Playlist

PLAYLIST #19 – Semaine du 16 octobre 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Georg Friedrich Haas – In Vain (Klangforum Wien) (Kairos, CD) [2003]
    Une oeuvre micro-tonale/spectrale absolument tétanisante de ce compositeur autrichien. Écrit pour 24 instrumentistes (qui devaient jouer dans le noir le plus complet, conformément aux notes se trouvant sur la partition), « In Vain » consiste en une seule longue piste de plus d’une heure, au travers de laquelle des crescendos diaboliques s’enchevêtrent doucereusement, s’entrechoquent, semblant vouloir percer la nuit même… S’ensuit des passages plus calmes mais pas moins tendus, où un piano fantôme est caressé d’une main furtive et où les cordes, vrombissantes et porteuses d’ondes sonores dérangées, montent en intensité puis s’estompent soudainement dans la nuit éternelle, avant de s’élever de nouveau, revêtant un autre manteau d’ébène… Le tout est beau, fascinant et glacé/glaçant. Une oeuvre pour oreilles averties.

  • McDonald And Giles – McDonald And Giles (Virgin, CD) [1970]
    Deux membres de King Crimson (premier line-up) qui livrent leur seul album en duo et quel album ! Un très beau disque de prog-rock automnal avec des relents très présents de pop psychédélique, de folk et de jazz-rock. C’est beaucoup moins sombre que King Crimson mais tout aussi essentiel. C’est un peu le mélange parfait entre « In The Court » de KC et le « The Cheerful Insanities of Giles, Giles & Fripp » (album méconnu et pourtant archi génial). Le revers ensoleillé du roi pourpre ! Et quel drumming de fou de Giles, vraiment un des batteurs les plus singuliers et originaux de tous les temps.

  • Nightshade – Nightshade (WereGnome, Cassette) [2023]
    Dungeon synth mélancolique/nostalgique rempli à rabord d’orgue épico-tragique. Comme toujours avec le gnome-garou, on ne se trompe pas.

  • Comfy Wizard – When Hobbits And Gnomes Unite / The Search For The Ultimate Pipe (Phantom Lure, Cassette) [2023]
    Les deux premiers EPs de ce délicieux et enfumé projet de Comfy Synth réunis sur une splendide cassette ! À écouter en fumant votre pipe près de l’âtre.

  • Chattox / Ferrydor Archive – Chattox / Ferrydor Archive (Voices Of The Ainur, Cassette) [2022]
    Un split de dungeon synth médiévalo-surréaliste avec chaque entité livrant un côté de cassette brumeux et féérique. On aime Voices Of The Ainur aux Paradis Étranges donc vous n’avez pas fini d’entendre parler de cette étiquette.

  • Kali Malone – Velocity Of Sleep (XKatedral, Vinyle) [2017]
    Le premier album longue durée d’une compositrice/organiste expérimentale dont on a pas fini d’entendre parler, pour mon plus grand bonheur. On a affaire ici à trois pièces pour cordes (contrebasse, viole et viole de gamba), gongs, instruments électroniques (+ manipulations de bandes) et un large luth baroque appelé le Theorbo (voir pochette du disque où on peut apercevoir l’instrument atypique). De la musique drone, lente, introspective, aride et un brin irréelle. Nothing sounds like it.

  • Funeral Mist – Salvation (Norma Evangelium Diaboli, CD) [2003]
    La première de ce Salvation dévastateur me fera toujours rire méphistophéliquement… Après une intro impure, on entend un riff distant avec une production hyper lo-fi et puis, soudainement, le son monte et ÉCLATE directement dans ta gueule. Pied-de-nez aux productions frêles de one-man black metal bands (dont je suis fan pourtant) ? Peu importe. J’en raffole. Ce disque ne veut pas ton bien. Il veut te clouer au tapis et t’enfoncer ses cris, ses vomissements, ses gémissements moribonds, son usine à riffs fous fous fous, sa batterie de malade mentale, ses ambiances blasphématoires DIRECTEMENT dans ton petit clapet de merde. Un chef d’oeuvre absolu de Black Metal suédois.

  • Brian Eno – Music For Films (EG, Vinyle) [1976]
    Un magnifique disque d’Eno qui nous présente ici des piécettes ambient très courtes et mélancoliques/rêveuses (et parfois cauchemardesques). C’est comme voler à bord d’un Boeing au dessus de pleins de petits univers chatoyants, qui demeurent mystérieux et ensorcelants, vu le peu de temps qu’on passe auprès de chacun d’eux. À recommander pleinement à tous ceux qui, comme moi, vénèrent les moments les plus atmosphériques/minimalistes de Another Green World.

  • Capcom Sound Team – Resident Evil 2: Original Soundtrack (Laced, 2 x Vinyle) [1998]
    Trame sonore de circonstance pour la saison. Un de mes jeux préférés de la Playstation old school ; qui aura aussi connu un succulent remake sur Playstation 4. Cette édition vinylique à la pochette somptueusement horrible me fait voyager dans le temps ; en 1998 plus précisément, où je dirigeais Leon ou Claire à tâtons dans les couloirs peu (ou pas) éclairés d’une station de police installée dans un ancien musée macabre… une station peuplée de morts-vivants gémissants (et bien pire encore). Niveau musical, on navigue ici entre Horror Synth 90s, Dark Ambient lugubre, classique cinématographique tendu et hard rock funky.

  • John Coltrane – Live At Birdland (Impulse!, CD) [1964]
    L’album aurait pu s’appeler « au 3 cinquième live at Birdland » vu qu’il comporte aussi 2 pièces studio mais quand on a affaire à de la musique de cette qualité là, on pardonnera bien ce petit demi-mensonge… Que dire de cette musique d’ailleurs ? Quels mots insignifiants et restrictifs dans leur nature même peuvent-ils introduire ce qui s’en passe totalement pour nous asséner sa superbe en plein tympan ? On a que ça à dire : C’est Coltrane et son quartet légendaire et dément. Ils sont tous géniaux : John au saxo ténor ET soprano, Jimmy à la contrebasse, Elvin à la batterie (MY MAN!) et l’incroyable McCoy au piano… Des maîtres à l’oeuvre, crachant, frappant, grattant et pianotant leur post-bop unique qui s’approche toujours plus de l’avant-garde à chaque session de feu… A Love Supreme (le magnifique point de non retour) n’est plus très loin ; un an à peine… Quel plaisir de redécouvrir l’évolution du plus grand quatuor de l’histoire du jazz dans les fastes années Impulse!
    Mention toute particulière à « Alabama », morceau le plus atypique et profond des extras studio… piste sombre et lente, presque funéraire, écrite en hommage à 4 jeunes filles tuées dans le bombardement d’une église en Alabama. Une des compositions les plus émouvantes de la carrière de John.

  • Blood Ceremony – Living With The Ancients (Rise Above Records, CD) [2011]
    Génial groupe canadien de rock occulte/prog/stoner/doom trad avec une chanteuse excellente, de l’orgue et BEAUCOUP de flûtes !!! Que demandez de plus ??? C’est comme une réalité alterne où Tony Iommi était resté dans Jethro Tull, avait pris les rennes en imposant ses riffs orgiaques dans le contexte proggy de Tull et qu’il avait engagé une jeune succube hippie aux vocaux. Du gros gros fun.

  • Les Coquettes – Les Coquettes (Trans-Canada, Vinyle) [1970]
    Deuxième éponyme pour ce sympathique girl-group québécois qui sonne très « Motown lo-fi ». Un plaisir sucré à savourer fréquemment.

  • Dead Moon – Stranded In The Mystery Zone (Mississippi, Vinyle) [1991]
    Bon Dieu que j’aime Dead Moon. Mon groupe de Garage Rock préféré of all time. Tous leurs albums sonnent exactement de la même manière et sont tous excellents. On a tendance à abuser du terme « authentique » dans les écrits journalistiques musicaux mais dans le cas de Fred, Toody et compagnie, je pense que ça s’applique puissance x mille. Du vrai de vrai rock n’roll, noir, désabusé, crunchy, lo-fi et puissant.

  • H.P. Lovecraft – H.P. Lovecraft (Cosmic Rock, Vinyle) [1967]
    Quand tu prends le nom de mon auteur d’épouvante/SF préféré of all time pour baptiser ton groupe, je t’aime déjà drette en partant. Quand, en plus, tu nous ponds du psych sophistiqué, un peu expérimental, teinté d’influences folk et jazzy, avec des harmonies vocales archi chouettes et des compositions aussi riches (la proto-prog « The White Ship » en particulier), bin, je t’aime pour la vie. Un must absolu dans la discothèque de tout fan de musique psychédélique.

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Camel – The Snow Goose (1975) [UK]
    Cet album là a changé ma perception de la musique. Faire quelque chose d’aussi excellent et tellement cohérent avec un conte pour enfant m’a démontré que n’importe quel genre musical pouvait s’appliquer à n’importe quel thème si on trouve le bon angle. Alors épopée doucement progressive pour l’histoire du Snow Goose!

  • Sparklehorse – It’s A Wonderful Life (2001) [US]
    Magnifique album quoi… « indie slacker folk »? En tout cas, c’est brillamment interprété et touchant du début à la fin. J’y perçois parfois quelques nuances de Neil Young à travers. J’ai aimé dès les premières minutes.

  • The Sorrows – Take A Heart (1965) [UK]
    Freakbeat/Garage assez heavy pour son année de parution, The Sorrows ont probablement vécu dans l’ombre des Kinks et des Yardbirds, groupes très près d’eux en sonorité. Cruellement méconnu, pour moi c’est un must des années 60.

  • Vanishing Twin – Choose Your Own Adventure (2016) [UK]
    Groupe qui m’est chouchou depuis la parution de cet album, Vanishing Twin est capable de douces brises psychédéliques envoûtantes comme de gros moments expérimentaux et intellectuellement buzzants. Je peux juste le décrire comme ça, désolé si ça sonne prétentieux.

  • King Gizzard & The Lizard Wizard – Changes (2022) [Australie]
    Stu McKenzie a déclaré avoir eu cet album dans la tête pendant 5 années avant qu’il voit le jour. On retrouve ici le groupe caméléon sous un jour dansant, électro avec des moments raps et d’autres plutôt « singer/songwriter ».
    Je trouve ça drôle qu’on les associe à un jamband avec du matériel pourtant si écrit, assis et rôdé aux quarts de tour.

  • Renée Claude – Le début d’un temps nouveau (1970) [QC]
    Les albums de Renée Claude publiés entre 1966 et 1972 sont des bijoux québécois de son, d’arrangements et d’interprétation. Celui-ci avec une chanson de Charlebois et majoritairement composé par Stéphane Vennes n’en fait pas exception.

  • Miles Davis – Sketches Of Spain (1960) [US]
    L’interprétation la plus célèbre du Concertio De Aranjuez? Miles n’a composé aucun morceau sur ce disque, mais pourtant, on n’y voit que du feu et personne ne considère Sketches Of Spain comme un album de covers. On peut dire que c’est un tour de force!

  • Johnny Cash – Man In Black (1971) [US]
    Dans mes albums préférés, si non mon préféré, de monsieur Cash. Man In Black est un peu plus dark qu’à l’habitude et même engagé politiquement. La production de 1971 lui offre un son remarquable et le contexte américain dans lequel l’album a été publié le rend légendaire.

  • Yes – The Yes Album (1971) [UK]
    Ça c’est un top 5 de Yes assuré pour moi. Le premier de leur discographie à avoir placé le groupe parmi les gros joueurs du genre. Il est très prog, certainement, mais encore avec une certaine retenue qui leur va bien. Les gars étaient focus sur la composition plus que sur la virtuosité et ça a donné des morceaux puissants et spectaculaires.

  • Iron Butterfly – The Best Of Iron Butterfly (1971) [US]
    Les meilleurs moments d’un groupe heavy psych de la période 1967-1971, ça se prend toujours bien.

  • Led Zeppelin – Houses Of The Holy (1973) [UK]
    Je vis une relation amour-haine avec Led Zeppelin depuis à peu près toujours. Cependant, je ne me passerais jamais de Houses Of The Holy. C’est mon préféré et un des seuls que je souhaite avoir en vinyle. Je trouve le groupe à son meilleur dans toutes leurs facettes : folk, hard rock et pop. +++La photo à l’intérieur du gatefold est complètement fascinante.

  • Radiohead – The King Of Limbs (2011) [UK]
    Bien que King Of Limbs soit un album mitigé, c’est personnellement dans mes tops de Radiohead. Je le trouve d’une beauté inouïe et d’une créativité remarquable qui viennent me chercher du début à la fin.

LÉON LECAMÉ

  • Hermetic Occult Grimoire – H​.​O​.​G. (heavy black, occult rock)
  • Sonic Youth – Confusion Is Sex + Kill Yr. Idols (no wave)
  • Ancient Wisdom – For Snow Covered The Northland (black métal atmosphérique)
  • Acid Bath – When The Kite String Pops (stoner, sludge metal)
  • Melvins – Houdini (heavy stoner rock, sludge metal)
  • Alexander « Skip » Spence – Oar (psych, folk rock)
  • Malokarpatan – Krupinské Ohn (heavy folk black metal)
  • UFO – UFO 2 – Flying – One Hour Space Rock (hard rock, space rock)
Autres Mixes, Mixtapes

Les Paradis Étranges présentent…. Mixtape Spéciale Trames Sonores de Films d’Horreur

Commencez-vous à le sentir ? Le sol humide jonché de feuilles mortes, les journées qui raccourcissent, les ciels d’octobres aux teintes impossibles, le feu dans l’âtre, la fin progressive de la CALISS de TABARNAK de période de l’herbe à poux… Commencez-vous à sentir le basculement insolite du début d’automne caniculaire vers ma saison préférée : le vrai de vrai automne, celui, frais et venteux, qui se prolonge petit à petit vers le mois des morts (sa magnifique apothéose funéraire et pluvieuse), celui où les marches extérieures nocturnes deviennent des épopées mystiques et brumeuses, celui où il fait bon d’aller se réfugier dans notre chaumière devant un bon film d’épouvante.

Pour initier le début de mon bout préféré de l’année de belle façon, voici donc cette mixtape dédiée aux trames sonores de films d’épouvante (avec quelques petits giallos par ci par là ; pourquoi se priver ?). L’horreur AT LARGE est pas mal mon genre filmographique préféré et je ne me fais pas prier, hiver, automne, printemps ou été, pour me taper des perles horrifiques de tous genres (et toutes époques… en particulier celles des 70s et 80s !) ainsi que leurs bandes sonores respectives. Mais il y a quelque chose de particulièrement plaisant à naviguer dans ces zones d’ombre à ce moment précis de l’année.

C’est avec un sourire carnassier que je vous invite donc à écouter cette petite compilation qui regroupent certains de mes morceaux préférés tirés de ces films qui m’ont hanté longuement… Il y en a pour tous les goûts ou presque : compositions de facture classique, dark ambient, lounge-pop-exotica, rock psychédélique enfumé, dark jazz, synthwave damné, drone, piécettes de piano romantico-tragiques, morceaux de rock progressif funky et assombris, ballades pour enfants possédés, musique concrète, etc…

Ah ouais… Je ne publierai pas la track-list non plus. On va s’amuser un peu. Je défie les auditeurs (qui seront surement LÉGION…. aheum) à tenter de découvrir de quels films proviennent les extraits sonores glanés un peu partout. Vous pouvez publier vos trouvailles dans les commentaires ci-bas. Celui ou celle qui aura trouvé la provenance du plus grand nombre d’extraits se méritera mon respect éternel (faute de mieux ; je suis fauché !)… Et disons, un t-shirt avec le logo des Paradis Étranges (merci Guillaume P. Trépanier) quand nous les imprimerons enfin (vers 2038).

Donc… bonne écoute chers amis ! Et joyeux z’Halloween d’avance !

Tracklist MYSTÈRE !!! Mouahahahahahahah !!!

Playlist

PLAYLIST #18 – Semaine du 9 octobre 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Gabriel Fauré – Piano Quartets (Trio Wanderer, Antoine Tamestit) (Harmonia Mundi, CD) [2010]
    Un de mes compositeurs préférés en mode piano + trio à cordes. Tamestit et le Trio Wanderer font la part belle à ces partitions somptueuses. On erre ici dans une musique tantôt lumineuse et parfois assombrie et brumeuse. Une musique riche, expressive, émotive et passionnée.

  • Miles Davis – Circle In The Round (Music On CD, 2 x CD) [1979]
    Une compile géniale et un peu fourre-tout de l’ange noir, avec des inédits du premier grand quintet de Miles (donc moments d’infinité somptuosité auprès de John Coltrane au menu), d’autres issues de séances d’enregistrement avec le second grand quintet (avec Wayne et Herbie !) qui expérimente en formule acoustique une musique sibylline à la lisière du jazz modal et de l’avant-garde (avant le grand saut vers l’électricité de la période « fusion » qui figure aussi sur la compile). À noter aussi la présence toute passagère de George Benson à la guitare sur « Side Car II ». Le gros highlight de ce doublé est la pièce titre : plus de 26 minutes d’une musique explorative, hypnotique, noctambule, chatoyante…

  • Neil Young With Crazy Horse – Everybody Knows This Is Nowhere (Reprise, CD) [1969]
    Un de mes Neil préférés, en mode rêche, électrique, crasseux, acide. Des pièces folles (l’halluciné « Down by the river », « Running Dry » avec ses violons somptueux, « Cowgirl In The Sand » avec ses solos qui te fendent l’âme à chaque abrasion). Un disque parfait d’un grand artiste à la discographie pléthorique.

  • Daniel Bélanger – Travelling (Audiogram, Vinyle) [2020]
    L’album instrumental hautement réussi de sieur Bélanger. Une trame sonore d’un film fictif que l’auditeur peut s’imaginer scène par scène, en changeant à loisir de personnages et situations selon l’écoute. Un disque/film dont vous êtes le réalisateur, en somme ! Des belles références au western spaghetti (Morricone !) mais aussi aux grands compositeurs québécois que sont Dompierre, Cousineau, Gagnon et Léveillée. Une belle réussite et un exercice qui, je l’espère, aura une suite dans la carrière d’un des plus grands chansonniers de chez nous.

  • Emperor – Prometheus: The Discipline Of Fire & Demise (Candlelight, CD) [2001]
    Le dernier album studio de la légende du Black Metal norvégien et mon 2ème préféré après l’immortel « In The Nightside Eclipse ». C’est leur disque le plus fou, le plus prog, victorien/baroque-rococo, vertigineux, psychédélique… Des compositions complexes aux arrangements alambiqués. Des synthétiseurs mais aussi du piano classique et du clavecin. Une batterie ultra lourde et technique de maître Trym et la meilleure performance vocale de la carrière de Ihsahn. Chef d’oeuvre du Métal extrême.

  • Vaamatar – Medievalgeist (Iron Bonehead, Vinyle) [2022]
    Du « second wave worship » particulièrement réussi en provenance de la Californie. Des riffs jouissifs, une voix bien crade, une réelle ambiance léthargique et poisseuse (qui est entrecoupée par ces moments de fureur effrénée typiques du noir métal). Bref, du très très bon Black Metal, comme c’est toujours le cas chez Iron Bonehead.

  • Asei Kobayashi & Mickie Yoshino – House (Original Motion Picture Soundtrack) (Waxwork, Vinyle) [1977]
    Trame sonore complètement déjantée/éclatée/folichonne/aliénée pour un film qui ne l’est pas moins (un de mes films préférés of all time, qui plus est). Un mélange fou fou fou de jazz fusion, de funk, de bubblegum pop japonaise, de blues Tom Waits-ien, de piano rock et d’avant-garde. Fun for the whole family, y compris les chats !

  • Fabio Frizzi – Lucio Fulci’s The Beyond (Original Motion Picture Soundtrack) : Composer’s Cut (Cadabra, 2 x Vinyle) [1981/2019]
    La version complète, définitive, ré-arrangée et remixée (par les bons soins de son géniteur) de la bande son d’un des chef d’oeuvres ultimes du cinéma d’épouvante italien. Un pressing grandiose et un magnifique objet aussi, comme c’est toujours le cas chez Cadabra. Pour les non initiés (courrez voir le film bande d’insolents !), on a affaire ici à de la très grande musique : du prog symphonico-gothique, de la musique de chambre bien sombre et des synthés horrifiants à foison !

  • Debris’ – Static Disposal (Anopheles, CD) [1976]
    Un magnum opus de WHAT THE FUCK crissement avant-gardiste… proto-punk-dada-garage-space-heavy-psych bourré d’effets de synthétiseur biscornus, de saxophone free jazz, d’énergie glam-rock, de vocaux déglingués-psychotiques et de guitare fuzz. Un genre d’amalgame insensé des Silver Apples, du Velvet Underground, des Stooges, des disques glam-arty d’Eno, de Captain Beefheart, de Pere Ubu, de James Chance & The Contortions, des Dead Kennedys, de Zappa, du vieux Devo, de Chrome, de Richard Hell & The Voidoids, des Residents et de Swell Maps. Un disque essentiel pour tout fan de weird et de fun sans édulcorant !

  • Léo Ferré – La Folie (Pro-Culture, Vinyle) [1970]
    Édition canadienne de l’album Amour Anarchie – Ferré 70 Vol.2 avec la sublime chanson-fleuve « Psaume 151 » en ouverture. De la chanson française hyper poétique, surréaliste, puissante; avec des arrangements tantôt orchestraux tantôt rock psychédélique.

  • Jean Leloup – Le Dôme (Audiogram, 2 x Vinyle) [1996]
    Le meilleur de Leloup/Leclerc ? Fort probablement. Un album qui détonne après un L’amour est sans pitié festif et jovial, paru 6 ans plus tôt. Le Dôme est sombre, introspectif, personnel, mélancolique… mais aussi complètement éclaté stylistiquement parlant. Rock alternatif, folk, dub, hip-hop et passages indus/électro s’enchevêtrent à merveille sur ce disque qui a révélé le plein potentiel de Leloup comme un des songwriters québécois les plus essentiels et originaux de sa génération.

  • Masonna (Mademoiselle Anne Sanglante Ou Notre Nymphomanie Auréolé ) – Frequency L.S.D. (Alien 8, CD) [1998]
    Pwiiiiiiik KRASH Zwiiiiktraffs ARRRRRERRRRGHHGHTYT BROOOOOOVZXDGFDGSFDGHD Pwiiiiit Ta-Ta-Ta-Ta-ZWIIIIITAPROUM BZIM AAAAAAAAAAAAARGHHH !!!!!!! GRRRRTWZwwwiiiiKBrooogrtyuuuuutytti***&&hhgfhdhFWAK !!!!! FWIIII-TA-ARRRGH-YAAAAAA-YAAAA-BRZZZTUYYOIIU-*crissements et sirène de fin des temps*-WIIIIIIIIIIIIZ-BRA-BRA-BRAGWARRRGH-CRRRR-DZZZZT-CRRRR-DZZZZZzzzzzzzzzIT-POUIT-POUIT-POUIT-AH-LA-LA-MANWAAAAAAAAAAAIIII !!!!!!! *bruit de sécheuse satanique*

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Magma – Sensationnel (1981) [Martinique]
    Musique des îles de style zouk, le groupe Magma nous offre ici des grooves épatants interprétés par 9 musiciens. Un son très complet, punché et entraînant.

  • King Gizzard & The Lizard Wizard – PetroDragonic Apocalypse; or, Dawn of Eternal Night: An Annihilation of Planet Earth and the Beginning of Merciless Damnation (2023) [Australie]
    Album de math et thrash metal qui flirte avec le prog… par des geeks, pour les geeks. C’est l’équivalent de jouer à donjon et dragon avec une calculatrice au milieu d’un moshpit.

  • King Gizzard & The Lizard Wizard – Butterfly 3000 (2022) [Australie]
    Album de dreampop synthmade qui flirte avec l’électro… par des geeks, pour les geeks. C’est l’équivalent de capturer des papillons avec un filet magique au milieu d’un jardin enchanté.

  • Aretha Franklin – I Never Loved A Man The Way I Love You (1967) [US]
    Album-monument de la musique soul avec le célèbre hit « Respect ». Ma chanson préférée sur l’album demeure cependant « Don’t let me lose this dream » et j’ai remarqué qu’elle était créditée, paroles et musique, à Aretha seulement. Elle n’était donc pas seulement une excellente interprète, mais aussi une grande songwriter?

  • Black Sabbath – Headless Cross (1989) [UK]
    Un album aux thèmes sombres avec Tony Martin au chant. Black Sabbath était loin de son heure de gloire, mais bien que Headless Cross demeure très heavy metal classique, je le trouve plutôt réussi et même assez hors-champs pour l’année 1989. Par-contre, je ne suis pas une référence, je suis totalement vendu avec Black Sabbath et compagnie.

  • Green Day – Insomniac (1995) [US]
    Probablement l’album le plus direct de Green Day, pas de moments plus smooth ou acoustiques, on garroche du début à la fin. C’était tout un défi de sortir un album post-Dookie, et même si les chansons sont un peu moins radio-friendly que sur ce précédent, beaucoup de classiques du groupe se trouvent sur Insomniac. J’y suis beaucoup attaché.

  • Green Day – Live On Green Vinyyy…yl (1993) [US]
    J’aime beaucoup la période « pré-Dookie / ado » de Green Day. Enregistré en avril 93, en Espagne, on y retrouve des tunes de leurs premiers EPs, de leur 2 premiers albums et une « early » Longview qui se nommait alors « Same Old Shit (I’m fucking wasted) ». Du moins, c’est le nom qu’on lui a attribué sur le disque. Ça sonne assez bien pour un bootleg. Billie Joe était déjà tout un frontman à cette époque, Mike Dirnt très tight à la basse (et moins aux back vocals haha) et Tré Cool est en feu, avec son énergie tonitruante habituelle.

  • Blind Melon – Soup (1995) [US]
    Un disque coup de foudre, que j’ai aimé instantanément à la première écoute. Des excellentes compos avec les émotions dans le tapis. Du chant puissant et surprenant haut (qui me rappel même Jon Anderson de Yes, il faut le faire), une job de guitare créative et poignante et du drum en béton pour soutenir le tout.

  • Ghost – Opus Eponymous (2010) [Suède]
    Rock-metal catchy à la 70s avec un chanteur épique déguisé en pape satanique, le tout garni de gros orgue passé dans un rotary speaker.
    Du gros gros fun.

  • Frank Zappa – I Don’t Wanna Get Drafted (1980) [US]
    Un p’tit single 12po de maître Zappa, ça ne se refuse pas. Surtout avec un live au solo de guitare décapant sur la face B.

  • Mike Oldfield – Hergest Ridge (1974) [UK]
    J’aime cet album presqu’autant que Tubular Bells. Je me laisse totalement emballer par cette musique. C’est une autre démonstration phénoménale du savoir-faire de Mike Oldfield au niveau des arrangements et de la composition à grande échelle.

  • Le Trio André Perry – Imagination (1961) [QC]
    Les débuts jazzés du fameux André Perry. La voix de Jacques Thierry est aussi très cool. Par moment, on dirait Sinatra qui chanterait avec le Dave Brubeck Quarter, pour vous dire à quel point le talent régnait dans cette formation.

LÉON LECAMÉ

  • Satanic Ritual Glorification – Psychedelic Hell (psych rock/occult ambient/expérimental)
  • CRAN – Natë (punk-rock mélodique)
  • Slift – Illion ~ single, album à paraître en 2024. (space/noise/psych rock)
  • Southern Culture On The Skids ‎– Too Much Pork For Just One Fork (swamp rock/psychobilly)
  • Maeströ Cröque Mört – Pour La Survivance Des Miens (raw ambient black metal)
  • Judas Priest – Panic Attack ~ single, album à paraître
  • Balmung / E – Enter the Hyperborean Forest of Hatred (raw black metal) 
  • Clifton Chenier – The King of ‘Zydeco’ LIVE
    https://youtu.be/kZ8iWgWwqG4?si=bMDI07E9K9VUUq1_
critiques

Summoning – Dol Guldur

Année de parution : 1997
Pays d’origine : Autriche
Édition : CD, Napalm – 1997
Style : Black Metal Atmosphérique, Dungeon Synth, Black Metal Symphonique

Ça ne devrait pas fonctionner… Non. Ces synthés nineties tout simplistes qui se veulent pourtant grandioses et porteurs de symphonies fantasmatiques. Cette batterie programmée cheap à l’os. Le côté hyper répétitif et monotone des morceaux. Et pourtant… pourtant… Bordel que ça marche ! Avec ce troisième album longue-durée, les Autrichiens de Summoning livrent selon moi leur plus belle offrande discographique (du moins, à ce jour). Tous les éléments sonores kitschouilles évoqués ci-haut s’enchevêtrent à merveille à ce Black Métal atmosphérique racé en diable. Le résultat final est proprement bluffant. Bienvenue sur la Terre du milieu et plus précisément, bienvenue à Dol Guldur, la « Colline de la Sorcellerie » ; forteresse de ce cher Sauron (au sud-ouest de la Forêt Noire).

Parce que oui, les gars de Summoning sont des fans finis de Tolkien et de sa cosmogonie. Dans le beau monde du Métal (et du Dungeon Synth, accessoirement), on retrouve un nombre assez élevé de formations qui ont été grandement influencés par la bibliographie colossale de John Ronald Reuel. On peut citer Black Sabbath, Cirith Ungol, Burzum, Amon Amarth, Blind Guardian et Gorgoroth… Mais aucun de ces groupes n’a réussi à capturer aussi bien l’essence même de l’univers de Tolkien que Summoning… L’entièreté de leur discographie est dédiée au monde fantastique dépeint par l’écrivain britannique.

L’oeuvre de Tolkien est maximaliste et épique. Le territoire décrit est immense et disparate… Villages idylliques, montagnes aux cimes enneigés, grottes/cavernes ténébreuses, châteaux fortifiés, forêts mystérieuses, marécages brumeux, landes dévastées… Les personnages (provenant de différentes races) sont légion. Les intrigues les concernant sont fabuleuses et rocambolesques.

Pour illustrer tout cela avec des sons, cela prenait bien évidemment une musique tout aussi maximaliste/épique. Et Summoning n’avait pas vraiment les moyens de leurs ambitions… Qu’à cela ne tienne ! Les claviers deviendront la matière première des rêves les plus fous. Ils se feront tantôt trompettes victorieuses, tantôt choeurs austères. Ils invoquent les cordes, les cuivres, les instruments à vent, les clochettes, l’orgue et le piano. Bref, il y a ici du synthé. ÉNORMÉMENT de synthé. C’était un pari risqué. Ils auraient pu tellement se planter. Je me répète mais : que nenni ! C’est une réussite totale. OUI, c’est parfois très niais et même rigolo… mais bordel qu’on y croit et qu’on se laisse transporter remarquablement facilement par cette musique éthérée/onirique jusqu’à la moelle.

Au programme : la visite de la sombre citadelle s’effectuera sous l’assaut des milles et uns claviers multicolores des deux acolytes (Silenius et Protector). Une voix black métallique très criarde s’ajoutera alors au tableau, elle même secondée par cette drum-machine martiale, cette basse monocorde et des guitares aussi mélodieuses que triomphales. Dans tout ça, on retrouvera aussi du Heavy Metal, de l’ambient tribal, du darkwave néo-classique, du néo-folk païen et un peu de la bande son de vos J-RPGS préférés (époque Super Nintendo). Bref, c’est la rencontre absurde et inespérée entre Mortiis, Burzum, Dead Can Dance, Richard Wagner, la trame sonore de Conan le Barbare, Nobuo Uematsu et Iron Maiden. Juste ça.

À part une intro tout ce qu’il y a de plus primaire (et qui pourtant, hantera longuement l’adolescent romantique que j’étais) et un autre interlude pianissimo à mi-chemin, l’album se décline en 6 morceaux monolithiques de plus de 8 minutes chacun. Ils sont tous excellents, pleins à rabord de cette ambiance chimérique qui occupait l’esprit de nos deux lascars mégalomanes. Le disque est long et se savoure sans heurt d’un bout à l’autre, avec délectation.

Je vous recommande fortement d’écouter l’album lors d’une longue marche forestière. Frissons et émois garantis. Et évidemment, en vous replongeant les yeux et l’esprit dans les pages du Seigneur des Anneaux. Et oui. Il n’y a pas que James Horner qui a réussi à illustrer parfaitement la Terre du milieu en musique.


Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :

Playlist

PLAYLIST #17 – Semaine du 2 octobre 2023

Un peu de bla bla pour commencer…. Cela fait des mois depuis la dernière publication des Paradis Étranges. « Mais POURQUOI ??? Où est ma dose quasi-journalière de contenu musical insolite et ravissant ??? »… Voilà ce que se demandaient surement les 2 lecteurs assidus de ce blogue anachronique… En fait, la réponse est ennuyeuse à fond. C’est tout bonnement la vie, dans ce qu’elle a parfois de plus sublimement chiant, qui a décidé d’entraîner notre cher Salade (moi en l’occurence) dans un tourbillon d’embrouilles particulièrement pénibles… Mais me revoilà enfin, détruit et déchu, mais toujours mélomane à fond. Me revoilà pour le plaisir de vous tous et celui des lamas bioniques lanceur de fléchettes roses empoisonnées.

On recommence les choses en douceur avec une jolie playlist toute neuve (ainsi que celles de mes comparses collaborateurs, plus bas). Mais vous retrouverez aussi sous peu de nouveaux épisodes des 15 Fréquences Ultimes, d’autres mixtapes fantasques et de nouvelles critiques d’albums.

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Brahms – Hungarian Dances Nos. 1 – 21 (Istvan Bogar, Budapest Symphony Orchestra) (Naxos, CD) [1988]
    Un superbe enregistrement de ces pièces fort connues du répertoire du génial compositeur allemand. Pour le néophyte: Il s’agit d’une série de 21 compositions assez courtes et inspirées d’airs populaires de danse hongroise-traditionnelle-folklorique-tzigane-slaves ; initialement arrangées pour piano à quatre mains puis ensuite réorchestrées pour orchestre symphonique (ce qui est le cas de la version Naxos dont on parle ici). Les danses alternent entre jubilation féérique et mélancolie funeste. La performance toute souple et fine de l’orchestre de Budapest convient parfaitement au genre et est bien meilleure que d’autres versions trop pompeuses/grandiloquentes pour rien.

  • Friedrich Cerha – String Quartets 1-3 (Arditti Quartet) (cpo, CD) [1999]
    Ça vous intéresse d’entendre une crise d’angoisse qui se transforme progressivement en épisode de dépersonnalisation sévère et de dématérialisation de votre être intérieur tout entier… le tout sous forme de quatuor à cordes ? Maestro Cerha est là pour vous les amis ! Fascinant. Et terrifiant.

  • Leviathan – Howl Mockery At The Cross (Hammerheart, CD) [2005]
    Cette collection de démos de sieur Wrest est aussi bonne que la plupart des albums de cette figure de proue du black metal underground américain. Au menu : des riffs anguleux à souhait, un état de dérangement mental constant, des vocaux vachement uniques et sinistres, des morceaux aux structures lovecraftiennes (je me comprends) et un cover de Death in June ! Point bonus pour l’espèce de son de trompette mariachi dans l’intro de “Summoning Lupine”.

  • Claudio Rocchi – Volo Magico N. 1 (Sony Music, Vinyle) [1971]
    Un pressing absolument grandiose de ce chef d’œuvre de folk progressif italien. Une musique subtile, automnale, mélancolique, rêveuse, émotive et hautement personnelle. La Face A (composée uniquement du morceau-titre) est évidemment renversante de volupté but don’t sleep on l’excellente Face B plus directe et à fleur de peau.

  • C’est Chic! French Girl Singers Of The 1960s (Ace, Vinyle) [2010]
    Bon Dieu que j’aime cette compile de yé-yé girls françaises ! Que de la bombe et un casting hors pair : Françoise Hardy, Jacqueline Taieb, Charlotte Leslie, Brigitte Bardot, France Gall, etc…

  • Riesenbaude – A Lonely Journey Beyond a Horizon Lost (Moonworshipper, Cassette) [2022]
    Synthé donjonné carrément mystique et embrumé de ce duo de rêveurs de mondes impossibles et anciens. On flotte bien loin.

  • Cephalophore – Seraphimus (WereGnome, Cassette) [2022]
    Black Metal atmosphérique de qualité, avec de beaux claviers planants et des relents de post-black, à mi-chemin entre Wolves in the Throne Room, le Deafheaven des débuts et Bekëth Nexëhmü.

  • William Onyeabor – Body & Soul (Luaka Bop, Vinyle) [1980]
    Le roi incontesté du synth funk africain frappe fort ici avec un de ses meilleurs albums. Des rythmes hypnotiques, du synthé jouissif, du gros groove contagieux et un SWAG tellement présent que même ton aiguille de table tournante va vouloir danser toute la nuit.

  • Edgar Froese – Aqua (Virgin, CD) [1974]
    Ce disque solo du leader de Tangerine Dream est aussi bon que les meilleurs albums du groupe, c’est dit ! 4 longues et magnifiques pistes ambient/berlin school (avec en prime, des sons aquatiques qui sont présents en quasi-permanence). Un disque réconfortant et intimiste ; la version “musique de chambre” de Phaedra.

  • Philippe Alarie – All​é​e Saint​-​Paul (Les Cassettes Magiques, Cassette)
    Premier projet solo de sieur Alarie (membre de Depost Through The) paru sur l’excellente étiquette trifluvienne Les Cassettes Magiques gérée par le génial et dynamique tandem de Pierre Brouillette-Hamelin et Guillaume « Inthildin » P. Trépanier. Désolé si je m’adonne à de la convergence ici, mais mes talentueux amis méritent toute la reconnaissance du monde pour ce beau projet.
    Allée Saint-Paul est un voyage intimiste à travers différentes atmosphères sonores… Mélangeant le folk instrumental (avec relents de Basho et Fahey), les field recordings, le drone et l’ambient à merveille, Philippe nous pond ici un album beau comme ces journées d’automne où l’azur bleuté est transpercé de par le rouge, le jaune et l’orangé des feuilles mourantes.
    À noter aussi la superbe pochette signée Louis-Alexandre Beauregard.

  • Thee Oh Sees – Help (In The Red, Vinyle) [2009]
    Un bon cru de ce groupe au milles noms qui semble tenter de rivaliser avec notre Roi Gésier adoré sur le nombre d’albums parus (Quelque part, John Zorn, Merzbow et Jim O’Rourke se bidonnent en disant : “pfff…. amateurs !”). Du Garage Rock Psych catchy à souhait.

  • Iron Maiden – Powerslave (EMI, CD) [1984]
    Pas mon Maiden préféré (mais pas loin) mais peut-être le plus parfait ? Une production lisse et puissante, où chaque instrument est parfaitement audible et est juste « à la bonne place ». Tu entends TOUTE hyper clairement, sans que rien ne supplante rien dans l’mix. Des compositions folles folles folles très classiques-Maiden (« Aces High » et « 2 Minutes to Midnight ») et l’apparition d’épopées métallo-progressives jouissives comme la pièce-titre et l’excellent « Rime Of The Ancient Mariner » (un des chef d’oeuvres de la troupe).

  • Les Alexandrins – Luc Et Lise (Les Alexandrins) (Polydor, Vinyle) [1970]
    Un de mes albums préférés de ce duo apprécié des connaisseurs de musique québécoise 60s/70s mais injustement encore trop méconnu à mon avis. C’est aussi l’album de transition où Les Alexandrins deviennent “Luc et Lise”, nom qu’ils conserveront pour quelques albums avant de finir le reste de leur discographie sous le nom de “Cousineau”, ce qui rend un peu cauchemardesque le classement des disques dans ma discothèque pour l’obsessif-compulsif que je suis. Des chansons à texte merveilleuses, à la fois pop baroque/yé-yé, folk et légèrement psych. Et que dire des harmonies vocales fantastiques (j’suis en amour avec la voix de Lise!).

  • Charles Mingus – Mingus Dynasty (Columbia, CD) [1960]
    Un très mauvais jeu de mot et une pochette qui, de nos jours, attiserait le courroux des gens facilement offensés… mais un autre superbe album du contrebassiste/compositeur/chef d’orchestre visionnaire Charles Mingus, sorti dans la foulée des légendaires « Mingus Ah Um » et « Blues & Roots ». Deux arrangements somptueux de morceaux de Duke Ellington, un morceau d’ouverture déjanté (le très réussi « Slop ») et un paquet d’autres merveilles. On ne se trompe jamais avec ce grand monsieur. A « Banger », as they say.

  • Skinny Puppy – Too Dark Park (Capitol, CD) [1990]
    Un album particulièrement désaxé qui est à la fois terrifiant et qui te donne envie de danser de manière totalement désordonnée (et qui fait parfois tout ça en même temps). Une mise en bouche particulièrement réussie avant le grand cauchemar qu’est « Last Rights ».

  • Merzbow – Ikebukuro Dada (Circumvent Recordings, CD) [2002]
    Un de mes Merzbow préféré de l’ère digitale. Du Harsh Noise vraiment malsain qui lorgne vers le Dark Ambient, le classique contemporain (piano et cordes vaguement sataniques disséminés à travers l’épais brouillard sonore) et même le Black Metal (!) sur la deuxième piste, « Ikebukuro Dada Texture », avec des samples de guitares qui rappellent Burzum. Message à tous ceux qui disent que je suis fou d’écouter de la musique comme ça : de un, vous avez raison et de deux, je vous emmerde.

  • Yoshi Wada – The Appointed Cloud (Saltern, Vinyle) [2008, archival de 1987]
    C’est beauuuuuu…. J’aurais vraiment aimé être présent pour assister à cette performance musicale (slash installation sonore) qui s’est déroulée au New York Hall of Science à l’automne 87 ; mais bon, je n’avais que 2 ans à l’époque… Yoshi Wada nous tresse ici un long drone évolutif, cyclique et mystique au travers duquel s’entrelacent un trio de cornemuses, des sirènes, des tôles frappées, des gongs, des timbales, des tam-tams et un orgue à tuyau modifié (ce cher Yannick Valiquette est déjà tout dur !). Une expérience bruitative complètement hallucinante et hallucinée.

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Maya Ongaku – Approach To Anima (2023) [Japon]
    C’est comme du Kikagaku Moyo smooth étendu sur un album de temps. Musique de doux matins.

  • Cory Hanson – Western Cum (2023) [US]
    Des chansons folk-country-rock bien écrites pis des gros solos de guitare avec de la distorsion! Ça faisait longtemps que je n’avais pas trippé sur un album axé sur la guit ainsi.

  • Johnny Lytle – Moon Child (1968) [US]
    Du jazz par le percussionniste Johnny Lytle. Si vous aimez qu’une multitude de notes de vibraphone vous tournoient autour de la tête, c’est pour vous.

  • Sly & The Family Stone – There’s A Riot Goin’ On (1971) [US]
    Un disque funk/soul chargé, complexe et inspiré du climat politique de l’époque. Classique de 1971.

  • The Temptations – All Directions (1972) [US]
    Une autre bombe funk/soul de la même époque. De savoureux cuivres, des tones de basse comme on en entend jamais et de la voix soul de chez soul.

  • Kit Sebastian – L’addio Hayat (2023) [UK]
    Le duo de psych/pop anatolien frappe encore avec un autre 45 tours qui frôle la perfection.

  • Joy Division – Closer (1980) [UK]
    Un des ultimes chef-d’œuvres de 1980, incroyablement prenant. Fascinant de voir à quel point l’émotion humaine peut se traduire en musique.

  • Gong – Rejoice! I’m Dead! (2016) [UK]
    Album mitigé chez les fans de Gong, puisque c’est le premier après la mort du fondateur et cerveau du groupe, Daevid Allen. Personnellement, je le trouve excellent, bien que moins éclaté qu’à leur habitude. Les chansons sont belles, les portions instrumentales magiques. J’embarque!

  • Giorgio Moroder – Midnight Express (1978) [Italie]
    Une trame sonore par un maître du synthétiseur, ça ne se refuse pas. Excellent film en plus!

  • Jean Guillou – Visions Cosmiques (1969) [France]
    Avez-vous déjà entendu un homme battre un orgue en l’honneur d’une mission spatiale? Moi oui.

  • Shawn Phillips – Beyond Here Be Dragons (1988) [US]
    Je suis un grand fan de Shawn Phillips, mais celui-ci manquait toujours à ma collection. Shawn devait être complètement « out » à la fin des 80s, le vinyle disparaissait peu à peu…
    Merci au Explosive Groove de m’avoir gardé cette copie.

  • Robert Wyatt – The Animals Film (1982) [UK]
    Trame sonore éclectique et inconfortable signée par le grand Robert Wyatt. Il se sert beaucoup de sa voix comme instrument (c’est un peu sa marque de commerce) et de synthé là-dessus. Pour les fans et oreilles curieuses averties.

LÉON LECAMÉ

  • Lonerist – The End of the Earth (dub techno/ambient/deep house)
  • Vesuve – Pline (post-rock/instrumental)
  • Occult Witches – Mastermind (prog/psych/stoner rock)
  • Viagra Boys – Welfare Jazz (art punk/punk rock)
  • Requiem – POPulist Agendas (post-rock/beatinstrumental)
  • White Hat – Psychedelic Ascension Order (avant-garde/psychedelic black metal)
  • Wargasm – Backyard Bastards ~ single (digital hXc/metalcore/post-metal)
  • Chrisman – Dozage (trap/afrobeat/hardstyle)
  • Cobra Barbara – Cobra Barbara (garage/indie rock)
  • Mort aux Vaches – The Man Who Made Radio [L.O.S.D.] (drone ambient/expérimental)
  • Le jour où les Clash sont venus chez nous – l’histoire d’Elixir, le 1er festival rock français
    https://youtu.be/-TLUfgrAECc
Playlist

PLAYLIST #16 – Semaine du 17 juillet 2023

SALADE D’ENDIVES

STREAMING :

PHYSIQUE :

  • e-RIEN – Becuz my system de son is disconnecté by virtue of dégât de H20 de marde (Sadface Records, édition limitée, on l’espère, à quelques semaines seulement)

GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Exploding Eyes – Exploding Eyes (2017) [Irlande]
    Petit trio d’albums heavy psych underground irlandais que j’ai dégoté lors de mon voyage de 2018. Je commence avec Exploding Eyes, rock psycho-bluesy bien heavy à la The Doors ou Calliope. Très catchy, ça s’écoute comme du beurre dans poêle.

  • This Other Kingdom – Telescopic (2015) [Irlande]
    Une autre recommandation du disquaire dans la musique locale du Dublin fut This Other Kingdom. Tant qu’à être sur place, j’ai pris une chance avec les deux disques. Ils sont les Black Angels irlandais, sans aucun doute. Guitare heavy, drum limite tribal, voix grave d’outre-tombe et épique.

  • This Other Kingdom – Rêveur (2017) [Irlande]
    Deuxième album fraîchement sorti lors de mon achat à Dublin. Copiez-collez ma description du premier, mais en mieux produit et abouti. On retrouve ici un band qui mériterait une place internationale parmi les gros du psych actuel, mais qui demeure super méconnu.

  • MF Tomlinson – We Are Still Wild Horses (2023) [UK]
    Dans mes tops de l’année, MF Tomlinson nous offre un album country, folk, jazz et un brin progish/expérimental. Un mélange absolument magnifique et rendu avec soin et sensibilité. Je recommande fortement à tous les fans de Neil Young.

  • Kit Sebastian – Melodi (2021) [UK]
    Le duo anglo/franco/turque frappe encore une fois très fort avec leur deuxième album de psych/tropicalia. Certainement une des meilleures formations de la dernière décennie, ils ne pondent que de l’or. Catchy de chez catchy, les instruments tonés à la perfection, tous détails soignés.

  • Planetarium – Infinity (1971) [Italie]
    Un album qui m’est très précieux depuis longtemps. Je l’ai découvert quand j’avais 15 ans et c’est un des premiers albums de prog italien que j’ai entendu. Je n’ai jamais décroché depuis. C’est du prog instrumental plutôt épuré, avec un penchant pour la musique classique. De la musique d’une rare beauté. Je suis amoureux de tous les tones de voix, de claviers et de guitare que l’on retrouve sur ce disque. Ça + des compositions chargées d’émotions et de profondeur.
    Sérieux, si le poil ne vous lève pas sur les bras en écoutant la pièce « Man », vous pourriez être déclaré cliniquement mort. C’est un test, attention.

  • The Ghost – When You’re Dead-One Second (1970) [UK]
    « The Ghost ». Le genre de band qui faisait des photoshoot dans des cimetières. Un album inexplicablement dark, ils ont un son très particulier dû aux voix du guitariste et de la chanteuse soliste et à leur utilisation de l’orgue farfisa qui domine l’album. On y retrouve des excellents morceaux plus upbeat comme « The Night of the Warlock », des plus folk comme « Hearts and Flowers » et d’autres plus lugubres comme « For One Second ». Est-ce que ça existe du « goth folk psych »? Fans de psych et de folk de l’époque 67-71 (j’y reviens souvent, je sais), c’est un essentiel tant qu’à moi.

  • May Blitz – May Blitz (1970) [UK]
    Je poursuis mon ascension à travers les cimetières anglais de l’an 70 avec des pionniers du hard rock à forte tendances psychédéliques et blues. May Blitz est aussi un groupe assez sombre dans son approche. Leur premier album contient des arrangements surprenants et des compositions très fortes. Un classique personnel de ma collection, il revient très souvent sur la table.

  • Genesis – Trespass (1970) [UK]
    Tant qu’à s’embourber dans l’atmosphère sombre de l’Angleterre 70… Sortons le meilleur! Mon deuxième Genesis préféré après Foxtrot. Je considère Trespass comme un chef-d’œuvre toutes catégories confondues. Probablement l’album le plus dark de Genesis. C’est comme assister à une pièce de théâtre lugubre et grandiose.

  • V/A – Pulp Fiction (trame sonore de 1994) [US]
    Album très important dans mon cheminement musical… une trame sonore que ma mère avait en CD. Un moment donné, elle l’a fait jouer dans la voiture, je devais avoir 12-13 ans et j’en suis devenu accro peu de temps après. Je voulais toujours qu’on le remette dans le lecteur. Cet album m’a éveillé à des styles musicaux que je n’aimais pas trop jusque là : soul, RnB, disco, surf, pop, soft rock, etc. Pas nécessairement facile de convaincre un ado d’aller vers ces genres là. Ça m’a aussi fait découvrir l’incroyable Al Green ou encore les Tornadoes.

  • Matt Berry – Witchazel (2011) [UK]
    Matt Berry est un artiste fort privilégié dans le salon des Trépanier. Sa carrière est composée de grands albums folk-rock qui passent malheureusement sous le radar de la grande fenêtre « mainstream ».
    Pourtant, si Witchazel (ou plusieurs autres de ses albums) avait vu le jour dans les 70s, je suis convaincu qu’il serait une légende aujourd’hui. Pas grave, ceux qui savent, savent.

  • The Soulful Strings – Groovin’ With The Soulful Strings (1967) [US]
    Un bien bon disque de soul/funk/RNB interprété majoritairement par des instruments à cordes, mais aussi par un grand jeu de drum’n’bass. On y retrouve le son et la production typique de la fin des années 60, alors c’est une valeur sûre. Idéal pour épater la galerie lorsqu’on reçoit à souper et qu’on cherche LE disque instrumental pour accompagner le tout.

LÉON LECAMÉ

  • Yota – Room 412 (synthpop/dreamwave)
  • Pearls Before Swine – One Nation Underground (psychedelic folk rock)
  • Taraf de Haïdouks – Musique des Tziganes de Roumanie (folk des Balkans)
  • Diogo – EXT033 – Quem é o Criminoso? (acid house/basse music/jungle dnb)
  • Zenon Records – Selections 2023 (psytrance/techno trance/psybient)
  • Stereo Dwarf – Echoes of Existence (downtempo/drone/chill ambient)
  • Mortal Blood – Fate’s Ouverture (blackened funeral doom metal)
  • Coffin Mulch – Spectral Intercession (grind/death metal)
  • Kyle Hall & Kevin Julien – Crown (nu-jazz/deep house)
  • Faun – Hellfest 2023 – ARTE Concert (folk païen)
    https://youtu.be/ae0W5O5MPWw
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Top albums de mi-année – Fred Roy (L’Index)

Désolé chers camarades pour l’absence de contenu alors que je suis encore aux prises avec les nombreux problèmes d’une maison qui semble vouloir briser à 18 endroits en même temps (ces délicieux vices cachés, vous connaissez ?). On vous revient en forme sous peu.

En manque de contenu pendant cette période pour le moins funeste, mon bon ami Frédérik Roy (tsé le chanteur du génial groupe trifluvien de post-punk psychédélique L’INDEX, tu connais ?) m’a proposé de partager ici sa fabuleuse LISTE des meilleurs albums de la mi-année 2023 (oui, il aime faire des listes, le Fred).

Alors, voici, sans plus tarder, les juteuses et judicieuses sélections discographiques de ce Fred aux chaussettes toujours finement assorties à merveille (c’est un art) :

  1. HMLTD – The Worm
  2. King Gizzard & The Lizard Wizard – PetroDragonic Apocalypse
  3. K’Mono – Mind Out Of Mind
  4. Perséide – Les couleurs d’été
  5. Lars Fredrik Frøislie – Fire Fortellinger
  6. Yalla Miku – Yalla Miku
  7. Ring Van Möbius – Commissioned Works Pt II – Six Drops of Poison
  8. Atsuko Chiba – Water, It Feels Like It’s Growing
  9. Hippie Hourrah – Exposition individuelle
  10. Ukandanz – Kemekem (ከመከም)
  11. Godcaster – Godcaster
  12. MF Tomlinson – We Are Still Wild Horses
  13. Ivan the Tolerable – Black Water​/​Brown Earth
  14. Cinephonic – Visions
  15. La Sécurité – Stay Safe!
  16. Kosmischer Läufer – The Secret Cosmic Music of the East German Olympic Program 1972-83, Vol. 5
  17. Maya Ongaku – Approach to Anima
  18. TEKE::TEKE – Hagata
  19. Zopp – Dominion
  20. Alex Pester – Better Days
  21. Renard Blanc – J’ai vu le soleil mourir et la lune le pleurer
  22. Modern Cosmology – What Will You Grow Now?
  23. EABS – In Search of a Better Tomorrow
  24. Queens of the Stone Age – In Times New Roman…
  25. Isolde Lasoen – Oh Dear
  26. Do Nothing – Snake Sideways
  27. Motorpsycho – Yay!
  28. Witch – Zango
  29. Double Date With Death – Portraits
  30. Patche – Patche

des bas… des disques… et un homme.

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En pause à cause d’la CRISS d’eau

Notez que Les Paradis Étranges (le blogue préféré des muets bègues) sera en pause cette semaine en raison D’UN TABARNAK D’OSTI DE CALISSS DE SAINT-CIBOIRE DE DÉGÂT D’EAU INFERNAL qui a frappé de plein fouet le repaire musical de votre chroniqueur adoré Salade d’endives.

Prenez soin de vous chers lecteurs et lectrices… et si votre collection de disques est au sous-sol, TCHEKEZ VOS FONDATIONS ! Le péril détrempé peut survenir en tout temps !

Playlist

PLAYLIST #15 – Semaine du 3 juillet 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Joseph Haydn – The Seasons (René Jacobs) (Harmonia Mundi, 2 x CD)
  • Julius Eastman – Femenine (Apartment House) (Another Timbre, CD)
  • Ryuichi Sakamoto – 12 (Milan, CD)
  • Meredith Monk – Dolmen Music (ECM, CD)
  • John Coltrane – Impressions (Impulse!, CD)
  • Don Cherry – Symphony For Improvisers (Blue Note, CD)
  • Don Cherry – « Mu » First Part / « Mu » Second Part (Charly Records, CD)
  • Don Cherry – Don Cherry (Brown Rice) (A&M, Vinyle)
  • Kenny Burrell – Midnight Blue (Blue Note, Vinyle)
  • Chico Buarque – Construção (EmArcy, CD)
  • Sibylle Baier – Colour Green (Orange Twin, CD)
  • Nick Cave & The Bad Seeds – The Good Son (Mute, CD)
  • Ice Cube – AmeriKKKa’s Most Wanted (Priority, CD)
  • Laraaji – Vision Songs, Vol. I (Numero Group, Vinyle)
  • Sarah Davachi & Ariel Kalma – Intemporel (Black Sweat Records, Vinyle)
  • Radiohead – OK Computer (Parlophone, CD)
  • Godflesh – ‘Us And Them’ (Earache, CD)
  • Fluisteraars – Luwte (Eisenwald Tonschmiede, CD)
  • Autopsy – Mental Funeral (Peaceville, CD)
  • Omar S – Detroit, Fabric 45 (Fabric, CD)
  • Townes Van Zandt – Delta Momma Blues (Fat Possum, Vinyle)
  • Lionel Marchetti – Sirrus (Auscultare Research, CD)

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Fuudge – Qu’un cauchemar devienne si vrai (2023) [QC]
    Probablement le Fuudge le plus violent à ce jour. Bourré de punchlines succulentes comme « j’aimerais mieux me crever les yeux que d’avoir à me regarder dans c’te miroir là ». Fuuuuuuzzzz et mellotron au rendez-vous.

  • Chocolat – Jazz engagé (2019) [QC]
    Une enfilade éclatante de tunes catchy à prendre au 8e degré. Ils sont difficiles à suivre ces Chocolat, mais maudit que ce disque là c’est du gros fun.

  • The Blaze Velluto Collection – We Are Sunshine (2020) [QC]
    Effort psychédélique pop folkish de Québec. Tout comme le suggère son titre, c’est un album « feel good » et on ne peut que se sentir bien en l’écoutant. Parfaite musique d’été.

  • Jonathan Personne – Histoire naturelle (2019) [QC]
    Gros coup de coeur ici pour ce premier opus du chanteur/guitariste de Corridor. Ballades psychées où il fait bon s’évader. Les instruments sont merveilleusement bien tonés là-dessus, c’est digne de mention.

  • Kikagaku Moyo – House In The Tall Grass (2016) [Japon]
    Le groupe de rock/folk psychédélique numéro 1 au Japon. Celui-ci est considéré par plusieurs fans comme leur meilleur. Rarement on entend un produit aussi arrangé/raffiné, mais libre et fougueux à la fois. J’ai découvert le groupe via cet album dans un gros lendemain de veille chez un ami qui a mis ce disque alors que j’étais couché par terre juste à côté du tourne-disque.

  • Paul Chartrand – Dancing à l’orgue (1962) [QC]
    L’orgue dansant digne d’une « p’tit Floride » québécoise. Un vrai saut dans le temps. Un monsieur super talentueux et dynamique dans son jeu.

  • The Babalooneys – Wide-Track Weekend (2022) [QC]
    7 pouces du groupe surf rock de Québec les Babalooneys. Digne d’une soundtrack de Tarantino! On espère un album complet bientôt.

  • The Corvets – Best Dance Party, Vol. 1 (1963) [QC]
    Surf rock québécois de 1963 conçu pour la danse, saxophone en bonus. Impossible de ne pas avoir du gros fun avec ça. Ça me fait vivre une époque que je n’ai pas connue.

  • Frank Zappa – Hot Rats (1969) [US]
    L’ultime classique de l’inimitable Frank Zappa. Quelques secondes suffisent à comprendre qu’on s’embarque dans un tout autre monde. Étrangement catchy aussi pour le niveau de complexité et l’adhésion d’éléments expérimentaux.

  • King Gizzard & The Lizard Wizard – Oddments (2014) [Australie]
    En 2014, le prolifique groupe australien avait déjà accumulé des enregistrements un peu disparates, qui ne concordaient pas spécifiquement avec un de leurs albums à venir ou déjà publiés. Ça a donné la magnifique collection de petites perles nommée « Oddments », un d’mes préférés du groupe. Et la pochette est fascinante à éplucher du regard avec attention.

  • Pink Floyd – A Dark Side Of The Moon Live (1974) [UK]
    J’aime et j’aimerai toujours mon bon vieux Dark Side of the Moon, mais parfois c’est le fun d’en écouter quelques variantes, comme ce bootleg où ils y interprètent l’album complet en terminant par la pièce « Echoes ». Quel show!

  • Phil Manzanera & 801 – 801 Live (1976) [UK]
    J’ai pris une chance en achetant ce disque sans l’avoir entendu au préalable. Sa réputation m’intriguait. Effectivement, un live avec du musicianship à en flipper des tables et à en fracasser des chaises sur le mur. Complètement hallucinant! Il faut dire qu’il y a quelques bons musiciens là-dessus…

LÉON LECAMÉ

  • Adam Bosarge – Structures Without Rooms (electronica/cinématique/ambiant)
  • Existence Frigorifique – Demo (dark ambient/dungeon synth)
  • Esseks – Stolen ID Mixtape (breakbeats)
  • Putrid Marsh – In Solitude (dark ambient/dungeon synth)
  • Leeches – hav av cement (casiopunk/synthpunk (skrot up))
  • BlackScorn – Pagan Sacrifice (black metal)
  • Circulation the Sounds of the Moss ~ Various Artists (ambiant minimaliste)
  • Svinkels – Hellfest 2023 – ARTE Concert (rap hardcore/alt-hiphop/crossover)
    https://m.youtube.com/watch?v=sHkm0-vAzyM
  • Within Temptation – Hellfest 2023 – ARTE Concert (métal gothique symphonique)
    https://youtu.be/sngurdt1TzA
15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 14 – Larynx

Celui que mon collègue Guillaume a déjà surnommé « l’homme le plus sympathique de la province » nous fait l’honneur de participer aux 15 Fréquences Ultimes avec ce 14ème épisode abracadabrant. Vous l’avez aimé au sein de Rust Eden. Vous avez vanté ses mérites en tant que guitariste d’Helena Deland. Vous vous êtes somptueusement régalé, tout comme nous, avec son album solo « Applaudissez, bande de chameaux » paru l’année dernière (un des TRÈS bons albums québécois récent ; il est nécessaire de le rappeler !). C’est maintenant l’heure de déguster les influences musicales et pièces favorites de Larynx au travers de cet épisode lumineux et dantesque !

Vous retrouverez les sympathiques commentaires de l’homme à propos de chaque pièce plus bas.

Bonne écoute les amis (y compris les casiers postaux implosifs).

Tracklist:

  1. King Crimson – I Talk To The Wind
  2. Elliott Smith – Strung Out
  3. Blur – Beetlebum
  4. Gentle Giant – So Sincere
  5. Jesuslesfilles – Parasol
  6. Pierre Vassiliu – Qui c’est celui-là ?
  7. Paolo Conte – Sparring Partner
  8. Catherine Leduc – Good Eye
  9. Pure Carrière – Fièvre
  10. Air – Cherry Blossom Girl
  11. John Lennon – One Day (At A Time)
  12. Fred Fortin – Mélane
  13. Chocolat – So Sorry
  14. R. Stevie Moore – Play Myself Some Music
  15. Dave Berry – The Crying Game

Vous pouvez suivre et encourager Larynx sur sa page Bandcamp, son Instagram ou encore sa page d’artiste sur bonbonbon.

Commentaires de sieur Larin sur ses sélections :

15 chansons qui me dégercent la nuque, par Alexandre Larin

-I talk to the wind de King Crimson
La douceur et les harmonies de cette chanson me réconforte presqu’autant que la voix de ma mère.

-Strung out again d’Elliott Smith
Je viens de le découvrir sul tard et je capote. J’apprécie particulièrement l’album From A Basement On The Hill, son album postume. On dirait qu’il y avait vraiment un espace vide dans ma vie qu’Elliott Smith à remplis!

-Beetlebum de Blur
Un de mes groupes pref des 90’s. Une chanson qui m’est toujours restée dans la tête depuis un méchant bout!

-So Sincere par Gentle Giant
Simplement la chanson la plus érotique jamais écrite!

-Parasol de Jesuslesfilles
Je n’ai aucune protection émotionnelle devant cette magnifique toune. Ça me touche profondément!

-Qui c’est celui-là de Pierre Vassiliu
Wtf cette toune!? Un alien de la chanson française. Ça me mettra toujours un sourire au visage!

-Sparring Partner de Paolo Conte
Une autre toune qui me touche d’une façon nostalgiquo-merci! Du velour sur mes pensées.

-Good Eye de Catherine Leduc
Une grosse ballade touchante ça! L’album au complet est délicieux mais cette toune là en particulier me décrunch le cœur! Outch et miam!

-Fièvre de Pure Carrière
Le mood de celle là me criss en robe de nuit instantanément. J’ai l’impression de passer du temps de qualité aux chandelles à chaque fois que je l’écoute! Du bon miel Québécois?! Je trouve que oui!

-Cherry Blossom Girl de Air
Elle me suit depuis un bon bout! Je l’ai toujours gardé près de moi. Le mélange french touch mélancolique et tristounet me berce depuis 2004! J’me tanne pas.

-One Day (At A Time) de John Lennon
Elle a toujours accompagné mes hauts et mes bas. Encore un ti mood confortable et gentil comme je les aimes!

-Mélane de Fred Fortin
Il fallait en choisir une de Fred mais il y en aurait probablement une gang à lister qui sont bien encrés dans mon cerveau et dans mes baloches! Son “songwriting” me décriss tout simplement! En fait, Fred c’est un peu mon “life goal” comme artiste. Toujours resté un ti peu underground, il est super respecté par tout ses pers et il se permet plein de folie. Probablement mon best au Québec!

-So Sorry de Chocolat
Gros album et gros band que j’adore! La première fois que j’ai entendu Jimmy Hunt chanter ça m’a donné envie de chanter en français. Grosse influence dans la saveur rock et la créativité! Le dernier album est épique et parfaitement « edgy »!

-Play Myself Some Music de R. Stevie Moore
Super génie créatif ce mec! Les influences des Beatles et la production super low-fi donne une mélange tellement savoureux! J’adore ce vieux fucké!

-The Crying Game de Dave Berry
J’adoooore cette chanson! Très tragique et englobante encore une fois! J’aime beaucoup la version de Boy George aussi mais celle là (qui est l’originale) a un petit goût de revenez-y!

Voilà!!

critiques

The Field – From Here We Go Sublime

Année de parution : 2007
Pays d’origine : Suède
Édition : CD, Kompakt – 2007
Style : Minimal Techno, Tech House, Ambient Techno, Trance, Microhouse

Survoler l’Antarctique dans un X-15 en verre limpide ; le Soleil noyant toutes visions dans son irradiance veloutée. Destination : Dieu.


Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :

Mixtapes, Psychédéliquement vôtre

Psychédéliquement vôtre – Épisode 4

Nous revoici dans le dirigeable métaphysique du caporal d’endives pour un autre voyage intersidéral à travers milles et unes contrées multicolores, déraisonnables, folichonnes et septentrionales, survolant des mélèzes hallucinatoires, des huttes pygmée de cristal liquide, des ouragans qui arborent un sourire digne du chat de Cheshire, des déserts de sucre rose éblouissants, des mers de volutes incantatoires et des villes émeraudes recouvertes d’herbe folle.

Bonne écoute à tous les laitiers psychédéliques !

Tracklist:

  1. 20th Century Zoo – Rainbow
  2. Turquoise – Tales Of Flossie Fillett
  3. Bobb Trimble – Premonitions – The Fantasy
  4. Ill Wind – People of the Night
  5. White Noise – Love Without Sound
  6. Os Mutantes – Ave, Lúcifer
  7. Baker Knight & The Knightmares – Hallucinations
  8. Pink Floyd – Candy and a Currant Bun
  9. King Gizzard & The Lizard Wizard – Sleepwalker
  10. Cerebrum – Eagle Death
  11. Bunalım – Başak Saçlım
  12. The Elastik Band – Spazz
  13. Wildflowers – More Than Me
  14. Moorpark Intersection – I Think I’ll Just Go And Find Me A Flower
  15. Spooky Tooth – Weird
  16. Captain Groovy and His Bubblegum Army – Dark Part of My Mind, Pt. 1
  17. The Dukes of Stratosphear – 25 O’Clock
  18. Axe – The Child Dreams
  19. Lime Frost – Post Bellum Blues