Bonjour à toi, lecteur/trice des Paradis Étranges. Si c’est ta première expérience en ces lieux virtuels dédiés à la musique sous toutes ses formes (et ses anti-formes), sois le/la bienvenue.
Musicalement parlant, l’année qui vient tout juste de passer fut particulièrement somptueuse. Et c’est avec un bonheur exponentiellement dithyrambique que je te présente ci-bas mes listes d’albums préférés de 2023. Mais… comme les Paradis ont tendance à y aller de manière maximaliste, tu retrouveras aussi les tops de mes précieux collaborateurs du blogue (Léon et Guillaume), d’amis mélomanes aux goûts bigarrés et d’artistes/musiciens que j’adore et qui ont bien voulu se prêter généreusement à l’exercice.
Donc, fais chauffer ta plate forme de streaming favorite parce ce que je te promets quelques découvertes phoniques éblouissantes pour tes tympans avides.
Hey les cocos ! C’est l’heure de votre régal sonore hebdomadaire ! Et cette semaine, je suis complètement euphorique car j’ai la chance inouïe de vous présenter les sélections musicales fort éclatées de l’éblouissante Lysandre Ménard. En plus d’être une personne hautement sympathique, Lysandre est musicienne de formation classique (en piano, qu’elle a notamment étudié au Royal Academy of Music, à Londres) et une comédienne de talent. Elle nous a gratifié d’un premier disque solo dangereusement magnifique l’an passé : « Sans Oublier » (mon meilleur album québécois de 2022). Sinon, elle joue aussi du clavier dans le groupe de gamer jazz Ping Pong Go et accompagne souvent notre Klô Pelgag chérie en pestak. Et ça, c’est sans compter toutes ses autres collaborations musicales… Elle trouve même le temps d’accueillir avec bienveillance mes (trop) nombreuses suggestions musicales dans nos épisodiques conversations Messenger. Bref, voilà la une femme occupée et on ne s’en plaindra pas quand le résultat est aussi fabuleux pour nos tympans gorgées jusqu’à plus soif de toute cette liesse sonore généreuse et abondante.
Fun fact : Lysandre a inspiré (subliminalement) le nom du présent blogue musical. Vous irez écouter sa superbe pièce « La pointe du monde » où elle les chantaient déjà ces paradis étranges (avant même que ce petit coin du web n’existe)…
La mixtape de Lysandre, c’est un peu comme un beau film insolite. Au début, ya un générique un peu space et new agey, gracieuseté de Beverly-Glenn Copeland, ce génie qu’on a eu la chance de redécouvrir ces dernières années avec les belles rééditions qui sont sortis (quelle voix !). Notre film s’ouvre sur un plan de nature fantasque et un brin surréaliste (Arthur Russell en fond sonore). Puis, notre protagoniste principale apparaît à l’écran. Situation initiale : on découvre sa personnalité, sa famille, ses amis à travers la musique de la Galloise Cate Le Bon ; et son monde intérieur, ses joies, ses peines, ses rêves (parfaitement illustrés par Steve Reich)… Élément déclencheur : Oneohtrix Point Never (annonciateur des dangers futurs) commence à faire chavirer notre héroïne dans la tourmente. Succession de plans expérimentaux, autant diurnes que nocturnes, parfois urbains, parfois forestiers… Après quoi, c’est le point de rupture avec Messiaen. Obsédante, ensorcelante, troublante Oraison que voilà. Dur de se sortir de cet espèce de trou noir où s’entremêlent doute et torpeur languissante… Mais l’amour salvateur (via les garçons du bus mielleux) arrive sans crier gare et réussit à élever notre personnage principal ; du moins provisoirement. Moment de bonheur furtif, hélas, car voilà le moment un tantinet ÉPEURANT du film. Un monstre art rock nommé SUUNS fait irruption ! Dans la fuite crépusculaire sonorisée par Beak>, nos amants sont séparés. Retour à l’incertitude, à la mélancolie et aux regrets du passé (Molly Drake)… Au terme de cet épisode mélodramatique, l’espoir renaît avec du Mbira ravissant et solennel. On s’approche petit à petit du dénouement, où notre héroïne adorée réussi à conquérir ses démons intérieurs et à devenir la meilleure version d’elle-même (avec l’aide de Björk). Elle arrive toute bad-ass, en dansant sur du Jeanette, et s’apprête à botter le cul du monstre (désolé SUUNS de vous faire porter le chapeau du méchant). Après un combat pour le moins épique (au travers duquel un taille-bordure, une paire de mocassins, une flûte et un pédalo sont utilisés), le mal est enfin vaincu ! Place au calme miséricordieux de Linda Perhacs. Et ça fini avec le plus grand Soleil du monde, alors que l’épais linceul d’une nuit qu’on croyait éternelle se retrouve transpercé par un jour nouveau (Ravel). Générique. FIN.
Écoutez cette mixtape les amis ! Vous allez voir que c’est LA MEILLEURE AFFAIRE !!!
Tracklist:
Beverly Glenn-Copeland – Ever New
Arthur Russell – A Little Lost
Cate Le Bon – Home to You
Steve Reich – Music for 18 Musicians (extrait)
Oneohtrix Point Never – Zebra
Olivier Messiaen – Oraison
Honeybus – Be Thou by My Side
SUUNS – Translate
Beak> – When We Fall
Molly Drake – I Remember
Mbira dzeNharira – Toputika Neshungu
Björk – Human Behaviour
Jeanette – Porqué te vas
Linda Perhacs – Dolphin
Maurice Ravel – Ma Mère L’Oye, Apothéose: Le Jardin Féerique
Vous pouvez suivre et encourager Lysandre sur son Bandcamp, son Instagram ou encore sa page Facebook.