15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 14 – Larynx

Celui que mon collègue Guillaume a déjà surnommé « l’homme le plus sympathique de la province » nous fait l’honneur de participer aux 15 Fréquences Ultimes avec ce 14ème épisode abracadabrant. Vous l’avez aimé au sein de Rust Eden. Vous avez vanté ses mérites en tant que guitariste d’Helena Deland. Vous vous êtes somptueusement régalé, tout comme nous, avec son album solo « Applaudissez, bande de chameaux » paru l’année dernière (un des TRÈS bons albums québécois récent ; il est nécessaire de le rappeler !). C’est maintenant l’heure de déguster les influences musicales et pièces favorites de Larynx au travers de cet épisode lumineux et dantesque !

Vous retrouverez les sympathiques commentaires de l’homme à propos de chaque pièce plus bas.

Bonne écoute les amis (y compris les casiers postaux implosifs).

Tracklist:

  1. King Crimson – I Talk To The Wind
  2. Elliott Smith – Strung Out
  3. Blur – Beetlebum
  4. Gentle Giant – So Sincere
  5. Jesuslesfilles – Parasol
  6. Pierre Vassiliu – Qui c’est celui-là ?
  7. Paolo Conte – Sparring Partner
  8. Catherine Leduc – Good Eye
  9. Pure Carrière – Fièvre
  10. Air – Cherry Blossom Girl
  11. John Lennon – One Day (At A Time)
  12. Fred Fortin – Mélane
  13. Chocolat – So Sorry
  14. R. Stevie Moore – Play Myself Some Music
  15. Dave Berry – The Crying Game

Vous pouvez suivre et encourager Larynx sur sa page Bandcamp, son Instagram ou encore sa page d’artiste sur bonbonbon.

Commentaires de sieur Larin sur ses sélections :

15 chansons qui me dégercent la nuque, par Alexandre Larin

-I talk to the wind de King Crimson
La douceur et les harmonies de cette chanson me réconforte presqu’autant que la voix de ma mère.

-Strung out again d’Elliott Smith
Je viens de le découvrir sul tard et je capote. J’apprécie particulièrement l’album From A Basement On The Hill, son album postume. On dirait qu’il y avait vraiment un espace vide dans ma vie qu’Elliott Smith à remplis!

-Beetlebum de Blur
Un de mes groupes pref des 90’s. Une chanson qui m’est toujours restée dans la tête depuis un méchant bout!

-So Sincere par Gentle Giant
Simplement la chanson la plus érotique jamais écrite!

-Parasol de Jesuslesfilles
Je n’ai aucune protection émotionnelle devant cette magnifique toune. Ça me touche profondément!

-Qui c’est celui-là de Pierre Vassiliu
Wtf cette toune!? Un alien de la chanson française. Ça me mettra toujours un sourire au visage!

-Sparring Partner de Paolo Conte
Une autre toune qui me touche d’une façon nostalgiquo-merci! Du velour sur mes pensées.

-Good Eye de Catherine Leduc
Une grosse ballade touchante ça! L’album au complet est délicieux mais cette toune là en particulier me décrunch le cœur! Outch et miam!

-Fièvre de Pure Carrière
Le mood de celle là me criss en robe de nuit instantanément. J’ai l’impression de passer du temps de qualité aux chandelles à chaque fois que je l’écoute! Du bon miel Québécois?! Je trouve que oui!

-Cherry Blossom Girl de Air
Elle me suit depuis un bon bout! Je l’ai toujours gardé près de moi. Le mélange french touch mélancolique et tristounet me berce depuis 2004! J’me tanne pas.

-One Day (At A Time) de John Lennon
Elle a toujours accompagné mes hauts et mes bas. Encore un ti mood confortable et gentil comme je les aimes!

-Mélane de Fred Fortin
Il fallait en choisir une de Fred mais il y en aurait probablement une gang à lister qui sont bien encrés dans mon cerveau et dans mes baloches! Son “songwriting” me décriss tout simplement! En fait, Fred c’est un peu mon “life goal” comme artiste. Toujours resté un ti peu underground, il est super respecté par tout ses pers et il se permet plein de folie. Probablement mon best au Québec!

-So Sorry de Chocolat
Gros album et gros band que j’adore! La première fois que j’ai entendu Jimmy Hunt chanter ça m’a donné envie de chanter en français. Grosse influence dans la saveur rock et la créativité! Le dernier album est épique et parfaitement « edgy »!

-Play Myself Some Music de R. Stevie Moore
Super génie créatif ce mec! Les influences des Beatles et la production super low-fi donne une mélange tellement savoureux! J’adore ce vieux fucké!

-The Crying Game de Dave Berry
J’adoooore cette chanson! Très tragique et englobante encore une fois! J’aime beaucoup la version de Boy George aussi mais celle là (qui est l’originale) a un petit goût de revenez-y!

Voilà!!

critiques

Gentle Giant – Gentle Giant

Année de parution : 1970
Pays d’origine : Royaume-Uni
Édition : CD, Vertigo – 1990
Style : Rock Progressif

Dans le dictionnaire des genres musicaux, à côté de « rock progressif » il devrait y avoir une photo des membres de Gentle Giant. Selon moi, aucun groupe n’incarne aussi bien le genre dans toute sa globalité. Musiciens accomplis et amants d’art bruitatif de tous azimuts, ces Anglais réussissent dès ce premier album éponyme à faire évoluer le Rock (avec brio) vers d’autres sphères fascinantes en y greffant une tonne d’autres influences disparates : le folk, le jazz, le blues, la musique du Moyen-Âge et de la Renaissance, la musique celtique et le classique.

Écoutez moi juste le second morceau (« Funny Ways ») pour avoir un aperçu du vocabulaire sonore ahurissant de la troupe… À travers la même piste, on passe d’un folk de chambre automnal richement orchestré (avec de belles fioritures à la trompette !) à un jam psyché-proggy jazzy-licieux… et ce, sans crier gare. Le tout s’enchevêtre pourtant à merveille ; sans hésitation aucune. C’est là un des aspects qui fait la magie du Gentil Géant : des compositions hautes en couleurs, hyper variés et superbement maitrisés.

Un peu d’histoire avant de poursuivre : Gentle Giant est né des cendres de Simon Dupree and the Big Sound, un groupe qui oeuvrait initialement dans un rhythm n’ blues peu inspiré avant de prendre une tournure psychédélique avec le très bon single « Kites » (qui connu un succès mineur). Au sein de ce groupe évoluaient trois frères : Derek, Ray et Phil Shulman.

Après la fin de l’aventure « Dupree », les frérots Shulman s’allient avec deux nouveaux multi-instrumentistes : le claviériste-violoncelliste Kerry Minnear et le guitariste-flûtiste Gary Green. Le batteur Martin Smith (ancien collègue de Simon Dupree) les rejoint alors. Ça commence à faire du monde à la messe ! Et beaucoup d’instruments avec lesquels faire joujou… Les Shulman bros décident de se diversifier eux aussi : Derek s’entraîne au saxophone et à la flûte à bec. Ray à la basse et au violon. Puis Phil à la clarinette, à la trompette et au saxo (lui aussi).

Autre aspect vraiment génial : le groupe dispose de 3 chanteurs principaux. Derek, Phil et Kerry se partagent le rôle de frontman selon la pièce. Et vu le talent assez assourdissant des trois hommes pour l’art vocal, ils s’adonnent aussi à des harmonies vocales exceptionnelles (que les Beach Boys n’auraient pas renié).

Bref, on a 6 mecs au background musical très disparate… à titre d’exemple, Kerry Minnear a eu une formation classique. Gary Green, quant à lui, est un musicien de blues autodidacte. Et tout ce beau monde (provenant de divers champs gauches) vont pourtant rapidement réussir à gagner une cohésion d’écriture assez fabuleuse, ainsi qu’une chimie musicale presque inégalée.

Cela s’entend sur la pièce d’ouverture « Giant » qui, à l’instar d’un 21th Century Schizoid Man de King Crimson (dont le premier album est paru l’année précédente), réussit avec brio à nous faire basculer dans le petit monde si biscornu de la troupe. « Alucard » (« Dracula » à l’envers) nous montre le penchant schizophrénique-jazzy de nos comparses. Grand morceau sombre et opaque que voilà (mais pas moins fun pour autant !). « Isn’t it quiet and cold ? » est une petite perle beatle-esque qui nous montre bien la sensibilité pop de nos amis barbus. Du haut de ses 9 minutes, la pièce de résistance « Nothing at all » nous entraîne dans un blues mélancolique et automnal, avec quelques fulgurances Hendrix-iennes par ci par là. Très chouette morceau mais Gentle fera mieux niveau pièces fleuves par la suite. « Why Not ? » est une excellente piste Hard-Rock avec des passages de clavier entêtants.

Un magnifique premier jet qui pose les bases d’une des discographies les plus importantes de l’histoire de la musique progressive et… de la musique tout court.


Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :