critiques

Serge Gainsbourg – Histoire de Melody Nelson

Année de parution : 1971
Pays d’origine : France
Édition : CD, Mercury – 2001
Style : Chanson/Narration française (suprême!), Pop Baroque

Et oui ! Moi aussi j’ai succombé jadis aux charmes de la Melody de sieur Gainsbourg… Comment ne pas tomber éperdument amoureux de cette ligne de basse ronde et funky qui ouvre ce chef d’oeuvre ? On réalise dès les premiers instants de ce disque que la production bute absolument TOUT sur son passage. C’est peut-être l’album qui SONNE le mieux de ma discographie (avec ses quelques 3500 cds/vinyles). Qu’est-ce qui fait la magie du son de cet album, me direz-vous ? Premièrement, ya les arrangements singulièrement parfaits du tandem d’architectes sonores que sont Gainsbourg / Jean-Claude Vannier (ce dernier étant aussi responsable d’un obscur OVNI sonore sorti l’année suivante, l’élégant « L’enfant assassin des mouches »)… Nos deux messieurs tissent ici des ambiances enfumées, tantôt aériennes (ces cordes splendides sur la sublime « Valse de Melody »), tantôt groovy au possible (cette pièce d’ouverture avec sa section rythmique transcendante). D’ailleurs, le son de cet album était tellement en avance sur son temps. Ce n’est pas pour rien qu’il s’agit là d’un des albums les plus samplés de tous les temps (Portishead étant récidivistes dans le domaine, sur leur second album surtout). Et est-ce que quelqu’un peut me confirmer si Serge et Jean-Claude avaient accès à une machine à voyager dans le temps ? Parce que l’album est bourré de beats quasi hip-hop, 10 ans avant l’apparition de ce courant musical. Bande de sacrés avant-gardistes, va ! J’adore aussi l’amalgame sinueux d’influences sonores de l’époque qu’on retrouve ici sous une forme bien personnelle et unique… musique classique, funk, soul, folk, prog, psychédélisme, jazz… Tout cela est synthétisé à merveille sur ce Melody Nelson.

Ensuite, il y a le verbe de Gainsbourg. Cet album n’est vraiment pas en reste dans le département et contient possiblement les meilleurs textes de notre homme (bien que… « L’homme à la tête de chou », ça te dépareille aussi l’appareil cognitif que t’as entre les 2 oreilles bien comme il faut). Comme d’habitude, Serge narre plus qu’il chante. De sa voix grave et pernicieuse, notre narrateur nous raconte sa brève idylle interdite avec une fillette de 14 ans (ajustez votre pédo-mètre les amis !), cette Melody Nelson qui donne son nom à l’album. Mais Melody n’est qu’un fantôme ici, une vision surréaliste et lointaine… Un peu comme la Nadja d’André Breton. On ne sait rien sur cette Melody, à part son âge et la couleur de ses cheveux. On ne l’entend que murmurer son nom à quelques reprises… Ici, le personnage principal, c’est le narrateur ; où plutôt son obsession pour sa nymphette qui disparaîtra rapidement dans ce crash d’avion en Nouvelle-Guinée, son sentiment de manque, ses réminiscences folles et vicieuses de ce qui a été et ce qui aurait pu être…

L’album est aussi un vibrant hommage à la nouvelle déesse dans la vie de Gainsbourg : la magnifique Jane Birkin. L’amour peut amener de grandes choses et L’histoire de Melody Nelson en est la preuve. Les 29 minutes les plus parfaites de l’histoire de la musique ? Peut-être bien…


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Avé !

Bien le bonjour à toi, lectrice, lecteur (et un bonjour particulier aux pieuvres pyromanes et aux coatis joueurs de flûte traversière, mes deux entités terrestres préférées). Bienvenue sur les Paradis Étranges, un (autre) blogue consacré au fascinant monde de la musique au sens large ; un autre exercice post-masturbatoire qui veut rendre hommage à toute cette mer de sons enchevêtrés qui vous chavirent l’âme et l’entité corporelle gorgées d’extase à pâmoison.

La musique, ainsi que toutes ses formes et ses anti-formes, m’accompagne dans ma vie depuis mon plus jeune âge. Je mets du Merzbow sur mes toasts le matin. Je passe mes matinées dans des brouillards drone ambient et mes après-midi à jongler entre afro-funk malien, free jazz tonitruant, musique concrète assourdissante, rock psychédélique fuzzy-licieux, black metal glaiseux et City Pop ensoleillée. Puis je laisse un vieux clochard éméché du nom de Tom Waits me bercer avec ses histoires de carnavals déments avant de me coucher… Je passe des nuits blanches Prog, des fériés pluvieux sur le Dooooom Metal et des ballades en sous-bois empreintes de Shoegaze. J’absorbe TOUT ce que je peux. Rien pour moi en ce bas monde n’est plus ahurissant que de découvrir un nouveau groupe ou une nouvelle scène méconnue qui balaie du revers toutes mes conceptions de ce que peut être la musique.

Sur les Paradis Étranges, il y aura de tout. De la pop dégoulinante de sucre jusqu’à des albums de types qui enregistrent le bruit de leurs robinets bouchés (le tout accompagné de vielle à roue). Mais comme le nom de cet espace virtuel (très folichon) l’indique, je vais essayer de mettre l’emphase sur les sentiers les plus insolites qui parcourent cette énorme forêt sonore dans laquelle il fait si bon se perdre. Je vais aussi mettre en lumière notre belle et riche scène locale qui regorge de merveilles dans tous les créneaux.

Il y aura des critiques d’albums, des playlists hebdomadaires, quelques articles par ci par là et beaucoup de mixtapes à écouter ; certaines avec mes sélections personnelles et d’autres où je laisserai champ libre à des musiciens, mélomanes, artistes que j’admire follement.

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