critiques

Françoise Hardy – Comment te dire adieu

Année de parution : 1968
Pays d’origine : France
Édition : Vinyle, Reprise – 1970
Style : Chanson française, Pop Baroque, Chamber Folk

Aaaaaah Françoise… Le fantasme parfait. La chanteuse au coeur éploré, à la fois éteinte et lumineuse, belle comme milles univers en gestation, l’âme empreinte de saudade qu’un Soleil irradiant ne fait que sublimer. On s’entend tous pour dire que monsieur Dutronc en avait bien de la chance ! Pratiquement tous les disques des 60s et early 70s de la demoiselle sont merveilleux. On y retrouve un bel amalgame de chansons pop baroque (empreintes d’un ravissement sans pareil), de pépites yé-yé mélancoliques et de morceaux très « folk de chambre » (majestueux).

Cet autre éponyme ici critiqué (plus connu sous le nom de la première piste de l’album) n’est pas en reste dans la discographie de la déesse française. Sur les 12 titres présents, on ne compte que deux compos de Françoise (superbes). Le reste consiste en des compositions de collègues francophiles et des versions francophones de morceaux anglo. Et QUELLES versions messieurs-dames !

Françoise a toujours su s’entourer de producteurs/compositeurs merveilleux (britanniques pour la plupart, ainsi que quelques acolytes français). Si ce disque sonne aussi bien c’est en grande partie grâce à ce Dream Team : Arthur Greenslade, Jean Pierre Sabar, Mike Vickers, John Cameron, Serge Gainsbourg et Patrick Modiano.

Pour en parler un peu de ces fabuleuses pièces… Premièrement, impossible de passer sous silence les chansons signées Gainsbourg (la pièce titre ainsi que « L’anamour »). Ce sont des classiques indémodables ; marque de commerce de ce cher vieux vicieux de Serge. Le genre de truc que tu chantes par coeur sous la douche même si ça fait des mois/années que tu n’as pas entendu. Paroles génialement accrocheuses et gainsbourgiennes en diable (avec ses petits tics d’écriture si typiques) + arrangements pop-psych-bonbonnés. Adorable. Je ne sais pas si Gainsbourg était en studio avec Françoise, mais on s’entend qu’il a du s’essayer sur elle… J’imagine mon Jacques Dutronc en beau fusil, qui attend à la sortie du studio avec une batte de baseball (enrobée de barbelés).

« Où va la chance » (reprise de « There but for fortune » de Phil Ochs) est comme un rêve devenu chanson… Que c’est beau. Et bordel que cette voix satinée est ensorcelante. « Suzanne », (oui-oui, celle de Cohen), est digne de l’originale ; ce qui n’est pas peu dire. À ranger avec les meilleures reprises du montréalais (à côté de celle de « Famous Blue Raincoat » par Marissa Nadler). Introduite par ce petit piano automnal qui te secoue l’appareil émotif comme un cocotier, « Il n’y a pas d’amour heureux » est un poème d’Aragon mis en musique par Monsieur Brassens…

Si mon jardin composait une toune (un beau matin brumeux), il y a fort à parier que cela ressemblerait à « La Mésange ». C’est écrit par Chico Buarque et Carlos Jobim (rien que ça)… « Parlez-moi de lui », initialement popularisée par Dalida (et par Cher par la suite!), est un des moments les plus grandiloquents du disque. Kitsch, pompeux mais épatant/éclatant à la fois.

« À quoi ça sert » (compo de Françoise !!!) est toute folky-licieuse avant que les orchestrations opulentes fassent irruption (ce piano presque Rick Wakeman-esque !!! wow !). « Étonnez-moi Benoît… » est un des rares moments folichons/joyeux de ce disque ; avec ce petit côté « fanfare de ville » euphorique. On termine le disque sur la 2ème compo de la Hardy girl, « La mer, les étoiles et le vent ». Ce titre porte tellement bien son nom. Et c’est aussi une de mes chansons préférées de Françoise. L’équivalent musical d’une balade noctambule en barque (sous la pleine lune), tout près d’un petit port brésilien.

Bref, on tient là un super disque d’une des artistes essentielles des sixties. Une magnifique porte d’entrée à son univers doucereux…


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critiques

Nirvana – In Utero

Année de parution : 1993
Pays d’origine : États-Unis
Édition : CD, Geffen – 1993
Style : Rock Alternatif, Grunge

Que voilà là un album triste et dépressif… « In Utero », c’est l’écoeurement jusqu’au boutisme, la résignation de tout, le rejet de la vie dans son sens propre… Après tout, l’album devait au départ s’intituler « I hate myself and I want to die » (titre prophétique s’il en est) mais la maison de disque pensait que les fans du groupe prendrait les choses un peu trop au premier degré. Ce disque est bouleversant de vérité, mes amis.

C’est l’album où Kurt conchie « Smells Like… » et tout le succès engendré par ce hit qui est devenu la créature de Frankenstein du groupe. Kurt n’en à rien à foutre du succès. Il en a peur. Il ne sait que faire d’être « la voix de sa génération ». Il voulait seulement écrire des chansons pour extérioriser tout son mal-être, son angoisse sociale, son accablement constant. Et là, avec ces milliers de demoiselles en chaleur et de mecs à l’hygiène encore plus douteuse que la sienne qui le considèrent comme le nouveau Christ, il flippe grave. Crises panique amplifiées et maux d’estomac atroces. Il se drogue à l’héro pour pallier. 100$ par jour.

In Utero. Le testament de Nirvana. Revenir aux bases. Faire un disque abrasif, crade à souhait, bruitatif, méchant, sans espoir, plein de riffs corrosifs, de vocaux éreintés, de basse/batterie sans artifices et toujours, de chansons à la fois belles et laides. Aller chercher le Steve Albini de Shellac et Big Black, producteur-enregistreur minimaliste qui créé plus un espèce sonore sans entrave où le groupe peut être lui-même au lieu de produire réellement le truc. Envoyer chier Geffen Records et leurs campagnes de pub qui donnent la nausée aux 3 comparses. Voilà le but de cet espèce d’anti-album.

Plusieurs des plus grands moments de Nirvana figurent sur ce disque, à commencer par les plus connus : « Heart Shaped Box » et son magnifique vidéo-clip psychédélico-mort signé Anton Corbijn, « Rape Me » (ou le revers apathique de « Smells Like Teen Spirit »), de même que ce « All Apologies » émotif qui fait office d’adieu. Mais il ne faut pas passer sous silence les autres pièces, à commencer par l’introductoire et décapante « Serve the Servants » où Kurt déclame « Teenage angst has paid off well/Now I’m bored and old » (comment résumer Nirvana en 2 phrases), la dérangeante et tordue « Milk It » avec ses riffs anguleux et ses explosions Melvinnesques ou l’incroyable « Pennyroyal Tea », sorte de monument érigé en hommage à la haine de soi.

À l’écoute de l’album, je ne peux m’empêcher de penser à la scène tellement déchirante du « Last Days » de Gus Van Sant où Michael Pitt joue tout seul une complainte éplorée et pluvieuse dans son home-studio crasseux…

Un grand disque.


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critiques

Oren Ambarchi – Live Hubris

Année de parution : 2021
Pays d’origine : Australie
Édition : Vinyle, Black Truffle – 2021
Style : Krautrock, Rock Expérimental, Progressive Electronic + un soupçon de Jazz Libre

Non mais… regardez moi c’line-up ! C’est à en faire baver tout fan de musique expérimentale qui se respecte. Mon beau Oren chéri à la gratte, accompagné de super Jiminounet (O’Rourkounet) au guitar synth (j’imagine que c’est comme un piano-guitare, mais en moins AOR), Eiko Ishibashi au flutiau, Andreas Werliin de l’orchestre en FEU! à la batterie métronomiquement votre, Albert FUCKING Marcœur à la gratte, Konrad Sprenger aux bidouillages électroniques, William « électro-acoustique » Guthrie derrière les fûts lui aussi, le saxophoniste free jazz fou fou fou Mats Gustafsson et j’en passe parce que sinon, cette critique ne sera constituée que de name droppin de gens dont la mention excite une bien faible proportion de la population terrestre (mais les connaisseurs risquent de mourir d’une trop nombreuse série d’orgasmes à la chaîne avant même d’avoir écouté ne serait-ce qu’une seule note de cette merveille faîte disque « live »).

Bref, c’est beaucoup BEAUCOUP de beau monde qui sont conviés à cette performance « en PESTAK » on ne peut plus endiablée et réjouissante d’une des oeuvres les plus célébrées de l’Australien prolifique. Cette prestation atomise la (pourtant excellente) version studio de la bête motoriKe. Hubris, c’est ce qui arrive quand des muzikos souvent très sérieux provenant de champs très gauche (Drone, EAI, électro-acoustique, Free Improv, Jazz d’Avant-Garde) décident de se la jouer rockers choucroutés le temps d’un disque jubilatoire et hypnotique.

L’oeuvre se décline en deux longues pistes, scindées par un bref interlude Albert Marcoeur-licieux (oui oui, ce terme existe pour vrai et je ne viens pas tout juste de l’inventer ; j’vous jure) où des arpèges de guitare syncopés accompagnent une tentative hésitante de conversation téléphonique en fond sonore. Ce délicieux (et essentiel) apéritif sonore est idéal entre les deux morceaux de bravoure que sont Hubris 1 et Hubris 3…. Là, c’est dense de chez dense. Les pulsations électroniques de sieur Sprenger sont l’assise parfaite aux entrelacements des nombreuses guitares électriques (7 si je ne m’abuse) qui tournoient passionnément dans un espèce de banquet flottant cinglé de polyrythmies en sourdine enchevêtrées. Tout est ondulations kraftwerkiennes. Tout évolue fabuleusement au fil de ces lignes guitaristiques étroitement liées mais métriquement distinctes ; aux accents changeants subtilement, ricochant les unes sur les autres, le long de l’impulsion centrale sans fin. Et éventuellement, les batteries viennent s’en mêler ; pour notre plus grand bonheur auditif et sensoriel. Et le tout vire encore plus électro. Plus « funk de robots ». Plus Halleluwah (de Can, si il faut les nommer) en somme, mais un Halleluwah version moderne Kosmigroov (avec le saxooooooo) ; comme si on était transporté dans les sessions du On The Corner de Miles (se déroulant dans une station spatiale orbitant Jupiter & Beyond).

CALISSE que c’est bon. Une tuerie qui vous rendra tout aussi joyeusement et rythmiquement siphonné que moi. De la très grande musique.


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critiques

Oren Ambarchi – Triste

Année de parution : 2003
Pays d’origine : Australie
Édition : CD, Southern Lord – 2005
Style : Drone, Ambient, Reductionism, EAI

Oren est triste et seul. Oui, les sons ici présent découlent d’une performance « live » mais on dirait plutôt qu’ils proviennent d’une session solitaire où notre homme errait dans un appartement assombri et dépouillé ; avec la pluie gelée de Novembre qui bat dehors… Toutes lumières fermées, ne reste que celle de l’enregistreuse qui illumine à peine l’ébène de ces lieux engourdis. « Triste », c’est deux pistes cafardeuses au possible. Deux incursions dans l’inertie des nuits mourantes. Deux plongées dans le chagrin ; mais dépouillées de toute théâtralité. On va ici à l’essentiel du sentiment, de l’état… Sans grandiloquence. Sans rage. Juste une vision exacte de ce que ça peut remuer en dedans, dans les tripes, dans le coeur, dans la tête. Et c’est aussi beau que neurasthénique.

Des notes de basse qui émergent du vide. Lentes et longues ; allant s’effacer progressivement dans le silence qui ici, devient un autre couleur (essentielle) dans la palette d’un artiste sonore qui l’a toujours utilisé avec escient. Les notes/fréquences se multiplient, s’enchevêtrent, se superposent, s’effilochent en particules électriques craquantes. La pièce meurt et renaît à plusieurs reprises, frêle mais tenace/patiente qu’elle est. Les résonances finissent par m’évoquer un espèce de piano éploré figé dans un nuage de bruine presque solide, qui est suspendu au dessus d’un plancher de verglas croustillant. Gris bleuté limpide et fantomatique.

Puis, la partie deux… la première mais en plus chaotique, moins immobile, avec plus d’éléments, plus de particules grésillantes, plus de « clicks » et de « cracks ». Un drone subsonique bien opaque s’installe petit à petit et recouvre tout. Du givre auditif, en quelque sorte. Sine waves, feedbacks noisy et fréquences hautes sont au rendez-vous. La piste se fond (et se conclue) sur un passage électro-acoustique bluffant (que n’aurait pas renié un certain Edgard Varèse).

La version CD (ici critiquée) contient aussi deux remixes savoureux de Tom Recchion. Ces altérations, moins minimalistes et plus touffues, sont encore plus obtuses (mais tout aussi dignes d’intérêt).


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15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 7 – Navet Confit

Véritable icône de la scène musicale indie/underground montréalaise depuis bientôt 20 ans, le très talentueux, versatile et prolifique Navet Confit nous présente ses 15 pistes essentielles au travers de cette septième édition des « 15 Fréquences Ultimes ».

J’ai la chance inouïe de suivre ses escapades sonores depuis la sortie de LP1 qu’on se faisait un plaisir de faire jouer en magasin lorsque j’étais disquaire (période charnière de ma vie de mélomane). Depuis ses débuts discographiques déjà fort dantesques, il y a eu environ une douzaine d’albums tous plus folichons les uns que les autres ; en plus de nombreuses collaborations et productions d’albums d’autres artistes (Ludo Pin, Sheenah Ko, Mat Vezio, LARCHE, Maude Audet, Catherine Dorion, Géraldine et plein d’autres !). Impossible de ne pas parler aussi de son excellent groupe Nüshu, auquel participent aussi Lydia Champagne, Jessica Pion et Jerry Lee Boucher.

À l’écoute de cette mixtape délectable et truculente, vous serez séduits par la palette sonore hétéroclite de notre ami comestible. Ne vous restera ensuite qu’à jeter tout votre dévolu sur sa riche discographie !

Une excellente écoute à vous tous et toutes (en particulier les joueurs de curling experts en sorcellerie vaudou) !

Tracklist:

  1. Sparklehorse – Weird Sisters
  2. Pavement – Shoot the Singer (1 Sick Verse)
  3. The Flying Lizards – Suzanne
  4. Syd Barrett – Dominoes
  5. Joan of Arc – (You) [I] Can Not See (You) [Me] As (I) [You] Can
  6. Tarwater – Seven Ways to Fake a Perfect Skin
  7. The Velvet Underground – Lady Godiva’s Operation
  8. Les amis au Pakistan – A Said A
  9. Robert Fripp + Brian Eno – Healthy Colors
  10. Sonic Youth – Heather Angel
  11. Katerine – Mon meilleur ami est un chien
  12. Broadcast – Tears in the Typing Pool
  13. My Bloody Valentine – I Can See It (But I Can’t Feel It)
  14. Duchess Says – Narcisse
  15. Cate Le Bon – What’s Not Mine

Vous pouvez suivre et encourager Navet Confit sur sa page Bandcamp ou encore sur Facebook.

Playlist

PLAYLIST #8 – Semaine du 8 mai 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • Franz Schubert (Alban Berg Quartett, Heinrich Schiff) – String Quintet (EMI Classics, CD)
  • Pauline Oliveros – Accordion & Voice (Important Records, Vinyle)
  • Le Mystère Jazz De Tombouctou – Le Mystère Jazz De Tombouctou (Kindred Spirits, Vinyle)
  • Nat ‘King’ Cole And His Trio – After Midnight (Waxtime in Color, Vinyle)
  • Jim O’Rourke – The Visitor (Drag City, CD)
  • Scorn – Ellipsis (Scorn Recordings, CD)
  • Muslimgauze – Iranair Inflight Magazine (Staalplaat, CD)
  • Saturno 2000 : La Rebajada De Los Sonideros 1962-1983 (Analog Africa, 2 x Vinyle)
  • Franck Dervieux – Dimension ‘M’ (Return To Analog, Vinyle)
  • Art Bears – Hopes & Fears (ReR Megacorp, CD)
  • Steve Hackett – Voyage Of The Acolyte (Caroline Blue Plate, CD)
  • My Bloody Valentine – Loveless (Sire, CD)
  • Pan-Amerikan Native Front / Ifernach – Pan-Amerikan Native Front / Ifernach (GoatowaRex, CD)
  • Skepticism – Stormcrowfleet (Red Stream, CD)
  • Mount Eerie with Julie Doiron & Fred Squire – Lost Wisdom (P.W. Elverum & Sun, Ltd., CD)
  • Faust & Nurse With Wound – Disconnected (Art-errorist, CD)
  • Dewa Alit & Gamelan Salukat – Chasing The Phantom (Black Truffle, Vinyle)
  • Katerine – L’Education Anglaise (Barclay, CD)
  • The Growing Concern – The Growing Concern (Radioactive, Vinyle)
  • Opeth – Blackwater Park (Music For Nations CD)
  • Paara – Yön Olevainen Puoli (His Wounds, Vinyle)
  • Sun Ra & His Arkestra – The Futuristic Sounds Of Sun Ra (Not Now Music, Vinyle)
  • Sun Ra & His Myth Science Arkestra – When Sun Comes Out (Saturn Research, Vinyle)
  • Sun Ra & His Intergalactic Arkestra – Outer Space Employment Agency (Total Energy, Vinyle)
  • Sun Ra – Janus (ORG Music, Vinyle)

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Rien cette semaine, si ce n’est le doux son des voix enrouées, crachant du streptocoque à l’unisson.


LÉON LECAMÉ

  • Roberto Lara, Abel Fleury – Argentina: The Guitar Of The Pampas (folk guitare)
  • Tony Autoharp – Home Tapes Vol. 1 (lofi art-punk/freak folk)
  • Valhalla Bound (Finland) – Spartan Youth (crust/punk/black metal)
  • Ierfeweardian Oþfeallan Snytrucræft (UK) – :​ᚠ​ᚩ​ᚱ​ᛖ​ᛋ​ᛖ​ᚳ​ᚷ​ᚪ​ᚾ ᚠ​ᚩ​ᚱ​ᛋ​ᚹ​ᚩ​ᚱ​ᚳ​ᛖ​ᚾ​ᚾ​ᛖ​ᛋ ᛖ​ᚳ​ᛖ​: (black metal)
  • Psuchagōgoi – Secrets of the Golden Palace (fantasy synth)
  • Paw Grabowski (Denmark) – M​å​nen I Mine H​æ​nder (drone/ambient)
  • Percussive Dub, Spiritual Jazz & Psychedelic Grooves with Millie McKee
    https://www.youtube.com/watch?v=Beld090NIoo

RIP Rita Lee

critiques

Chthe’ilist – Le dernier crépuscule

Année de parution : 2016
Pays d’origine : Canada (Québec)
Édition : CD, Profound Lore – 2016
Style : Death Doom Metal technique et schizoïde

Des recoins les plus insondables de mothafuckin Longueuil nous proviennent Chthe’ilist (super sympa à prononcer à répétition avec 28 biscuits soda dans la bouche). Vous vous en douterez au nom, on a affaire à des mecs de goût qui vouent un culte à ce bon vieux H.P. Lovecraft, un de mes top 5 auteurs préférés. Mais nos tympans incrédules font surtout face ici à une sorte d’ovni Death Metal cosmico-schizoïde-doom-fuligineux-arachnéen de grande envolée. Le genre de disque sournois qui se loge dans ton cortex et qui te hante la matière grise de ses immondices rutilantes.

Ce disque sonne comme RIEN d’autre d’autre dans le genre. Il y a bien sûr des relents surannés de Gorguts, Demilich et tiens, pourquoi pas, Leviathan et son chef d’oeuvre d’aliénation « Scar Sighted »… mais la démence savante de ces types donne naissance ici à une sorte de Death Metal technique nouveau genre, avec ses voix tout en vomissements batraciens qui sortent d’une brume millénaire, cette batterie hystériquement vôtre, cette basse de fou qui l’accompagne dans cette espèce de grande danse macabre déstructurée et surtout, SURTOUT : ces riffs de guitare complètement atonaux, inhumains, aussi robotiques qu’un Autechre meilleur cru (dans un tout autre genre). Ah oui, impossible de passer sous silence ces moments ambient où on a l’impression de suffoquer dans un marécage électrique sur Yuggoth, sous dix tonnes de glaise fumante, avec des espèces de gémissements croassants au loin. Bref, le genre de disque qui me file de malins petits frissons. Mais bon, je vous avais déjà dit que j’étais un dangereux psychopathe, n’est-ce pas ?


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critiques

Amon Düül II – Yeti

Année de parution : 1970
Pays d’origine : Allemagne
Édition : CD, Repertoire – 1992
Style : Kraut-Rock, Psychédélique, Prog, Space-Rock

Yeti est un monstrueux album-double, le deuxième de cette légendaire formation allemande. C’est l’album qui, accompagné de son comparse Faust IV (autre pièce maîtresse) a grand, très grand ouvert la porte de mes tympans au « Kraut-Rock » (alias Rock-Choucroute), ce courant teutonique des années 60-70 qui était foutrement en avance sur son temps et qui demeure une de mes obsessions musicales pour les siècles et les siècles, amen… Il est donc normal que ce bon vieux Yeti occupe une place de choix dans mon cœur.

C’est un album qui fait très TRÈS mal (dans le bon sens du terme) et facilement un des 10 plus grands disques de Kraut-Rock. Le genre d’album qui, à la première écoute, te jette littéralement sur le cul et te met dans un état de transe fort singulier… Où chaque son qui le constitue te percute et te chavire les sens. Le genre d’album que tu sais « important » à la toute première minute d’écoute intensive et jouissive…

Vous ne pouvez pas écouter ce disque en faisant la vaisselle, à moins que du robinet de l’évier ne coule un lac de LSD et que vous entreteniez une conversation fort politisée avec les ustensiles (surtout les couteaux) tout en portant un costume de chef Inca. Non. Cet album va chercher votre attention et ne vous laisse pas tranquille jusqu’à la dernière et délicieuse divagation sonore. Les synthétiseurs planants, les chants possédés, la rythmique basse-batterie tribale et le violon délirant : tout ici n’est que pure folie (savamment orchestrée).

L’album se divise entre une première portion rock-folk-prog plus composée et une seconde constituée de longues improvisations. Le partie « compos » débute dans le chaos avec « Soap Shop Rock », une suite psychédélique de 12 minutes qui part dans tous les sens en même temps, alternant entre des passages énergétiques aux tempos rapides et des passages glauques, lyriques et contemplatifs. La structure alambiquée a de quoi rappeler le mythique « Interstellar Overdrive » du Floyd… S’ensuit alors 6 morceaux plus courts, comprenant entre autre le sinistre « Archangels Thunderbird » (avec les vocaux très « stoner rock » de Renate Knaup) et l’acoustique « Cerberus ». La partie « impro » (les 3 derniers titres) est aussi (sinon plus) géniale et captivante. Le tout se termine avec « Sandoz in the Rain » (en référence au Laboratoire Sandoz qui a découvert le LSD précédemment mentionné), longue piste initiatique (du genre « trip d’opium proto-ambiant dans la jungle cosmique située dans la barbe de l’univers ») où les musiciens sont rejoints par des anciens compères d’Amon Düül I, question de donner au tout une ambiance encore plus free-foutraque. Du grand art, finement poilu et drogué.

Yeti, c’est du délire authentique à 127%. L’écouter, c’est comme recevoir une grande claque étoilée sur la gueule (mais une claque qui fait du bien quand même). Amateurs de musique expérimentale, libre et violente, Yeti vous est tout indiqué. Voilà là Amon Düül II à son zénith.


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critiques

Taake – Nattestid ser porten vid…

Année de parution : 1999
Pays d’origine : Norvège
Édition : CD, Wounded Love – 1999
Style : Black Metal

Je vois un peu ce premier jet de Taake comme la quintessence du Black Metal norvégien des années 90, l’album qui réussit à réunir en son sein tous les éléments des grands groupes BM de la deuxième vague. Ici, dans cette suite de pièces superbement menées, on retrouve toute la rage glacée de Darkthrone, le côté atmosphérique-mur de son de Burzum (et oui, Varg est le Phil Spector du Métal norvégien !), l’élégance racée de Satyricon, l’efficacité brute et presque poppy d’Immortal, le côté épico-grandiloquent d’Enslaved ainsi que la sophistication et la technicité d’Emperor.

Les Taakeux ne parviennent cependant pas à dépasser en qualité ou en originalité ses ainés mais livrent quand même un genre de best of de tout ce qui rendait le Black Metal 90s aussi magique et singulier. C’est là la grande force de ce groupe sur ce premier opus (et les 2 suivants).

Dès le départ, on nous en met plein les tympans. Riffs qui tuent. Ambiance de fou. Hurlements divins. Chœurs majestueux. Batterie véloce. Et production vraiment géniale, à mi-chemin entre le côté crade lo-fi qui est caractéristique du genre et une certaine forme d’ouverture (ce qui fait qu’on entend même la basse un peu ! oui-oui !). L’album nous jette sa superbe à la gueule titre après titre. Les compositions sont très fortes, empreintes de cette atmosphère sonore obtuse et brumeuse qu’on aime tendrement, tout en demeurant diablement concises, efficaces et accrocheuses.

Pour quelqu’un qui souhaiterait s’initier à ce courant musical qui demeure toujours un de mes préférés, il n’y a pas meilleure porte d’entrée que ce classique mineur made-in-Bergen.


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critiques

Arthur Verocai – Arthur Verocai

Année de parution : 1972
Pays d’origine : Brésil
Édition : Vinyle, Mr Bongo – 2017
Style : MPB, Psych Pop, Baroque Pop, Samba-Jazz, Folk

Une discographie d’un seul véritable album de 29 minutes à peine… « Leave them wanting more » est un moto qui résume bien la carrière solo de ce grand monsieur méconnu de la musique brésilienne. Compositeur et arrangeur pour plusieurs grands noms (Elis Regina, Jorge Ben, Marcos Valle et Gal Costa, pour ne nommer que ceux-là), Verocai est, au même titre qu’un Rogério Duprat, un des plus grands architectes sonores de la musique si riche de ce beau pays. Malgré des qualités indéniables que j’évoquerai ci-bas, cet album éponyme sera un échec commercial cuisant. Une injustice de plus dans le monde de la musique, qui en compte des milliers… L’album serait probablement demeuré aux oubliettes si ce n’était de crate diggers tels que MF Doom et Madlib, qui ont exhumé le joyau afin de le sampler copieusement. La hype s’est émoustillée autour du divin objet, comme c’est souvent le cas quand ces mecs se mettent de la partie… Et maintenant, ce bijou de Verocai est reconnu à juste titre (dans certains cercles) comme un des chef d’oeuvres inestimables de la MPB et un tour de force de studio.

C’est aussi un des disques les plus « cinématographiques » de ma collection. On dirait presque la trame sonore un brin psych et raffinée d’un film arthouse. En fait cela s’explique vu que Verocai travaillait alors pour la TV brésilienne à titre de compositeur pour les trames sonores de plusieurs publicités et telenovas. Ce côté « BO » n’est jamais bien loin dans les arrangements somptueux, émotifs et incantatoires de ce disque. Et Verocai aura les moyens de ses ambitions, gracieuseté du label Continental (alors très satisfait de son travail auprès d’autres artistes). Verocai veut un orchestre à cordes de 20 musiciens. Il veut s’entourer aussi d’une pléiade de musiciens de renom ; la crème de l’époque, comme le guitariste Toniho Horta (Clube da Esquina), les saxophonistes Paulo Moura et Oberdan Magalhães (tous deux du Banda Black Rio), les batteurs Robertinho Silva et Pascoal Meirelles, etc… Il aura droit à tout cela, à sa Dream Team de feu pour l’aider à faire naître sa merveille sonore.

L’album s’ouvre sur un « Caboclo » mélancolique à souhait… Une guitare éplorée et des modulations électroniques (vraiment « space ») font irruption dans le tympan déjà régalé. Puis une voix morne et désabusée s’élève pour nous raconter l’errance d’un homme dans ce petit matin terne et un brin surréaliste. C’est absolument magnifique. On est en pleine saudade (ce mot portugais inventé au Brésil qui illustre ce sentiment à la lisière de plusieurs : le manque, la nostalgie, la joie fragile, le spleen). La piste monte doucement en intensité et se transforme en une samba-jazz languissante. « Pelas sombras » (par les ombres) est, malgré son titre, un peu plus upbeat mais quand même empreinte de cette même aura cafardeuse enjouée (mi larme, mi sourire). C’est beau. Follement beau. Le piano électrique est funky-smooth en diable. Les cuivres sont chaleureux à souhait. Les cordes enrobent le tout d’une félicité séraphique. « Sylvia » est un superbe instrumental, à la fois très soul à l’américaine (cuivres) et très brésilien (guitare et percus). Et bordel : cette flûte traversière nous fait voyager haut et loin !

« Presente Grego » est la pièce la plus funk jusqu’ici. Un beau groove salace, mais avec toute la tristesse du monde qui plane en dessous (cette voix). La dernière piste de la Face A, « Dedicada A Ela » est un autre moment engourdi ; un assoupissement de début d’après-midi sous un Soleil de plomb (et les rêves opiacés qui viennent avec). Le saxo est particulièrement fantasque ici.

La Face B n’est pas en reste et recèle de pépites comme ce « Seriado » guilleret avec des percus bandantes et les vocaux de la jeune débutante Célia Regina Cruz (qui connaîtrait une belle carrière en solo par la suite), ce « Na Boca Do Sol » qui est presqu’une toune de proto Dream Pop (si tu remplaces les guitares saturées par des cordes langoureuses), ce « Velho Parente » morricone-esque, ce « O Mapa » au piano ensorcelant et… en guise de pièce de clôture, l’instrumental « Karina », morceau très enlevant/éblouissant, le plus long du disque. Un délire jazz-rock, proggyjammy, qui rappelle même le Waka Jawaka de Zappa (sorti la même année) !

Au vu de ma note, je ne vous ferai pas de grosse surprise quand je vous dirai que cet éponyme de Verocai est un des disques les plus importants de ma discothèque. Un disque sans point faible. 29 minutes de pur bonheur, de pure fraicheur. Une musique intemporelle ; qui sonnera toujours aussi bien dans 500 ans. Et un de mes 5 disques brésiliens préférés de tous les temps. Et un merci tout spécial Mr Bongo pour la qualité de la réédition (ça sonne du tonnerre !).


Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :

critiques

The Kinks – Face to Face

Année de parution : 1966
Pays d’origine : Royaume-Uni
Édition : Vinyle, BMG – 2015
Style : Mod, Pop psychédélique, Pop baroque

British Pop Perfection !!!

Déjà sur « The Kink Kontroversy », l’écriture de Ray Davies s’était raffinée… On savait qu’on avait maintenant affaire à un des plus grands compositeurs/paroliers britanniques de sa génération (et je mets de l’emphase sur le mot « britannique » ; parce qu’il y a pas plus british que Ray frickin Davies). Face to Face sera l’album de la consécration de son génie ; le premier quasi chef d’oeuvre de Ray et ses plis (ouais, ça a définitivement plus de gueule en anglais). On quitte ici le garage où les Kinks tous jeunots s’amusaillaient à se la jouer rockers… On tombe maintenant dans le psychédélisme, les deux pieds délicieusement enfouis dans une pop baroque riche et sucrée ; mais sans perdre le côté bon enfant, ni l’aspect beat/mod, ni l’humour typiquement anglais. De la satire, il y en a même plus. De la critique sociale aussi. Des textes forts, pertinents, percutants, parfois rigolos, parfois « gratte-bobo » en diable (« Too Much on My Mind » fesse toujours aussi fort à chaque écoute). Et tout ça est juste terriblement catchy (du début à la fin).

Cela débute avec un « Party Line » festif et entrainant. Un putain de bon opener efficace que vous chanterez sous la douche jusqu’à la fin de vos jours (c’est une promesse). Puis on découvre l’aspect nouvellement baroque-rococo des Kinks avec un « Rosie Won’t You Please Come Home » mélancolique, mi-tempo, légèrement endormi et affable ; avec les vocaux si typiques de ce cher Ray. Voilà une bien belle rencontre entre mod rock et gentle psychedelia (ce clavecin !). « Dandy » c’est un Soleil qui ne finit plus de briller dans un azur bleuté jusqu’à plus soif… Et pourtant, pourquoi j’ai presque le moton en l’écoutant ? La musique des Kinks me file souvent le cafard ; mais un cafard confortable et ouaté, comme si je revis des beaux souvenirs d’un passé qui n’a jamais vraiment existé, qui n’est pas mien mais qui a pourtant un impact tellement singulier sur ma petite personne.

Le moton, je l’ai pour vrai cependant avec « Too much on my mind »… La perle sous-estimée de l’album (et possiblement de la discographie complète du groupe). Une pièce de pop baroque absolument parfaite et essentielle, avec un petit côté folky (on dirait presque du Gene Clark solo). Ici, Ray laisse tomber l’ironie et est brutalement honnête. « There’s too much on my mind / And there’s nothing I can do about it ». Tombent les masques… Touchant, à filer des frissons sur l’échine ; tout ça avec une mélodie évidemment imparable.

Parlons un peu de quelques autres merveilles du disque (qui ne contient pratiquement que cela)… « Rainy Day in June » est vraiment cool avec ses effets sonores, sa guitare enfumée et son espèce de côté gospel. « House in the Country », « Session Man » et « Holiday in Waikiki », c’est du Kinks pur jus. Trois morceaux accrocheurs, burlesques, désopilants. De la pop comme seule la bande des Davies pouvait en faire. « Fancy » c’est un genre de raga similaire aux pièces de George Harrison de la même époque. C’est beau, flottant, dronesque. Un morceau superbe. Et bien sûr, impossible de passer sous silence « Sunny Afternoon », le gros hit de l’album (et aussi l’un des meilleurs titres ici présent). Une genre de réplique rêveuse au Taxman des Beatles. Un refrain beau comme un gros nuage blanc qui se promène mollement dans le ciel bleu évoqué ci-haut.

Un très grand disque de pop. Et un très grand disque anglais.


Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :

Playlist

PLAYLIST #7 – Semaine du 1er mai 2023

SALADE D’ENDIVES

PHYSIQUE :

  • J.S. Bach – The Goldberg Variations (Glenn Gould, version 1981) (Sony Classical, CD)
  • Laurence Crane, Apartment House – Chamber Works 1992–2009 (Another Timbre, 2 x CD)
  • Ashra – New Age Of Earth (Virgin, CD)
  • Charles Mingus – The Black Saint And The Sinner Lady (Impulse!, CD)
  • Caetano Veloso – Caetano Veloso 1969 (Philips, CD)
  • Koenji Hyakkei – Dhorimviskha (Skin Graft, CD)
  • Mississippi Fred McDowell – I Do Not Play No Rock ‘N’ Roll (Water, CD)
  • Yma Sumac – Voice Of The Xtabay (Capitol, Vinyle)
  • Duke Ellington And His Orchestra – Anatomy Of A Murder (Soundtrack) (Columbia, CD)
  • Emmanuelle Parrenin – Maison Rose + 17 Décembre / La Forêt Bleue (SouffleContinu, Vinyle + 7″)
  • Carla Bozulich – Evangelista (Constellation, CD)
  • Waylon Jennings – Waylon The Ramblin’ Man (Music On Vinyl, Vinyle)
  • Ennio Morricone – Revolver (Original Motion Picture Soundtrack) (Dagored, Vinyle)
  • Dissection – The Somberlain (Black Lodge, CD)
  • Method Man – Tical (Def Jam, CD)
  • Gentle Giant – Acquiring The Taste (Vertigo, CD)
  • Duster – Contemporary Movement (Numero Group, Vinyle)
  • Fred Frith / John Zorn – 50⁵ (Tzadik, CD)
  • Steely Dan – Can’t Buy A Thrill (MCA, CD)
  • Nigrum Mortem – Consumed By Unholy Mysticism (Livor Mortis, Vinyle)
  • Ingvarr – The Hopeless Resistance Of Emberdrin’s Army (Gondolin, Cassette)
  • Starlit Woods – Zamarznięte Cienie Nocy (Tour De Garde, Cassette)
  • MZ. 412 – In Nomine Dei Nostri Satanas Luciferi Excelsi (Cold Spring, CD)
  • A Cryo Chamber Collaboration – Shub-Niggurath (Cryo Chamber, 2 x CD)
  • Brown Acid: The Third Trip (Heavy Rock From The Underground Comedown) (RidingEasy, Vinyle)
  • Esoteric – Subconscious Dissolution Into The Continuum (Season Of Mist, CD)
  • Mauricio Kagel – Match Für 3 Spieler / Musik Für Renaissance-Instrumente (Deutsche Grammophon, Vinyle)
  • Super Djata Band De Bamako – Vol. 2 Feu Vert 81-82 (Kindred Spirits, Vinyle)
  • Nik Bärtsch’s Mobile – Continuum (ECM, CD)

STREAMING :


GUILLAUME P. TRÉPANIER

Écoutes récentes en rafale, de gauche à droite:

  • Ahmed Malek – Musique Originale De Films (compilation de 2016) [Algérie]
    Fraîchement reçu du label Habibi Funk.
    « Algeria’s Answer to Ennio Morricone ».
    Ça s’écoute comme du beurre dans poêle.
    Lounge, arabic jazz, jazz-funk.

  • The Who – My Generation (1965) [UK]
    Bien que pas totalement parfait, je le considère comme un album historique. L’arrivée de musiciens tapageurs et talentueux. La première fois qu’on pouvait entendre un jeu de drum aussi explosif que celui de Keith Moon. Et bordel, ils étaient si jeunes.

  • The RPMs – Temporary Satisfaction (1980-1983) [US]
    Groupe de power pop ultra efficace qui voit pour la toute première fois sa musique inscrite sur microsillons grâce à Meanbean Records. Je vois pas comment une soirée peut mal se passer en faisant tourner ça.

  • Fadoul – Al Zman Saib (compilation de 2015) [Maroc]
    Compilation des singles de Fadoul, chanteur « garage funk » de Casablanca. Du drum tapageur, une guit funky, de la basse solide et surtout, une voix épique à la James Brown… Merci à Habibi Funk de rendre ce petit trésor accessible à tous.

  • Native North America, Vol. 1 – Aboriginal Folk, Rock, And Country 1966-1985 (compilation de 2014) [US]
    Cette pièce méritait une rangée à elle seule dans ma présentation. Depuis que je l’ai, j’ai juste le goût d’écouter ça malgré l’ampleur de la chose. 3 disques complets de bijoux cruellement méconnus de la scène autochtone avec un livre de 64 pages contenant une biographie de chaque artiste et les images des pochettes originales.

  • Godcaster – Godcaster (2023) [US]
    Art-punk/Post-hardcore fraîchement publié, il est difficile de ne pas perdre son dentier en écoutant ce disque. Étrangement, il n’y a pas encore eu de petit buzz autour de cet album et je m’explique mal pourquoi. Très éclaté et unique.

  • The Mars Volta – Noctourniquet (2012) [US]
    Album des Mars Volta dont j’ai vécu la sortie et qui est vraiment important pour moi. Je le connais par-coeur. Il est très varié… on y entend du prog, de l’électro, de la musique prog déconstruite, des moments qui baignent dans l’expérimental. Je trouve que la performance vocale de Cédric est extrêmement honnête et vulnérable là-dessus. Pourquoi il est autant sous-estimé? Je ne me l’explique pas, à part peut-être parce qu’ils ont laissé de côté le hardcore pour se tremper les orteils dans l’électro.

  • Rush – Permanent Waves (1980) [CAD]
    Ma récente écoute me l’a confirmé… c’est un d’mes préférés de Rush. Les paroles, la musique, les arrangements et le son sont d’un calibre époustouflant. Pour des raisons personnelles, la chanson « Entre Nous » vient particulièrement me titiller le cordon du coeur. Pis, le bridge de Freewill, c’est possible de jouer ça à seulement 3 musiciens? Ok.

  • Radiohead – A Moon Shaped Pool (2016) [UK]
    J’ai vu cette tournée de Radiohead et je peux facilement dire qu’il s’agit d’un des meilleurs shows de ma vie. Ils avaient ouvert avec les 5 premières de l’album et mon coeur a failli s’arrêter à « Ful Stop ». Un album poignant et divinement arrangé par monsieur Greenwood. J’utilise rarement le qualificatif « divin », alors profitez-en. 

LÉON LECAMÉ

  • Korova – Dead Like An Angel (avant-garde psychédélique black metal)
  • Lycia – Cold (dark/ethereal wave)
  • That’s All Folks! – Soma … 3rd Way To Zion (psych stoner rock)
  • Where The Sun Comes Down – Necropolis Railway (avant-garde/psych/doom metal)
  • Ancient Days – Sign of The Times (heavy psych/stoner doom metal)
  • Antoni Maiovvi – The Dead Of Winter (death orchestral/horror soundtrack)
  • Morwan – Svitaye, Palaye (postpunk/new wave/folk slave)
  • Phantom Gold (Austria) – S/T [Live album]
  • Killer Kin – S/T (garage punk ‘n’ roll)
  • MC5 – Kick Out The Jams (garage rock/proto-punk)
  • GNAW – Cutting Pieces (industrial noise-metal)
  • Dieselbreather – Goddamn Electric Powerhouse Music (heavy psych/stoner rock)
  • Formidity – They Will Never Find Her Body (gore death metal)
  • Ermitage (Québec) – Couleur des Lumières Lointaines​ / ​Mati​è​re des Brutes Laideurs (dungeon synth/space ambient/drone)
  • THE KLF – Chill Out (dream pop/plunderphonics/ambient house)
  • Gilgamesh – Another Fine Tune You’ve Got Me Into (prog jazz-rock)
  • IDLES Full Set | From The Basement (post rock)
    https://www.youtube.com/watch?v=rXdsfCsB55k
  • Pretty Pink | Tomorrowland 2022 – WE 3 (EDM)
    https://www.youtube.com/watch?v=MPt3z9ISwCs
  • Rødhåd // Dasha Rush // MARRØN – TXL Berlin Recordings Arte Concert (techno)
    https://www.youtube.com/watch?v=yMEqgn8i2xs