













ARIELLE SOUCY – Il n’y a rien que je ne suis pas
(Bonbonbon Records)
Le disque québécois de l’année… Un chef d’oeuvre de douceur enveloppante, de volupté, de mélancolie automnale sublimée. Le genre d’album qui te révèle son miracle petit à petit, au fil des écoutes (quasi spirituelles), t’habitant un peu plus à chaque fois, jusqu’à devenir une sorte de spectre (bienveillant) qui t’accompagne au quotidien, au travers des joies, des peines, des journées resplendissantes ou grises, des nuits contemplatives, des matins mourants… Folk hanté, naturaliste et minimaliste qui va direct à l’âme. Arrangements féériques, mélodies imparables et textes magnifiques qui révèlent une auteure d’exception… dont la plume n’a pas fini de nous faire vivre du beau, du chavirant et du profond. Avec ce premier album magistral, je peux vous dire qu’Arielle Soucy appartient déjà à cette caste d’artistes folk qui touchent au divin… Elle est là, dans le firmament, siégeant auprès de Vashti Bunyan et de Ichiko Aoba.


ALBUM – Portrait de l’artiste
(Telephone Explosion Records)
Délicieusement confus et sybillin… perdu dans son indicible brouillard contrôlé, où co-habitent des cuivres-libellules surnaturalistes voletant ça et là, des ombres ricanantes qui tapissent les murs vermeils, des fantômes jazz-noctambules et un homme en costard qui se tient dans un coin de la pièce chimérique – l’homme en costard de suie a une tête de cheval et il fume des cigarettes en peau humaine… Toujours ce sentiment d’être un funambule sur une corde invisible ; d’un côté le rêve et l’autre, le cauchemar… Les réminiscences opiacés d’un film noir expérimental qui n’a jamais existé… Chaque seconde (grisante) est une nouvelle perte de repère. On se demande comment telle musique peut exister et alors qu’on la laisse nous envahir, on finit par se demander si on existe nous-même…


COSMOPHONE – Feu Toi, Feu Moi
Un gigantesque album de pop atmosphérique électro-interstellaire avec des arrangements de cordes grandioses, des musiciens hors pair, une fabuleuse chanteuse qui peut absolument tout faire avec son organe vocal hallucinant, des textes superbement écrits et une prod absolument orgiaque. Un disque qui réussit le délicat pari d’être à la fois majestueusement épique et ultra personnel-intimiste.


CONOR NICKERSON / GREENPLANT – morning in the park
Ce disque est une trouvaille récente (milles mercis sieur Charest-Latif !!!) mais fut un ÉNORME coup de coeur, d’où son positionnement dans ma liste. De douces improvisations à la guitare enregistrées au parc Maisonneuve fin mai/début juin 2022, avec tous les sons ambient (chants d’oiseaux, avions et sirènes distantes)… Puis s’ajoutent à cela flûte, clarinette, quelques samples et synthés ; que Conor a enregistré de retour à son appartement… Le résultat ? Une merveille planante, naturaliste, new age-esque, minimaliste. Le genre de parfait « lazy Sunday morning record » à savourer avec un bon café ou encore la trame sonore idéale pour une marche en forêt sous un Soleil bienveillant.


POPULATION II – Électrons Libres Du Québec
(Bonsound)
Criss de grosse année pour le rock psychédélique québécois qui continue de vivre un revival assez splendide merci. Mais de toutes les parutions du genre en 2023, c’est le nouvel opus de Population II qui se dresse au-dessus de la pile, bien fièrement. Juste un orgasmique disque de psych moderne avec des chansons absolument énormes, des musiciens en maitrise totale et en symbiose absolue. Les populeux (exposant deux) vous ferons fondre la matière grise avec délice grâce à leur audacieux mélange de Heavy Psych, de Krautrock, de old school Heavy Metal et de Jazz-Funk-Rock. Groovy jusqu’à plus soif.


ISABELLE CLERMONT – Devenir paysage
(Les Cassettes Magiques)
Artiste visuelle audacieuse, doctorante en arts de la scène et de l’écran, multi instrumentiste ubiquiste, compositrice/créatrice de paysages sonores hallucinés, improvisatrice chevronnée, membre du collectif Tendancielle et du GGRIL… Et oui, la trifluvienne Isabelle Clermont est polyvalente, polymorphe, curieuse et touche-à-tout. Et ça, on le ressent au travers de l’écoute chavirante de « Devenir Paysage », disque impérieux (mais lisse) nous proposant un voyage sonore des plus surréalistes, au travers duquel sont distillés les spectres du dark ambient, du classique contemporain, de la techno minimale, du drone, de la musique concrète ; avec (en prime) de délicieux field recordings tapissant notre conduit auditif gorgé d’extase secrète. Un voyage dont vous ne reviendrez pas bredouille. Le genre de disque qui ne peut laisser personne indifférent.


N NAO – L’eau et les rêves
(Mothland)
Hey toi ! Ça te dirait de vivre un intense (INTENSE) moment de ravissement et d’émotion totale/brute qui va te chavirer ton petit être chétif au grand complet et qui va te secouer l’âme tel un cocotier… puis te renverser (avec délice) le cortex et le remplir d’un ailleurs fantasque, idyllique, surnaturaliste ; une dimension parallèle à la nôtre, où tout est plus pur et limpide ? Ça te dirait de voir le Soleil se lever sur la nuit qui tombe ? ET BIEN : J’ai l’album pour toi. Mais je t’avertis : c’est plus qu’un disque ce truc. Beaucoup plus. C’est un fantôme dream pop bienveillant qui plane au travers de ton entité corporelle. C’est un vent folk cosmique/extra terrestre qui te caressera tous les sens en même temps. C’est une drogue douce et agréablement hallucinogène. C’est le bonheur et la mélancolie enchevêtrés ; sorte de Saudade post-moderniste qui te fera un bien fou fou fou. Tu pleureras de joie à l’écoute du chef d’oeuvre de N NAO.



TOTENBAUM TRÄGER – Neon Flowers
(Samizdat Records)
TOTENBAUM TRÄGER – Perennials
(Cuchabata Records)
Quand la musique devient rêve et frémissement mystique… Quand tu sens tous les malins petits poils de ton entité corporelle se hérisser ; te révélant alors que cet autre monde vert est possible (tu sais, celui qu’Eno avait jadis évoqué)… Quand les sons se répercutent en toi, deviennent un espèce de mantra végétal-électrique-opiacé-carburant-l’impossible, te liquéfiant sur place, dans un contentement des plus complets et célestes… Un aller simple (et floral) vers le monde onirique d’un des plus grands architecte sonore de notre vivifiante scène musicale.


PHILIPPE BRACH – Les gens qu’on aime
(La Maison Fauve)
Il ne faut jamais douter de sieur Brach. Je pensais dur comme fer que notre homme ne pourrait pas surpasser « Le Silence des Troupeaux » (grandiose et magistral disque). Et BANG : il te sort ce truc ! Un condensé (d’extase) de tout ce qui fait de Brach un chanteur/compositeur/parolier merveilleux mais qui va encore plus loin dans le truculent et qui prend des détours inattendus et fascinants (comme cette reprise neurasthénique du « Oh Canada »). Des orchestrations somptueuses viennent ici colorer la folk-psych-pop-baroque du troubadour d’une bien singulière façon ; sans jamais dénaturer le côté très personnel des compos… « Les gens qu’on aime », c’est du dépouillé grandiloquent comme il ne s’en fait pas ailleurs. Le meilleur album de Philippe Brach, du moins jusqu’au prochain.


VANILLE – La Clairière
(Bonbonbon Records)
Après nous avoir ravi les tympans avec un (excellent) premier album très yé-yé meets shoegaze, Vanille remet les couverts avec ce second opus (presque) complètement différent. On a quitté la ville pour s’enfoncer dans un sous-bois brumeux et fantasmagorique. Inspirée par la folk baroque/psych britannique de la fin des années 60, la chanteuse nous offre ici un ravissant cycle de chansons champêtres et intimistes, avec des arrangements féériques (mais jamais over-sirupeux) et des textes aussi mélancoliques qu’abstraits. Vu la facilité quasi-déconcertante que possède Vanille à se réinventer avec brio (et maîtrise, il faut le souligner), j’ai très hâte de voir vers quel univers sonore elle se tournera pour son prochain disque… Aurons-nous doit à un album Kraut-Rock de Vanille ? Ambient ? Black Metal ? IDM ? En tout cas, tout cela fait rêver, tout comme « La Clairière ».


YOCTO – Zepta Supernova
(Duprince / Requiem Pour Un Twister)


MARIANNE TRUDEL – À pas de loup, Quiet sounds for a loud world
(Productions Marianne Trudel)



JIMMY HUNT – Royaume
(Bravo Musique)
JIMMY HUNT – Gros-bec


RENARD BLANC – J’ai Vu Le Soleil Mourir Et La Lune Le Pleurer
(Folivora)


RÉSERVOIR – La pêche aux ondines
(Jeunesse Cosmique)


LUNE TRÈS BELLE – Ovale
(Boiled Records)


BLANCHE BAILLARGEON – Le nid



ITHILDIN – Arda’s Herbarium: A Musical Guide to the Mystical Garden of Middle-Earth and Stranger Places – Vol. IV & Vol. V
(Voices Of The Ainur)


NÜSHU – Nüshu
(Distribution Amplitude)


PERSÉIDE – Les couleurs d’été
(Disques Dure Vie / Les Cassettes Magiques)


MAUD EVELYNE – Préfontaine


VIOLETT PI – Baloney suicide
(L-A be Let Artists Be)


HELENA DELAND – Goodnight Summerland
(Chivi Chivi)



BRÛLEZ LES MEUBLES – Tardif
(Tour de Bras)
XAVIER CHARLES & ÉRIC NORMAND – Balises
(Tour de Bras)


CRABE – Visite du temple inné


DOUBLE DATE WITH DEATH – Portraits
(La Shoebox)


POURPRE – Pourpre


KLÔ PELGAG, JOSEPH MIHALCEAN, SAMUEL GOUGOUX – Sieste sur l’oreille droite
(Secret City Records)


LA SÉCURITÉ – Stay Safe!
(Mothland)


PHILIPPE B – Nouvelle administration
(Bonsound)



LYSANDRE – Série I & II: Les heures innocentes


PEACHES IN BLACK – Volume I
(Cuchabata Records)


OFF WORLD – 3
(Constellation)


TEKE::TEKE – Hagata
(Kill Rock Stars)


CE QUI NOUS TRAVERSE – Particules Sainte-Barbe
(Kingfisher Bluez)


HIPPIE HOURRAH – Exposition individuelle
(Simone Records)


TERNET – ternet
(Jeunesse Cosmique)


FUUDGE – …qu’un cauchemard devienne si vrai
(Folivora Records)


LAURENCE-ANNE – Oniromancie
(Bonsound)


PATCHE – Patche
(Popop)


L’INDEX – Échos miroirs
(Les Cassettes Magiques)


SOLIPSISME – Labyrinthologie
(Folivora Records)


ALEX BURGER – Ça s’invente pas
(Duprince)


CHLOÉ JARA-BUTO – L’année du Lapin


RED MASS – Vol.3 Memento Mori
(Cuchabata Records)


ELISAPIE – Inuktitut
(Bonsound)


KEITH KOUNA – Métastases
(Duprince)


ATSUKO CHIBA – Water, It Feels Like It’s Growing
(Mothland)


MALAIMÉ SOLEIL – Tempête
(Folivora Records)


KARKWA – Dans la seconde
(Simone Records)
