critiques

The Damned – Machine Gun Etiquette

Année de parution : 1979
Pays d’origine : Royaume-Uni
Édition : Vinyle, Chiswick – 2016
Style : Punk, Post-Punk, Art Punk, Pop Couillue

Ça c’est du punk comme je l’aime. Inventif, audacieux, irrévérencieux, vicieux, énergique, cartoonesque jusqu’à la moelle, oh so very very british ; mais aussi bourré de mélodies imparables qui te restent scotchées à jamais dans le cortex (cette sensibilité « pop » qu’on retrouve aussi chez les Buzzcocks). Ce troisième album de nos damnés chéris n’a failli jamais voir le jour. Après leur second album mi figue mi raisin (que j’aime bien cependant), le guitariste et compositeur Brian James avait quitté le navire… Notre bon Capitaine Sensible a passé de la basse à la gratte principale. Lemmy de Motorhead a rejoint le groupe en mutation en temps que bassiste pour un gros 5 minutes… Puis les tentatives de recrutement d’un bassiste permanent ont finalement abouti avec l’excellent Algy Ward (ex Saints) qu’on retrouve sur ce Machine Gun Etiquette le cul assis sur 4 chaises en permanence.

Pourquoi donc cette allégorie d’arrière train ? Parce que c’t’album est à la croisée des chemins. C’est l’album de transition (réussi) par excellence. Ce n’est plus du tout le punk garage pur et dur de « Damned Damned Damned » (1977). Ce n’est pas tout à fait du post-punk (pour ce que ça veut dire). C’est un mélange de tout ça mais c’est aussi plein de pop muzik rutilante/couillue, d’explosions de clavier qui pourraient aussi figurer sur un disque prog ou psych (ce farfisa !), de solos de guitare jouissifs, de théâtralité grandiloquente et même de petits relents du futur goth-rock/new wave de la troupe.

Musicalement, ce mix improbable aurait pu résulter en une catastrophe ambulante entre les mains de muzikos moins fabuleux. Mais les Damned ont réussi leur pari et livrent ici la marchandise comme les petits Dieux bien baveux et mal élevés qu’ils sont. Il y des TOUNES incroyables sur toute la galette, mes amis. Pas un seul moment faiblounet. La créativité de ces gars là était tellement débordante que le disque a du faire pâlir d’envie toute la compétition à l’époque (à part les Pénis Buzzés ci haut mentionnés car ils butent tout aussi sévèrement).

Les fans de Punk pur jus seront ravis par une pléiade de morceaux bigrement efficaces : « Love Song » (la plus émouvante chanson d’amour de l’histoire moderne), la pièce titre très rentre-dedans (avec les garçons de The Clash aux choeurs !), la classique « Noise Noise Noise » (presqu’impossible de ne pas l’écouter deux fois de file) ou encore « Liar » qui sonne très très Sextolets Pistuels.

Mais prenez ensuite un truc comme « I Just Can’t be Happy Today »… VAT IS DISS ? Le chant hanté/habité de Vanian vachement proto-goth, l’orgue psychotronique à la Stranglers, la batterie véloce de notre rat galeux préféré… On est vraiment ailleurs et pourtant, on ne perd pas le côté très « immédiat » du punk. Sublime enchevêtrement de pleins d’influences disparates que voilà. Sinon, t’as « Melody Lee » qui débute presque comme une pièce d’Elton John avec ce piano grandiloquent avant de se muter en chanson pop punk géniale ponctuée de passes de gratte folle de m’sieur Sensible (un homme que j’aime beaucoup). Oh, et vous aimez faire des bad trip de mush au cirque ? « These Hands » est là juste pour vous mes chers. Ah-ah-ah-ah-oh-oh-oh-ooooh !

La pièce de résistance (selon moi) du divin disque, c’est ce « Plan 9 Channel 7 » qui rend un vibrant hommage au classique cinématographique de monsieur Ed Boisé (featuring Bela Lugosi et aussi le dentiste d’Ed). Ici, on a affaire à du goth-rock catchy en diable qui monte progressivement en intensité, porté par une section rythmique implacable et une lead guitare savoureuse, avant d’atteindre son apogée dans les mugissements d’un clavier fantomatique et les hululements de cette voix de fausset en extase.

Pas juste un des meilleurs albums de punk de tous les temps mais aussi un très grand disque de musique.


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critiques

Longing for the Shadow: Ryūkōka Recordings, 1921​-​1939

Année de parution : 2021
Pays d’origine : Japon
Édition : CD-R, Death Is Not The End – 2021
Style : Ryūkōka

Bienvenue au tout début de l’industrie du disque au Japon, là où le ryūkōka était le style de prédilection des chanteurs et chanteuses du pays du soleil levant. C’est quoi le ryūkōka ? Cela veut littéralement dire « chanson populaire ». Dans les années 20 jusqu’au début des années 60, le ryūkōka est une hybridation de musique traditionnelle japonaise et de styles musicaux occidentaux, tels la musique classique, le blues, le jazz, le folk. Le genre se scindera ensuite en deux sous-genres importants : l’enka et le poppusu.

Cette compilation de nos amis de Death Is Not The End (toujours défricheurs de trésors sonores poussiéreux ceux là) nous offre un survol fascinant de la scène musicale japonaise populaire de la période d’entre-deux-guerres. Ces enregistrements d’époque, souvent croustillants et spectraux, sont aussi ensorcelants que révélateurs d’un Japon qui commence à peine son timide processus d’ouverture au monde extérieur. Nos tympans choyés assistent en quelque sorte ici à la genèse de ce métissage.

Il y a quelque chose de magique avec ces vieux enregistrements… Une mélancolie toute automnale recouvre ces pistes où la voix des solistes, très expressive et théâtrale, est à l’avant scène. Une douce instrumentation folk accompagnée d’orchestrations stoïques vient appuyer l’interprète de belle façon. Malgré le nettoyage des bandes, on entend les délicieuses craquelures caractéristiques des disques phonographiques 78 tours, ce qui confère à la musique ce côté « habité/hanté » que j’apprécie tant.

Voilà là une compile essentielle pour quiconque s’intéresse à la musique et à l’histoire du Japon. C’est une superbe capsule temporaire d’une époque intrigante et foisonnante.


Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :

Playlist

PLAYLIST #10 – Semaine du 29 mai 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • J. S. Bach – Sonaten & Partiten (Nathan Milstein) (Deutsche Grammophon, 2 x CD)
  • Ensemble Accentus, Thomas Wimmer – Sephardic Romances: Traditional Jewish Music From Spain (Naxos, CD)
  • Abdullah Ibrahim & Dollar Brand – The Journey (Chiaroscuro, Vinyle)
  • Current 93 – The Inmost Light (Durtro/Jnana, 3 x CD)
  • Lonnie Johnson – Steppin’ On The Blues (Columbia, CD)
  • These New Puritans – Field Of Reeds (Infectious Music, CD)
  • Oren Ambarchi – Live Hubris (Black Truffle, Vinyle)
  • Hell Preachers Inc., Ugly Custard – Supreme Psychedelic Underground / Psicosis (Gear Fab, CD)
  • Karnilapakte – Karnilapakte (Brugmanziah, Vinyle)
  • Cradle Of Filth – Dusk And Her Embrace (Music For Nations, CD)
  • Eliane Radigue – Adnos I-III (Important, 3 x CD)
  • John Frusciante – Curtains (Record Collection, Vinyle)
  • Pink Floyd – A Saucerful Of Secrets (Mono) (Pink Floyd Records / Columbia, Vinyle)
  • Goblin – Suspiria: Original Motion Picture Soundtrack (Death Waltz, Vinyle)
  • Nick Drake – Five Leaves Left (Island, CD)
  • Milton Nascimento – Minas (EMI, CD)
  • Sort Vokter – Folkloric Necro Metal (The Devil’s Elixirs, Vinyle)
  • Thangorodrim / Haryon – Under The Reign Of A New Power (Out Of Season, Cassette)
  • L’Rain – Fatigue (Mexican Summer, Vinyle)
  • Pat Metheny – Watercolors (ECM, CD)
  • Éthiopiques 24: Golden Years Of Modern Ethiopian Music 1969-1975 (Buda Musique, CD)
  • Gang Gang Dance – Eye Contact (4AD, CD)
  • Morton Subotnick – The Wild Bull (Nonesuch, Vinyle)
  • Lionel Marchetti & Bruno Roche – Dans La Montagne (Ki Ken Taï) (Chloë, Mini CD)

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Barrdo – (Les) méandres de la soif (2020) [QC]
    Cet album contient du stock monumental. Du jazz à la Miles Davis, des moments à la Saucerful of Secrets, du folk pop, du classique et des arrangements de cordes hors-normes, des textes qui portent à réflexion.
    La chanson « Tout est une échelle » est le plus beau cadeau que la vie puisse nous offrir.

  • Thai Pop Spectacular 1960s-1980s (compilation de 2007) [Thailand]
    Tout est dans le titre, cette magnifique compilation regroupe des chansons pop extravagantes d’un pays dont la scène nous est plus méconnue en tant que nord-américains que nous sommes. Ça fait toujours du bien d’entendre de la musique surprenante à laquelle on est moins habitué.

  • Egg – Egg (1970) [UK]
    Je suis un fan fini de la scène « canterbury prog » et je considère cet album comme un des meilleurs du genre. On y retrouve comme musiciens Clive Brooks (Arzachel), Mont Campbell (Arzachel, National Health) et Dave Stewart (Arzachel, National Health, Hatfield And The North et Khan) et le fameux Steve Hillage sur une pièce. Avec un line-up comme ça, on ne se trompe pas.

  • Hubert Lenoir – Pictura De Ipse (2021) [QC]
    Immense album québécois de 2021, qui est devenu mon top #1 cette année. Le spectre couvert est large et l’auditeur se retrouve là où la pop navigue dans la musique plus expérimentale. Y’a du hip-hop, jazz, RnB, de la chanson queb… Et tout se tient malgré le facteur exploration. La production derrière l’album est complètement hallucinante. C’est du calibre que Dr. Dre ou Thundercat, mais en français bien de chez nous. C’est déstabilisant. Les textes sont très personnels tout en étant engageants.

  • Larynx – Applaudissez bande de chameaux (2022) [QC]
    J’ai toujours adoré Alexandre Larin (AKA Larynx) dans son projet Rust Eden, mais je crois qu’il vient d’aboutir à son meilleur matériel avec cet album assez unique. Pop, psychédélisme, ironie, humour, souci du détails, musique engageante et mélodique. Comme le témoigne la pochette, il a vraiment son monde à lui et c’est la meilleure porte pour le découvrir. Bonus : probablement l’homme le plus sympathique de la province, pour ceux qui le connaissent.

  • Frank Zappa – Masked Turnip Cyclophony (Compilation de 2015) [US]
    Compilation regroupant tous les premiers enregistrements ou productions de Frank Zappa entre 1961 et 1963, avec divers groupes ou projets. Très cool pour les fans finis, on y retrouve surf rock, jazz, doo-wop et musique concrète.

  • Kit Sebastian – Mantra Moderne (2019) [UK]
    Probablement un d’mes plus grands coups de foudre musical instantané et un des disques qui jouent le plus souvent chez moi. Chant français, anglo et turque, pop psychédélique anatolien et tropicalia, jazz pop. T’sais. Sérieux, je recommande cet album à tout le monde que je croise depuis 2019 à en être fatiguant.

  • Kurt Vile – (watch my moves) (2022) [US]
    Attention, ça va faire mal : c’est mon préféré de Kurt Vile. Gros coup de coeur pour celui-là, de l’excellent « singer-songwriter » qui patauge dans des ambiances magnifiques et légèrement expérimentales. Un album qui m’a donné le goût de retoucher à ma guitare et de chanter.

  • Richard A. Séguin – Rumeurs dans la basse cour (1976) [QC]
    Une oeuvre tout douce, entière et personnel où l’artiste multidisciplinaire Richard A. Séguin joue de la guitare acoustique, dessine et écrit plein de textes sur toute la surface de la pochette et des labels et où il glisse 4 superbes illustrations au graphite à l’intérieur. Le genre de produit très unique et personnel qui me parle beaucoup. De l’art, aucun but commercial ou radiophonique.

  • Dany Placard – J’connais rien à l’astronomie (2020) [QC]
    Avez-vous déjà eu l’impression d’écouter du Pink Floyd et du Fred Fortin en même temps? C’est à peu près ça qui se passe sur ce beau disque bleu. Tout est là : l’attitude, le son, les textes, les passages folk comme les gros moments instrumentaux et une pochette vraiment « trippy ». L’implacable Placard en a surpris plus d’un avec celui-là, allant au-delà de son style habituel.

  • King Gizzard & The Lizard Wizard – Gumboot Soup (2017) [Australie]
    Celui-là est plutôt mitigé chez les fans du monstre psychédélique australien, mais pour ma part… un d’mes meilleurs. Une collection de tunes extrêmement fortes, rappelant même parfois le songwriting des Beatles. Aussi très varié, allant de l’électro au psyché jusqu’au heavy metal.

  • Marie-Pierre Arthur – Aux alentours (2012) [QC]
    Après avoir eu le coup de foudre pour « Des feux pour voir », son dernier album, je me suis intéressé à sa discographie. Sur celui-ci, on ressent encore l’influence du chevalier de l’ombre #1, François Lafontaine. On y retrouve aussi Louis-Jean Cormier, Olivier Langevin, Joe Grass. Des textes très bien écrits, personnels et envoûtant. Je le découvre 10 ans après sa parution, jamais trop tard!

LÉON LECAMÉ

  • Madeline Goldstein – Other World (cold wave/dream pop/postpunk)
  • IN2STELLAR – Ep (progressive tech house/breaks)
  • Blawan – Dismantled Into Juice (rythmic techno)
  • Jokios Kultūros – All Is One (dub/chillstep/dnb)
  • Fluffy Inside – Ripple Effect (idm/techno/ambient)
  • Years of Denial – Suicide Disco V.2 (ebm/coldwave/new beat)
  • Leonce – Gatherer (tech house)
  • Zero Theory – Deeper (glitch hop/psydub/dubstep)
  • Aborym – With No Human Intervention (black metal industriel)
  • Sybreed – Slave Design (cybermetal (pionniers du genre))
  • Insect Ritual – Untitled II (expérimental/dark jazz/interzone industriel/power electronics)
  • Lyoto Music – S/T (power electronics/noise)
  • Mauthausen Orchestra – Necrofellatio (power electronics)
  • Khanate – To Be Cruel (drone/sludge metal)
  • Genital Shame – Gathering My Wits (black metal industriel/ambient)
  • Mononc’Serge – Chante Pour Les Morons (Compilation non-officielle)
    https://m.youtube.com/watch?v=4vvPgH2hBX4

15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 9 – Philippe Larocque (Mothland)

Pour ce 9ème épisode des 15 Fréquences Ultimes, les Paradis Étranges ont l’insigne honneur de vous présenter les sélections du très sympathique Philippe Larocque (homme à tout faire et mascotte chez Mothland, programmateur à DISTORTION, DJ Flâneur, faiseux de playlists jouissives… bref un homme occupé !).

Au programme de sieur Larocque, on retrouve du rock alternatif à toutes les sauces (du grunge au post-punk, en passant par le lo-fi), du no wave, du glam-emo-punk, du Jumeaux Cocteau, du Boom Bap, du dub, de la darkwave industriellement MORTE, du power pop, du garage rock et les grands chansonniers irréductibles que sont Dylan et Cohen.

Bonne écoute à tous et à toutes, où que vous soyez (mais particulièrement à ceux qui sont présentement en Papouasie Nouvelle-Guinée) et un gros merci à Phil d’avoir été patient pour la publication de sa mixtape !

Tracklist:

  1. My Chemical Romance – The Sharpest Lives
  2. Nirvana – You Know You’re Right (Home Demo)
  3. Bob Dylan – Rainy Day Women #12 & 35
  4. Moldy Peaches – Steak For Chicken
  5. Jay Reatard – No Time
  6. The Replacements – Answering Machine
  7. The Cure – Cold
  8. Lingua Ignota – DO YOU DOUBT ME TRAITOR
  9. Cocteau Twins – When Mama Was Moth
  10. Rowland S Howard – Sleep Alone
  11. Ezra Furman – Come Here Get Away From Me
  12. Leonard Cohen – Dress Rehearsal Rag
  13. Linton Kwesi Johnson – Five Nights Of Bleeding
  14. De La Soul – Eye Know
  15. Teenage Jesus & The Jerks – I Woke Up Dreaming

Vous pouvez suivre et encourager Phil sur son Instagram et vous vous devez d’ajouter le site web de Mothland et leur Bandcamp à vos favoris !!! Tout ce que Phil et ses merveilleux acolytes sortent vaut la peine d’être entendu !

critiques

Warmoon Lord – Burning Banners of the Funereal War

Année de parution : 2019
Pays d’origine : Finlande
Édition : CD, Wolfspell – 2019
Style : Black Metal (à l’ancienne), Black Symphonique

La scène Black Metal finlandaise a toujours été une des plus intéressantes (autant dans le Black classique que dans l’expérimental). Et c’est pas ce petit nouveau venu qui va me faire changer d’avis sur le sujet ! Oh que non, messires ! Le Seigneur de la lune (guerrière) signe ici un de mes disques de Black Métal préféré de l’année 2019. Et ce n’est pas rien quand on considère qu’il s’agit du tout premier album de ce one-man band qui réussit ici l’exploit de synthétiser avec brio tout ce qui me ravit dans le Black old-school. Parce que c’est bien beau le Blackgaze, le Post-Black, le Black Orthodoxe et toutes ces conneries (je raille un peu gratuitement ; j’aime quand même pas mal de trucs dans ces créneaux) mais des fois, ce dont on a envie, c’est de ressentir à nouveau la magie de nos premiers émois satanico-nordiques. Vous savez ce grand vertige qu’on a eu lorsqu’on a découvert Burzum, Darkthrone, Emperor, Enslaved et Mayhem ? Warmoon Lord a compris notre besoin. Il nous donne ce qu’on réclame en toute concupiscence.

Pourquoi ce disque est si bon ? De un, la prod est juste parfaite. Brute et ample en même temps. Le meilleur Black, c’est un peu comme une armée de moustiques amplifiée (banchée sur le 220V). Faut qu’il y ait ce bourdonnement électrifié en quasi-permanence. Et ici, on est servis. Ça grouille mes frères ! Et malgré l’immuable buzz, on peut savourer tous les merveilleux petits détails sonores hirsutes au coeur de l’oeuvre.

De deux : l’atmosphère est juste géniale. Brumeuse et froide. Diaboliquement joyeuse. Comme une samba nocturne sur la pente d’une montagne enneigée à -40 degrés celsius, alors que le ciel est lézardé d’éclairs fous et d’aurores boréales (j’ai des fantasmes visuels très précis). Il y a cette mélancolie typique du Black Métal grand cru et ce côté épico-fantasque aussi. C’est juste BEAU.

De trois : Les compos sont absolument magnifiques ! C’est riche, c’est fouillé et c’est bourré de riffs anthologiques, de vocaux criards superbement maitrisés, de claviers éthérés comme j’en raffole (un peu niais et victorieux à la fois !), de cette batterie véloce en diable et de samples doucereux. Les titres, plutôt longs (à part les classiques intro/outro) font la part belle aux mélodies grandiloquentes et rageusement splendides, mais aussi aux passages plus planants qui viennent faire respirer l’oeuvre d’une belle façon. Warmoon Lord a trouvé le parfait équilibre entre lourdeur et volupté.

Toutes les pièces de ce très court disque (on en redemande) sont des merveilles. En particulier « Funereal Blood » qui me donne la trique comme pas un et qui, à mon avis, va direct au panthéon des plus grands morceaux de Black Metal EVEUR. Il y a une telle énergie ici… Les claviers ont ce petit côté « extra-terrestre » et m’évoquent « La couleur tombée du ciel » de Lovecraft, pour une obscure raison. Certains riffs sont tellement homériques que j’ai le goût de me maquiller en panda et d’aller faire une danse du sabre (avec une épée en mousse) dans la forêt avoisinant ma chaumière. Et que dire de cette finale dark ambiant… C’est splendeur fait de splendosité.

BREF, un satané bon disque que voilà. Ma note en témoigne et va peut-être même augmenter au fil des écoutes. Les amateurs de métal noir doivent absolument s’initier à la musique de cet homme dont la trajectoire discographique sera à suivre de très près. I’m watching you Warmoon Lord… I know where you live…


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critiques

Panda Bear – Person Pitch

Année de parution : 2007
Pays d’origine : États-Unis
Édition : CD, Paw Tracks – 2007
Style : Collage surréaliste, Psychédélique, Surf Pop, Sunshine Pop, Ambient, Exotica, Disque expérience

Bonjour / Good Morning chers passagers. Vous pouvez déboucler vos ceintures en laine minérale et ornées de fleurs hawaïennes. Vous êtes arrivés à destination : le cerveau de Brian Wilson pendant les enregistrements chaotiques de « Smile » première mouture (n’oubliez pas votre casque de pompier !!!)… Noah Lennox est votre sympathique pilote mais il préfère vous avertir : il y avait du LSD dans tous les articles du menu servi à bord (oui ! même dans le « sans gluten » !). Si vous vous disiez justement que ça brillait drôlement dans votre champ de vision (en plus des zèbres qui explosent en firmaments laiteux et des ours chapeautés de FEZ multicolores et jouant du glockenspiel avec une ferveur toujours renouvelée), vous en connaissez maintenant la raison !

Percussionniste et chanteur du groupe Animal Collective, Noah (alias l’Ours Panda) livre son deuxième album solo en la forme de ce « Person Pitch » psychédéliquement vôtre. Ce disque est un sale trip, mes amis. Un genre de croisement contre-nature entre « Martine à la plage » et « 2001 Space Odyssey », avec en prime (et pour le même prix !) un peu de ukulélé pour les amateurs. Ou si vous préférez : c’est un pique-nique embrumé sur une plage interstellaire (et bordée par une mer d’astéroïdes) où dansent des chamans habillés de toges en diamants. Et au loin, on entend d’irréels chants de baleines fantômes s’entrechoquant au scintillement sonore des étoiles. Je sais… il n’y a pas réellement de sons dans l’espace. Mais « Person Pitch » est loin d’être réel. C’est plutôt un beau rêve dont on se réveille armé d’un sourire de défoncé mental et dont on à peine à se rappeler les moindres détails. On sait juste que c’était plaisant et positif. Et qu’on aurait donc le goût de manger 18 toasts sur un restant de braises de feu de camp.

Basé à 90% de samples diverses, l’oeuvre se veut un hommage ambiant-maximaliste à la Beach Muzik des années 60. Ce n’est pas un album à écouter en faisant votre vaisselle ou en faisant le ménage de votre chaumière (à part si vous accordez des qualités lysergiques à ces tâches ménagères… et là, je vous trouverais encore plus bizarroïdes que moi). L’écoute se fait mieux alors que votre postérieur est solidement posé sur un divan moelleux ou même dans votre lit, dans un état semi-comateux (avec l’apport non négligeable de bons écouteurs). Et là, vous entendrez la magie s’opérer. Et vous aussi, vous serez porté par ces guitares apaisantes, ces xylophones sucrés, ces chants électro-grégoriens, ces percussions tribales branchées sur un voltage très approximatif, ces synthés dérangés, cette voix qui se permute en milles et unes galaxies bruitatives… Et vous tomberez en amour avec cette ambiance cosmique totalement unique.

Un album à ranger à côté de « California » de Mr. Bungle et bien évidemment, « Pet Sounds » des Beach Boys.


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Mixtapes, Psychédéliquement vôtre

Psychédéliquement vôtre – Épisode 3

Troisième dose mes chers amis lysergiques ! Celle-ci est vachement forte et hallucinogène, je vous averti ! Ça commence très fort avec nos Japonais bruyants préférés de Boris accompagnés de l’ami des bêtes Masami Akita qui s’amusent en chœur à faire du Beatles en version Stoner-Noise. Et après, on voyage à travers bon nombre de pépites garage, néo-psych, baroque pop, stoner rock, tropicália, early electronics, yé yé… en passant par les Z’états-Unis, l’Angleterre mais aussi le Brésil, Les Pays-Bas, la France et même la Corée du Sud.

Bonne écoute mes petits capuchons de mélamine rôtis !

Tracklist:

  1. Boris With Merzbow – Walrus
  2. The Open Mind – Magic Potion
  3. Jacques Dutronc – Hippie Hippie Hourrah
  4. The Goody Box – Blow Up
  5. Silver Apples – Confusion
  6. Gal Costa – Objeto sim, objeto não
  7. Inside Experience – Be on My Way
  8. Leaf Hound – Drowned My Life in Fear
  9. Olivia Tremor Control – Green Typewriters IV
  10. Ramases – Earth People
  11. Twink – Fluid
  12. The United States of America – The American Metaphysical Circus
  13. Sanullim – 나 어떡해
  14. Attack – School Daze
  15. Back Door Men – The Behemoth
  16. The Left Banke – Lazy Day
  17. Animal Collective – Spirit They’re Gone, Spirit They’ve Vanished
  18. Group 1850 – I Put My Hands On Your Shoulder
critiques

Aksak Maboul – Onze Danses Pour Combattre la Migraine

Année de parution : 1977
Pays d’origine : Belgique
Édition : CD, Crammed – 2003
Style : Avant-Prog (de chambre) / Rock in Opposition, Musique des Balkans

Souvent, lors d’une journée de weekend morne et pluvieuse, mon cerveau part à la recherche d’un support sonore qui sied bien à l’atmosphère qui trône. Il y a ces pluies glaciales et austères d’Octobre qui s’agrémentent parfaitement d’une succulente missive de Black Sabbath, qu’on déguste en lisant du Lovecraft et du Poe. Il y a ces journées abjectes de Novembre où la mélancolie nous porte à se perdre dans la noirceur opaque du Black Metal et dans le néant existentiel de Joy Division / The Cure. Sans oublier les pluies douces d’été où l’on se laisse bercer par les Gymnopédies et les Gnosiennes d’Érik Satie… Mais il y aussi ces jours où la pluie n’est que nostalgie scintillante nous plongeant tête première dans notre imaginaire d’enfant. Je parle de cette enfance révolue (hélas !), où tout nous semblait merveilleux et magique. Ces jours grisounets où l’on avait qu’une envie : enfiler notre imper, sortir de notre chaumière et aller s’amuser tout seul dans un univers empreint de cette magie… Patauger dans les flaques d’eau et laisser les éléments nous inspirer des aventures fantastiques, peuplées de créatures chimériques et de lieux impossibles. S’imaginer que le nain de jardin de la cour est devenu vivant et nous parle dans un dialecte étranger, que des dragons vermeilles vont sortir à tout moment des puisards, que le vent qui agite les arbres d’une aussi singulière façon est notre allié…

Lorsque je suis touché par cette nostalgie toute particulière et que je consulte mon illustre discothèque, immanquablement, mon regard finit par se porter sur cette pochette étrange et surréalisante. Je contemple ces onze danse pour combattre la migraine (arborées fièrement par l’homme mystère, qui semble nous dire « Allez mon jeune ami, viens t’amuser dans notre parc d’attractions – tous les manèges ont étés construits par Salvador Dali ! »). Difficile de résister à cette invitation vers un inconnu qui nous semble aussi sympathique qu’insaisissable. Dès qu’on appuie sur « Play », on est transporté chez le Roi Dagobert – réinterprété façon « Pablo Picasso se la joue grave sur un Fender Rhodes » (Mercredi Matin). S’ensuit alors une suite quasi-parfaite de micro-piécettes et de morceaux plus ambitieux, fruits d’un métissage sonore des plus savoureux et inusités. À travers ce lot de comptines dadaïstes et d’impros délurées, on dénote une foule d’influences disparates : jazz, musiques balkaniques, musiques cycliques et minimales (à la Steve Reich), Erik Satie (mentionné plus-haut), percussions africaines, musique électronique (particulièrement dans l’utilisation des claviers) et classique (surtout le courant folkloriste qui donne ici naissance à quelques « bartokeries » assez splendides). Important aussi de mentionner la multitude d’instruments utilisés par Marc Hollander (maestro du projet) et ses comparses : farfisa, piano, darbuka, guitare, boîte à rythme, saxophone alto et soprano, clarinette, flûte, mandoline, dumbeg, xylophone, violon, violoncelle, accordéon… sans compter les nombreuses voix féminines venant se greffer à la masse sonore engendrée par cet attirail à divers moments-clés, entre autres sur le très marrant « Tous les trucs qu’il y a là dehors », où une fillette d’environ 7 ans improvise une chansonnette sur l’importance du travail et de l’argent alors que Marc essaie de la suivre au Fender… et que la petite le réprimande parce que ce n’est pas à son goût.

Aksak Maboul fait bien du RIO, mais demeure à milles lieux de leurs contemporains ténébreux (Henry Cow, Univers Zero et Present). On pourrait dire qu’ils oeuvrent dans une forme de RIO naïf et intimiste… bref : du RIO de salon ! Je suis sûr que si le professeur Tournesol avait eu un groupe de rock, ça aurait beaucoup ressemblé à du Aksak Maboul !


Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :

critiques

Ana Roxanne – ~​~​~

Année de parution : 2019
Pays d’origine : États-Unis
Édition : Vinyle, Leaving – 2019
Style : Ambient, New Age, Field Recordings, Spoken Word

2019 est une grande année pour l’ambient. On a eu droit à une multitude d’albums de grande qualité de la part de Saba Alizadeh, Nivhek (alias Grouper / Liz Harris), Tim Hecker, Oren Ambarchi, Jonny Nash, Matthew Sullivan, The Chi Factory, Fennesz, Caterina Barbieri et j’en passe… Mais à travers tous ces trésors sonores, une demoiselle s’est selon moi élevée au dessus du lot.

Le magnifique EP d’Ana Roxanne est une de mes plus belles découvertes musicales de 2019, ni plus ni moins. J’ai été drogué à ce disque tout le printemps et tout l’été de cette année. Je l’ai écouté un nombre incalculable de fois. Ce fut un disque-médicament ; celui qui arrivait à me calmer dans mes moments d’angoisse et d’égarement, celui qui me faisait goûter pleinement aux fins délices de la vie. Et dire que cette jeune demoiselle hésitait à publier ces travaux initialement, pensant que ça n’allait plaire à personne… Que nenni Ana !

« ~​~​~ », c’est pur et limpide. C’est éthéré. C’est infiniment beau et sincère. À travers les 6 morceaux de cette offrande discographique, Ana Roxanne nous fait voyager à travers son ambient unique et émotif, à mi-chemin entre le New Age de la fin 70s/début 80s (avec ses claviers analogiques chaleureux), le Dream Pop dans sa forme la plus minimale (pensez à du Cocteau Twins en plus lent et sublimé) et l’Ambient moderne. Le tout est aussi saupoudré de jolis passages de spoken word oniriques et de field recordings hypnotiques. Il y a aussi un côté presque spirituel à cette musique. Peut-être est-ce en partie du au fait que la musicienne a par le passé vécu et étudié à Uttarkhand (Inde) auprès d’un professeur vocal spécialisé en chant « Hindustani ». D’ailleurs, la voix d’Ana, qui n’apparaît pas sur toutes les pièces, est simplement somptueuse.

Ce qui est fascinant avec ce disque (au delà de ses qualités musicales évidentes), c’est son côté très personnel. On a vraiment l’impression que la Californienne nous ouvre une fenêtre sur son monde intérieur. Un panorama sur ses joies, ses peines, ses aspirations, son recueillement, ses passions. Ce n’est pas une mise à nue grandiloquente et théâtrale. C’est juste elle dans ces moments précieux de la vie : au piano alors que le Soleil se couche tranquillement, au jardin à pique-niquer et chantonner avec sa famille alors que le vent effleure les carillons ça et là, dans son lit alors qu’elle réfléchit à Dieu et aux mathématiques, où lorsqu’elle fredonne un vieil air de R&B en marchant dans la rue un matin brumeux et magique… On vit ces quelques instants avec elle. Et c’est un bonheur renouvelé à chaque fois.


Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :

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En relâche

Notez que Les Paradis Étranges (le blogue préféré des lamas de taille moyenne) tombe en relâche toute la semaine prochaine. Il n’y aura donc aucune publication pour cette période d’espace temps spatio temporellement vôtre. Mais, de grâce : ne vous mettez pas en position foetale tout en geignant misérablement (surtout pas en public, de préférence) car nous serons de retour la semaine subséquente, avec encore plus de critiques de disques pas écoutables, de belles (et nutritives) playlists et un autre épisode des « 15 Fréquences Ultimes ».

Prenez soin de vous chers lecteurs et lectrices, aussi peu nombreux que vous êtes (je vous apprécie fortement).

Playlist

PLAYLIST #9 – Semaine du 15 mai 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Hespèrion XX & Hespèrion XXI, Jordi Savall – Ministriles Reales (Alia Vox, 2 x SACD)
  • Grieg – Piano Concerto, Symphonic Dances (Håvard Gimse, Royal Scottish National Orchestra, Bjarte Engeset) (Naxos, CD)
  • Frank Zappa – Over-nite Sensation (Rykodisc, CD)
  • Love – Da Capo (Elektra, Vinyle)
  • Ramases – Space Hymns (Tapestry, Vinyle)
  • Miles Davis – Miles: The New Miles Davis Quintet (Prestige, CD)
  • Bob Dylan – Bringing It All Back Home (Columbia, CD)
  • Lunar Aurora – Zyklus (Cold Dimensions, CD)
  • Novalis – Sommerabend (Brain, Vinyle)
  • After Dinner – Paradise Of Replica (Aguirre, Vinyle)
  • Suzanne Ciani – Flowers Of Evil (Finders Keepers, Vinyle)
  • Jorge Ben – Fôrça Bruta (Philips, CD)
  • Sorcier Des Glaces – Snowland (Galy, CD)
  • Bekëth Nexëhmü – De Evigas Gravrit (Purity Through Fire, CD)
  • Vaya’s Blade – Jirel (Voices Of The Ainur, Cassette)
  • Kyle Jessen – Spirituals For Sodomites (Moonworshipper, Cassette)
  • Dead Reptile Shrine – Sabbat (Skulls Of Heaven, Cassette)
  • Le Prochain Hiver – Trop Vieux Pour Mourir (Tour De Garde, Cassette)
  • Ancient Spells – Ruins Of A Forgotten Past (Tour De Garde, Cassette)
  • Fugazi – Fugazi (Dischord, Vinyle)
  • Safari Combo – Débaba (Macaya, Vinyle)
  • Amon Düül II – Yeti (Repertoire, CD)
  • East Of Eden – Mercator Projected (Esoteric Recordings, CD)
  • Converge – All We Love We Leave Behind (Epitaph, CD)
  • Rita Lee – Build Up (Future Shock, Vinyle)
  • Tetsu Umehara – Handwritten (small méasures, CD)
  • Ryoji Ikeda – Ultratronics (Noton, CD)

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Little Phil & The Night Shadow – The Square Root Of Two (1968) [US]
    Je cherchais cette petite perle garage/psych/pop depuis très longtemps.
    De la grosse guitare disto, des sons et transitions randoms, des effets naïvement utilisés et exagérés, du chant déglingué et plein de volonté. Tout ce qu’il me faut pour être heureux. Je le trouve aussi légèrement avant-gardiste pour toute la folie qu’on y retrouve.
    Belle pochette complètement dans ma palette aussi!

  • C.A. Quintet – Trip Thru Hell (1969) [US]
    En terme de chef-d’œuvre obscure et méconnu, il se fait difficilement mieux. Drum tapageur, vocals mystérieux, ambiances sombres et hantées… garnis d’orgue farfisa et de basse bien groovy. Difficile à décrire. Il faut vivre l’expérience par soi-même.

  • Pour Nous Autres – Pour Nous Autres (1975/2023) [QC]
    Album récemment déterré et inscrit pour la toute première fois sur vinyle grâce Archéologie Sonore et Explosive Groove, Pour Nous Autres est ancien groupe de prog/jazz. Enregistré à l’origine en 1975, cet album saura sans aucun doute plaire aux fans de vieux prog queb et aux amoureux de l’histoire de la musique francophone et québécoise.

  • El Michels Affair & Black Thought – Glorious Game (2023) [US]
    Yeti Seasons d’El Michel Affair est rapidement devenu un des disques les plus joués de ma collection. L’album de Danger et Black Thought de 2022 est mon meilleur album hip-hop de l’an dernier. Alors j’ai précommandé aveuglément le disque de cette nouvelle collaboration. Aucun regret, des beats originaux et prenants, un flow du tonnerre. Pas mal dans mes tops de l’année jusqu’à maintenant.

  • The Valentines – 1967-1970 (compil de 2020) [Australie]
    Groupe pop/rock/psych à deux chanteurs, Vince Lovegrove et le légendaire Bon Scott (AC-DC). Cette compil contient leur répertoire entier qui n’a été publié précédemment que sur singles. Côté style, c’est très semblable aux Easybeats, qui devaient leur faire compétition en Australie à l’époque. Il y a de solides morceaux là-dessus, les origines musicales de Bon Scott sont impressionnantes.

  • Nirvana – In Utero (1993) [US]
    Je feelais pour ça, du gros Nirvana bien abrasif qui détruit tout. À écouter dans la voiture, le volume au fond, de préférence.

  • Green Day – Shenanigans (compil de 2002) [US]
    Compilation de style « B-sides and rarities » de Green Day. J’aime beaucoup me mettre ça dans la voiture, plein de tunes sympathiques et, à la sauce Green Day, donc… supers catchy!

  • Rush – Fly By Night (1975) [Canada]
    imaginez, en 1975, déposer l’aiguille sur le disque puis entendre pour la toute première fois Neil Peart. À « Anthem », on se dit que le groupe a un sacré drummer. À « By-Tor » on perd son dentier pour ne jamais le retrouver.

  • Yves Cloutier et Richard Toupin – Yves et Toup (1975) [QC]
    Magnifique album de folk québécois. Des harmonies vocales lumineuses, des arrangements soignés et des pièces impressionnantes. On oublie rapidement le côté religieux du disque pour simplement s’y perdre et s’y laisser flotter.

  • Pink Floyd – The Division Bell (1994) [UK]
    Bon, c’est mon moins bon Pink Floyd, mais ll faut bien que je le fasse jouer de temps en temps par espèce de fanatisme malsain pour le band. Un album pas mal plus art-rock et new age que prog. Des fois, rarement, je suis dans le mood pour l’écouter.

  • The Mars Volta – De-Loused In The Comatorium (2003) [US]
    En 2003, The Mars Volta lançait ce chef-d’œuvre ovni et par le fait même, un tout nouveau genre de son tout aussi ovni. Mettre en parfaite symbiose la musique latine, le hardcore, l’indie rock, l’expérimental noisy, le folk, l’électro… tout ça sous la bannière du rock progressif, seul eux peuvent le faire.

  • Louis-Jean Cormier – Les grandes artères (2015) [QC]
    J’me souviens de la sortie de cet album, j’écoutais chaque morceau pour la première fois et c’est comme si j’y étais déjà attaché depuis longtemps. J’avais passé des heures à essayer d’en jouer certaines à la guitare, parce que Louis-Jean à la guit, c’est pas de la tarte!

  • Rick Powell – Country Électronique (1970) [US]
    Belle curiosité et plaisir coupable d’entendre des vieux hits country repris par un band, oui, mais avec un synth moog pour leader le tout. On peut même y entendre un robot chanter « I Walk The Line »… si c’est pas ça le bonheur, c’est quoi?

LÉON LECAMÉ

  • Warning – S/T (horrorsynth/darkwave/space rock)
  • Cuir – Single démo (synthpunk)
  • Blodsrit – Ocularis Infernum (black metal)
  • Ragnarok – Blackdoor Miracle (black metal)
  • Monarque – Ad Nauseam (black metal atmosphérique)
  • Salami Rose Joe Louis – Akousmatikous (indie electronic/neo-psych)
  • The Electric Hellfire Club – Burn Baby Burn (industriel/glam rock/death rock)
  • KROY – Scavenger (art pop/electronica)

RIP François Guy

15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 8 – Eric Fillion (Tenzier : CANADIANA 50s-70s)

And now, for something completely different and essential… La sélection musicale bien particulière de ce 8ème épisode des « 15 Fréquences Ultimes » est gracieuseté d’Eric Fillion, musicien, auteur, professeur et chercheur postdoctoral Buchanan au Département d’histoire de l’Université Queen’s. Eric est aussi le maître à bord de Tenzier, à la fois étiquette de disque paranormale et organisme voué à la préservation et la mise en valeur de chef d’oeuvres méconnus (lire ici : initialement jamais publiés ou produits à très petite échelle) issus de notre très riche scène musicale avant-gardiste/expérimentale.

Tout ce qui est paru sur Tenzier à ce jour est proprement ahurissant et mérite l’attention immédiate de tout mélomane aguerri et ouvert aux horizons sonores les plus éclatés. Tenzier, c’est le chemin le moins fréquenté, plus aride, touffu, sauvage ; mais qui arbore des panoramas proprement sidérants et fabuleux.

À travers ce travail de défrichage sonore remarquable, Eric sauve en quelque sorte ces merveilles sonores hirsutes des brumes indicibles du temps et leur donne une seconde vie… ou plutôt : leur donne une réelle première existence/diffusion à la hauteur de leur mérite.

Jazz Libre, Musique Concrète, Électroacoustique, New Wave mutante… Tout cela se retrouve chez Tenzier et régalera les gens avides de grands frissons tonitruants (comme moi).

Comme son nom l’indique, cette mixtape se veut une introduction à la musique expérimentale canadienne du début des années 50 à la fin des années 70s… bref ce que nos amis anglophones appellent un « Young’s person guide to ».

Bonne écoute à tous et à toutes, en particulier aux terribles sangsues ailés de la planète Yigizlavede !

Tenzier – Canadiana 50s-70s – Tracklist:

  1. Marshall Mcluhan – « The Medium Is The Massage: Intro » (1967)
  2. Norman Mclaren – « Rhythmetic » (1956)
  3. Hugh Le Caine – « Invocation » (1957)
  4. Étienne O’leary – « Le Voyageur Diurne (Aka Day Tripper) » (1966)
  5. Intersystems – « From The Game To Pluck » (1967)
  6. Micheline Coulombe Saint-Marcoux – « Trakadie » (1970)
  7. Don Druick – « Cellophane Wrapper » (1970)
  8. Paul Pedersen – « For Margaret, Motherhood, And Mendelssohn » (1971)
  9. Péloquin Sauvageau – « L’hymne International Des Clowns » (1972)
  10. Canadian Electronic Ensemble – « Whale Oil » (1973)
  11. Philippe Ménard – « Reel-à-phil – Extrait » (1974)
  12. Gisèle Ricard – « Micro-voix – Extrait (Solo Du Soliste) » (1977)
  13. Sonde – « Sahabi Iii » (1978)
  14. Bernard Gagnon – « Gololo-mashta » (1975-80)
  15. Marshall Mcluhan – « The Medium Is The Massage: Outro » (1967)

Vous pouvez suivre et encourager Eric/Tenzier sur la page officielle de Tenzier, sur Twitter ou encore sur Facebook.