Mon ami Simon Fortin est, à égalité avec Mathieu Barbe, ma BIBLE absolue en matière de musique gothique. Et il a eu la glorieuse idée de me soumettre cette sélection quasi-parfaite de pépites goth-rock, death rock, batcave, post-punk, coldwave, minimal wave, ethereal wave (et plein d’autres -wave), rockabilly, hardcore punk schizoïde, etc…
Un gros merci au magnifique et ténébreux Simon pour cette collaboration des plus sympathiques !
Bonne écoute à tous les squelettes de tamias ré-animés par la magie noire d’une sorcière polonaise incandescente répondant au doux nom de « Belzubasbatrich’rtazoum ».
Tracklist
Cinema Strange – Aboriginal Anemia
Christian Death – Skeleton Kiss: Fright
T.S.O.L. – Silent Scream
Radio Werewolf – Buried Alive
The Wake – Give Up
The Mob – I Wish
A Certain Ratio – And Then Again (12″ Version)
Death In June – Nothing Changes
The Candles Burning Blue – After My First Murder
Little Nemo – Empty House
Trisomie 21 – Il Se Noie
Tarantula Ghoul & Her Gravediggers – Graveyard Rock
Rudimentary Peni – Radio Schizo
Belgrado – Jeszcze Raz
Siiiii – Rictus
Der Fluch – Wenn Die Hexen Tanzen
Voodoo Church – Eyes (Second Death)
Sex Gang Children – Deiche
Grauzone – Ein Tanz mit dem Tod
Siekiera – Nowa Aleksandria
The Cure – Fear of Ghosts (Band Rehearsal)
Corpus Delicti – Twilight
Mephisto Waltz – Eternal Deep
The Snake Corps – « This Is Seagull…. »
Handful of Snowdrops – Gabrielle
Dream Affair – The Porter
Pink Turns Blue – Your Master Is Calling
Iron Curtain – The Condos
This Mortal Coil – Sixteen Days / Gathering Dust
Palissade – M’éloigner
Rozz Williams & Gitane Demone – Flowers
*Mixtape montée par Salade d’endives / sélections de Simon Fortin.
Que serait l’Halloween sans un peu de shock-rock grand guignolesque ? Cet album d’Alice Cooper (le groupe et non l’artiste solo) est possiblement mon préféré de cette troupe de joyeux bouffons de Phoenix, Arizona. Après leurs deux premiers albums méconnus enregistrés à L.A. auprès d’un certain Frank Zappa et qui s’inscrivent dans une mouvance beaucoup plus psychédélique, le groupe migre vers Detroit (Rock CITAY !) et commence à collaborer avec le producteur Bob Ezrin qui fera d’eux des stars du Hard/Glam Rock. L’album de transition « Love It To Death » (1971) annonce déjà la couleur. Ce « Killer », paru la même année, sera leur consécration.
S’inspirant fortement de groupes tels que The Doors, The Yardbirds, MC5, The Crazy World of Arthur Brown, The Stooges et (évidemment) les Stones, Alice Cooper évolue dans un rock d’inspiration garage/psych mais y ajoute une forte dose de théâtralité et de grandiloquence. On y retrouve aussi pas mal d’humour noir (comme traiter d’un sujet aussi grave que la mort infantile sur « Dead Babies » mais avec un sourire moqueur bien carnassier). Sur « Killer », on retrouve aussi de superbes arrangements de cordes, du saxo et autres cuivres puis des claviers (joués par Ezrin, qu’on peut compter comme membre à part entière de la bande). « Killer » réussit le pari risqué d’offrir une musique originale de grande qualité tout en étant hyper accessible et commercialement viable.
Le côté théâtral évoqué ci-haut est aussi renforcé par une présence scénique hors pair. Les costumes fantasmagoriques que revêt le chanteur Vincent Fournier (alias Alice Cooper) passeront à la légende et influenceront autant Kiss que David Bowie ou Peter Gabriel de Genesis. Voir un show d’Alice Cooper dans les jeunes années 70, c’était un party d’Halloween survolté et sur-vitaminé. Des couleurs grotesques, une ambiance rococo de mauvais goût et une musique archi entraînante.
Sur cet album s’alternent des compos rock sans prise de tête qui sont fortement efficaces (comme le two-punch opener « Under My Wheels » et « Be My Lover ») et des morceaux de bravoure dark psych comme le renversant « Halo of Flies » avec ses nombreux twists and turns, sa guitare bien acide, ses claviers biscornus, ses passages épiques avec des arrangements de cordes, sa rythmique percutante et son final rutilant à l’orgue digne des Doors. Une des plus grandes pièces d’Alice Cooper.
J’ai aussi un faible pour la suivante, « Desperado », qui se veut un hommage à Jim Morrison, récemment disparu à l’époque. La mélodie acoustique y est absolument magnifique et offre un contraste élégant aux moments plus agressifs de la piste. Les arrangements de corde sont, encore une fois, magistraux. Gros coup de coeur aussi pour le ci-haut mentionné « Dead Babies » qui est un morceau de rock-théâtre de très haut niveau. Cette ligne de basse introductrice va rester gravée dans votre matière grise à jamais. J’adore le côté « berceuse pour enfant mort » avec la petite voix entêtante. Cette alternance « moments ridicules / moments graves et solennels » fait mouche à toutes les écoutes. Et les paroles sont absolument HILARANTES. Du grand Alice Cooper. Et le tout s’enchevêtre à merveille à la pièce titre qui termine l’oeuvre avec brio. C’est un genre de « The End » (encore les Doors !) mais musicalement plus complexe et explosif.
Bref, si vous étiez un brin traumatisé par mes autres recommendations discographiques de Samhain et que vous cherchiez quelque chose de plus folichon à vous mettre sous le tympan, « Killer » vaut le détour ! Impossible de passer un mauvais moment avec ce disque, à moins de ne pas aimer le plaisir en temps que tel.
Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :
The Doors – The DoorsThe Crazy World Of Arthur Brown – The Crazy World Of Arthur BrownNew York Dolls – New York Dolls
Fantômas – The Director’s Cut (Ipecac, CD) [2001] Un de mes classiques devant l’éternel ! Pour leur deuxième album, le super-groupe de Mike Patton (Faith No More, Mr. Bungle), King Buzzo (Melvins), Dave Lombardo (Slayer) et Trevor Dunn (Mr. Bungle, Secret Chiefs 3) nous offre des ré-interprétations totalement saugrenues, personnelles et passablement déjantées de musiques tirées de films de genre (horreur, science-fiction, arthouse, séries B, etc..). Un disque tellement mais tellement fun dont il est impossible de se lasser. Mentions particulières aux reprises de Rosemary’s Baby, The Godfather, Twin Peaks: Fire Walk With Me et The Omen. Parmi les plus intemporelles performances de Patton aussi (l’homme qui peut faire d’la corde à danser avec ses cordes vocales).
Halloween Nuggets: Monster Sixties a Go-Go (Rockbeat, 3 x CD) [2014] Une incroyable compilation de shock-rock n’roll, surf rock, rockabilly, rock garage et proto-punk ; le tout tournant évidemment autour du thème d’Halloween et du cinéma d’épouvante (avec quelques promo spots radiophoniques de films de genre série-B d’inclus à travers tout cela). Le plus fascinant là-dedans, c’est que la vaste majorité de ces titres proviennent du début/milieu des années 60 mais auraient aisément pu figurer sur des disques psychédéliques de la seconde moitié des sixties… Ces groupes (souvent obscurs), dans le but de bien rendre l’atmosphère un brin cinglée de la veille de la Toussaint, salissent leur son, expérimentent, font rugir les guitares fuzz, martèlent les batteries, usent de milles et uns effets sonores fantasmagoriques. Les chanteurs se veulent menaçant et oublient leurs bonnes manières. Bref, c’est du gros gros FUN.
John Carpenter – Halloween (Original Motion Picture Soundtrack) (Death Waltz, Vinyle) [1979] Le classique des classiques de c’te temps-ci de l’année ; temps qui m’est si cher. Pas fâché d’avoir conçu et réalisé un des plus énormes chef d’oeuvre de cinéma d’horreur (probablement le meilleur slasher de tous les temps), l’incroyable Jean Menuisier est aussi l’auteur de sa trame sonore légendaire. Armé de ses synthés analogiques FRETTES en diable, Carpenter nous pond des mélodies ultra minimalistes, répétitives, simplistes mais terriblement efficaces pour établir une atmosphère de suspense transi et de terreur absolue. Superbe pressing et pochette sur cette édition signée Death Waltz aussi.
Deicide – Legion (Roadrunner, CD) [1992] Un des 5 meilleurs disques de Death Metal, tout simplement. Un album court (moins de 30 minutes) mais absolument implacable. 8 pistes d’un death metal ultra rapide et sans relâche, bourré de riffs incisifs, de borborygmes vocaux démoniaques, de batterie technique et précise (et LOURDE), de basse aussi vrombissante qu’un moteur de bécane possédé par Pazuzu. Deicide veulent littéralement te gang-raper le conduit auditif. Et c’est délicieux.
Ulver – Scary Muzak (House of Mythology, Vinyle) [2021] L’essai « Horror-Synth » de Ulver est un petit régal sonore qu’il fait bon savourer par les temps qui rampent. On y retrouve 5 relectures/ré-interprétations très réussies de thèmes composés par le grand John Carpenter. Les 7 autres titres ici présents sont du cru de la bande de Trickster G. et flottent dans les mêmes eaux troubles et poisseuses. Vraiment un de mes groupes préférés de tous les temps ; qui a su se ré-inventer maintes et maintes fois à travers leur riche discographie, touchant à peu près à tous les styles possibles (à part la salsa et la city pop… j’ai hâte !).
Misfits – Walk Among Us (Ruby, Vinyle) [1982] Le premier album officiel (même si c’est le troisième qu’ils ont enregistré) des rois incontestés de l’horror punk. Et c’est juste jouissif. Un merveilleux mélange de punk hardcore et de rock n’roll 50s, des mélodies accrocheuses (presque pop par bouts), une énergie folle/débordante, la voix si caractéristique de Danzig (un genre de croisement entre Elvis et Jim Morrison) + l’aspect visuel et les paroles qui tournent toujours autour de l’horreur et de la série-B.
C. A. Quintet – Trip Thru Hell (Sundazed, CD) [1969] Un pur chef d’oeuvre de rock psychédélique et probablement un des 10 meilleurs albums dans le genre. L’unique opus discographique de ces joyeux fêlés du Minnesota est une des pierres angulaires du dark psych américain. Mélangeant avec brio acid rock, garage rock et expérimentations studio diverses, nos lascars nous invitent à prendre part à un voyage sonore dans LES ENFERS !!! (on y apprend au passage que c’est groovy en sale chez le YABLE pis qu’il aime ça la trompette dans son psych). Honnêtement, tous les morceaux sont fous, mais dur de ne pas tarir d’éloges la sublime pièce-titre, sorte de suite atmosphérique et instrumentale (scindées en deux parties) avec des relents pink floydiens. Sinon, je suis un fan fini de « Underground Music » avec son côté blue-eyed soul et ses freak outs de guitare. Le désavantage de cette version CD : on doit se limiter à voir la pochette (superbe) en plus petit L’avantage de cette version CD : c’est du Sundazed, donc ça sonne vraiment bien et il y a pleins de morceaux bonus EXCELLENTS comme cette reprise de « I Put A Spell On You » du Jay Hurleur préféré des petits et grands.
Lustmord – The Monstrous Soul (Soleilmoon, CD) [1992] It is the night of the demon It is the night of the demon It is the night of the demon It is the night of the demon It is the night of the demon
Clipping. – Visions Of Bodies Being Burned (Sub Pop, 2 x Vinyle) [2020] “Did you really think death would be so simple? No, it never stops” La pétrifiante suite du déjà cauchemardesque « There Existed an Addiction to Blood » va encore plus loin que son prédécesseur dans l’horreur brute et sans artifice. Alliant avec brio hip-hop expérimental, horrorcore, noise, dark ambient et beats industriels, le trio frappe très très fort avec un des disques de rap les plus puissants que j’ai entendu de ma vie.
Present – Triskaidekaphobie / Le Poison Qui Rend Fou (Cuneiform, CD) [1980/1985] Un des bands de RIO/Avant-Prog les plus sombres de tous les temps, Present est la bête immonde de Roger Trigaux, ex-guitariste des mythiques Univers Zéro. Cette édition CD parue sur l’excellente étiquette Cuneiform regroupe les deux premiers albums du groupe belge. On a affaire ici à un mélange de musique de chambre passablement cinglée et de rock progressif machiavélique porté par une guitare électrique tranchante (rappelant celle de Fripp de KC) et une section rythmique qui plaira fortement aux fans de Magma. À recommander chaudement aux amateurs de musique sans compromis, atmosphérique, inquiétante, répétitive/minimaliste, dissonante, oppressante et surannée.
Mayhem – De Mysteriis Dom Sathanas (Century Black, CD) [1994] Un disque qui sent la mort à plein nez. Paroles écrites par l’ex chanteur (Dead, un sobriquet qui lui allait comme un gant) qui s’était récemment suicidé d’un coup de fusil à pompe en plein crâne. Bassiste qui assassine le guitariste de 23 coups de couteau avant la sortie de l’album. La plupart des musiciens survivants arrêtés pour avoir participé à des incendies criminels d’églises… Bref, du joli. Mais au delà du macabre évident de l’envers du décor, il y a là l’album que plusieurs considèrent comme la pièce maîtresse du Black Métal norvégien… Un album glacé, cauchemardesque, morbide, à la fois rageur et hautement atmosphérique. Et les vocaux atypiques et hautement dérangés d’Attila sont la cerise schizophrénique sur le sundae funéraire.
Virgin Prunes – …If I Die, I Die (BMG, Vinyle) [1982] Excellent groupe de goth-rock/post-punk irlandais, mélangeant à tout rompre mélodies punk accessibles, ambiances darkwave de cabaret de la fin des temps et expérimentations qui lorgnent du côté de l’avant-garde. Résolument unique et joyeusement détraqué. Le chanteur/parolier, Gavin Friday, a vraiment une voix et un delivery totalement totalement uniques. Perso, j’adore.
Diamanda Galas – Diamanda Galas (Intravenal Sound Operations, CD) [1984] Dans la catégorie « Maman, j’ai peur », on ne présente plus la cantatrice des ténèbres indicibles Diamanda Galas. Cet album éponyme de la dame aux milles voix pandémoniaques est une de ces oeuvres sans concession aucune ; uniquement à recommander aux mélomanes qui n’ont pas froid dans le dos. Au menu : des déclamations désespérées dédiées aux vides, de l’opéra-mort, des voix démultipliées qui s’entrechoquent dans un abysse d’anti matière, des chuchotements/ricanements sataniques déstructurés au possibles et triturés d’effets avant-gardistes ; le tout avec du power electronics, de la noise et de l’indus très très FRETTE et primaire en fond sonore. En écoutant Diamanda, on a l’impression de se tenir constamment à un pas d’un précipice sans fond. Un précipice qui n’est qu’infinie noirceur. Avec un couteau de boucher qui nous chatouille la nuque.
Sonic Youth – Bad Moon Rising (Geffen, CD) [1985] L’album le plus gris et trouble de Sonic Youth ? Après la noirceur brute de leur débuts no-wave, « Bad Moon Rising » est un disque de transition entre le SY ultra expérimental et le SY qui, sur le prochain album, se dirigera dans une trajectoire « noise rock alternative » un peu plus accessible. C’est un de mes albums préférés du groupe et je trouve qu’on en parle trop peu… Il y a un côté post-punk (presque goth même parfois), un côté krautrock sombre et désespéré et des influences drone et psychédéliques. En plus, on y retrouve certains de mes titres fétiches du groupe : « Brave Men Run (In My Family) », « I Love Her All the Time » et « Death Valley ’69 » (en plus de la géniale « Hallowe’en » dans les bonus tracks de la version CEUDÉ). ESSENTIAL STUFF !!!
Pierre Henry – Maléfices (Cacophonic, Vinyle) [1962] Trame sonore bien spooky-licious de musique concrète pour le thriller de Henri Decoin (film que je n’ai pas vu, hélas). C’est austère, brumeux et parfois démoniaque. Et c’est vraiment tripant d’entendre Henry dans un contexte un tantinet plus musical que ses oeuvres typiques qui elles, se font un malin plaisir à déconstruire la forme musicale elle même. À suggérer aux fans de BO de Giallo (beaucoup de ressemblances, en plus sauté) et de musique expérimentale biscornue.
The Vampires Of Dartmoore – Dracula’s Music Cabinet (B-Music, CD) [1969] Que voilà là un curieux objet sonore non identifié… Les fans de kitsch rococo et de bizarreries musicales apprécieront ce petit bijou d’horrotica allemand qui mélange avec peu de finesse rock psychédélique funky, jazz-lounge, space age pop ; le tout avec une ribambelle d’effets sonores détraqués et bon nombre d’hurlements vampiriques. À recommander de toute urgence aux fans de Jess Franco et de Jean Rollin.
Pumpkin Witch – Final Strike Of The Pumpkin Witch (Deathbomb Arc, 2 x Vinyle) [2019] Et on termine avec une autre espièglerie… De la PUMPKIN-SYNTH !?!? Mais oui, messieurs-dames ! Ce groupe qui est à la naissance de ce sous-genre du Dungeon Synth est composé de trois acolytes mystérieux : The Vampire Tyrant au clavier, Haunter of Darkened Forests au synthétiseur et The Disgraced Scientist aux effets sonores. Leur musique réussi le délicat pari de sonner à la fois rigolote/enfantine et inquiétante/épeurante. L’incorporation d’éléments noise vient forcément me parler. Et que dire de cette pochette ? Il me faut toute la discographie !!!
5ème épisode de « Psychédéliquement vôtre » et pas le moindre, mesdames, messieurs et poulpes cosmiques géants ! Comme vous l’aurez sans doute lu dans le titre (duh), cette incursion au pays du psych se déroule dans ses recoins les plus sombres et damnés… L’oncle Salade, dans sa marmite surréaliste, vous a mijoté un mix avec une trentaine de titres qui font soit référence à l’univers de l’horreur et/ou qui, musicalement et atmosphériquement, comportent des baroqueries, fulgurances et étrangetés qui les font basculer du côté sombre de la force.
Alors, sans plus tarder… bonne écoute à tous les écureuils géants dévoreurs de laitiers sataniques !
Tracklist:
Delia Derbyshire – Delia’s Psychadelian Waltz
Donovan – Season Of The Witch
Fifty Foot Hose – If Not This Time
The C.A. Quintet – Trip Thru Hell (Part I)
Pink Floyd – Lucifer Sam
Uncle Acid & The Deadbeats – 13 Candles
Lucifer – Voices Of The Dead (The Medium)
Hamilton Streetcar – Invisible people
Churchill’s – Straight People
Les Champignons – Le Château Hanté
Electric Prunes – I Had Too Much to Dream (Last Night)
Votre party d’Halloween vire au ganja-fest ? Vos convives momifiés ou munis de crocs en plastok dansent de manière désordonnée dans un épais brouillard de fumée psychotrope ? Et bien, j’ai le disque PARFAIT pour accompagner le moment ! Ce dixième album de Scientist (en seulement 2 ans de carrière !!!) est probablement son plus légendaire. Et si on se fie aux internets (du moins chez RYM), il s’agirait du meilleur disque dub de tous les temps. Dur d’être en désaccord avec cette affirmation à l’écoute d’une telle merveille… et de toute manière, les volutes émanées par ces infra basses ne donnent pas forcément envie de s’adonner à quelconque débat sur la chose… On a juste le goût de se dandiner mollement ou encore mieux : à s’écraser bien mollement (encore) sur un divan soyeux et à laisser le SON nous recouvrir l’être tout entier.
Déjà le concept de la chose est fabuleux : mélanger dub enfumé de haut calibre et épouvante (vampires, fantômes, la créature de Frankenstein, momies, loups-garous… sans oublier ces chers zombies). Et cette pochette INCRÉDIBLE qui rappelle autant les films de la série Hammer qu’un épisode de Scooby Doo première génération ! Comment ne pas aimer déjà la sainte galette avant même d’avoir apposé l’aiguille dessus ? Et bien, l’écoute ne fait que confirmer qu’on est en présence d’un chef d’oeuvre total dans le genre dub.
Scientist, en bon Vincent Price de fortune, annonce chaque morceau de sa voix démoniaquement reverb-licieuse (« THIS IS THE CURSE…. OF THE MUMMY !), le tout souvent suivi d’un rire méphistophélique. Puis s’ensuit systématiquement un morceau bourré de basse torride et de batterie hypnagogique qui se frayent mollement (toujours) un chemin dans l’humidité électrique des claviers déréglés, du tintement insistant des pianos désaccordés, des percussions tonitruantes/opiacées et de ces cuivres surréalistes qui semblent provenir d’une autre galaxie. Et cette voix endormie, très peu présente, qui décide des fois de pousser la chansonnette un moment avant de retourner dans ses limbes originelles… Raaaah, lovely !
Bon Dieu que tout ceci est magique. Paresseusement magique. Un « lazy » late night classic, autant pour l’Halloween que pour n’importe quel autre soir de l’année. L’essence même du dub. À écouter TRÈS FORT (comme je fais présentement).
Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande bien mollement (bien entendu) :
Agustus Pablo – King Tubbys Meets Rockers UptownPrince Far-I And The Arabs – Cry Tuff Dub Encounter Chapter IIIThe Upsetters – Super Ape
Avec la veillée de la Toussaint qui arrive à grands pas, j’ai pensé vous concocter une petite mixtape qui peut faire office d’introduction au versant sombre et ténébreux du hip-hop… Au menu : hardcore rap rempli de fiel et d’ultra violence, horrorcore perfide débordant de samples de films d’épouvante, underground rap croustillant à la production approximative et aux beats faisandés/visqueux, rap expérimental déstructuré et glaçant.
Je vous souhaite à toutes et à tous une très inconfortable et frissonnante écoute !
Tracklist:
Playa Posse – Bigga and Betta Thangs
Flatlinerz – Satanic Verses
Graveyard Productions – Children Of The Corn
DJ Armok – Misery ft. MC Holocaust
Gravediggaz – Diary of a Madman
$uicideboy$ – The Nail to the Cross
Three 6 Mafia – Live by Yo Rep
Natas – Doubelieveingod
Onyx – All We Got Iz Us (Evil Streets)
Flatbush Zombies – Death 2
clipping. – Run for Your Life
Esham – I’ll Be Glad When You Dead (Closed Casket)