


MIAUX & LIEVEN MARTENS – The Pels Organ And Hemony Carillon Of St. Catherine’s Church In Hoogstraten
(Edições Cn)
Il s’agit d’enregistrements « live » de musique pour orgue (Miaux) et pour carillon (L. Martens) accompagnant le dévoilement d’une tapisserie tissée (par l’artiste visuel Joris Martens) dans une église située dans une bourgade du nord de la Belgique… Je m’attendais juste à un chouette disque dronesque/ambient faisant office de musique de fond à une expo mais… dès la première écoute, cette merveille radieuse s’est imposée à moi et s’est immiscée au plus profond de mon être… À vrai dire, l’album n’était même pas fini que je savais que je tenais là mon moment de grâce sonore absolu de l’année, ce qui est une première dans mon cas. Une oeuvre lumineuse, profonde, légère, solennelle (mais jamais austère) et essentielle.


ÁINE O’DWYER – Turning in Space
(Blank Form Editions)
Le parcours de la musicienne expérimentale irlandaise est toujours fascinant et ponctué d’albums et de projets renversants. Ce coffret de trois cassettes nous propose des enregistrements datant de 2019 à 2023, tous effectués au Lady Helen Seymour House (ancien hôpital désaffecté). Mélangeant, déconstruisant et remodelant avec brio les sons « naturels » des lieux (l’acoustique, les craquements et le ton de la pièce), les bruits environnants de la communauté extérieure (météo, sirènes, cloches, murmures des passants) et des improvisations au piano/synthétiseur, O’Dwyer fait une musique résolument unique, à mi-chemin entre l’ambient naturaliste, le collage sonore et l’improvisation libre… Voilà là des documents sonores qui n’ont pas fini de m’ensorceler.


ARIELLE SOUCY – Il n’y a rien que je ne suis pas
(Bonbonbon Records)
Le disque québécois de l’année… Un chef d’oeuvre de douceur enveloppante, de volupté, de mélancolie automnale sublimée. Le genre d’album qui te révèle son miracle petit à petit, au fil des écoutes (quasi spirituelles), t’habitant un peu plus à chaque fois, jusqu’à devenir une sorte de spectre (bienveillant) qui t’accompagne au quotidien, au travers des joies, des peines, des journées resplendissantes ou grises, des nuits contemplatives, des matins mourants… Folk hanté, naturaliste et minimaliste qui va direct à l’âme. Arrangements féériques, mélodies imparables et textes magnifiques qui révèlent une auteure d’exception… dont la plume n’a pas fini de nous faire vivre du beau, du chavirant et du profond. Avec ce premier album magistral, je peux vous dire qu’Arielle Soucy appartient déjà à cette caste d’artistes folk qui touchent au divin… Elle est là, dans le firmament, siégeant auprès de Vashti Bunyan et de Ichiko Aoba.


LITURGY – 93696
(Thrill Jockey)
Leur magnum opus. Au lieu de se réinventer (comme ils avaient l’habitude de faire à chaque album), Haela Hunt-Hendrix et sa bande de muzikos fous fous fous ont décidé de livrer une monumentale oeuvre-SOMME. On retrouve des aspects stylistiques et mélodiques de toutes les réalisations passées de Liturgy au travers de cet imposant et (je dois l’avouer) EXTÉNUANT album-double. C’est genre comme si tu pitchais Darkthrone, Magma, Glenn Branca, black MIDI, Jethro Tull, Steve Reich, Olivier Messiaen, Lightning Bolt, Richard Wagner, Ryoji Ikeda, Bill Evans, Jonna Newsom, Emperor, Aphex Twin, Battles, Richard Wagner, Converge, Hildegarde von Bingen et une trame sonore de Disney sur l’acide sur une plaque à biscuits pis que tu crissais ça à BROIL, ni plus ni moins. Un disque qui va plus loin que tout. Et BON DIEU que j’aime CETTE FLÛTE !!!


HILARY WOODS – Acts of Light
(Sacred Bones)
Le disque le plus sombre de mon année… Musique de rituel assombri et occulte dans les bois perdus, faiblement éclairés par une lune de suie. 9 pistes funéraires très drone et mettant en scène une contrebasse sous-terraine, du violoncelle éploré, des field recordings, des murmures de perdition et une chorale fantomatique qui semble gémir dans la nuit éternelle, sous dix milles couches de ténèbres rampantes.


ZIZIA – Genera
(hibari music)
Mystérieux duo composé de Amber Wolfe Rounds (O You Villain) et de Jarrod Fowler (Pisaura), Zizia crée de la musique expérimentale et de l’art sonore écologique inspiré de l’agriculture biodynamique pour donner naissance à une forme de musique concrète très unique à travers laquelle la nature même semble s’exprimer… Superposant des enregistrements effectués par 36 ensembles sonores (34 trio et 2 quatuors, juste ça), les deux artistes sonore y ajoutent une grosse louche d’échantillonnage sonore, de synthés monophoniques, de bourdonnement d’abeilles, de boucles de bandes analogiques, de diapasons planétaires (?) et quelques instruments acoustiques contrôlés en tension. À l’écoute de ce périlleux et singulier album, on a l’impression très nette de s’enfoncer petit à petit dans la terre, la laissant nous digérer doucereusement, nous décomposer tels un tas de feuilles mortes. Humus sonore suprême.


GOAT – Joy In Fear
(NAKID)
Dans le département des groupes résolument unique, le Goat japonais se tient fièrement au sommet de l’étrange pile. Il n’y a RIEN qui sonne exactement comme ces lascars… Un audacieux et percussif-as-fuck mélange de musique minimaliste répétitive/cyclique, de math-rock totaliste, de groove extra-terrestre infecté de polyrythmie surréaliste, de post-gamelan psychédélique, de simili free jazz saccadé/calibré par des chamans chimistes de haut niveau… Rarement musique est aussi relaxante qu’angoissante à la fois. Zen hypnotique tribalo-ensorcelant-hyperbolique.


KALI MALONE – Does Spring Hide Its Joy
(Ideologic Organ)
L’événement drone de l’année. Kali Malone au générateur d’onde sinusoïdale et au synthétiseur, Stephen O’ Malley à la guitare électrique et Lucy Railton au violoncelle. Une musique statique qui invite au recueillement suprême ; mais qui parvient tout de même à être étonnement dynamique dans ses variations et dans son exploration des différentes textures que produisent les instrumentistes (ainsi que le mariage évolutif de ces différentes nappes sonores dans l’espace temps). La version CD (celle que je recommande chaudement) contient trois lectures (d’une heure chacune) de la pièce titre, chacune proposant une visite de ces mêmes lieux poussiéreux et décharnés, mais à différentes heures de la journée… Matin, midi, soir ; dans les méandres brumeux d’un ailleurs fantomatique, illuminé de lumières tantôt éclatantes tantôt vacillantes.


ANDRÉ 3000 – New Blue Sun
(Epic)
Dans la catégorie « pied-de-nez total et complet à l’industrie musicale », je vous présente le dernier opus d’André 3000, célèbre moitié du duo rap OutKast. Disons que je mentirais si je vous disais que je m’attendais à ce que le sympathique lascar nous sorte un disque d’une heure trente de flûte new age, de tribal ambient post-minimaliste et de jazz spirituel. Et pourtant, l’album se dresse là, face à vos tympans z’ébahis. Et il est magnifique. Vraiment un album auquel je suis revenu constamment dans le dernier trimestre de l’année. Un réconfort sonore addictif.


ALBUM – Portrait de l’artiste
(Telephone Explosion Records)
Délicieusement confus et sybillin… perdu dans son indicible brouillard contrôlé, où co-habitent des cuivres-libellules surnaturalistes voletant ça et là, des ombres ricanantes qui tapissent les murs vermeils, des fantômes jazz-noctambules et un homme en costard qui se tient dans un coin de la pièce chimérique – l’homme en costard de suie a une tête de cheval et il fume des cigarettes en peau humaine… Toujours ce sentiment d’être un funambule sur une corde invisible ; d’un côté le rêve et l’autre, le cauchemar… Les réminiscences opiacés d’un film noir expérimental qui n’a jamais existé… Chaque seconde (grisante) est une nouvelle perte de repère. On se demande comment telle musique peut exister et alors qu’on la laisse nous envahir, on finit par se demander si on existe nous-même…



GRAHAM LAMBKIN – Aphorisms
(Blank Form Editions)
GRAHAM LAMBKIN & JAMES RUSHFORD – Gondolas
(Erstwhile)
Fantastique année pour sieur Lambkin. Un disque solo (son premier depuis 2016) au travers duquel l’anglais tisse ses espaces et collages sonores chimériques à l’aide de field recordings, de piano (instrument central), de guitares, de percussions et de voix ; tous ces éléments se retrouvant à être décortiqués, remaniés et associés de la plus insolite façon… Et puis, ce disque en collabo avec le bon James Rushford, dans une palette très ambient hanté/habité… De loin un des meilleurs architectes sonores actifs actuellement. Un must absolu pour tout amateur de musique concrète.


YACHTY – Let’s Start Here.
(Quality Control Music / Motown)
Le chef d’oeuvre pop-rap-psych-autotune-r&b-spatial-proggy de l’année. Déjà, il y a cette putain de prod jubilatoire… Rarement disque aura eu un habillage sonore aussi magistral, soyeux, riche, atmosphérico-psychédélique, multi-étagé, tapissé de milles et uns petits détails délirants… Bordel, on a l’impression de FLOTTER au dessus de la musique dès qu’on met la galette sur le tourne-disque ! Et si ce n’était que de cela… Il y a aussi (et surtout) ces morceaux, tous fabuleux, célestes, aériens, fantasques, superbement fignolés/composés (et qui vont te hanter le cortex à jamais)… Je pense qu’on peut considérer à juste titre Yachty comme un des génies de la musique populaire moderne.


LAUREL HALO – Atlas
(Awe)
C’est comme un disque de classique contemporain mais perdu sous dix milles couches de brume euphoriques. Le plus beau des vertiges nocturnes fissurés d’éclats lumineux célestes.


LANKUM – False Lankum
(Rough Trade)
Un voyage sonore fascinant, ténébreux, émotionnellement intense… Lankum nous propose une certaine forme de renaissance du folk irlandais, combinant des airs traditionnels à du drone expérimental suranné, de l’ambient, du néo-folk ; le tout avec un habillage sonore des plus cauchemardesques (voir gothique). Une écoute absolument essentielle pour tout fan de Fairport Convention, Current 93, Richard Dawson et Natural Snow Buildings.



THE CHRONICLES OF FATHER ROBIN – The Songs & Tales Of Airoea – Book 1: The Tale Of Father Robin (State Of Nature)
(Karisma Records)
THE CHRONICLES OF FATHER ROBIN – The Songs And Tales Of Airoea – Book II: Ocean Traveller (Metamorphosis)
(Karisma Records)
Le miracle prog de l’année ! Le super-groupe composé de membres de Wobbler, Tusmørke, Jordsjø et The Samuel Jackson Five existe en fait dans sa forme embryonnaire depuis le milieu des années 90… La gestation de cette trilogie (dont le volume 3 sortira en pièce séparée l’an prochain) fut donc excessivement lente mais quand le résultat est aussi majestueux, on ne s’en plaint pas. Les Norvégiens empruntent au meilleur du prog old-school (King Crimson, Camel, Genesis, Jethro Tull, Yes, Gentle Giant, PFM, Gnidrolog) mais réussissent à outrepasser ces influences pour livrer un prog médiévalo-pastoral qui leur est totalement propre. Grandiose et fabuleux !


NATURAL INFORMATION SOCIETY – Since Time Is Gravity
(Eremite Records)
Le genre de disque qui vient caresser presque toutes mes cordes sensibles… Mon amour infini pour le groove, pour la musique minimaliste répétitive, pour le jazz spirituel, pour la musique hindoustani et pour le Gnaoua (ce style de musique africaine sub-saharienne qui invite à la transe et qui inspira fortement bons nombres de musiciens africains et internationaux). C’t’album, c’est un peu comme entendre Pharoah Sanders, Ali Farka Touré, Ali Akbar Khan et les Kraut-Rockers de Faust jammer sur les motifs d’une compo de Steve Reich. Unique et ensorcelant.


TRHÄ – §ºanΩë aglivajsamë cá nëlh¶iha i eddana pi¶e
Dur de me limiter à un seul album (dans mon top) pour ce one-man band mexicain/américain qui aura vécu un 2023 assez exceptionnellement prolifique : Incluant les splits et les EPs, on parle d’une QUINZAINE de parutions dans le courant de l’année (et probablement plus le temps que j’ai terminé d’écrire cette parenthèse)… Malgré ce nombre assez ahurissant, la qualité et l’originalité sont toujours au rendez-vous. J’ai particulièrement adoré ce §ºanΩë aglivajsamë cá nëlh¶iha i eddana pi¶e (super le fun à prononcer avec 18 biscuits soda dans la bouche) qui mélange avec brio raw black metal (à la Paysage d’Hiver), winter synth nostalgique/transi et Blackgaze scintillant comme une tempête de neige cosmique.


YO LA TENGO – This Stupid World
(Matador)
Bon, on va se le dire tout de suite : je ne suis pas objectif avec James, Ira et Georgia. J’aime TOUS les albums de Yo La Tengo, sans exception. C’est un de mes groupes préférés de tous les temps. Je les considère presque comme des potes qui m’accompagnent à travers le parcours sinueux qu’est ma vie. Cependant, je suis quand même d’accord sur le fait qu’il y a, dans leur discographie, des disques mineurs et des disques majeurs (mais je le répète : sont tous bons). This Stupid World est fucking MAJEUR. YLT à leur plus tendu, noisy, fuzzy, opaque, shoegazy et kraut-rocky !


MICHAEL PISARO-LIU – A room outdoors
(elsewhere)
Deux versions de cette oeuvre importante de Pisaro-Liu, composée originellement en 2006. Il s’agit de sa première compo incluant des field recordings, qui sont maintenant au coeur du travail sonore du New Yorkais. Le disque un, enregistré en Belgique en pleine pandémie, met en scène Guy Vandromme (claviers) et Adriaan Severins (field recordings et synthétiseur). Sur le second, enregistré cette année en Italie, on retrouve Luciana Elizondo (viole de gambe) et Fabio Gionfrida (field recordings), tous deux supportés de nouveau par Vandromme sur l’harmonium indien… On a affaire ici à de longs drones lancinants qui se percutent aux bruits familiers d’une cité urbaine, avec son métro, le bruit des voitures, les rues animées, les bribes de conversations et de rires, le chant des oiseaux… Incroyablement beau et vivant.


ML BUCH – Suntub
(15 Love)
Un ajout tardif à ma liste (merci mamzelle Soucy pour la découverte de cette Danoise !) mais tout un ajout. Un disque de pop-rock mutant qui me rend tout chose et qui réussit à déconstruire la formule tout en y adhérant tel un caméléon… Une espèce de synth-pop-folk nostalgique et ensoleillée qui invite à la dérive et dans laquelle on perçoit différentes spectres qui volent ça et là : celui de la radio FM late 70s, du shoegaze, du dream pop, de l’ethereal wave, du synth-jazz, de l’alt-rock 90s… Je ne peux m’empêcher de penser à une version surréaliste du chef d’oeuvriffique Hejira de Joni Mitchell, autre album de perdition sous l’astre diurne.


ÉLIANE RADIGUE / QUATUOR BOZZINI – Occam Delta XV
(qb)
Le seul et unique quatuor à cordes de ma compositrice préférée interprété par mon quatuor préféré sur Terre. Beau, Beau, BEAU !


MAXINE FUNKE – River Said
(Disciples)
Maxine continue d’enregistrer des disques de folk fantomatique ultra lo-fi dans un relatif anonymat et moi je continue d’être irrémédiablement captivé par son art… Cette fois, en plus de nous offrir 5 magnifiques pièces dignes de Linda Perhacs et Vashti Bunyan, notre Néo-Zélandaise préférée nous sert deux pistes de cloture dans un registre « ambient/new age-esques », le tout saupoudré d’enregistrement de terrain naturalistes beaux à pleurer toutes les petites larmes de son corps… Le dernier morceau se transforme en espèce de dream avant-folk qui va m’obséder longtemps.


KAWASHIMA / MOCHIZUKI / HENRITZI – Chinmoku wa ishikure ni yadoru bouryoku
(Trost Records)
Un colossal album de free jazz dronesque à souhait, avec cette ambiance de fin des temps qui me fait vibrer l’être tout entier. C’est comme le fantôme d’un vieux disque de Cluster qui hante un disque d’improv libre assez mouvementé et sinueux merci. Les deux saxophonistes sont renversants d’originalité et la guitare (tout en feedbacks et en larsens) de Henritzi est un prodigieux point d’assise. Un album troublant ; aussi beau que déroutant.


KHANATE – To Be Cruel
(Sacred Bones)
On les pensait morts et enterrés pour de bon… On pensait que notre cerveau déjà vicié jusqu’à plus soif par leurs offrandes anti-musicales antérieures avait assez été éprouvé… Mais voilà qu’ils remettent les couverts pour une autre dose d’ultra-masochisme sonore. Une barre de tôle rouillée qu’on t’enfonce langoureusement dans la gueule, au ralenti, pour que tu puisses savourer chaque sensation, chaque contusion, chaque degré de douleur… puis des milliers d’araignées affluent de tous les points cardinaux ; des petites, des moyennes, des grosses… À l’aide de leurs mandibules souillés, elles viennent te déchirer les joues, le front, les oreilles, le nez, les yeux (Fulci style)… Bêtes avides, stupides, porteuses de la violence et du chaos originels. Un disque retour très attachant.


INGRID LAUBROCK – The Last Quiet Place
(Pyroclastic Records)
Un sublissime disque de jazz de chambre avant-gardiste. Ingrid Laubrock est une de mes musiciennes et compositrices préférées de la scène jazz/improv actuelle et chacune de ses sorties discographiques vaut le détour. Ici, elle joue ses propres compos au sax soprano et au sax tenor, accompagnée d’un ensemble de 6 musiciens au sommet de leur art : Michael Formanek à la contrebasse, Brandon Seabrook à la guitare, Tomeka Reid au violoncelle, Mazz Swift au violon et Tom Rainey à la batterie. Du jazz intelligent, véloce, recherché, tantôt abrasif/explosif, tantôt contemplatif et introspectif.


BILLY WOODS & KENNY SEGAL – Maps
(Backwoodz Studioz)
Deuxième collaboration entre un des MCs les plus talentueux de sa génération et un producteur qui fait mouche à tout coup avec ses beats jazzy-ambient crépusculaires et envoûtants à souhait ; toujours à la lisière entre le rêve et le cauchemar. On tient là une gigantesque album de rap, avec des featurings fabuleux (Elucid, Aesop Rock, Quelle Chris).


PANOPTICON – The Rime Of Memory
(Bindrune Recordings)
Austin Lunn parvient encore à se dépasser. Je croyais …And Again Into the Light indétrônable. Et pourtant, ce plus récent opus de l’Américain est au moins son égal, voir même (potentiellement) son plus bel ouvrage à ce jour. On a affaire ici à du black métal atmosphérique et folklorique de calibre supérieur, avec de longues compositions qui prennent tout leur temps à développer leurs atmosphères mélancoliques et émotives en diable. Un album qui te démolit l’âme à chaque écoute éprouvante (mias jouissive).


7038634357 – Neo Seven
(Blank Form Editions)
Le disque le plus pur et limpide de 2023. D’une beauté éclatante et secrète.


HMLTD – The Worm
(Lucky Number)
Un opéra rock à propos du ver qui sommeille en chacun de nous (non, on ne parle pas de santé gastrique ici)… Un album à la fois affreusement génial et glorieusement insupportable, mais qui créé une forte addiction chez tous les fans de musique rocambolesque, grandiloquente, alambiquée. Un genre de croisement illicite entre black midi, Radiohead et Black Country, New Road… mélangeant art pop, prog symphonique, glam et post-punk nerveux. Le Lamb Lies Down on Broadway d’une nouvelle génération.


COSMOPHONE – Feu Toi, Feu Moi
Un gigantesque album de pop atmosphérique électro-interstellaire avec des arrangements de cordes grandioses, des musiciens hors pair, une fabuleuse chanteuse qui peut absolument tout faire avec son organe vocal hallucinant, des textes superbement écrits et une prod absolument orgiaque. Un disque qui réussit le délicat pari d’être à la fois majestueusement épique et ultra personnel-intimiste.


BASTARDA – Nizozot
(Audio Cave)


MATANA ROBERTS – Coin Coin Chapter Five: In The Garden...
(Constellation)


L’RAIN – I Killed Your Dog
(Mexican Summer)


CEREMONIAL ENERGY – Perennial Morbid Rapture
(Altare)


WEDNESDAY – Rat Saw God
(Dead Oceans)


JOHN FRANCIS FLYNN – Look Over the Wall, See the Sky
(River Lea)



JOHN ZORN – PARRHESIASTES
(Tzadik)
JOHN ZORN – New Masada Quartet, Vol. 2
(Tzadik)


LAUFEY – Bewitched
(AWAL Recordings Ltd)



VALENTINA MAGALETTI & LAILA SAKINI – Cupo
V/Z – Suono Assente
(AD 93)


SARAH DAVACHI – Long Gradus
(Late Music)


JAMES HOLDEN – Imagine This Is A High Dimensional Space Of All Possibilities
(Border Community)


AKIRA UCHIDA – Kurayami
(IIKI)



RYUICHI SAKAMOTO – 12
(Milan)
RYUICHI SAKAMOTO – 怪物 (Monster)
(Commons)


DODHEIMSGARD – Black Medium Current
(Peaceville)


CHARLEMAGNE PALESTINE – DINGGGDONGGGDINGGGzzzzzzz ferrrr SSSOFTTT DIVINI TIESSSSS!!!!!!!!!
(Blank Forms Editions)


MEITEI – Kofū III / 古風 III
(Kitchen. Label)


EABS MEETS JAUBI – In Search of a Better Tomorrow
(Astigmatic Records)


REVEREND KRISTIN MICHAEL HAYTER – SAVED!
(Perpetual Flame Ministries)


CONOR NICKERSON – morning in the park



KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD – PetroDragonic Apocalypse
(KGLW)
KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD – The Silver Cord
(KGLW)


SAM DUNSCOMBE – Two Forests
(Black Truffle)


JPEGMAFIA X DANNY BROWN – Scaring the Hoes
(AWAL)


ODZ MANOUK – Bosoragazan (Բոսորագազան)
(Blood Coloured Beast / Final Agony)


TYSHAWN SOREY TRIO – Continuing
(Pi Recordings)


PJ HARVEY – I Inside the Old Year Dying
(Partisan Records)


AKSAK MABOUL – Une aventure de VV (Songspiel) (Made to Measure Vol. 48)
(Crammed Discs)


CROATIAN AMOR – A Part Of You In Everything
(Posh Isolation)


SUFJAN STEVENS – Javelin
(Asthmatic Kitty Records)


KOSTNATĚNÍ – Úpal
(Willowtip)


NAKIBEMBE EMBAIRE GROUP – Nakibembe Embaire Group
(Nyege Nyege Tapes)



POIL UEDA – Poil Ueda
(Dur Et Doux)
POIL UEDA – Yoshitsune
(Dur Et Doux)


CASSANDRA MILLER – Traveller Song / Thanksong
(Black Truffle)


SCÁTH NA DÉITHE – Virulent Providence
(Vendetta Records)


EDEN LONSDALE – Clear And Hazy Moons
(Another Timbre)


JORDSJØ – Salighet
(Karisma Records)


HERMIT KNIGHT – Of Frost and Woe
(WereGnome Records)


JIM O’ROURKE – Hands That Bind
(Drag City)


THANTIFAXATH – Hive Mind Narcosis
(Dark Descent)


SLOWDIVE – Everything Is Alive
(Dead Oceans)


JULIUS EASTMAN / WILD UP – Vol. 3: If You’re So Smart, Why Aren’t You Rich?
(New Amsterdam Records)


POPULATION II – Électrons Libres Du Québec
(Bonsound)


PARANNOUL – After the Magic
(Topshelf Records)


FVNERALS – Let The Earth Be Silent
(Prophecy Productions)


VANISHING TWIN – Afternoon X
(Fire Records)


MERZBOW – CATalysis 猫媒
(Elevator Bath)


KMRU – Dissolution Grip
(OFNOT)


THE CANYON OBSERVER – Figura
(Kapa Records)


BIG BLOOD – First Aid Kit
(Feeding Tube Records)


ARMAND HAMMER – We Buy Diabetic Test Strips
(Fat Possum Records)


CATHERINE CHRISTER HENNIX – Solo for Tamburium
(Blank Forms Editions)


GREG FOAT & ART THEMEN – Off-Piste
(Athens Of The North)


PAAVOHARJU – Yön Mustia Kukkia
(Fonal Records)



IVAN THE TOLERABLE – Black Water/Brown Earth
(Up In Her Room)
IVAN THE TOLERABLE – Under Magnetic Mountain
(Library Of The Occult)


LIL UGLY MANE – Singles
(Fashionable Death)


ROD MODELL & TAKA NODA – Glow World
(13)


ENSLAVED – Heimdal
(Nuclear Blast)


YALLA MIKU – Yalla Miku
(Bongo Joe)


TAKASHI KOKUBO & ANDREA ESPERTI – Music For A Cosmic Garden
(WRWTFWW Records)


LARS FREDRIK FRØISLIE – Fire Fortellinger
(Karisma Records)


ELISABETH KLINCK – Picture a Frame
(Hallow Ground)


FLORA YIN-WONG – Cold Reading
(Modern Love)


HERLOVEBEHEADSDAISIES – Carving Initials


MARCO BALDINI – Vesperi
(Another Timbre)


ROMANCE & DEAN HURLEY – River Of Dreams
(Ecstatic)


AROOJ AFTAB, VIJAY IYER, SHAHZAD ISMAILY – Love In Exile
(Verve Records)


COLIN STETSON – When We Were That What Wept for the Sea


CONNOR CAMBURN – 00U0U_akhnQkunEcw_0CI0pI_600x450
(Pentiments)


CICADA – 棲居在溪源之上 Seeking the Sources of Streams
(Wind Records)


JULES REIDY – Trances
(Shelter Press)


THEE OH SEES – Intercepted Message
(In The Red Records)
