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Group Inerane – Guitars From Agadez (Music of Niger)

Année de parution : 2007
Pays d’origine : Niger
Édition : CD, Sublime Frequencies – 2007
Style : Tishoumaren, Psych

Sahara psychédélique nocturne. Prise de son crue en « live » (tel un field recordings) avec des amplis qui saturent quasi-constamment. Deux guitares électriques (dans les mains agiles de Bibi Ahmed et d’Adi Mohamed), une batterie ultra minimaliste (Abubaker Agalli D’Amall) et 4 voix féminines en extase, qui hululent sous l’astre noctambule. Juste ça et ça te tisse des merveilles primaires, aux sonorités acides et rêches ; des « morceaux-jams » hypnotiques dans lesquels s’entremêlent le garage rock psychédélique, le folk, le blues et les traditions musicales tuareg ancestrales. Et tout cela est tellement VIVANT. Rien à voir avec certains enregistrements de musique world (j’aime pas ce terme drette en partant) rendus aseptisés par une prod trop lisse. On savoure ici la pleine énergie des musiciens en transe, comme si on y était nous aussi (dans les rues festives d’Agadez), avec ce public qui crie, chante, danse, rit, en communion totale avec la musique.

Si vous aimez Tinariwen (moi aussi d’ailleurs) mais que vous voulez quelque chose de plus brut, quelque chose d’indompté, quelque chose qui vous transporte COMPLÈTEMENT là-bas, ce disque du Group Inerane est, au même titre que ceux du Group Doueh, un passage obligé. Un EXCELLENT disque de Tishoumaren.


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The Field – From Here We Go Sublime

Année de parution : 2007
Pays d’origine : Suède
Édition : CD, Kompakt – 2007
Style : Minimal Techno, Tech House, Ambient Techno, Trance, Microhouse

Survoler l’Antarctique dans un X-15 en verre limpide ; le Soleil noyant toutes visions dans son irradiance veloutée. Destination : Dieu.


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Panda Bear – Person Pitch

Année de parution : 2007
Pays d’origine : États-Unis
Édition : CD, Paw Tracks – 2007
Style : Collage surréaliste, Psychédélique, Surf Pop, Sunshine Pop, Ambient, Exotica, Disque expérience

Bonjour / Good Morning chers passagers. Vous pouvez déboucler vos ceintures en laine minérale et ornées de fleurs hawaïennes. Vous êtes arrivés à destination : le cerveau de Brian Wilson pendant les enregistrements chaotiques de « Smile » première mouture (n’oubliez pas votre casque de pompier !!!)… Noah Lennox est votre sympathique pilote mais il préfère vous avertir : il y avait du LSD dans tous les articles du menu servi à bord (oui ! même dans le « sans gluten » !). Si vous vous disiez justement que ça brillait drôlement dans votre champ de vision (en plus des zèbres qui explosent en firmaments laiteux et des ours chapeautés de FEZ multicolores et jouant du glockenspiel avec une ferveur toujours renouvelée), vous en connaissez maintenant la raison !

Percussionniste et chanteur du groupe Animal Collective, Noah (alias l’Ours Panda) livre son deuxième album solo en la forme de ce « Person Pitch » psychédéliquement vôtre. Ce disque est un sale trip, mes amis. Un genre de croisement contre-nature entre « Martine à la plage » et « 2001 Space Odyssey », avec en prime (et pour le même prix !) un peu de ukulélé pour les amateurs. Ou si vous préférez : c’est un pique-nique embrumé sur une plage interstellaire (et bordée par une mer d’astéroïdes) où dansent des chamans habillés de toges en diamants. Et au loin, on entend d’irréels chants de baleines fantômes s’entrechoquant au scintillement sonore des étoiles. Je sais… il n’y a pas réellement de sons dans l’espace. Mais « Person Pitch » est loin d’être réel. C’est plutôt un beau rêve dont on se réveille armé d’un sourire de défoncé mental et dont on à peine à se rappeler les moindres détails. On sait juste que c’était plaisant et positif. Et qu’on aurait donc le goût de manger 18 toasts sur un restant de braises de feu de camp.

Basé à 90% de samples diverses, l’oeuvre se veut un hommage ambiant-maximaliste à la Beach Muzik des années 60. Ce n’est pas un album à écouter en faisant votre vaisselle ou en faisant le ménage de votre chaumière (à part si vous accordez des qualités lysergiques à ces tâches ménagères… et là, je vous trouverais encore plus bizarroïdes que moi). L’écoute se fait mieux alors que votre postérieur est solidement posé sur un divan moelleux ou même dans votre lit, dans un état semi-comateux (avec l’apport non négligeable de bons écouteurs). Et là, vous entendrez la magie s’opérer. Et vous aussi, vous serez porté par ces guitares apaisantes, ces xylophones sucrés, ces chants électro-grégoriens, ces percussions tribales branchées sur un voltage très approximatif, ces synthés dérangés, cette voix qui se permute en milles et unes galaxies bruitatives… Et vous tomberez en amour avec cette ambiance cosmique totalement unique.

Un album à ranger à côté de « California » de Mr. Bungle et bien évidemment, « Pet Sounds » des Beach Boys.


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