Agonies Célestes, Mixtapes

Agonies Célestes – Épisode 3

Caves humides, forêts millénaires, montagnes enneigées, cachots, tempêtes de neige cosmiques, légendes brumeuses, déchéances et triomphes, vestiges et chaos, tristesse et déchéance, esprits anciens ricanant dans leurs tours décrépites, hurlements dédiées aux éléments et à l’ébène, poussière charriée par les vents funestes, tombeaux maudits et oubliés, charniers avariés, glaives tendus, faune gémissante, sorcellerie et châtiments, chimères impossibles…

Tracklist:

  1. Forgotten Woods – Eclipsed
  2. Deogen – Imposition of Adversarial Scorn
  3. The Ruins of Beverast – Soliloquy of the Stigmatised Shepherd
  4. Gehenna – The Shivering Voice of the Ghost
  5. Sanguine Relic – A View from Cursed Grounds
  6. Lamentation – Transilvania (Land Beyond Eternal Black Forests)
  7. Collier d’Ombre – Necklace of Shadow: Noose Constellation Singed Flesh
  8. Sorcier des Glaces – Snowland
  9. Drudkh – Wind of the Night Forests
  10. Glog – Ice Troll Cave
  11. Lunar Spells – Moonlight’s Depths
  12. Paysage d’Hiver – Offenbarung
  13. Hermit Knight – Beneath the Tower of the Silent Twins
  14. Véhémence – Épopée – Par le sang versé
  15. Immortal – Pure Holocaust
  16. Trolldom – Avtryck i Tiden Vavens Sista Stycke
critiques

Summoning – Dol Guldur

Année de parution : 1997
Pays d’origine : Autriche
Édition : CD, Napalm – 1997
Style : Black Metal Atmosphérique, Dungeon Synth, Black Metal Symphonique

Ça ne devrait pas fonctionner… Non. Ces synthés nineties tout simplistes qui se veulent pourtant grandioses et porteurs de symphonies fantasmatiques. Cette batterie programmée cheap à l’os. Le côté hyper répétitif et monotone des morceaux. Et pourtant… pourtant… Bordel que ça marche ! Avec ce troisième album longue-durée, les Autrichiens de Summoning livrent selon moi leur plus belle offrande discographique (du moins, à ce jour). Tous les éléments sonores kitschouilles évoqués ci-haut s’enchevêtrent à merveille à ce Black Métal atmosphérique racé en diable. Le résultat final est proprement bluffant. Bienvenue sur la Terre du milieu et plus précisément, bienvenue à Dol Guldur, la « Colline de la Sorcellerie » ; forteresse de ce cher Sauron (au sud-ouest de la Forêt Noire).

Parce que oui, les gars de Summoning sont des fans finis de Tolkien et de sa cosmogonie. Dans le beau monde du Métal (et du Dungeon Synth, accessoirement), on retrouve un nombre assez élevé de formations qui ont été grandement influencés par la bibliographie colossale de John Ronald Reuel. On peut citer Black Sabbath, Cirith Ungol, Burzum, Amon Amarth, Blind Guardian et Gorgoroth… Mais aucun de ces groupes n’a réussi à capturer aussi bien l’essence même de l’univers de Tolkien que Summoning… L’entièreté de leur discographie est dédiée au monde fantastique dépeint par l’écrivain britannique.

L’oeuvre de Tolkien est maximaliste et épique. Le territoire décrit est immense et disparate… Villages idylliques, montagnes aux cimes enneigés, grottes/cavernes ténébreuses, châteaux fortifiés, forêts mystérieuses, marécages brumeux, landes dévastées… Les personnages (provenant de différentes races) sont légion. Les intrigues les concernant sont fabuleuses et rocambolesques.

Pour illustrer tout cela avec des sons, cela prenait bien évidemment une musique tout aussi maximaliste/épique. Et Summoning n’avait pas vraiment les moyens de leurs ambitions… Qu’à cela ne tienne ! Les claviers deviendront la matière première des rêves les plus fous. Ils se feront tantôt trompettes victorieuses, tantôt choeurs austères. Ils invoquent les cordes, les cuivres, les instruments à vent, les clochettes, l’orgue et le piano. Bref, il y a ici du synthé. ÉNORMÉMENT de synthé. C’était un pari risqué. Ils auraient pu tellement se planter. Je me répète mais : que nenni ! C’est une réussite totale. OUI, c’est parfois très niais et même rigolo… mais bordel qu’on y croit et qu’on se laisse transporter remarquablement facilement par cette musique éthérée/onirique jusqu’à la moelle.

Au programme : la visite de la sombre citadelle s’effectuera sous l’assaut des milles et uns claviers multicolores des deux acolytes (Silenius et Protector). Une voix black métallique très criarde s’ajoutera alors au tableau, elle même secondée par cette drum-machine martiale, cette basse monocorde et des guitares aussi mélodieuses que triomphales. Dans tout ça, on retrouvera aussi du Heavy Metal, de l’ambient tribal, du darkwave néo-classique, du néo-folk païen et un peu de la bande son de vos J-RPGS préférés (époque Super Nintendo). Bref, c’est la rencontre absurde et inespérée entre Mortiis, Burzum, Dead Can Dance, Richard Wagner, la trame sonore de Conan le Barbare, Nobuo Uematsu et Iron Maiden. Juste ça.

À part une intro tout ce qu’il y a de plus primaire (et qui pourtant, hantera longuement l’adolescent romantique que j’étais) et un autre interlude pianissimo à mi-chemin, l’album se décline en 6 morceaux monolithiques de plus de 8 minutes chacun. Ils sont tous excellents, pleins à rabord de cette ambiance chimérique qui occupait l’esprit de nos deux lascars mégalomanes. Le disque est long et se savoure sans heurt d’un bout à l’autre, avec délectation.

Je vous recommande fortement d’écouter l’album lors d’une longue marche forestière. Frissons et émois garantis. Et évidemment, en vous replongeant les yeux et l’esprit dans les pages du Seigneur des Anneaux. Et oui. Il n’y a pas que James Horner qui a réussi à illustrer parfaitement la Terre du milieu en musique.


Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :

Agonies Célestes, Mixtapes

Agonies Célestes – Épisode 2

Vos moribonds sont frais repassés (lombrics compris) ? Vous avez fait l’inventaire de vos haches de guerre ? Votre collection d’ossements humains est finalement classée comme il se doit ? Il est maintenant l’heure de vous offrir un délicieux moment de détente avec ce deuxième épisode d’Agonies Célestes, qui, encore une fois, vous entraînera dans le monde fascinant et polymorphe du Black Metal (à toutes les sauces), avec de sympathiques interludes de synthé donjonné.

Tracklist:

  1. Ulver – Capitel I: I troldskog faren vild
  2. Departure Chandelier – Forever Faithful To The Emperor
  3. Satanic Warmaster – The Vampiric Tyrant
  4. Trolldom – Ur Nattsvart Dimma, Mot Mossens Mörka Vatten
  5. Fogweaver – The Shores of Selidor
  6. Odz Manouk – I Will Crush To Marrow This Crow Of Ill
  7. The Gloomy Radiance Of the Moon – As Quelling Light Devours All
  8. Mütiilation – Tears of a Melancholic Vampire
  9. Umbria – Ruins Of The City Among The Clouds
  10. Gris – Le Gala des gens heureux
  11. Mistcavern – Towards The Eclipse
  12. Ildjarn – Whispering Breeze
  13. Yearner – Silent Nocturnal Snowfall
  14. Graveland – Raise the Swords
  15. Wulkanaz – Aggwiz Agisiz
  16. The Great Old Ones – The Ritual
  17. Μνήμα – Cursing The Eternal Night
15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 6 – Neige et Noirceur

Pour la 6ème édition des « 15 Fréquences Ultimes », j’ai le plaisir de vous présenter les sélections de sieur Spiritvs, seul maître à bord d’un des projets de Black Metal les plus légendaires et prolifique au Québec. J’ai nommé : Neige et Noirceur.

J’écoute sa musique depuis plus de 10 ans et je le considère, à juste titre, comme un des pionniers de ce qu’on pourrait considérer comme la seconde vague BM québécoise. Ce fut donc pour moi un véritable honneur de me plonger le tympan dans ses influences ; dans ces pièces qui l’ont accompagné et qui ont, en quelque sorte, aidé à façonner le son si unique de Neige et Noirceur.

Bonne écoute !

Tracklist:

  1. Empyrium – When Shadows Grow Longer
  2. Ulver – Capitel I: I Troldskog Faren Vild
  3. Satyricon – The Dawn of a New Age
  4. Darkthrone – Circle the wagons
  5. Cradle of Filth – Cruelty brought the orchids
  6. My Dying Bride – Sear me MCMXCIII
  7. Borknagar – The Dawn Of The End
  8. Paysage d’Hiver – Moloch
  9. Drudkh – The First Snow
  10. Summoning – A New Power Is Rising
  11. Agalloch – …And The Great Cold Death Of The Earth
  12. Black Sabbath – Solitude
  13. Blood Ceremony – The Hermit
  14. Opeth – Windowpane

Vous pouvez suivre et encourager Neige et Noirceur sur la page Bandcamp du projet ou encore sur Facebook.