, grand guignolesque, bariolée à fond la caisse, détraquée au possible. C’est comme la visite (dans vos enceintes) d’un cirque itinérant un brin déconcertant avec des tigres pyromanes, des clowns mangeurs de chair humaine (le visage barbouillé de sang et de tripes), des singes batteurs arborant des gaminets à l’effigie de Francesco Zappa et des acrobates unijambistes albinos qui jonglent avec leurs propres membres qu’ils s’arrachent en souriant. Impossible de ne pas rire à gorge déployée à l’écoute de cet opus, un rire à la fois sincère et senti (mais nerveux).
    Une brochette d’invitée assez paradisiaque aussi : Hubert Lenoir, Laurence-Anne, Yuki Berthiaume-Tremblay (I.D.A.L.G., Jesuslesfilles, Yocto), Vincent Peake (Grimskunk, Groovy Aardvark), Mathieu A. Seulement (SEULEMENT), Étienne Dupré (Duu, Klô Pelgag), Benoit Poirier (Jesuslesfilles), Jean Michel Coutu (I.D.A.L.G.), les Dianacrawls, Infopolice et même Dan Mongrain (Mothafuckin VOIVOD).

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite (pardonnez-moi l’éclairage) :

  • Population II – Électrons libres du Québec (2023) [QC]
    Définitivement mon disque de 2023, on retrouve ici Population II en parfaite maîtrise de leur art. Heavy psych, krautrock, prog… Le tout en français, pour ne pas dire en québécois. Cet album aux textes imagés et créatifs est un véritable tour de force vibrant autour d’influences de groupes tels que Gong, L’Infonie, Vos Voisins, Chocolat ou C.A. Quintet. Je vais vous le dire, je suis en amour.

  • Syd Barrett – Syd Barrett & The Pink Floyd Demos And Rarities (compilation de 2012) [UK]
    Bootleg très bien décrit par son nom. Les fans finis de Syd Barrett ou de vieux Pink Floyd y trouveront assurément leur compte.

  • Gravediggaz – 6 Feet Deep (1994) [US]
    Hip-hop Horrorcore/boom bap aux beats subtilement extravagants, expérimentaux et éclectiques, saupoudrés parfois de marimbas, parfois de voix aux accents d’outre-tombe et surtout de pas mal de contrebasse et de piano. Des rappeurs avec une dégaine qui rappelle Ice Cube, Public Enemy, Big L ou encore Ol Dirty Bastard, bref, on est dans ma zone favorite du genre.

  • Jordsjø – Salighet (2023) [Norvège]
    Nouvel opus d’une de mes formations favorites de la très active et créative scène progressive norvégienne. Jordsjø arrive encore une fois à concocter une musique progressive axé sur la flûte et le jazz, sans tomber dans le genre “jazz-rock”, avec un soupçon de folk plus celtique. Magnifiquement arrangé, comme toujours.

  • Mari Trini – ¿Quién? (1974) [Espagne]
    Chanteuse de la vague “chanson 60s” où les interprètes étaient souvent accompagné(e)s d’un orchestre aux sons mélancoliques pour y dégainer leur texte poétique. Le tout se passe ici en espagnole, ce qui confère à cet enregistrement un mood très spécial, triste, mais réconfortant.

  • Vanishing Twin – Afternoon X (2023) [UK]
    Le tout nouvel album de mes chouchous d’Angleterre, Vanishing Twin. Une ambiance apaisante et aérienne s’en dégage, malgré tous les arrangements éclatés et toutes les subtilités très expérimentales qui gravitent autour de chaque morceaux. Fortement recommandé aux fans de Stereolab et Broadcast.

  • New Potatoes – New Potatoes (1973) [Canada]
    Une petite obscurité country/folk canadienne qui fait du bien. Des chansons honnêtes, bien senties et interprétées avec un certain relâchement. On ressent un bel esprit de communauté là-dessus, comme si c’était le band d’un village qu’on ne peut entendre que si on le visite un vendredi soir.

  • June Wallack – June Wallack (1976) [QC]
    Album prog/folk un brin obscur de chez nous. Outre l’interprétation sans faille de June Wallack, on y retrouve plusieurs musiciens de la formation exceptionnelle Ville Emard Blues Band, ainsi que Michel Robidoux et Pierre Nadeau. Côté musicianship, c’est du gros bonbon.

  • Richard Dawson – The Ruby Cord (2022) [UK]
    Art rock/folk progressif, sans concession, les tripes sur la table, plein de personnalité. Richard Dawson a atteint le sommet de son œuvre ici. Album double, une pièce de 40min sur un disque et 6 morceaux sur l’autre. Ça peut faire peur, mais je vous le dit, ça coule comme du beurre dans poêle. Dans mon top 5 de 2022.

  • Moonstone – Moonstone (1973) [Canada]
    Certainement dans mes meilleurs albums folk à vie. Moonstone est une formation plutôt mystérieuse, n’aillant endisqué que ce disque rare et maintenant très prisé. Il y a des chansons catchy et très lumineuses, comme d’autres plutôt sombres avec un feeling quasi-hanté, un sentiment que je n’ai jamais retrouvé ailleurs dans la musique folk.

  • Christian Gauthier – Sine Qua Non Volume 3 – Hiver 1979 (1978) [Canada]
    Troisième offrande de l’auteur-compositeur-interprète Christian Gauthier. Cet album semble encore oublié des amateurs de prog québécois, mais pourtant… On y retrouve Richard Lanthier (Mystery, April Wine), Denis Toupin (Boule De Son, Concert, Pour Nous Autres), Luc Gauthier (Opus 5, Le Blanc et Lalancette) qui te font sonner ça assez puissant merci. Il faut aussi mentionner que Suzanne Jacob signe quelques textes.
  • Kryptograf – The Eldorado Spell (2022) [Norvège]
    Proto-metal, Doom saucé dans le psyché, Kryptograf nous rappelle à quel point c’est le fun du metal pas trop cliché qui se plonge dans un univers fantastique.

Playlist

PLAYLIST #21 – Semaine du 6 novembre 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Mozart – Requiem (Philippe Herreweghe) (Harmonia Mundi, CD) [1997]
    Écoutez cet « Introitus » éploré, qui avance lentement, avec douleur, presque pathétique… alors que les choeurs, magnifiques, dramatiques s’élèvent dans l’éther… Subissez la rage tellurique de ce « Dies Irae » presque Metal par bouts ! Lyrique et magistral au possible. Pleurez avec ce « Lacrimosa » alors que ce dernier se fait un malin plaisir à vous arracher le coeur et à le piétiner sans relâche (mais avec une volupté toute contrôlée… fichtre ; ce passage de clarinette !). Et accueillez là bras ouverts, la faucheuse, qui arrive triomphante pour venir chercher son dû alors que retentit le théâtral « Agnus Dei » qui se fond en un « Lux Aeterna » où un rayon de Soleil solitaire vient transpercer momentanément la chape grise de Novembre, illuminant la scène fatidique où les doigts squelettiques se referment sur le moribond.

  • Jóhann Jóhannsson – Virðulegu Forsetar (CD + DVD-Audio, Touch) [2004]
    Un compositeur énorme qui nous aura quitté très tôt et qui est l’auteur d’une pléiade de trames sonores mémorables et d’albums solo magnifiques. Je considère Virðulegu Forsetar comme son oeuvre maîtresse ; son chef d’oeuvre absolu. C’est une longue pièce contemplative de 65 minutes pour 11 cuivres, deux orgues, piano, percussions, cloches + éléments électroniques. Le tout s’ouvre sur cette espèce de fanfare mélancolique au ralenti (les cuivres) qui joue un air qui reviendra souvent au travers de la piste, avec des variations subtiles… Entre ces passages, c’est du drone céleste et méditatif qui occupe nos enceintes (porté par ces basses subsoniques), montant parfois d’intensité, descendant à d’autres moments… C’est incroyablement beau et solennel, émouvant sans jamais être tragique. Dans mon top 10 albums de drone de tous les temps.

  • Kenneth Gaburo – Music For Voices, Instruments & Electronic Sounds (Nonesuch, Vinyle) [1968]
    Génial disque de musique concrète / proto-électronique avant-gardiste avec chorale démente + pochette somptueuse. Les Nonesuch de cette époque là sont pas mal tous complètement fous et méritent votre attention. Ah oui, la Face B sonne parfois comme une oeuvre perdue de John Zorn.

  • Art Blakey And The Jazz Messengers – Reflections In Blue (Timeless / MOV, Vinyle) [1979]
    Un très beau Blakey tardif, enregistré en 1978 avec un superbe line-up des Messagers du Jazz bourré de jeunes musiciens ont trop la pêche d’accompagner la légende de la batterie. Le plaisir est communicatif et s’entend. Du Hard-Bop presque anachronique pour l’époque (cela sonne très mid-sixties), avec une prise de son ravissante et un pressing absolument parfait des gentlemen de Music on Vinyl. Ah ouais, et sur la dernière piste (« Stretching »‘) les gros fans de rap vont assurément reconnaître un sample célèbre (utilisé par Digable Planets).

  • Yearner & Visions of Niften – Winter Camaraderie (Voldsom, Cassette) [2018]
    Deux projets phares de l’étiquette underground Voldsom Musikk se sont associés pour pondre cette missive de dungeon synth hivernal séraphique et c’est BEAU. Une musique lo-fi, simpliste, nostalgique, brumeuse, enchantée… J’aime absolument TOUT sur ce label

  • Onfang – Late Winter Blooms (Phantom Lure, Cassette) [2023]
    On reste dans le synthé donjonné avec cette jolie cassette de winter/comfy synth tout délicat et touchant. Un EP pour célébrer le passage de l’hiver au printemps ; mais que j’écoute évidemment hors saison, alors que nous, on s’approche petit à petit de la froide saison. Chaque piste de ce recueil est une petite merveille de fragilité et d’émotion, avec des sons de synthés à la fois chaleureux et transis.

  • Depeche Mode – Music For The Masses (Mute, CD) [1987]
    6ème album des Dieux incontestés de la Synthpop eighties. Depeche Mode a beau être reconnu comme un groupe avec des singles imparables mais ça demeure selon moi un band qui te fignole surtout des albums à tout casser, sans réel moment faible (surtout à cette époque). Y’a rien à jeter ici. Je lui préfère néanmoins légèrement son grand frère « Black Celebration » et son cadet (l’incrédiiiible « Violator »)… Mais y’a pas à dire, c’est du grand DM. Un des rares groupes capables de jouir d’un succès commercial ahurissant tout en commandant le respect des mélomanes plus aguerris.

  • Rocksteady Got Soul (Soul Jazz, 2 x Vinyle) [2021]
    Comme toujours chez Soul Jazz, on fait des compiles miraculeuses. Celle-ci n’y fait pas exception. Deux galettes remplies à rabord de délectable rocksteady et de reggae qui lorgne du côté de la soul. Un gros Soleil irradiant dans ta soirée de novembre pluvieux. Et des pochettes de même, j’en ai jamais assez dans ma collection.

  • Khanate – Things Viral (Southern Lord, CD) [2003]
    Cet album est douleur. Cet album est supplice. Cet album est aliénation totale et sans retour. Les divagations psychotiques d’un dérangé mental profond qui a vu des choses qu’on ne devrait jamais voir, qui a touché le vide gelé des confins du mal-être. Au delà de toute hallucination impossible ; au delà des os broyés/liquéfiés d’une carcasse vaguement humaine qui jonche le sol putride d’un cachot enseveli sous dix mille tonnes de glaise et de cendres. La lourdeur pour la lourdeur et les silences qui se font gouffres entre ces morceaux de chair faisandés. Drone-Sludge-Metal-Ambient-Calciné de dortoir d’hôpital psychiatrique abandonné. Un album qui nous rappelle que quand on pense avoir atteint le fond, on peut toujours aller plus loin dans l’innommable et la déshumanisation… on peut toujours creuser la terre noire à mains nues, s’écorchant la peau sur les racines gelées et les pierres coupantes, alors que les larmes, le sang et le mucus coulent généreusement de nos entités corporelles (futurs dortoirs et garde-manger à vers blancs), se répandant sur l’écume des cauchemars morts. Feel good album of the century.

  • Khanate – To Be Cruel (Sacred Bones, CD) [2023]
    On les pensait morts et enterrés pour de bon… On pensait que notre cerveau déjà vicié jusqu’à plus soif par leurs offrandes anti-musicales antérieures avait assez été éprouvé… Mais voilà qu’ils remettent les couverts pour une autre dose d’ultra-masochisme sonore. Une barre de tôle rouillée qu’on t’enfonce langoureusement dans la gueule, au ralenti, pour que tu puisses savourer chaque sensation, chaque contusion, chaque degré de douleur… puis des milliers d’araignées affluent de tous les points cardinaux ; des petites, des moyennes, des grosses… À l’aide de leurs mandibules souillés, elles viennent te déchirer les joues, le front, les oreilles, le nez, les yeux (Fulci style)… Bêtes avides, stupides, porteuses de la violence et du chaos originels. Un disque retour très attachant.

  • Fly Pan Am – Fly Pan Am (Constellation, 2 x Vinyle) [1999]
    Le premier album de cette formation montréalaise légendaire ; un des joyaux de la scène locale qui brille à l’international et qui produit encore des albums d’une qualité exceptionnelle (après une très longue pause). Au menu : Post-rock expérimental et krautrock-ish minimaliste, répétitif, hypnotique et noisy. On fait difficilement mieux dans le genre.

  • Herbie Hancock – Empyrean Isles (Blue Note, CD) [1964]
    Un Herbie Hancock magistral. Le plus important et le meilleur de sa période Blue Note, déjà forte en chef d’oeuvres. Une Face A de Jazz Modal somptueuse et de facture plus classique… et une Face B anthologique avec un « Cantaloupe Island » beau à te faire dresser tous les malins petits poils de ton corps… Et puis après, il y a « The Egg » ! Le moment le plus avant-gardiste et free de la galette. Un 14 minutes en apesanteur dans une musique hautement fertile, progressive, nébuleuse, crépusculaire… Ce piano répétitif en ouverture (à la rythmique quasi Kraut-Rock… si si, j’vous jure !), supporté par une batterie ultra minimaliste et à contre sens de tout ce qu’on a entendu jusqu’à lors… Puis, petit à petit, ça se transforme en quelque chose de grandiose et de féérique. Les conventions fichent le camp. On ne sait plus si on est chez les Jazzeux ou chez les Classiqueux Contemporains.

  • Pete Rock & C.L. Smooth – Mecca And The Soul Brother (Elektra, 2 x Vinyle) [1992]
    Gros classique incontournable de Boom Bap jazzy-funky icitte et un des meilleurs albums de rap des années 90. Si Pete Rock est reconnu (avec raison) comme étant l’un des meilleurs producteurs hip-hop de tous les temps, c’est en grande partie à cause de ce disque qui l’a mis sur la map. Ses beats jazz-rap hyper inventifs et fignolés d’une main de maître sont bourrés de cuivres fondants comme du caramel, de grosse basse chaleureuse et de keys noctambules. Et n’oublions pas C.L. MOELLEUX dans tout ça ; vraiment le MC idéal pour accompagner ces instrus fantasmatiques.

  • Jacques Higelin / Brigitte Fontaine – 12 Chansons D’Avant Le Déluge (Disques Jacques Canetti, CD) [1971]
    Compilation de chansons de Higelin et Fontaine, parfois en duo, parfois en solo, originellement parues sur différents microsillons dans la deuxième moitié des années 60. On est dans la chanson jazz de facture beaucoup plus classique que ce que les deux lascars feront par la suite (à partir du début des années 70) mais ça reste du génie.

  • Terutsugu Hirayama – Castle Of Noi (Nexus, Vinyle) [1983]
    Un énorme merci à l’élégant et amical Frédérik Roy d’être venu me porter chez moi cette galette divine. Il s’agit de mon 2ème album de prog-rock symphonique japonais préféré of all time (le premier demeurant « Barren Dream » de ce cher Mr. Sirius). Cet unique album solo du leader de Teru’s Symphonia (et membre de Novela et Schéhérazade) est une tuerie de prog bombastique comme il ne s’en faisait qu’au Japon dans les eighties. Des vocaux féminins magiques, du clavier grandiloquent à qui mieux-mieux, de la guitare savoureuse, d’la batterie bien punchée, une basse bien présente et mixée comme on l’aime. Des compositions savamment montées (qui rappellent Rush, Yes et Genesis) avec de jolies fioritures et des passages plus calmes/atmosphériques absolument splendides. TELLEMENT HEUREUX de pouvoir enfin compter ce disque dans ma collection.

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Affinity – Affinity (1970) [UK]
    Affinity est un band qui navigue entre le prog, le folk, le psych, le jazz et le blues sans jamais entrer complètement dans un style précis. Une œuvre éclectique à laquelle il est difficile de résister, j’ai accroché automatiquement dès ma première écoute.
    La photo qui recouvre gatefold est aussi fantastique, mystérieuse et contemplative. Dans mes pochettes préférées.

  • Child Of Nature (compilation de 2023) [US]
    Compilation de raretés folk obscures absolument magnifique, tant dans son emballage que dans son contenu. C’est rapidement devenu un classique chez nous pour ensoleiller les matins ou enjoliver les soupers tranquilles.

  • Témpano – Åtabal Yémal (1980) [Vénézuela]
    Du gros jazz fusion expérimental comme seuls les sud-américains sont capables de pondre, avec leur background en musique latine et leurs amours pour le rock et le jazz des 60s-70s. Un autre produit cruellement méconnu du Vénézuela.

  • Ol’ Dirty Bastard – Return To The 36 Chambers: The Dirty Version (1995) [US]
    Album représentant très bien le « hardcore hip-hop » à son apogée, Return to the 36 Chambers: The Dirty Version démontre le talent et la fougue unique d’Ol Dirty Bastard. L’artiste a une façon d’exprimer ses lignes de texte comme personne, avec une voix semi rap, semi chant et rythmée par des bruits de lèvres et de bouche qui créent un beatbox subtil. Les beats sont aussi très poussés, quasi expérimentaux. Un produit qu’on ne retrouve pas ailleurs.

  • Graham Nash – Songs For Beginners (1971) [US]
    Cet opus solo de Graham Nash est une petite perle folk au son typique de 1971. Guitare acoustique bien ressentie, voix clean et envoûtante, orgue subtil qui vient dire coucou de temps en temps.

  • Felt – Felt (1971) [US]
    Un des albums phares de ma passion pour le rock psychédélique et progressif underground. La magnifique « Look At The Sun » nous prend direct au coeur en déposant l’aiguille sur le vinyle. De l’autre côté du fisque, « The Change », grosse tune prog aux riffs de guitare et d’orgue accrocheurs et tonitruants. C’est une oeuvre assez particulière, qui se promène à travers le psych, le prog, le hard rock, le blues, le jazz, mais sans jamais être totalement un ou l’autre. Au départ cruellement méconnu, un statut culte s’est installé au fil des années parmi les fanatiques du genre.
    On s’entend aussi que la pochette est d’une esthétique impeccable et qu’une fois qu’elle entre en contact avec nos yeux, on ne l’oublie plus jamais.

  • Yocto – Zepta Supernova (2023) [QC]
    Toute nouvelle formation composée de musiciens exceptionnels et de l’unique chanteuse Yuki Berthiaume-Tremblay (IDALG, Jesuslesfilles), Yocto frappe très fort avec un premier album intitulé Zepta Supernova.
    Leur musique tourne autour des genres jangle-pop, post-punk, art rock et new wave. La guitare, quand même assez technique, me rappelle même les albums 80s de King Crimson, ce qui apporte une touche vraiment unique et rarement entendu sur de la musique francophone québécoise.

  • The Sugarcubes – Life’s Too Good (1988) [Islande]
    Formation islandaise dont faisait partie la légendaire artiste Björk, les Sugarcubes offrent ici un album post-punk/new wave alternatif teinté d’un soupçon de psychédélisme et légèrement gothique. Life’s Too Good ne m’avait pas particulièrement accroché à ma première écoute, puis j’me suis surpris à y revenir assez souvent… assez pour ne plus pouvoir m’en passer. Il faut croire que, finalement, j’aime peut-être ce disque là plus que n’importe quel Björk. Oui, je sais, sacrilège! Au bûcher!

  • Charles Mingus – The Black Saint And The Sinner Lady (1963) [US]
    Certainement dans mon top 10 jazz à vie. On dirait un big band heavy et expérimental qui essaie d’me rentrer dedans comme un train. Bref, comment s’en passer?

  • At The Drive-In & Sunshine – At The Drive-In & Sunshine (2000) [US]
    En tant que fan fini d’Omar Rodriguez-Lopez et de Cedric Bixler-Zavala, je ne laisse jamais passer un At The Drive-In qui croise mon chemin. Dans ce cas-ci, un split avec le groupe Sunshine où on retrouve deux excellentes pièces d’ATDI qui me figurent sur aucun album (well, à part une réédition CD avec bonus tracks de Relationship of Command). Très heureux de les entendre enfin sous format vinyle.

  • The Zombies – Odessey & Oracle (1968) [UK]
    Classique indémodable psychédélique-pop/sunshine de 1968, avec la célèbre et magnifique Time of the Season. Les petits accents baroques et les timbres lumineux des instruments confèrent à Odessey & Oracle un charme très puissant dans lequel l’auditeur peut doucement se perdre.

  • Gaahl’s WYRD – The Humming Mountain (2021) [Norvège]
    Quand une de mes figures favorites du genre se met au chant clean pour sortir un EP alliant ses origines black metal au dark folk avec un son ultra atmosphérique, disons que je m’en vois très heureux et que je plonge à fond. Gaahl’s WYRD sera probablement le seul projet metal des années 20 dont j’achèterai tous les albums sans me poser de questions.

LÉON LECAMÉ

  • Bekëth Nexëhmü – De Dunkla Herrarna (black metal/dark ambient)
  • Wulkanaz – Kwetwan jah Dreuzaz (raw black metal)
  • Domgård – Rót (black metal)
  • Red Alert – Drinkin’ with Red Alert (Street Survivors) / Beyond the Cut (punk rock)
  • Pseudodementia- Замело (post-black métal/doom atmosphérique (russian doomer))
  • Mephistofeles – Whore (heavy psych/stoner rock)
  • Neuromancer – Hardwired (synthwave/cyberpunk)
  • Akitsa – Devenir le Diable (métal noir québécois)
  • Opéra de Nuit – Sourire de l’Ombre (coldwave/postpunk)
  • Catuvolcus – Gergovia (folk/pagan black metal)
  • Reptant – Return To Planet X’Trapolis (idm/techno)
  • Mauvet Mauve – S/T (keller synth/casio techno)
Playlist

PLAYLIST #20 – Halloween 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Fantômas – The Director’s Cut (Ipecac, CD) [2001]
    Un de mes classiques devant l’éternel ! Pour leur deuxième album, le super-groupe de Mike Patton (Faith No More, Mr. Bungle), King Buzzo (Melvins), Dave Lombardo (Slayer) et Trevor Dunn (Mr. Bungle, Secret Chiefs 3) nous offre des ré-interprétations totalement saugrenues, personnelles et passablement déjantées de musiques tirées de films de genre (horreur, science-fiction, arthouse, séries B, etc..). Un disque tellement mais tellement fun dont il est impossible de se lasser. Mentions particulières aux reprises de Rosemary’s Baby, The Godfather, Twin Peaks: Fire Walk With Me et The Omen. Parmi les plus intemporelles performances de Patton aussi (l’homme qui peut faire d’la corde à danser avec ses cordes vocales).

  • Halloween Nuggets: Monster Sixties a Go-Go (Rockbeat, 3 x CD) [2014]
    Une incroyable compilation de shock-rock n’roll, surf rock, rockabilly, rock garage et proto-punk ; le tout tournant évidemment autour du thème d’Halloween et du cinéma d’épouvante (avec quelques promo spots radiophoniques de films de genre série-B d’inclus à travers tout cela). Le plus fascinant là-dedans, c’est que la vaste majorité de ces titres proviennent du début/milieu des années 60 mais auraient aisément pu figurer sur des disques psychédéliques de la seconde moitié des sixties… Ces groupes (souvent obscurs), dans le but de bien rendre l’atmosphère un brin cinglée de la veille de la Toussaint, salissent leur son, expérimentent, font rugir les guitares fuzz, martèlent les batteries, usent de milles et uns effets sonores fantasmagoriques. Les chanteurs se veulent menaçant et oublient leurs bonnes manières. Bref, c’est du gros gros FUN.

  • John Carpenter – Halloween (Original Motion Picture Soundtrack) (Death Waltz, Vinyle) [1979]
    Le classique des classiques de c’te temps-ci de l’année ; temps qui m’est si cher. Pas fâché d’avoir conçu et réalisé un des plus énormes chef d’oeuvre de cinéma d’horreur (probablement le meilleur slasher de tous les temps), l’incroyable Jean Menuisier est aussi l’auteur de sa trame sonore légendaire. Armé de ses synthés analogiques FRETTES en diable, Carpenter nous pond des mélodies ultra minimalistes, répétitives, simplistes mais terriblement efficaces pour établir une atmosphère de suspense transi et de terreur absolue. Superbe pressing et pochette sur cette édition signée Death Waltz aussi.

  • Deicide – Legion (Roadrunner, CD) [1992]
    Un des 5 meilleurs disques de Death Metal, tout simplement. Un album court (moins de 30 minutes) mais absolument implacable. 8 pistes d’un death metal ultra rapide et sans relâche, bourré de riffs incisifs, de borborygmes vocaux démoniaques, de batterie technique et précise (et LOURDE), de basse aussi vrombissante qu’un moteur de bécane possédé par Pazuzu. Deicide veulent littéralement te gang-raper le conduit auditif. Et c’est délicieux.

  • Ulver – Scary Muzak (House of Mythology, Vinyle) [2021]
    L’essai « Horror-Synth » de Ulver est un petit régal sonore qu’il fait bon savourer par les temps qui rampent. On y retrouve 5 relectures/ré-interprétations très réussies de thèmes composés par le grand John Carpenter. Les 7 autres titres ici présents sont du cru de la bande de Trickster G. et flottent dans les mêmes eaux troubles et poisseuses.
    Vraiment un de mes groupes préférés de tous les temps ; qui a su se ré-inventer maintes et maintes fois à travers leur riche discographie, touchant à peu près à tous les styles possibles (à part la salsa et la city pop… j’ai hâte !).

  • Misfits – Walk Among Us (Ruby, Vinyle) [1982]
    Le premier album officiel (même si c’est le troisième qu’ils ont enregistré) des rois incontestés de l’horror punk. Et c’est juste jouissif. Un merveilleux mélange de punk hardcore et de rock n’roll 50s, des mélodies accrocheuses (presque pop par bouts), une énergie folle/débordante, la voix si caractéristique de Danzig (un genre de croisement entre Elvis et Jim Morrison) + l’aspect visuel et les paroles qui tournent toujours autour de l’horreur et de la série-B.

  • C. A. Quintet – Trip Thru Hell (Sundazed, CD) [1969]
    Un pur chef d’oeuvre de rock psychédélique et probablement un des 10 meilleurs albums dans le genre. L’unique opus discographique de ces joyeux fêlés du Minnesota est une des pierres angulaires du dark psych américain. Mélangeant avec brio acid rock, garage rock et expérimentations studio diverses, nos lascars nous invitent à prendre part à un voyage sonore dans LES ENFERS !!! (on y apprend au passage que c’est groovy en sale chez le YABLE pis qu’il aime ça la trompette dans son psych).
    Honnêtement, tous les morceaux sont fous, mais dur de ne pas tarir d’éloges la sublime pièce-titre, sorte de suite atmosphérique et instrumentale (scindées en deux parties) avec des relents pink floydiens. Sinon, je suis un fan fini de « Underground Music » avec son côté blue-eyed soul et ses freak outs de guitare.
    Le désavantage de cette version CD : on doit se limiter à voir la pochette (superbe) en plus petit
    L’avantage de cette version CD : c’est du Sundazed, donc ça sonne vraiment bien et il y a pleins de morceaux bonus EXCELLENTS comme cette reprise de « I Put A Spell On You » du Jay Hurleur préféré des petits et grands.

  • Lustmord – The Monstrous Soul (Soleilmoon, CD) [1992]
    It is the night of the demon
    It is the night of the demon
    It is the night of the demon
    It is the night of the demon
    It is the night of the demon

  • Clipping. – Visions Of Bodies Being Burned (Sub Pop, 2 x Vinyle) [2020]
    “Did you really think death would be so simple? No, it never stops”
    La pétrifiante suite du déjà cauchemardesque « There Existed an Addiction to Blood » va encore plus loin que son prédécesseur dans l’horreur brute et sans artifice. Alliant avec brio hip-hop expérimental, horrorcore, noise, dark ambient et beats industriels, le trio frappe très très fort avec un des disques de rap les plus puissants que j’ai entendu de ma vie.

  • Present – Triskaidekaphobie / Le Poison Qui Rend Fou (Cuneiform, CD) [1980/1985]
    Un des bands de RIO/Avant-Prog les plus sombres de tous les temps, Present est la bête immonde de Roger Trigaux, ex-guitariste des mythiques Univers Zéro. Cette édition CD parue sur l’excellente étiquette Cuneiform regroupe les deux premiers albums du groupe belge. On a affaire ici à un mélange de musique de chambre passablement cinglée et de rock progressif machiavélique porté par une guitare électrique tranchante (rappelant celle de Fripp de KC) et une section rythmique qui plaira fortement aux fans de Magma. À recommander chaudement aux amateurs de musique sans compromis, atmosphérique, inquiétante, répétitive/minimaliste, dissonante, oppressante et surannée.

  • Mayhem – De Mysteriis Dom Sathanas (Century Black, CD) [1994]
    Un disque qui sent la mort à plein nez. Paroles écrites par l’ex chanteur (Dead, un sobriquet qui lui allait comme un gant) qui s’était récemment suicidé d’un coup de fusil à pompe en plein crâne. Bassiste qui assassine le guitariste de 23 coups de couteau avant la sortie de l’album. La plupart des musiciens survivants arrêtés pour avoir participé à des incendies criminels d’églises… Bref, du joli. Mais au delà du macabre évident de l’envers du décor, il y a là l’album que plusieurs considèrent comme la pièce maîtresse du Black Métal norvégien… Un album glacé, cauchemardesque, morbide, à la fois rageur et hautement atmosphérique. Et les vocaux atypiques et hautement dérangés d’Attila sont la cerise schizophrénique sur le sundae funéraire.

  • Virgin Prunes – …If I Die, I Die (BMG, Vinyle) [1982]
    Excellent groupe de goth-rock/post-punk irlandais, mélangeant à tout rompre mélodies punk accessibles, ambiances darkwave de cabaret de la fin des temps et expérimentations qui lorgnent du côté de l’avant-garde. Résolument unique et joyeusement détraqué. Le chanteur/parolier, Gavin Friday, a vraiment une voix et un delivery totalement totalement uniques. Perso, j’adore.

  • Diamanda Galas – Diamanda Galas (Intravenal Sound Operations, CD) [1984]
    Dans la catégorie « Maman, j’ai peur », on ne présente plus la cantatrice des ténèbres indicibles Diamanda Galas. Cet album éponyme de la dame aux milles voix pandémoniaques est une de ces oeuvres sans concession aucune ; uniquement à recommander aux mélomanes qui n’ont pas froid dans le dos. Au menu : des déclamations désespérées dédiées aux vides, de l’opéra-mort, des voix démultipliées qui s’entrechoquent dans un abysse d’anti matière, des chuchotements/ricanements sataniques déstructurés au possibles et triturés d’effets avant-gardistes ; le tout avec du power electronics, de la noise et de l’indus très très FRETTE et primaire en fond sonore.
    En écoutant Diamanda, on a l’impression de se tenir constamment à un pas d’un précipice sans fond. Un précipice qui n’est qu’infinie noirceur. Avec un couteau de boucher qui nous chatouille la nuque.

  • Sonic Youth – Bad Moon Rising (Geffen, CD) [1985]
    L’album le plus gris et trouble de Sonic Youth ? Après la noirceur brute de leur débuts no-wave, « Bad Moon Rising » est un disque de transition entre le SY ultra expérimental et le SY qui, sur le prochain album, se dirigera dans une trajectoire « noise rock alternative » un peu plus accessible. C’est un de mes albums préférés du groupe et je trouve qu’on en parle trop peu… Il y a un côté post-punk (presque goth même parfois), un côté krautrock sombre et désespéré et des influences drone et psychédéliques. En plus, on y retrouve certains de mes titres fétiches du groupe : « Brave Men Run (In My Family) », « I Love Her All the Time » et « Death Valley ’69 » (en plus de la géniale « Hallowe’en » dans les bonus tracks de la version CEUDÉ). ESSENTIAL STUFF !!!

  • Pierre Henry – Maléfices (Cacophonic, Vinyle) [1962]
    Trame sonore bien spooky-licious de musique concrète pour le thriller de Henri Decoin (film que je n’ai pas vu, hélas). C’est austère, brumeux et parfois démoniaque. Et c’est vraiment tripant d’entendre Henry dans un contexte un tantinet plus musical que ses oeuvres typiques qui elles, se font un malin plaisir à déconstruire la forme musicale elle même. À suggérer aux fans de BO de Giallo (beaucoup de ressemblances, en plus sauté) et de musique expérimentale biscornue.

  • The Vampires Of Dartmoore – Dracula’s Music Cabinet (B-Music, CD) [1969]
    Que voilà là un curieux objet sonore non identifié… Les fans de kitsch rococo et de bizarreries musicales apprécieront ce petit bijou d’horrotica allemand qui mélange avec peu de finesse rock psychédélique funky, jazz-lounge, space age pop ; le tout avec une ribambelle d’effets sonores détraqués et bon nombre d’hurlements vampiriques. À recommander de toute urgence aux fans de Jess Franco et de Jean Rollin.

  • Pumpkin Witch – Final Strike Of The Pumpkin Witch (Deathbomb Arc, 2 x Vinyle) [2019]
    Et on termine avec une autre espièglerie… De la PUMPKIN-SYNTH !?!? Mais oui, messieurs-dames !
    Ce groupe qui est à la naissance de ce sous-genre du Dungeon Synth est composé de trois acolytes mystérieux : The Vampire Tyrant au clavier, Haunter of Darkened Forests au synthétiseur et The Disgraced Scientist aux effets sonores. Leur musique réussi le délicat pari de sonner à la fois rigolote/enfantine et inquiétante/épeurante. L’incorporation d’éléments noise vient forcément me parler. Et que dire de cette pochette ? Il me faut toute la discographie !!!

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Sélection Halloween :

Vinyles :

  • Fabio Frizzi – The Beyond (1981) [Italie]
  • Diablo Swing Orchestra – The Butcher’s Ballroom (2006) [Suède]
  • The Ghost – When You’re Dead/One Second (1970) [UK]
  • Slipknot – Mate. Feed. Kill. Repeat. (1996) [US]
  • Dissection – Storm of the Light’s Bane (1995) [Suède]
  • Cemican – In ohtli teoyohtica in miquiztli (2019) [Mexique]
  • Gravediggaz – 6 Feet Deep (1994) [US]
  • Josefus – Dead Man (1970) [US]
  • Alice Cooper – Killer (1971) [US]
  • Bulbous Creation – You Won’t Remember Dying (1971) [US]
  • Black Sabbath – Black Sabbath (1970) [UK]
  • Dream Widow – Dream Widow (2022) [US]

Cassettes :

  • V/A – Melkor’s Dungeon : You Wake Up In A Crypt (2023) [US]
  • Apocalyptic Fear – Decayed Existence (1992) [QC]
  • Paths of the Eternal – Gloom Omen (2021) [US]
  • Old Distant Weep – Bliss In Eternal (2020) [Pologne]

CDs :

  • Rob Zombie – Hellbilly Deluxe (1998) [US]
  • Cornbugs – Skeleton Farm (2005) [US]
  • Deli Creeps – Dawn of the Deli Creeps (2005) [US]
  • Buckethead – The Cuckoo Clocks of Hell (2004) [US]

LÉON LECAMÉ

  • Sigh – Scorn Defeat (black metal japonais suprême)
  • Darkness Enshroud – Ancient Kingdoms (occult ambient/blackbient)
  • Ghostwound – The Way Back – Demo I (black metal atmosphérique/dungeon synth)
  • Hail Spirit Noir – Mayhem In Blue (black metal psychédélique)
  • Theatres des Vampires – Bloody Lunatic Asylum (black metal symphonique)
  • SurgeryHead – Lords of the Video Wasteland (slasherwave)
  • Macabre – Sinister Slaughter (grind/death metal)
  • Dismal Euphony – All Little Devils (mélodique/gothique black metal)
  • Church of Misery – Master of Brutality (stoner/doom/sludge de serial killer)
  • Blackbeard Wizard – Blackbeard Wizard (occult doom metal)
  • Energie Noire & FZR Sethi – Witches Brew (dark jazz/occult ambient)
  • Bestattungsinstitut ‎– Dedicated To Andreas Vesal-Soundtrack For A Non-Existing Film (expérimental/ambiant/électronica/cinématique)
  • Dance with the Dead – Driven to Madness (horrorsynth/dance metal)
  • Plumb – Strigoi Madness (keller synth)
  • Demented Are Go – Welcome Back To Insanity Hall (psychobilly)
  • Pazuzu – And All Was Silent… (darkwave/medieval ambient)
Playlist

PLAYLIST #19 – Semaine du 16 octobre 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Georg Friedrich Haas – In Vain (Klangforum Wien) (Kairos, CD) [2003]
    Une oeuvre micro-tonale/spectrale absolument tétanisante de ce compositeur autrichien. Écrit pour 24 instrumentistes (qui devaient jouer dans le noir le plus complet, conformément aux notes se trouvant sur la partition), « In Vain » consiste en une seule longue piste de plus d’une heure, au travers de laquelle des crescendos diaboliques s’enchevêtrent doucereusement, s’entrechoquent, semblant vouloir percer la nuit même… S’ensuit des passages plus calmes mais pas moins tendus, où un piano fantôme est caressé d’une main furtive et où les cordes, vrombissantes et porteuses d’ondes sonores dérangées, montent en intensité puis s’estompent soudainement dans la nuit éternelle, avant de s’élever de nouveau, revêtant un autre manteau d’ébène… Le tout est beau, fascinant et glacé/glaçant. Une oeuvre pour oreilles averties.

  • McDonald And Giles – McDonald And Giles (Virgin, CD) [1970]
    Deux membres de King Crimson (premier line-up) qui livrent leur seul album en duo et quel album ! Un très beau disque de prog-rock automnal avec des relents très présents de pop psychédélique, de folk et de jazz-rock. C’est beaucoup moins sombre que King Crimson mais tout aussi essentiel. C’est un peu le mélange parfait entre « In The Court » de KC et le « The Cheerful Insanities of Giles, Giles & Fripp » (album méconnu et pourtant archi génial). Le revers ensoleillé du roi pourpre ! Et quel drumming de fou de Giles, vraiment un des batteurs les plus singuliers et originaux de tous les temps.

  • Nightshade – Nightshade (WereGnome, Cassette) [2023]
    Dungeon synth mélancolique/nostalgique rempli à rabord d’orgue épico-tragique. Comme toujours avec le gnome-garou, on ne se trompe pas.

  • Comfy Wizard – When Hobbits And Gnomes Unite / The Search For The Ultimate Pipe (Phantom Lure, Cassette) [2023]
    Les deux premiers EPs de ce délicieux et enfumé projet de Comfy Synth réunis sur une splendide cassette ! À écouter en fumant votre pipe près de l’âtre.

  • Chattox / Ferrydor Archive – Chattox / Ferrydor Archive (Voices Of The Ainur, Cassette) [2022]
    Un split de dungeon synth médiévalo-surréaliste avec chaque entité livrant un côté de cassette brumeux et féérique. On aime Voices Of The Ainur aux Paradis Étranges donc vous n’avez pas fini d’entendre parler de cette étiquette.

  • Kali Malone – Velocity Of Sleep (XKatedral, Vinyle) [2017]
    Le premier album longue durée d’une compositrice/organiste expérimentale dont on a pas fini d’entendre parler, pour mon plus grand bonheur. On a affaire ici à trois pièces pour cordes (contrebasse, viole et viole de gamba), gongs, instruments électroniques (+ manipulations de bandes) et un large luth baroque appelé le Theorbo (voir pochette du disque où on peut apercevoir l’instrument atypique). De la musique drone, lente, introspective, aride et un brin irréelle. Nothing sounds like it.

  • Funeral Mist – Salvation (Norma Evangelium Diaboli, CD) [2003]
    La première de ce Salvation dévastateur me fera toujours rire méphistophéliquement… Après une intro impure, on entend un riff distant avec une production hyper lo-fi et puis, soudainement, le son monte et ÉCLATE directement dans ta gueule. Pied-de-nez aux productions frêles de one-man black metal bands (dont je suis fan pourtant) ? Peu importe. J’en raffole. Ce disque ne veut pas ton bien. Il veut te clouer au tapis et t’enfoncer ses cris, ses vomissements, ses gémissements moribonds, son usine à riffs fous fous fous, sa batterie de malade mentale, ses ambiances blasphématoires DIRECTEMENT dans ton petit clapet de merde. Un chef d’oeuvre absolu de Black Metal suédois.

  • Brian Eno – Music For Films (EG, Vinyle) [1976]
    Un magnifique disque d’Eno qui nous présente ici des piécettes ambient très courtes et mélancoliques/rêveuses (et parfois cauchemardesques). C’est comme voler à bord d’un Boeing au dessus de pleins de petits univers chatoyants, qui demeurent mystérieux et ensorcelants, vu le peu de temps qu’on passe auprès de chacun d’eux. À recommander pleinement à tous ceux qui, comme moi, vénèrent les moments les plus atmosphériques/minimalistes de Another Green World.

  • Capcom Sound Team – Resident Evil 2: Original Soundtrack (Laced, 2 x Vinyle) [1998]
    Trame sonore de circonstance pour la saison. Un de mes jeux préférés de la Playstation old school ; qui aura aussi connu un succulent remake sur Playstation 4. Cette édition vinylique à la pochette somptueusement horrible me fait voyager dans le temps ; en 1998 plus précisément, où je dirigeais Leon ou Claire à tâtons dans les couloirs peu (ou pas) éclairés d’une station de police installée dans un ancien musée macabre… une station peuplée de morts-vivants gémissants (et bien pire encore). Niveau musical, on navigue ici entre Horror Synth 90s, Dark Ambient lugubre, classique cinématographique tendu et hard rock funky.

  • John Coltrane – Live At Birdland (Impulse!, CD) [1964]
    L’album aurait pu s’appeler « au 3 cinquième live at Birdland » vu qu’il comporte aussi 2 pièces studio mais quand on a affaire à de la musique de cette qualité là, on pardonnera bien ce petit demi-mensonge… Que dire de cette musique d’ailleurs ? Quels mots insignifiants et restrictifs dans leur nature même peuvent-ils introduire ce qui s’en passe totalement pour nous asséner sa superbe en plein tympan ? On a que ça à dire : C’est Coltrane et son quartet légendaire et dément. Ils sont tous géniaux : John au saxo ténor ET soprano, Jimmy à la contrebasse, Elvin à la batterie (MY MAN!) et l’incroyable McCoy au piano… Des maîtres à l’oeuvre, crachant, frappant, grattant et pianotant leur post-bop unique qui s’approche toujours plus de l’avant-garde à chaque session de feu… A Love Supreme (le magnifique point de non retour) n’est plus très loin ; un an à peine… Quel plaisir de redécouvrir l’évolution du plus grand quatuor de l’histoire du jazz dans les fastes années Impulse!
    Mention toute particulière à « Alabama », morceau le plus atypique et profond des extras studio… piste sombre et lente, presque funéraire, écrite en hommage à 4 jeunes filles tuées dans le bombardement d’une église en Alabama. Une des compositions les plus émouvantes de la carrière de John.

  • Blood Ceremony – Living With The Ancients (Rise Above Records, CD) [2011]
    Génial groupe canadien de rock occulte/prog/stoner/doom trad avec une chanteuse excellente, de l’orgue et BEAUCOUP de flûtes !!! Que demandez de plus ??? C’est comme une réalité alterne où Tony Iommi était resté dans Jethro Tull, avait pris les rennes en imposant ses riffs orgiaques dans le contexte proggy de Tull et qu’il avait engagé une jeune succube hippie aux vocaux. Du gros gros fun.

  • Les Coquettes – Les Coquettes (Trans-Canada, Vinyle) [1970]
    Deuxième éponyme pour ce sympathique girl-group québécois qui sonne très « Motown lo-fi ». Un plaisir sucré à savourer fréquemment.

  • Dead Moon – Stranded In The Mystery Zone (Mississippi, Vinyle) [1991]
    Bon Dieu que j’aime Dead Moon. Mon groupe de Garage Rock préféré of all time. Tous leurs albums sonnent exactement de la même manière et sont tous excellents. On a tendance à abuser du terme « authentique » dans les écrits journalistiques musicaux mais dans le cas de Fred, Toody et compagnie, je pense que ça s’applique puissance x mille. Du vrai de vrai rock n’roll, noir, désabusé, crunchy, lo-fi et puissant.

  • H.P. Lovecraft – H.P. Lovecraft (Cosmic Rock, Vinyle) [1967]
    Quand tu prends le nom de mon auteur d’épouvante/SF préféré of all time pour baptiser ton groupe, je t’aime déjà drette en partant. Quand, en plus, tu nous ponds du psych sophistiqué, un peu expérimental, teinté d’influences folk et jazzy, avec des harmonies vocales archi chouettes et des compositions aussi riches (la proto-prog « The White Ship » en particulier), bin, je t’aime pour la vie. Un must absolu dans la discothèque de tout fan de musique psychédélique.

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Camel – The Snow Goose (1975) [UK]
    Cet album là a changé ma perception de la musique. Faire quelque chose d’aussi excellent et tellement cohérent avec un conte pour enfant m’a démontré que n’importe quel genre musical pouvait s’appliquer à n’importe quel thème si on trouve le bon angle. Alors épopée doucement progressive pour l’histoire du Snow Goose!

  • Sparklehorse – It’s A Wonderful Life (2001) [US]
    Magnifique album quoi… « indie slacker folk »? En tout cas, c’est brillamment interprété et touchant du début à la fin. J’y perçois parfois quelques nuances de Neil Young à travers. J’ai aimé dès les premières minutes.

  • The Sorrows – Take A Heart (1965) [UK]
    Freakbeat/Garage assez heavy pour son année de parution, The Sorrows ont probablement vécu dans l’ombre des Kinks et des Yardbirds, groupes très près d’eux en sonorité. Cruellement méconnu, pour moi c’est un must des années 60.

  • Vanishing Twin – Choose Your Own Adventure (2016) [UK]
    Groupe qui m’est chouchou depuis la parution de cet album, Vanishing Twin est capable de douces brises psychédéliques envoûtantes comme de gros moments expérimentaux et intellectuellement buzzants. Je peux juste le décrire comme ça, désolé si ça sonne prétentieux.

  • King Gizzard & The Lizard Wizard – Changes (2022) [Australie]
    Stu McKenzie a déclaré avoir eu cet album dans la tête pendant 5 années avant qu’il voit le jour. On retrouve ici le groupe caméléon sous un jour dansant, électro avec des moments raps et d’autres plutôt « singer/songwriter ».
    Je trouve ça drôle qu’on les associe à un jamband avec du matériel pourtant si écrit, assis et rôdé aux quarts de tour.

  • Renée Claude – Le début d’un temps nouveau (1970) [QC]
    Les albums de Renée Claude publiés entre 1966 et 1972 sont des bijoux québécois de son, d’arrangements et d’interprétation. Celui-ci avec une chanson de Charlebois et majoritairement composé par Stéphane Vennes n’en fait pas exception.

  • Miles Davis – Sketches Of Spain (1960) [US]
    L’interprétation la plus célèbre du Concertio De Aranjuez? Miles n’a composé aucun morceau sur ce disque, mais pourtant, on n’y voit que du feu et personne ne considère Sketches Of Spain comme un album de covers. On peut dire que c’est un tour de force!

  • Johnny Cash – Man In Black (1971) [US]
    Dans mes albums préférés, si non mon préféré, de monsieur Cash. Man In Black est un peu plus dark qu’à l’habitude et même engagé politiquement. La production de 1971 lui offre un son remarquable et le contexte américain dans lequel l’album a été publié le rend légendaire.

  • Yes – The Yes Album (1971) [UK]
    Ça c’est un top 5 de Yes assuré pour moi. Le premier de leur discographie à avoir placé le groupe parmi les gros joueurs du genre. Il est très prog, certainement, mais encore avec une certaine retenue qui leur va bien. Les gars étaient focus sur la composition plus que sur la virtuosité et ça a donné des morceaux puissants et spectaculaires.

  • Iron Butterfly – The Best Of Iron Butterfly (1971) [US]
    Les meilleurs moments d’un groupe heavy psych de la période 1967-1971, ça se prend toujours bien.

  • Led Zeppelin – Houses Of The Holy (1973) [UK]
    Je vis une relation amour-haine avec Led Zeppelin depuis à peu près toujours. Cependant, je ne me passerais jamais de Houses Of The Holy. C’est mon préféré et un des seuls que je souhaite avoir en vinyle. Je trouve le groupe à son meilleur dans toutes leurs facettes : folk, hard rock et pop. +++La photo à l’intérieur du gatefold est complètement fascinante.

  • Radiohead – The King Of Limbs (2011) [UK]
    Bien que King Of Limbs soit un album mitigé, c’est personnellement dans mes tops de Radiohead. Je le trouve d’une beauté inouïe et d’une créativité remarquable qui viennent me chercher du début à la fin.

LÉON LECAMÉ

  • Hermetic Occult Grimoire – H​.​O​.​G. (heavy black, occult rock)
  • Sonic Youth – Confusion Is Sex + Kill Yr. Idols (no wave)
  • Ancient Wisdom – For Snow Covered The Northland (black métal atmosphérique)
  • Acid Bath – When The Kite String Pops (stoner, sludge metal)
  • Melvins – Houdini (heavy stoner rock, sludge metal)
  • Alexander « Skip » Spence – Oar (psych, folk rock)
  • Malokarpatan – Krupinské Ohn (heavy folk black metal)
  • UFO – UFO 2 – Flying – One Hour Space Rock (hard rock, space rock)
Playlist

PLAYLIST #18 – Semaine du 9 octobre 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Gabriel Fauré – Piano Quartets (Trio Wanderer, Antoine Tamestit) (Harmonia Mundi, CD) [2010]
    Un de mes compositeurs préférés en mode piano + trio à cordes. Tamestit et le Trio Wanderer font la part belle à ces partitions somptueuses. On erre ici dans une musique tantôt lumineuse et parfois assombrie et brumeuse. Une musique riche, expressive, émotive et passionnée.

  • Miles Davis – Circle In The Round (Music On CD, 2 x CD) [1979]
    Une compile géniale et un peu fourre-tout de l’ange noir, avec des inédits du premier grand quintet de Miles (donc moments d’infinité somptuosité auprès de John Coltrane au menu), d’autres issues de séances d’enregistrement avec le second grand quintet (avec Wayne et Herbie !) qui expérimente en formule acoustique une musique sibylline à la lisière du jazz modal et de l’avant-garde (avant le grand saut vers l’électricité de la période « fusion » qui figure aussi sur la compile). À noter aussi la présence toute passagère de George Benson à la guitare sur « Side Car II ». Le gros highlight de ce doublé est la pièce titre : plus de 26 minutes d’une musique explorative, hypnotique, noctambule, chatoyante…

  • Neil Young With Crazy Horse – Everybody Knows This Is Nowhere (Reprise, CD) [1969]
    Un de mes Neil préférés, en mode rêche, électrique, crasseux, acide. Des pièces folles (l’halluciné « Down by the river », « Running Dry » avec ses violons somptueux, « Cowgirl In The Sand » avec ses solos qui te fendent l’âme à chaque abrasion). Un disque parfait d’un grand artiste à la discographie pléthorique.

  • Daniel Bélanger – Travelling (Audiogram, Vinyle) [2020]
    L’album instrumental hautement réussi de sieur Bélanger. Une trame sonore d’un film fictif que l’auditeur peut s’imaginer scène par scène, en changeant à loisir de personnages et situations selon l’écoute. Un disque/film dont vous êtes le réalisateur, en somme ! Des belles références au western spaghetti (Morricone !) mais aussi aux grands compositeurs québécois que sont Dompierre, Cousineau, Gagnon et Léveillée. Une belle réussite et un exercice qui, je l’espère, aura une suite dans la carrière d’un des plus grands chansonniers de chez nous.

  • Emperor – Prometheus: The Discipline Of Fire & Demise (Candlelight, CD) [2001]
    Le dernier album studio de la légende du Black Metal norvégien et mon 2ème préféré après l’immortel « In The Nightside Eclipse ». C’est leur disque le plus fou, le plus prog, victorien/baroque-rococo, vertigineux, psychédélique… Des compositions complexes aux arrangements alambiqués. Des synthétiseurs mais aussi du piano classique et du clavecin. Une batterie ultra lourde et technique de maître Trym et la meilleure performance vocale de la carrière de Ihsahn. Chef d’oeuvre du Métal extrême.

  • Vaamatar – Medievalgeist (Iron Bonehead, Vinyle) [2022]
    Du « second wave worship » particulièrement réussi en provenance de la Californie. Des riffs jouissifs, une voix bien crade, une réelle ambiance léthargique et poisseuse (qui est entrecoupée par ces moments de fureur effrénée typiques du noir métal). Bref, du très très bon Black Metal, comme c’est toujours le cas chez Iron Bonehead.

  • Asei Kobayashi & Mickie Yoshino – House (Original Motion Picture Soundtrack) (Waxwork, Vinyle) [1977]
    Trame sonore complètement déjantée/éclatée/folichonne/aliénée pour un film qui ne l’est pas moins (un de mes films préférés of all time, qui plus est). Un mélange fou fou fou de jazz fusion, de funk, de bubblegum pop japonaise, de blues Tom Waits-ien, de piano rock et d’avant-garde. Fun for the whole family, y compris les chats !

  • Fabio Frizzi – Lucio Fulci’s The Beyond (Original Motion Picture Soundtrack) : Composer’s Cut (Cadabra, 2 x Vinyle) [1981/2019]
    La version complète, définitive, ré-arrangée et remixée (par les bons soins de son géniteur) de la bande son d’un des chef d’oeuvres ultimes du cinéma d’épouvante italien. Un pressing grandiose et un magnifique objet aussi, comme c’est toujours le cas chez Cadabra. Pour les non initiés (courrez voir le film bande d’insolents !), on a affaire ici à de la très grande musique : du prog symphonico-gothique, de la musique de chambre bien sombre et des synthés horrifiants à foison !

  • Debris’ – Static Disposal (Anopheles, CD) [1976]
    Un magnum opus de WHAT THE FUCK crissement avant-gardiste… proto-punk-dada-garage-space-heavy-psych bourré d’effets de synthétiseur biscornus, de saxophone free jazz, d’énergie glam-rock, de vocaux déglingués-psychotiques et de guitare fuzz. Un genre d’amalgame insensé des Silver Apples, du Velvet Underground, des Stooges, des disques glam-arty d’Eno, de Captain Beefheart, de Pere Ubu, de James Chance & The Contortions, des Dead Kennedys, de Zappa, du vieux Devo, de Chrome, de Richard Hell & The Voidoids, des Residents et de Swell Maps. Un disque essentiel pour tout fan de weird et de fun sans édulcorant !

  • Léo Ferré – La Folie (Pro-Culture, Vinyle) [1970]
    Édition canadienne de l’album Amour Anarchie – Ferré 70 Vol.2 avec la sublime chanson-fleuve « Psaume 151 » en ouverture. De la chanson française hyper poétique, surréaliste, puissante; avec des arrangements tantôt orchestraux tantôt rock psychédélique.

  • Jean Leloup – Le Dôme (Audiogram, 2 x Vinyle) [1996]
    Le meilleur de Leloup/Leclerc ? Fort probablement. Un album qui détonne après un L’amour est sans pitié festif et jovial, paru 6 ans plus tôt. Le Dôme est sombre, introspectif, personnel, mélancolique… mais aussi complètement éclaté stylistiquement parlant. Rock alternatif, folk, dub, hip-hop et passages indus/électro s’enchevêtrent à merveille sur ce disque qui a révélé le plein potentiel de Leloup comme un des songwriters québécois les plus essentiels et originaux de sa génération.

  • Masonna (Mademoiselle Anne Sanglante Ou Notre Nymphomanie Auréolé ) – Frequency L.S.D. (Alien 8, CD) [1998]
    Pwiiiiiiik KRASH Zwiiiiktraffs ARRRRRERRRRGHHGHTYT BROOOOOOVZXDGFDGSFDGHD Pwiiiiit Ta-Ta-Ta-Ta-ZWIIIIITAPROUM BZIM AAAAAAAAAAAAARGHHH !!!!!!! GRRRRTWZwwwiiiiKBrooogrtyuuuuutytti***&&hhgfhdhFWAK !!!!! FWIIII-TA-ARRRGH-YAAAAAA-YAAAA-BRZZZTUYYOIIU-*crissements et sirène de fin des temps*-WIIIIIIIIIIIIZ-BRA-BRA-BRAGWARRRGH-CRRRR-DZZZZT-CRRRR-DZZZZZzzzzzzzzzIT-POUIT-POUIT-POUIT-AH-LA-LA-MANWAAAAAAAAAAAIIII !!!!!!! *bruit de sécheuse satanique*

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Magma – Sensationnel (1981) [Martinique]
    Musique des îles de style zouk, le groupe Magma nous offre ici des grooves épatants interprétés par 9 musiciens. Un son très complet, punché et entraînant.

  • King Gizzard & The Lizard Wizard – PetroDragonic Apocalypse; or, Dawn of Eternal Night: An Annihilation of Planet Earth and the Beginning of Merciless Damnation (2023) [Australie]
    Album de math et thrash metal qui flirte avec le prog… par des geeks, pour les geeks. C’est l’équivalent de jouer à donjon et dragon avec une calculatrice au milieu d’un moshpit.

  • King Gizzard & The Lizard Wizard – Butterfly 3000 (2022) [Australie]
    Album de dreampop synthmade qui flirte avec l’électro… par des geeks, pour les geeks. C’est l’équivalent de capturer des papillons avec un filet magique au milieu d’un jardin enchanté.

  • Aretha Franklin – I Never Loved A Man The Way I Love You (1967) [US]
    Album-monument de la musique soul avec le célèbre hit « Respect ». Ma chanson préférée sur l’album demeure cependant « Don’t let me lose this dream » et j’ai remarqué qu’elle était créditée, paroles et musique, à Aretha seulement. Elle n’était donc pas seulement une excellente interprète, mais aussi une grande songwriter?

  • Black Sabbath – Headless Cross (1989) [UK]
    Un album aux thèmes sombres avec Tony Martin au chant. Black Sabbath était loin de son heure de gloire, mais bien que Headless Cross demeure très heavy metal classique, je le trouve plutôt réussi et même assez hors-champs pour l’année 1989. Par-contre, je ne suis pas une référence, je suis totalement vendu avec Black Sabbath et compagnie.

  • Green Day – Insomniac (1995) [US]
    Probablement l’album le plus direct de Green Day, pas de moments plus smooth ou acoustiques, on garroche du début à la fin. C’était tout un défi de sortir un album post-Dookie, et même si les chansons sont un peu moins radio-friendly que sur ce précédent, beaucoup de classiques du groupe se trouvent sur Insomniac. J’y suis beaucoup attaché.

  • Green Day – Live On Green Vinyyy…yl (1993) [US]
    J’aime beaucoup la période « pré-Dookie / ado » de Green Day. Enregistré en avril 93, en Espagne, on y retrouve des tunes de leurs premiers EPs, de leur 2 premiers albums et une « early » Longview qui se nommait alors « Same Old Shit (I’m fucking wasted) ». Du moins, c’est le nom qu’on lui a attribué sur le disque. Ça sonne assez bien pour un bootleg. Billie Joe était déjà tout un frontman à cette époque, Mike Dirnt très tight à la basse (et moins aux back vocals haha) et Tré Cool est en feu, avec son énergie tonitruante habituelle.

  • Blind Melon – Soup (1995) [US]
    Un disque coup de foudre, que j’ai aimé instantanément à la première écoute. Des excellentes compos avec les émotions dans le tapis. Du chant puissant et surprenant haut (qui me rappel même Jon Anderson de Yes, il faut le faire), une job de guitare créative et poignante et du drum en béton pour soutenir le tout.

  • Ghost – Opus Eponymous (2010) [Suède]
    Rock-metal catchy à la 70s avec un chanteur épique déguisé en pape satanique, le tout garni de gros orgue passé dans un rotary speaker.
    Du gros gros fun.

  • Frank Zappa – I Don’t Wanna Get Drafted (1980) [US]
    Un p’tit single 12po de maître Zappa, ça ne se refuse pas. Surtout avec un live au solo de guitare décapant sur la face B.

  • Mike Oldfield – Hergest Ridge (1974) [UK]
    J’aime cet album presqu’autant que Tubular Bells. Je me laisse totalement emballer par cette musique. C’est une autre démonstration phénoménale du savoir-faire de Mike Oldfield au niveau des arrangements et de la composition à grande échelle.

  • Le Trio André Perry – Imagination (1961) [QC]
    Les débuts jazzés du fameux André Perry. La voix de Jacques Thierry est aussi très cool. Par moment, on dirait Sinatra qui chanterait avec le Dave Brubeck Quarter, pour vous dire à quel point le talent régnait dans cette formation.

LÉON LECAMÉ

  • Satanic Ritual Glorification – Psychedelic Hell (psych rock/occult ambient/expérimental)
  • CRAN – Natë (punk-rock mélodique)
  • Slift – Illion ~ single, album à paraître en 2024. (space/noise/psych rock)
  • Southern Culture On The Skids ‎– Too Much Pork For Just One Fork (swamp rock/psychobilly)
  • Maeströ Cröque Mört – Pour La Survivance Des Miens (raw ambient black metal)
  • Judas Priest – Panic Attack ~ single, album à paraître
  • Balmung / E – Enter the Hyperborean Forest of Hatred (raw black metal) 
  • Clifton Chenier – The King of ‘Zydeco’ LIVE
    https://youtu.be/kZ8iWgWwqG4?si=bMDI07E9K9VUUq1_
Playlist

PLAYLIST #17 – Semaine du 2 octobre 2023

Un peu de bla bla pour commencer…. Cela fait des mois depuis la dernière publication des Paradis Étranges. « Mais POURQUOI ??? Où est ma dose quasi-journalière de contenu musical insolite et ravissant ??? »… Voilà ce que se demandaient surement les 2 lecteurs assidus de ce blogue anachronique… En fait, la réponse est ennuyeuse à fond. C’est tout bonnement la vie, dans ce qu’elle a parfois de plus sublimement chiant, qui a décidé d’entraîner notre cher Salade (moi en l’occurence) dans un tourbillon d’embrouilles particulièrement pénibles… Mais me revoilà enfin, détruit et déchu, mais toujours mélomane à fond. Me revoilà pour le plaisir de vous tous et celui des lamas bioniques lanceur de fléchettes roses empoisonnées.

On recommence les choses en douceur avec une jolie playlist toute neuve (ainsi que celles de mes comparses collaborateurs, plus bas). Mais vous retrouverez aussi sous peu de nouveaux épisodes des 15 Fréquences Ultimes, d’autres mixtapes fantasques et de nouvelles critiques d’albums.

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Brahms – Hungarian Dances Nos. 1 – 21 (Istvan Bogar, Budapest Symphony Orchestra) (Naxos, CD) [1988]
    Un superbe enregistrement de ces pièces fort connues du répertoire du génial compositeur allemand. Pour le néophyte: Il s’agit d’une série de 21 compositions assez courtes et inspirées d’airs populaires de danse hongroise-traditionnelle-folklorique-tzigane-slaves ; initialement arrangées pour piano à quatre mains puis ensuite réorchestrées pour orchestre symphonique (ce qui est le cas de la version Naxos dont on parle ici). Les danses alternent entre jubilation féérique et mélancolie funeste. La performance toute souple et fine de l’orchestre de Budapest convient parfaitement au genre et est bien meilleure que d’autres versions trop pompeuses/grandiloquentes pour rien.

  • Friedrich Cerha – String Quartets 1-3 (Arditti Quartet) (cpo, CD) [1999]
    Ça vous intéresse d’entendre une crise d’angoisse qui se transforme progressivement en épisode de dépersonnalisation sévère et de dématérialisation de votre être intérieur tout entier… le tout sous forme de quatuor à cordes ? Maestro Cerha est là pour vous les amis ! Fascinant. Et terrifiant.

  • Leviathan – Howl Mockery At The Cross (Hammerheart, CD) [2005]
    Cette collection de démos de sieur Wrest est aussi bonne que la plupart des albums de cette figure de proue du black metal underground américain. Au menu : des riffs anguleux à souhait, un état de dérangement mental constant, des vocaux vachement uniques et sinistres, des morceaux aux structures lovecraftiennes (je me comprends) et un cover de Death in June ! Point bonus pour l’espèce de son de trompette mariachi dans l’intro de “Summoning Lupine”.

  • Claudio Rocchi – Volo Magico N. 1 (Sony Music, Vinyle) [1971]
    Un pressing absolument grandiose de ce chef d’œuvre de folk progressif italien. Une musique subtile, automnale, mélancolique, rêveuse, émotive et hautement personnelle. La Face A (composée uniquement du morceau-titre) est évidemment renversante de volupté but don’t sleep on l’excellente Face B plus directe et à fleur de peau.

  • C’est Chic! French Girl Singers Of The 1960s (Ace, Vinyle) [2010]
    Bon Dieu que j’aime cette compile de yé-yé girls françaises ! Que de la bombe et un casting hors pair : Françoise Hardy, Jacqueline Taieb, Charlotte Leslie, Brigitte Bardot, France Gall, etc…

  • Riesenbaude – A Lonely Journey Beyond a Horizon Lost (Moonworshipper, Cassette) [2022]
    Synthé donjonné carrément mystique et embrumé de ce duo de rêveurs de mondes impossibles et anciens. On flotte bien loin.

  • Cephalophore – Seraphimus (WereGnome, Cassette) [2022]
    Black Metal atmosphérique de qualité, avec de beaux claviers planants et des relents de post-black, à mi-chemin entre Wolves in the Throne Room, le Deafheaven des débuts et Bekëth Nexëhmü.

  • William Onyeabor – Body & Soul (Luaka Bop, Vinyle) [1980]
    Le roi incontesté du synth funk africain frappe fort ici avec un de ses meilleurs albums. Des rythmes hypnotiques, du synthé jouissif, du gros groove contagieux et un SWAG tellement présent que même ton aiguille de table tournante va vouloir danser toute la nuit.

  • Edgar Froese – Aqua (Virgin, CD) [1974]
    Ce disque solo du leader de Tangerine Dream est aussi bon que les meilleurs albums du groupe, c’est dit ! 4 longues et magnifiques pistes ambient/berlin school (avec en prime, des sons aquatiques qui sont présents en quasi-permanence). Un disque réconfortant et intimiste ; la version “musique de chambre” de Phaedra.

  • Philippe Alarie – All​é​e Saint​-​Paul (Les Cassettes Magiques, Cassette)
    Premier projet solo de sieur Alarie (membre de Depost Through The) paru sur l’excellente étiquette trifluvienne Les Cassettes Magiques gérée par le génial et dynamique tandem de Pierre Brouillette-Hamelin et Guillaume « Inthildin » P. Trépanier. Désolé si je m’adonne à de la convergence ici, mais mes talentueux amis méritent toute la reconnaissance du monde pour ce beau projet.
    Allée Saint-Paul est un voyage intimiste à travers différentes atmosphères sonores… Mélangeant le folk instrumental (avec relents de Basho et Fahey), les field recordings, le drone et l’ambient à merveille, Philippe nous pond ici un album beau comme ces journées d’automne où l’azur bleuté est transpercé de par le rouge, le jaune et l’orangé des feuilles mourantes.
    À noter aussi la superbe pochette signée Louis-Alexandre Beauregard.

  • Thee Oh Sees – Help (In The Red, Vinyle) [2009]
    Un bon cru de ce groupe au milles noms qui semble tenter de rivaliser avec notre Roi Gésier adoré sur le nombre d’albums parus (Quelque part, John Zorn, Merzbow et Jim O’Rourke se bidonnent en disant : “pfff…. amateurs !”). Du Garage Rock Psych catchy à souhait.

  • Iron Maiden – Powerslave (EMI, CD) [1984]
    Pas mon Maiden préféré (mais pas loin) mais peut-être le plus parfait ? Une production lisse et puissante, où chaque instrument est parfaitement audible et est juste « à la bonne place ». Tu entends TOUTE hyper clairement, sans que rien ne supplante rien dans l’mix. Des compositions folles folles folles très classiques-Maiden (« Aces High » et « 2 Minutes to Midnight ») et l’apparition d’épopées métallo-progressives jouissives comme la pièce-titre et l’excellent « Rime Of The Ancient Mariner » (un des chef d’oeuvres de la troupe).

  • Les Alexandrins – Luc Et Lise (Les Alexandrins) (Polydor, Vinyle) [1970]
    Un de mes albums préférés de ce duo apprécié des connaisseurs de musique québécoise 60s/70s mais injustement encore trop méconnu à mon avis. C’est aussi l’album de transition où Les Alexandrins deviennent “Luc et Lise”, nom qu’ils conserveront pour quelques albums avant de finir le reste de leur discographie sous le nom de “Cousineau”, ce qui rend un peu cauchemardesque le classement des disques dans ma discothèque pour l’obsessif-compulsif que je suis. Des chansons à texte merveilleuses, à la fois pop baroque/yé-yé, folk et légèrement psych. Et que dire des harmonies vocales fantastiques (j’suis en amour avec la voix de Lise!).

  • Charles Mingus – Mingus Dynasty (Columbia, CD) [1960]
    Un très mauvais jeu de mot et une pochette qui, de nos jours, attiserait le courroux des gens facilement offensés… mais un autre superbe album du contrebassiste/compositeur/chef d’orchestre visionnaire Charles Mingus, sorti dans la foulée des légendaires « Mingus Ah Um » et « Blues & Roots ». Deux arrangements somptueux de morceaux de Duke Ellington, un morceau d’ouverture déjanté (le très réussi « Slop ») et un paquet d’autres merveilles. On ne se trompe jamais avec ce grand monsieur. A « Banger », as they say.

  • Skinny Puppy – Too Dark Park (Capitol, CD) [1990]
    Un album particulièrement désaxé qui est à la fois terrifiant et qui te donne envie de danser de manière totalement désordonnée (et qui fait parfois tout ça en même temps). Une mise en bouche particulièrement réussie avant le grand cauchemar qu’est « Last Rights ».

  • Merzbow – Ikebukuro Dada (Circumvent Recordings, CD) [2002]
    Un de mes Merzbow préféré de l’ère digitale. Du Harsh Noise vraiment malsain qui lorgne vers le Dark Ambient, le classique contemporain (piano et cordes vaguement sataniques disséminés à travers l’épais brouillard sonore) et même le Black Metal (!) sur la deuxième piste, « Ikebukuro Dada Texture », avec des samples de guitares qui rappellent Burzum. Message à tous ceux qui disent que je suis fou d’écouter de la musique comme ça : de un, vous avez raison et de deux, je vous emmerde.

  • Yoshi Wada – The Appointed Cloud (Saltern, Vinyle) [2008, archival de 1987]
    C’est beauuuuuu…. J’aurais vraiment aimé être présent pour assister à cette performance musicale (slash installation sonore) qui s’est déroulée au New York Hall of Science à l’automne 87 ; mais bon, je n’avais que 2 ans à l’époque… Yoshi Wada nous tresse ici un long drone évolutif, cyclique et mystique au travers duquel s’entrelacent un trio de cornemuses, des sirènes, des tôles frappées, des gongs, des timbales, des tam-tams et un orgue à tuyau modifié (ce cher Yannick Valiquette est déjà tout dur !). Une expérience bruitative complètement hallucinante et hallucinée.

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Maya Ongaku – Approach To Anima (2023) [Japon]
    C’est comme du Kikagaku Moyo smooth étendu sur un album de temps. Musique de doux matins.

  • Cory Hanson – Western Cum (2023) [US]
    Des chansons folk-country-rock bien écrites pis des gros solos de guitare avec de la distorsion! Ça faisait longtemps que je n’avais pas trippé sur un album axé sur la guit ainsi.

  • Johnny Lytle – Moon Child (1968) [US]
    Du jazz par le percussionniste Johnny Lytle. Si vous aimez qu’une multitude de notes de vibraphone vous tournoient autour de la tête, c’est pour vous.

  • Sly & The Family Stone – There’s A Riot Goin’ On (1971) [US]
    Un disque funk/soul chargé, complexe et inspiré du climat politique de l’époque. Classique de 1971.

  • The Temptations – All Directions (1972) [US]
    Une autre bombe funk/soul de la même époque. De savoureux cuivres, des tones de basse comme on en entend jamais et de la voix soul de chez soul.

  • Kit Sebastian – L’addio Hayat (2023) [UK]
    Le duo de psych/pop anatolien frappe encore avec un autre 45 tours qui frôle la perfection.

  • Joy Division – Closer (1980) [UK]
    Un des ultimes chef-d’œuvres de 1980, incroyablement prenant. Fascinant de voir à quel point l’émotion humaine peut se traduire en musique.

  • Gong – Rejoice! I’m Dead! (2016) [UK]
    Album mitigé chez les fans de Gong, puisque c’est le premier après la mort du fondateur et cerveau du groupe, Daevid Allen. Personnellement, je le trouve excellent, bien que moins éclaté qu’à leur habitude. Les chansons sont belles, les portions instrumentales magiques. J’embarque!

  • Giorgio Moroder – Midnight Express (1978) [Italie]
    Une trame sonore par un maître du synthétiseur, ça ne se refuse pas. Excellent film en plus!

  • Jean Guillou – Visions Cosmiques (1969) [France]
    Avez-vous déjà entendu un homme battre un orgue en l’honneur d’une mission spatiale? Moi oui.

  • Shawn Phillips – Beyond Here Be Dragons (1988) [US]
    Je suis un grand fan de Shawn Phillips, mais celui-ci manquait toujours à ma collection. Shawn devait être complètement « out » à la fin des 80s, le vinyle disparaissait peu à peu…
    Merci au Explosive Groove de m’avoir gardé cette copie.

  • Robert Wyatt – The Animals Film (1982) [UK]
    Trame sonore éclectique et inconfortable signée par le grand Robert Wyatt. Il se sert beaucoup de sa voix comme instrument (c’est un peu sa marque de commerce) et de synthé là-dessus. Pour les fans et oreilles curieuses averties.

LÉON LECAMÉ

  • Lonerist – The End of the Earth (dub techno/ambient/deep house)
  • Vesuve – Pline (post-rock/instrumental)
  • Occult Witches – Mastermind (prog/psych/stoner rock)
  • Viagra Boys – Welfare Jazz (art punk/punk rock)
  • Requiem – POPulist Agendas (post-rock/beatinstrumental)
  • White Hat – Psychedelic Ascension Order (avant-garde/psychedelic black metal)
  • Wargasm – Backyard Bastards ~ single (digital hXc/metalcore/post-metal)
  • Chrisman – Dozage (trap/afrobeat/hardstyle)
  • Cobra Barbara – Cobra Barbara (garage/indie rock)
  • Mort aux Vaches – The Man Who Made Radio [L.O.S.D.] (drone ambient/expérimental)
  • Le jour où les Clash sont venus chez nous – l’histoire d’Elixir, le 1er festival rock français
    https://youtu.be/-TLUfgrAECc
Playlist

PLAYLIST #16 – Semaine du 17 juillet 2023

SALADE D’ENDIVES

STREAMING :

PHYSIQUE :

  • e-RIEN – Becuz my system de son is disconnecté by virtue of dégât de H20 de marde (Sadface Records, édition limitée, on l’espère, à quelques semaines seulement)

GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Exploding Eyes – Exploding Eyes (2017) [Irlande]
    Petit trio d’albums heavy psych underground irlandais que j’ai dégoté lors de mon voyage de 2018. Je commence avec Exploding Eyes, rock psycho-bluesy bien heavy à la The Doors ou Calliope. Très catchy, ça s’écoute comme du beurre dans poêle.

  • This Other Kingdom – Telescopic (2015) [Irlande]
    Une autre recommandation du disquaire dans la musique locale du Dublin fut This Other Kingdom. Tant qu’à être sur place, j’ai pris une chance avec les deux disques. Ils sont les Black Angels irlandais, sans aucun doute. Guitare heavy, drum limite tribal, voix grave d’outre-tombe et épique.

  • This Other Kingdom – Rêveur (2017) [Irlande]
    Deuxième album fraîchement sorti lors de mon achat à Dublin. Copiez-collez ma description du premier, mais en mieux produit et abouti. On retrouve ici un band qui mériterait une place internationale parmi les gros du psych actuel, mais qui demeure super méconnu.

  • MF Tomlinson – We Are Still Wild Horses (2023) [UK]
    Dans mes tops de l’année, MF Tomlinson nous offre un album country, folk, jazz et un brin progish/expérimental. Un mélange absolument magnifique et rendu avec soin et sensibilité. Je recommande fortement à tous les fans de Neil Young.

  • Kit Sebastian – Melodi (2021) [UK]
    Le duo anglo/franco/turque frappe encore une fois très fort avec leur deuxième album de psych/tropicalia. Certainement une des meilleures formations de la dernière décennie, ils ne pondent que de l’or. Catchy de chez catchy, les instruments tonés à la perfection, tous détails soignés.

  • Planetarium – Infinity (1971) [Italie]
    Un album qui m’est très précieux depuis longtemps. Je l’ai découvert quand j’avais 15 ans et c’est un des premiers albums de prog italien que j’ai entendu. Je n’ai jamais décroché depuis. C’est du prog instrumental plutôt épuré, avec un penchant pour la musique classique. De la musique d’une rare beauté. Je suis amoureux de tous les tones de voix, de claviers et de guitare que l’on retrouve sur ce disque. Ça + des compositions chargées d’émotions et de profondeur.
    Sérieux, si le poil ne vous lève pas sur les bras en écoutant la pièce « Man », vous pourriez être déclaré cliniquement mort. C’est un test, attention.

  • The Ghost – When You’re Dead-One Second (1970) [UK]
    « The Ghost ». Le genre de band qui faisait des photoshoot dans des cimetières. Un album inexplicablement dark, ils ont un son très particulier dû aux voix du guitariste et de la chanteuse soliste et à leur utilisation de l’orgue farfisa qui domine l’album. On y retrouve des excellents morceaux plus upbeat comme « The Night of the Warlock », des plus folk comme « Hearts and Flowers » et d’autres plus lugubres comme « For One Second ». Est-ce que ça existe du « goth folk psych »? Fans de psych et de folk de l’époque 67-71 (j’y reviens souvent, je sais), c’est un essentiel tant qu’à moi.

  • May Blitz – May Blitz (1970) [UK]
    Je poursuis mon ascension à travers les cimetières anglais de l’an 70 avec des pionniers du hard rock à forte tendances psychédéliques et blues. May Blitz est aussi un groupe assez sombre dans son approche. Leur premier album contient des arrangements surprenants et des compositions très fortes. Un classique personnel de ma collection, il revient très souvent sur la table.

  • Genesis – Trespass (1970) [UK]
    Tant qu’à s’embourber dans l’atmosphère sombre de l’Angleterre 70… Sortons le meilleur! Mon deuxième Genesis préféré après Foxtrot. Je considère Trespass comme un chef-d’œuvre toutes catégories confondues. Probablement l’album le plus dark de Genesis. C’est comme assister à une pièce de théâtre lugubre et grandiose.

  • V/A – Pulp Fiction (trame sonore de 1994) [US]
    Album très important dans mon cheminement musical… une trame sonore que ma mère avait en CD. Un moment donné, elle l’a fait jouer dans la voiture, je devais avoir 12-13 ans et j’en suis devenu accro peu de temps après. Je voulais toujours qu’on le remette dans le lecteur. Cet album m’a éveillé à des styles musicaux que je n’aimais pas trop jusque là : soul, RnB, disco, surf, pop, soft rock, etc. Pas nécessairement facile de convaincre un ado d’aller vers ces genres là. Ça m’a aussi fait découvrir l’incroyable Al Green ou encore les Tornadoes.

  • Matt Berry – Witchazel (2011) [UK]
    Matt Berry est un artiste fort privilégié dans le salon des Trépanier. Sa carrière est composée de grands albums folk-rock qui passent malheureusement sous le radar de la grande fenêtre « mainstream ».
    Pourtant, si Witchazel (ou plusieurs autres de ses albums) avait vu le jour dans les 70s, je suis convaincu qu’il serait une légende aujourd’hui. Pas grave, ceux qui savent, savent.

  • The Soulful Strings – Groovin’ With The Soulful Strings (1967) [US]
    Un bien bon disque de soul/funk/RNB interprété majoritairement par des instruments à cordes, mais aussi par un grand jeu de drum’n’bass. On y retrouve le son et la production typique de la fin des années 60, alors c’est une valeur sûre. Idéal pour épater la galerie lorsqu’on reçoit à souper et qu’on cherche LE disque instrumental pour accompagner le tout.

LÉON LECAMÉ

  • Yota – Room 412 (synthpop/dreamwave)
  • Pearls Before Swine – One Nation Underground (psychedelic folk rock)
  • Taraf de Haïdouks – Musique des Tziganes de Roumanie (folk des Balkans)
  • Diogo – EXT033 – Quem é o Criminoso? (acid house/basse music/jungle dnb)
  • Zenon Records – Selections 2023 (psytrance/techno trance/psybient)
  • Stereo Dwarf – Echoes of Existence (downtempo/drone/chill ambient)
  • Mortal Blood – Fate’s Ouverture (blackened funeral doom metal)
  • Coffin Mulch – Spectral Intercession (grind/death metal)
  • Kyle Hall & Kevin Julien – Crown (nu-jazz/deep house)
  • Faun – Hellfest 2023 – ARTE Concert (folk païen)
    https://youtu.be/ae0W5O5MPWw
Playlist

PLAYLIST #15 – Semaine du 3 juillet 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Joseph Haydn – The Seasons (René Jacobs) (Harmonia Mundi, 2 x CD)
  • Julius Eastman – Femenine (Apartment House) (Another Timbre, CD)
  • Ryuichi Sakamoto – 12 (Milan, CD)
  • Meredith Monk – Dolmen Music (ECM, CD)
  • John Coltrane – Impressions (Impulse!, CD)
  • Don Cherry – Symphony For Improvisers (Blue Note, CD)
  • Don Cherry – « Mu » First Part / « Mu » Second Part (Charly Records, CD)
  • Don Cherry – Don Cherry (Brown Rice) (A&M, Vinyle)
  • Kenny Burrell – Midnight Blue (Blue Note, Vinyle)
  • Chico Buarque – Construção (EmArcy, CD)
  • Sibylle Baier – Colour Green (Orange Twin, CD)
  • Nick Cave & The Bad Seeds – The Good Son (Mute, CD)
  • Ice Cube – AmeriKKKa’s Most Wanted (Priority, CD)
  • Laraaji – Vision Songs, Vol. I (Numero Group, Vinyle)
  • Sarah Davachi & Ariel Kalma – Intemporel (Black Sweat Records, Vinyle)
  • Radiohead – OK Computer (Parlophone, CD)
  • Godflesh – ‘Us And Them’ (Earache, CD)
  • Fluisteraars – Luwte (Eisenwald Tonschmiede, CD)
  • Autopsy – Mental Funeral (Peaceville, CD)
  • Omar S – Detroit, Fabric 45 (Fabric, CD)
  • Townes Van Zandt – Delta Momma Blues (Fat Possum, Vinyle)
  • Lionel Marchetti – Sirrus (Auscultare Research, CD)

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Fuudge – Qu’un cauchemar devienne si vrai (2023) [QC]
    Probablement le Fuudge le plus violent à ce jour. Bourré de punchlines succulentes comme « j’aimerais mieux me crever les yeux que d’avoir à me regarder dans c’te miroir là ». Fuuuuuuzzzz et mellotron au rendez-vous.

  • Chocolat – Jazz engagé (2019) [QC]
    Une enfilade éclatante de tunes catchy à prendre au 8e degré. Ils sont difficiles à suivre ces Chocolat, mais maudit que ce disque là c’est du gros fun.

  • The Blaze Velluto Collection – We Are Sunshine (2020) [QC]
    Effort psychédélique pop folkish de Québec. Tout comme le suggère son titre, c’est un album « feel good » et on ne peut que se sentir bien en l’écoutant. Parfaite musique d’été.

  • Jonathan Personne – Histoire naturelle (2019) [QC]
    Gros coup de coeur ici pour ce premier opus du chanteur/guitariste de Corridor. Ballades psychées où il fait bon s’évader. Les instruments sont merveilleusement bien tonés là-dessus, c’est digne de mention.

  • Kikagaku Moyo – House In The Tall Grass (2016) [Japon]
    Le groupe de rock/folk psychédélique numéro 1 au Japon. Celui-ci est considéré par plusieurs fans comme leur meilleur. Rarement on entend un produit aussi arrangé/raffiné, mais libre et fougueux à la fois. J’ai découvert le groupe via cet album dans un gros lendemain de veille chez un ami qui a mis ce disque alors que j’étais couché par terre juste à côté du tourne-disque.

  • Paul Chartrand – Dancing à l’orgue (1962) [QC]
    L’orgue dansant digne d’une « p’tit Floride » québécoise. Un vrai saut dans le temps. Un monsieur super talentueux et dynamique dans son jeu.

  • The Babalooneys – Wide-Track Weekend (2022) [QC]
    7 pouces du groupe surf rock de Québec les Babalooneys. Digne d’une soundtrack de Tarantino! On espère un album complet bientôt.

  • The Corvets – Best Dance Party, Vol. 1 (1963) [QC]
    Surf rock québécois de 1963 conçu pour la danse, saxophone en bonus. Impossible de ne pas avoir du gros fun avec ça. Ça me fait vivre une époque que je n’ai pas connue.

  • Frank Zappa – Hot Rats (1969) [US]
    L’ultime classique de l’inimitable Frank Zappa. Quelques secondes suffisent à comprendre qu’on s’embarque dans un tout autre monde. Étrangement catchy aussi pour le niveau de complexité et l’adhésion d’éléments expérimentaux.

  • King Gizzard & The Lizard Wizard – Oddments (2014) [Australie]
    En 2014, le prolifique groupe australien avait déjà accumulé des enregistrements un peu disparates, qui ne concordaient pas spécifiquement avec un de leurs albums à venir ou déjà publiés. Ça a donné la magnifique collection de petites perles nommée « Oddments », un d’mes préférés du groupe. Et la pochette est fascinante à éplucher du regard avec attention.

  • Pink Floyd – A Dark Side Of The Moon Live (1974) [UK]
    J’aime et j’aimerai toujours mon bon vieux Dark Side of the Moon, mais parfois c’est le fun d’en écouter quelques variantes, comme ce bootleg où ils y interprètent l’album complet en terminant par la pièce « Echoes ». Quel show!

  • Phil Manzanera & 801 – 801 Live (1976) [UK]
    J’ai pris une chance en achetant ce disque sans l’avoir entendu au préalable. Sa réputation m’intriguait. Effectivement, un live avec du musicianship à en flipper des tables et à en fracasser des chaises sur le mur. Complètement hallucinant! Il faut dire qu’il y a quelques bons musiciens là-dessus…

LÉON LECAMÉ

  • Adam Bosarge – Structures Without Rooms (electronica/cinématique/ambiant)
  • Existence Frigorifique – Demo (dark ambient/dungeon synth)
  • Esseks – Stolen ID Mixtape (breakbeats)
  • Putrid Marsh – In Solitude (dark ambient/dungeon synth)
  • Leeches – hav av cement (casiopunk/synthpunk (skrot up))
  • BlackScorn – Pagan Sacrifice (black metal)
  • Circulation the Sounds of the Moss ~ Various Artists (ambiant minimaliste)
  • Svinkels – Hellfest 2023 – ARTE Concert (rap hardcore/alt-hiphop/crossover)
    https://m.youtube.com/watch?v=sHkm0-vAzyM
  • Within Temptation – Hellfest 2023 – ARTE Concert (métal gothique symphonique)
    https://youtu.be/sngurdt1TzA
Playlist

PLAYLIST #14 – Semaine du 26 juin 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Carlo Gesualdo – Madrigals (Les Arts Florissants, William Christie) (Harmonia Mundi, CD)
  • Edgard Varèse ‎– Offrandes / Intégrales / Octandre / Ecuatorial (Nonesuch, Vinyle)
  • Sand ‎– Golem (Rotorelief, Vinyle)
  • The Residents – Commercial Album (Euro Ralph, CD)
  • Agustus Pablo ‎– King Tubbys Meets Rockers Uptown (Get On Down, CD)
  • Skepticism ‎– Companion (Svart, Vinyle)
  • Nico ‎– Desertshore (Reprise, CD)
  • À Qui Avec Gabriel – Utsuho (Tzadik, CD)
  • Menomena – Under An Hour: Music For Modern Dance (FILMguerrero, CD)
  • T.P. Orchestre Poly-Rythmo De Cotonou (Benin) ‎– Vol. 4: Yehouessi Leopold Batteur (Acid Jazz, Vinyle)
  • Flešš – Volume 1 (Les Fleurs du Mal / Amor Fati, Vinyle)
  • Gwyllgi – Demo I: Fields Of Sorrow (Tour De Garde, Cassette)
  • Gwyllgi ‎– Demo II: Skies Of Ruin (Tour De Garde, Cassette)
  • Drudkh ‎– Autumn Aurora (Supernal Music, CD)
  • Ride ‎– Nowhere (Sire, CD)
  • Yes – Fragile (Atlantic, CD)
  • Bohren & Der Club Of Gore ‎– Sunset Mission (Wonder, CD)
  • Opeth ‎– Morningrise (Candlelight, CD)
  • Suicide – Suicide (Mute, 2 x CD)
  • Tim Hecker ‎– An Imaginary Country (Kranky, CD)
  • Anekdoten ‎– Vemod (Virtalevy, 2 x Vinyle)
  • Van Der Graaf Generator ‎– H To He Who Am The Only One (Caroline Blue Plate, CD)
  • Madvillain – Madvillainy 2: The Madlib Remix (Stones Throw, 2 x Vinyle)
  • Les Musiciens Du Nil – Egypte (Vinyle, Ocora)
  • Bombay Disco: Disco Hits From Hindi Films 1979-1985 (Cultures Of Soul, 2 x Vinyle)

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Yes – Going For The One (1977) [UK]
    Album marquant le retour de Rick Wakeman (qui avait quitté depuis 1974). Un Yes que j’aime beaucoup, très direct, léger et accessible. La chanson titre est incroyablement catchy et Wonderous Stories très charmante.

  • Nas – Illmatic (1994) [US]
    Dans les plus grands disques de hip-hop de tous les temps. Et c’était son premier… hallucinant, presqu’un miracle. Les textes, le flow et les beats frôlent la perfection du début à la fin.

  • The Bee Gees – Horizontal (1968) [UK/Australie]
    Une très belle phase des Bee Gees se trouve à la fin des années 60. Le groupe faisait de la « baroque pop » qui effleurait le psychédélisme et c’était très réussi, charmant et enivrant.

  • Michael Jackson – Off The Wall (1979) [US]
    Mon préféré de ce héros de la pop. Sur Off The Wall, on dirait que Michael et son band sont en feu, ils veulent détruire le mur du son.

  • Meco – The Wizard Of Oz (1978) [US]
    Les disques Meco, beau, bon, pas cher et toujours le fun pour les curieux d’entre nous. Et pour les amateurs de savoureuses pochettes scifi!

  • Uriah Heep – Salisbury (1971) [UK]
    Sans aucun doute dans le top 3 de l’imposante discographie d’Uriah Heep. La pièce éponyme épique garnie de cuivres est d’une puissance inouïe.

  • The Beatles – The Beatles In Italy (1965) [UK]
    Une compilation de singles à la Past Masters, mais spécialement dédiée à l’Italie de l’an 1965. Pourquoi j’ai ça alors que je possède les Past Masters? Parce que je l’ai trouvé. C’est pas mal tout.

  • The Ventures – Surfing (1963) [US]
    Groupe classique de l’ère « surf ». Si tu n’aimes pas la guitare après avoir écouté ça, je ne peux rien pour toi.

  • Vangelis – Opera Sauvage (1979) [Grèce]
    Musique de film ambient qui tire sur le « progressive electronic » du grand Vangelis en personne. Un de mes préférés de ce compositeur, les émotions bien ancrées dans l’synthétiseur comme seul lui sait le faire.

  • Les Jaguars – Mer morte / Pour la danse (1964) [QC]
    Pas mal le band de surf rock numéro 1 au Québec. De la guitare enlevante avec des effets cool et des riffs à tout casser. Classique queb, dans mon livre à moi.

  • The Corvairs – Mashed Potatoes Time (1963) [QC]
    Un autre groupe instrumental de type surf qui a dû en faire déhancher plus d’un dans le Québec du début des années 60. Je n’aurai jamais assez de disques dans ce genre là.

  • Les Clover Boys – Parade De Succès (1963) [QC]
    Et je termine avec, encore une fois, une formation rétro de Montréal. Cette fois, il y a du chant et on se dirige plus en territoire rock’n’roll bien saxophoné, dansant et bien pop. Une autre belle relique de l’époque.

LÉON LECAMÉ

  • Beau Nectar – Two Lips LP (electropop/synthpop)
  • Seek – Kokyou De Shinu Otoko (post-black metal/sludge)
  • Aphex Twin – Blackbox Life Recorder 21f (dnb/idm/ambient)
  • Severed Sound System – Bob Moog’s Birthday Live Set ~ 25/06/23 Picnic (electronica)
  • Bonobo – Dial M for Monkey (downtempo/chill ambient)
  • SCS – Archi Silence (power electronics/drone ambiant)
  • Agustín Barrios: Classics of the Americas, Vol. 3 Paraguay (guitare folk)
  • Macroblank – Solstice (chillwave)
Playlist

PLAYLIST #13 – Semaine du 19 juin 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Schubert – Arpeggione Sonata, Trio No. 2 (Marie-Elisabeth Hecker, Antje Weithaas, Martin Helmchen) (Alpha Classics, CD)
  • Tchaikovsky – Symphonies Nos 1-3 (Gergiev, LSO) (LSO Live, 2 x SACD)
  • Miles Davis – Relaxin’ With The Miles Davis Quintet (Prestige, CD)
  • Miles Davis – Cookin’ With The Miles Davis Quintet (Prestige, CD)
  • Miles Davis – Workin’ With The Miles Davis Quintet (Prestige, CD)
  • Miles Davis – Steamin’ With The Miles Davis Quintet (Prestige, CD)
  • Miles Davis All Stars – Walkin’ (Essential Jazz Classics, CD)
  • Sun Ra And His Solar Arkestra – Horizon (Strut, Vinyle)
  • Sun Ra – Disco 3000: Complete Milan Concert 1978 (Art Yard, 2 x CD)
  • Magma – Ëmëhntëhtt-Ré (Seventh, CD)
  • The Can – Monster Movie (Spoon, Vinyle)
  • Renée Claude – Vol 2 (Select, Vinyle)
  • Andrée Champagne – Mots Simples, Mots D’Amour (Polydor, Vinyle)
  • Groupe De Recherches Musicales De La R.T.F. – Musique Expérimentale (Finders Keepers, Vinyle)
  • John Cage / Luciano Berio / Ilhan Mimaroglu – Electronic Music (Turnabout, Vinyle)
  • Marja Ahti – The Current Inside (Hallow Ground, Vinyle)
  • Nicholas Szczepanik – The Chiasmus (Basses Frequences, CD)
  • Romance – Once Upon A Time (Ecstatic, Vinyle)
  • Joy Division – Unknown Pleasures (London, CD)
  • Israthoum – Arrows From Below (New Era, Vinyle)
  • Silencer – Death – Pierce Me (Autopsy Kitchen, CD)
  • Gris – Il Était Une Forêt… (Sepulchral, CD)
  • Nico – The Marble Index (Elektra, CD)
  • Julia Holter – Have You In My Wilderness (Domino, CD)
  • Sly & The Family Stone – Fresh (MOV, Vinyle)
  • Autechre – Chiastic Slide (Warp, CD)
  • Merzbow – Expanded Musik 2 (スローダウン, CD)
  • Merzbow – StereoAkuma (Room40, CD)
  • Shinki Chen & His Friends – Shinki Chen (Universal Music, CD)
  • Haru Nemuri – 春と修羅 (Perfect Music, CD)
  • Midori Hara – MiDo (Triad, Vinyle)

GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • L’index – Échos miroirs (2023) [QC]
    Groupe de post-punk trifluvien avec le magnifiquement chaussé de chaussettes Frédérik Roy. Ça sonne comme si Salvador Dali avait été le manager de Joy Division et qu’ils avaient viré une brosse sur le cidre.

  • Sigur Rós – Ágætis Byrjun (1999) [Islande]
    Classique ultime du groupe #1 de post-rock islandais. Chaque écoute feel comme si c’était la trame sonore de notre vie qui défilait devant nous, la perception du décor qui nous entoure change, tout devient soudainement magnifique et important. Grand disque.

  • Slipknot – Iowa (2001) [US]
    Probablement un des albums les plus violents de tous les temps, enregistré en des circonstances troubles tant pour le band que le gars derrière la console. Une décharge de haine et de colère qui s’avère très exutoire et qui au final, avouons-le, fait beaucoup de bien.

  • Dudu Tassa & Jonny Greenwood – Jarak Qaribak (2023) [Israël/UK]
    Collaboration entre le compositeur et musicien rock d’Israël Dudu Tassa et Jonny Greenwood, guitariste de Radiohead et compositeur de plusieurs bandes sonores originales. On y retrouve du jazz/pop dans les gammes arabes sous un fond subtil qui rappelle la touche électro de Radiohead et des cuivres vraiment enveloppants et surprenants.

  • Dennis Wilson – Pacific Ocean Blue (1977) [US]
    Clairement un des meilleurs albums pop/rock des années 70, mettant en vedette l’insoupçonné talent de frontman du drummer des Beach Boys. Il y avait certainement un excès de talent dans la famille Wilson.

  • Robert Wyatt – Shleep (1997) [UK]
    Mon deuxième préféré de Robert Wyatt après Rock Bottom, rien de moins. Shleep est pour moi l’album où il nous offre ses plus magnifiques chansons, tant au niveau des textes que de la musique. Un album doux, vivant, réfléchi et coloré.

  • The Beatles – Abbey Road (1969) [UK]
    Le classique des classiques, titre mérité, pour les Beatles qui y vont d’un de leur plus grand effort studio. Je ne m’étendrai pas sur le sujet, ceux qui connaissent connaissent, ceux qui haïssent haïssent, mais pour moi c’est un des albums les plus parfait de tous les temps sur tous les aspects.

  • Procol Harum – Exotic Birds And Fruits (1974) [UK]
    Pitchez-moi des roches, mais c’est un d’mes préférés de Procol Harum. Moins prog, plus pop, très « art rock », surtout catchy avec le focus mis sur la voix. Je le trouve magnifiquement bien exécuté et engageant.

  • Rush – 2112 (1976) [Canada]
    Un classique personnel de mon adolescence (même si j’ai été ado dans les années 2000). J’étais fasciné par à peu près tout : l’histoire derrière le texte de Peart pour la pièce titre, la basse heavy, rapide et technique de Geddy, la puissance du son et la dynamique du jeu d’Alex Lifeson… J’ai découvert 2112 vers 12-13 ans et je vais l’écouter jusqu’à la fin de mes jours.

  • The Districts – A Flourish And A Spoil (2015) [US]
    J’ai découvert The Districts sur les plaines d’Abraham en première partie des Rolling Stones. Le public des Stones semblaient vraiment ouvert à découvrir un jeune groupe underground (en fait non, pas du tout, c’était presque gênant). De mon bord, j’ai accroché solide, ils ont livré une performance hors du commun, très ressentie et leurs tunes étaient A1, instantanément gravées dans ma tête à jamais.

  • Steven Wilson – The Future Bites (2021) [UK]
    Album mitigée parce qu’électro/pop de l’artiste prog Steven Wilson. Je trouve que c’est une réussite, pièces catchy et production impeccable. C’est d’autant plus impressionnant quand on sait que Steven Wilson fait tout. Il compose, écrit, enregistre, mixe… Rares sont ceux qui font tout ça aussi bien que lui.

  • R.E.M. – Chronic Town (1982) [US]
    Premier EP d’R.E.M. Je ne suis pas le plus grand fan du groupe, j’adore certains albums et d’autres me laissent indifférent, mais ce petit lot de 5 morceaux jangle pop/post-punk de 1982 passe diablement bien sur le tourne-disque!

LÉON LECAMÉ

  • Godflesh – Purge (groove métal industriel)
  • Pupil Slicer – Blossom (blackened hardcore/post-metal)
  • Sigur Rós – Átta (ambiant/musique de chambre/post-rock)
  • From The Ages – II (instrumental/psychedelic/stoner rock)
  • M. Ward – Supernatural Thing (pop-rock/americana)
  • Lore – Lore (heavy psych stoner doom)
  • Delirium Tremenss – Do Drugs & Hate Your Local Government (psychotropic occult synth)
  • Mondernte – Canticles of Ecstasy (neofolk/ritual black ambient)
  • The Hu – Hellfest 2023 – ARTE Concert (folk metal)
    https://youtu.be/TlfzQaNlSxo
Playlist

PLAYLIST #12 – Semaine du 12 juin 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Pomerium – Musical Book Of Hours (Archiv Produktion, CD)
  • Josquin Des Prez – Miserere Mei Deus (Cappella Amsterdam, Daniel Reuss) (Harmonia Mundi, CD)
  • Current 93 – Soft Black Stars (Durtro, CD)
  • Batsumi – Batsumi (Matsuli Music, Vinyle)
  • Jim O’Rourke / Apartment House – Best That You Do This For Me (Another Timbre, CD)
  • Hermann Nitsch – Orgelkonzert (I Dischi Di Angelica, CD)
  • Ichiko Aoba – 0 (Speedstar, CD)
  • Gal Costa – Gal Costa (Philips, CD)
  • Beverly Copeland – Beverly Copeland (Return To Analog, Vinyle)
  • Pa Vesh En – Pyrefication (Iron Bonehead, Vinyle)
  • Mobb Deep – The Infamous (Loud, CD)
  • Marconi Notaro – No Sub Reino Dos Metazoários (Fatiado Discos, Vinyle)
  • Sleep – Dopesmoker (Tee Pee, CD)
  • New Risen Throne – Whispers Of The Approaching Wastefulness (Cyclic Law, CD)
  • Christian Death – Ashes (Season Of Mist, Vinyle)
  • Jimmy Radway & The Fe Me Time All Stars – Dub I (Pressure Sounds, Vinyle)
  • Liaisons Dangereuses – Liaisons Dangereuses (Soulsheriff, Vinyle)
  • Bobby Hutcherson – Happenings (Blue Note, Vinyle)
  • Les Goules – Les Animaux (P572, Vinyle)
  • Sonic Youth – Confusion Is Sex (Plus Kill Yr. Idols) (Geffen, CD)
  • Dead Kennedys – Fresh Fruit For Rotting Vegetables (Cleopatra, CD)
  • Bollywood Bloodbath (Finders Keepers, CD)
  • Queen – Queen II (Hollywood, CD)
  • King Crimson – Islands (Steven Wilson & Robert Fripp Remix) (Discipline Global Mobile, Vinyle)
  • Evilfeast – Lost Horizons Of Wisdom (Eisenwald, CD)
  • Vrörsaath – Moonlight’s Wrath (ASRAR, Vinyle)
  • Jorge Trasante – Folklore Afro Uruguayo (Lion Productions, Vinyle)
  • Zeena Parkins & Ikue Mori – Phantom Orchard (Mego, CD)
  • Pharoah Sanders – Thembi / Black Unity (Impulse! 2-On-1, CD)
  • Big Star – #1 Record (Fantasy, CD)
  • Roedelius – Wenn Der Südwind Weht (Bureau B, Vinyle)
  • The Mars Volta – De-Loused In The Comatorium (Universal, CD)
  • C’est Chic! (French Girl Singers Of The 1960s) (Ace, Vinyle)

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Naujawanan Baidar – Khedmat Be Khalq (2022) [US/Afghanistan]
    Naujawanan Baidar est le projet de N. R. Safi, membre du groupe The Myrrors, où il tire ses influences directement de ses origines afghanes. Heavy psych, noise rock, pashto-folk… ça donne un son et une expérience assez unique, digne des cassettes obscures du Moyen-Orient dans les 70s-80s.

  • HMLTD – The Worm (2023) [UK]
    Ici, nous avons un album-concept ultra ambitieux de la formation HMLTD. Opéra rock, glam, prog, musique symphonique, art pop… Extrêmement difficile à décrire et même à saisir. Je dois admettre qu’il m’a fallu au moins 3 écoutes avant d’être séduit au point de me procurer le disque. Je trouve ça fascinant de voir un groupe de rock actuel s’engager dans une aventure aussi monumentale pour l’enregistrement d’un album. Qu’on aime ou pas, il s’agit ici d’un travail colossal, sans aucun doute.

  • Altın Gün – Aşk (2023) [Pays-Bas]
    La formation qui reprend des chansons turques rétro pour leur donner une seconde vie sous forme de rock psychédélique anatolien en arrive déjà à son 4e opus. On sent ici un retour aux sources du son de leur premier album. Ça beau être exécuté dans un style plus niché, je recommande ce groupe à absolument tout le monde. Du bonbon qui s’écoute n’importe quand.

  • Dopey’s Robe – Velvet Skinner (2020) [Canada]
    Groupe cruellement méconnu dû à une sortie d’album en pleine pandémie, sans tournée promotionnelle. Du rock psychédélique bien transcendant qui saura certainement plaire aux fans de King Gizzard et de psych plus heavy actuel.

  • Blue – Blue (1973) [Écosse]
    Entre 1973 et 1976, il y a eu une genre de vague « soft rock », pop et folk. Un peu à la Murray Head, pour donner un exemple. J’suis pas nécessairement un fan de soft rock, mais j’apprécie beaucoup cette vague particulière. Souvent, ça donnait des maudites belles tunes qui font du bien, aux harmonies vocales incroyables. C’est le cas de Blue. Sur ce disque, il y a des méchantes bonnes tunes pop, rock et folk. Très feel good, qui s’écoutent comme une brise en été. Je ne vois pas comment on peut écouter des chansons comme « Sunset Regret » ou « The Way Things Are » sans se sentir en paix et avoir le goût de chanter.

  • John Williams – Close Encounter Of The Third Kind (1977) [US]
    Je suis dans une phase John Williams, alors pourquoi pas! Je trouve que celle-ci est sa bande sonore la plus sombre et mystérieuse, parfois menaçante, parfois atmosphérique et floue. Surtout, assez iconique comme à l’habitude, grâce aux sons avec lesquels les extraterrestres communiquent. Quand quelque chose de bizarre se produit, je fredonne souvent à la blague la fameuse petite mélodie thématique.

  • John Williams – Indiana Jones : Raiders Of The Lost Ark (1981) [US]
    On ne peut pas parler de maître Williams sans passer par l’emblématique thème d’Indiana Jones. À la suite de la mélodie iconique, on a ici une musique qui suit pas à pas le célèbre aventurier, on ressent l’action à travers la musique, c’est directement lié, on devine l’histoire à travers elle. Une réussite totale.

  • The Beach Boys – Surf’s Up (1971) [US]
    Un des meilleurs albums des Beach Boys. Bien qu’il s’agisse d’un album définitivement pop, on sent ici que Brian Wilson et ses acolytes se sont concentrés uniquement sur l’aboutissement d’arrangements plus soignés et raffinés plutôt que de pondre le prochain hit radio de l’heure.

  • Temples – Volcano (2017) [UK]
    En 2017, Temples étaient attendus avec une brique et un fanal par les fans, qui ne désiraient qu’un album encore meilleur que leur tout premier, Sun Structure. Le changement de direction vers l’électro-pop a été plutôt mal accueilli. Et pourtant, il est tellement excellent et savoureux ce disque, des riffs et des tones super catchy. Dommage pour eux, mais chez nous ça tourne encore!

  • The Wings – Back To The Egg (1979) [UK]
    Le tout dernier disque des Wings après une magnifique aventure ancrée à jamais dans les 70s. Un album semi-concept ou thématique ou en tout cas… qui flirte avec les tendances new-wave/punk de l’époque. Paul était rendu là et il faut le dire, c’est plutôt réussi même s’il ne s’agit pas de ses plus grandes chansons ou de son œuvre la mieux accueillie par les critiques.

  • R.E.M. – Green (1988) [US]
    Mon préféré d’R.E.M. Les moments plus acoustiques et naturels viennent beaucoup me chercher. Les hits sont excellents sans être « overplayed ». Gros must chez nous.

  • Gong – Shamal (1976) [UK]
    Oui, d’accord, Daevid Allen n’est pas là, mais… ça reste de l’excellent jazz-rock de la scène Canterbury alors, qu’est-ce tu veux. Je l’aime beaucoup! Shamal demeure riche en arrangements et accrocheur même si majoritairement instrumental.

LÉON LECAMÉ

  • Witan – Alchemy (dungeon synth/cosmic ambient)
  • Snakemother – Snakemother (doom metal/sludge/tribal ambient)
  • Absølutiøn – This Eternal Decay (gothic rock/postpunk/darkwave)
  • Fact Pattern – From Where You’re Hiding (post-industriel/post-rock)
  • Pillar of Men – ਐѪ〠 (pre-columbian/dungeon synth)
  • Leena Malak Feat. Gasan Mamedov – Arabic Tango (1998)
  • Flowers Of Rust – Putrescence (blackened sludge metal)
  • Minyo Crusaders – Echoes of Japan (folk nippon/world/fusion)
  • Count Spookula – Monster a Go-Go (heavy/psych/doom metal)
  • Menk – Mental Paradigm FULL EP (2023 – Deathgrind)
  • So Violento – Elegía Moderna single (postpunk)
  • Anubiz – Leid (métal gothique symphonique)