15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 23 – Meggie Lennon

Sounds From Your Lips, premier album de la montréalaise Meggie Lennon (paru sur la superbe étiquette Mothland), demeure un des de mes plus beaux moments d’extase musicale des dernières années… Enchevêtrant avec une folle adresse pop baroque, dream pop, néo-psych, electronica et indie rock (le tout sublimé par une prod chaleureuse et ample), Meggie a livré un disque estival irrésistible et addictif au possible. J’en parlais à notre bon Guillaume récemment et en bon fanboys que nous sommes, nous attendons tous deux la suite avec impatience !

Pour sa participation aux 15 Fréquences Ultiiiiiimes, mamzelle Lennon nous pond une mixtape à l’image de sa musique ; hyper variée mais hyper-cohérente. C’est une mixtape planante qui accompagnera vos road trips de cet été à merveille (mais écoutez là quand même maintenant là !!!). En ouverture, on y retrouve le Néo-Brunswickois préféré des petits et grands (j’ai nommé Mort Garson, figure de proue du space-ago pop et du Moogsploitation), puis après on s’en va au pays des rêves électroniques avec monsieur Harrison et le downtempo-space-prog de Air… S’ensuit des ravissants moments de pop baroque avec Weyes Blood et Beck à son plus Gainsbourgien… Puis, détour chez les génies de la prod (Murphy et Parker) pour deux énormes morceaux. On fait une petite pause détente sous le Soleil d’Hiver de Niagara et on poursuit notre périple indie-psyché-licieux qui aboutit sur une des meilleures pistes de Beach House (quel bon choix !).

Un gigantesque merci à Meggie pour sa participation enthousiaste ! Si vous aimez cette mixtape (spoiler alert : c’est impossible de ne pas l’adorer), allez tout de suite vous mettre Sounds From Your Lips dans l’tympan (et que ça saute !!!).

Tracklist:

  1. Mort Garson – This Is My Beloved
  2. George Harrison – Red Lady Too
  3. Air – Bathroom Girl
  4. Weyes Blood – Generation Why
  5. Beck – Lonesome Tears
  6. LCD Soundsystem – New York, I Love You But You’re Bringing Me Down
  7. Tame Impala – ‘Cause I’m A Man
  8. Niagara – Soleil d’Hiver
  9. Mac DeMarco – My Kind of Woman
  10. Unknown Mortal Orchestra – So Good At Being in Trouble
  11. Andy Shauf – Quite Like You
  12. The Beatles – Across The Universe
  13. MGMT – Siberian Breaks
  14. Department of Eagles – No One Does It Like You
  15. Beach House – Silver Soul

Quelques liens pour entendre/suivre Meggie Lennon:
Bandcamp – Meggie Lennon
YouTube – chaîne de Meggie Lennon
Instagram – Meggie Lennon
Soundcloud – Meggie Lennon
Apple Music – Meggie Lennon
Page d’artiste sur Mothland
Page Facebook – Meggie Lennon

critiques

Slowdive – Just For A Day

Année de parution : 1991
Pays d’origine : Royaume-Uni
Édition : 2 x CD, Cherry Red – 2010
Style : Dream Pop, Shoegaze, Gothic Rock, Ambient Pop, Ethereal Wave

Vous voulez comprendre toute la magie de Slowdive ? Écoutez « Catch The Breeze », troisième morceau de leur premier album Just For A Day. Il y a un moment vers la fin de cette piste miraculeuse où la brise évoquée semble arriver soudainement comme un vent contraire par l’entremise de ces entrelacs de guitare dream-psych-en-apesanteur, irradiant de lumière diaphane la lande, perçant les ténèbres environnantes. On est alors submergé par cette vague d’émotions contradictoires : la joie opulente qu’est celle de tout mélomane féru vivant un de ces plus beaux orgasmes sonores, la nostalgie profonde d’un ailleurs imaginaire et révolu, la tristesse de constater que ce moment de beauté fugace ne durera pas éternellement… Sentir mourir l’été en soi et accueillir l’automne en son coeur. Cette dernière minute et demie de « Catch The Breeze » réussi à nous faire vivre cela. Et c’est BEAU.

Ce groupe de Berkshire, je l’aime d’amour. Il m’accompagne depuis longtemps, fidèle compagnon de route lors des marches en nature, des ballades paresseuses en bagnole du dimanche après-midi ou tout bonnement là, dépassé minuit, dans mon bureau, comme tapisserie sonore chimérique alors que je tente tant bien que mal (encore une fois) de trouver les mots justes pour parler de quelque chose qui me touche au plus profond de mon être… quelque chose qui se suffit à soi, qui habite en moi depuis la post-adolescence (période idéale pour découvrir Slowdive) et qui sera toujours partie intégrante de ma petite personne.

Ce premier disque de Slowdive n’atteint pas les sommets vertigineux de leur second (l’incroyable Souvlaki), ni la perfection minimaliste de leur troisième (le très sous-estimé Pygmalion), ni même la maîtrise et la maturité de leurs albums post comeback. Mais c’est le plus honnête et le plus brut. Une oeuvre de jeunesse quasi-parfaite, où l’émotivité est à fleur de peau, où tout est encore à dire et à faire, où l’on se cherche majestueusement dans une mer de sons en pleine évolution, distillant des influences diverses : le goth-rock des Cure et de Siouxsie & The Banshees, la jangle-pop romantique douce-amère des Go-Betweens, la pop rêveuse et paradisiaque des Cocteau Twins, le génie mélodique des Byrds, le post-punk noisy des Jesus & Mary Chain, le psychédélisme des Spacemen 3, le post-rock des derniers Talk Talk et aussi la révolution Shoegaze que My Bloody Valentine a proposé…

Mais dès le départ, Slowdive n’est pas My Bloody Valentine. Slowdive est intérieur, intimiste, discret, personnel, séraphique. MBV c’est le côté bruyant et architectural du Shoegaze. Slowdive c’est le revers vaporeux et contemplateur. Pour utiliser un comparatif assez boiteux, MBV, c’est Debussy alors que Slowdive, c’est Satie (à qui ils rendent hommage de belle façon d’ailleurs sur ce disque, en la forme de l’instrumental « Erik’s Song »).

L’album regorge de petits miracles. Écoutez moi ce « Spanish Air » en introduction… Une obsédante lamentation pop ambient portée par ces harmonies vocales nocturnes de Rachel Goswell et Neil Halstead. Ça monte tout doucement dans la nuit sibylline, avec cette batterie en forme de « marche militaire éplorée » et ces claviers qui rappellent les meilleurs moments de Disintegration du Remède. Puis il y a « Ballad of Sister Sue », triste comme les pierres, avec ses vocaux parfois à peine audibles (sauf pour le refrain plein d’amertume). « The Sadman » nous hypnotise avec ses effets de pédales, ses entrechats guitaristiques reverb-licieux et ses murmures Goswell-iens. Et la pièce de clôture, « Primal », épique et aérienne, est un des plus grands morceaux du groupe. Après une lente montée vers des cieux surnaturalistes, l’on se perd dans des méandres nuageux-électriques, fusionnant avec l’azur, oubliant tous les soucis terrestres un moment. Quelle finale parfaite.

À noter que cette version ici chroniquée est celle qu’il vous faut parce ce qu’elle propose un deuxième CD tout aussi essentiel que l’album en tant que tel. Il s’agit de (presque) tout le matériel que Slowdive a enregistré avant et un peu après Just For A Day : EPs, singles, Peel sessions, versions alternatives… Et comme il n’y a rien (ABSOLUMENT RIEN) à jeter dans le répertoire de nos lascars, on en a pour notre argent. On découvre un versant plus expérimental de la troupe sur les deux instrumentaux « Avalyn » (ravissants). Et aussi un côté plus bruitatif/saturé sur d’autres pistes. L’aspect « goth » est souvent plus présent. Mention spéciale à la reprise de Syd Barrett (« Golden Hair ») qui me donne la chair de poule à chaque écoute.


Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :

15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 9 – Philippe Larocque (Mothland)

Pour ce 9ème épisode des 15 Fréquences Ultimes, les Paradis Étranges ont l’insigne honneur de vous présenter les sélections du très sympathique Philippe Larocque (homme à tout faire et mascotte chez Mothland, programmateur à DISTORTION, DJ Flâneur, faiseux de playlists jouissives… bref un homme occupé !).

Au programme de sieur Larocque, on retrouve du rock alternatif à toutes les sauces (du grunge au post-punk, en passant par le lo-fi), du no wave, du glam-emo-punk, du Jumeaux Cocteau, du Boom Bap, du dub, de la darkwave industriellement MORTE, du power pop, du garage rock et les grands chansonniers irréductibles que sont Dylan et Cohen.

Bonne écoute à tous et à toutes, où que vous soyez (mais particulièrement à ceux qui sont présentement en Papouasie Nouvelle-Guinée) et un gros merci à Phil d’avoir été patient pour la publication de sa mixtape !

Tracklist:

  1. My Chemical Romance – The Sharpest Lives
  2. Nirvana – You Know You’re Right (Home Demo)
  3. Bob Dylan – Rainy Day Women #12 & 35
  4. Moldy Peaches – Steak For Chicken
  5. Jay Reatard – No Time
  6. The Replacements – Answering Machine
  7. The Cure – Cold
  8. Lingua Ignota – DO YOU DOUBT ME TRAITOR
  9. Cocteau Twins – When Mama Was Moth
  10. Rowland S Howard – Sleep Alone
  11. Ezra Furman – Come Here Get Away From Me
  12. Leonard Cohen – Dress Rehearsal Rag
  13. Linton Kwesi Johnson – Five Nights Of Bleeding
  14. De La Soul – Eye Know
  15. Teenage Jesus & The Jerks – I Woke Up Dreaming

Vous pouvez suivre et encourager Phil sur son Instagram et vous vous devez d’ajouter le site web de Mothland et leur Bandcamp à vos favoris !!! Tout ce que Phil et ses merveilleux acolytes sortent vaut la peine d’être entendu !