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Mélancolie (mix de Salade d’endives)

En cette nuit de la fin d’automne, Salade d’endives vous propose une mixtape sur le thème de la Mélancolie. On y retrouve de l’ambient/new age planant, du folk tristounet, de la musique médiévale, du classique contemporain, un peu de pop baroque atmosphérique et beaucoup de musique du monde (Asie et Europe de l’Est sont à l’honneur).

Préparez-vous un café, armez-vous de tout votre spleen et laissez vos tympans divaguer à travers les brumes…

Tracklist

  1. Scott Walker – It’s Raining Today
  2. Teiji Ito – Moonplay
  3. Hiromichi Sakamoto – Half a Summer Has Been Delivered
  4. Mount Eerie – No Flashlight
  5. Motion Sickness Of Time Travel – My Suspected Senses
  6. Sibylle Baier – I Lost Something in the Hills
  7. Goro Yamaguchi – Sokaku-Reibo (Depicting The Cranes In Their Nest)
  8. Unknown Artist – Bell Organ Improv (extrait de « In Memory of the Day Passed By », Sharunas Bartas)
  9. Ella Jenkins – Wake Up Little Sparrow
  10. Ailanys – What Are You
  11. Cluster & Eno – Wermut
  12. John Williams & Maria Farandouri – Tou Pikramenou
  13. Unknown Artist – Pangkur
  14. Giraut de Bornelh – Mot era dous e plazens
  15. Carl T. Sprague – O Bury Me Not on the Lone Prairie
  16. Hiroshi Yoshimura – Wet Land
  17. Ernst Reijseger – Carbon Date Solo Cello
  18. Swans – Blackmail
  19. Vokal Ansambl Gordela – Zinskaro
  20. Aphex Twin – Nanou 2

*Sélections des pistes et montage de la mixtape par Salade d’endives

critiques

Michael Pisaro / Reinier van Houdt – The Earth and the Sky

Année de parution : 2016
Pays d’origine : États-Unis (Pisaro), Pays-Bas (van Houdt)
Édition : 3 x CD, Erstwhile – 2016
Style : Classique contemporain, drone-piano, lowercase, field recordings, réductionnisme

Un trottoir la nuit. Une ville. Les lampadaires qui grésillent comme pour répondre à l’appel du vent mugissant. La lune a été dévorée par des nuages invisibles. C’est un soir de Juin. Peut-être le dernier soir du monde ou encore : le premier. Un chat noir escalade les toits en tôle dans un silence quasi religieux. Aucun son… Ah oui, tiens, quelques notes d’un piano éploré qui proviennent d’une maison au loin. Sorte d’Erik Satie neurasthénique. Le son s’évanouit, comme tout d’ailleurs.

La une d’un quotidien effeuillé au sol parle du désastre. Les lumières éparses s’échappant de quelques fenêtres sont la seule preuve de l’existence humaine. Le temps est frais. 7 degrés Celsius. Le petit pont de pierre qui surplombe le lac t’appelle furtivement. De là, tu contemples l’étendue d’ébène qui se dresse sous tes iris. Tu regardes un reflet diffus et flou de toi-même dans la mare étrangère et tu te dis que tu es composé de molécules. Tu regardes ta montre. 2 heures 42 minutes. Tu n’es pas allé au rendez-vous. La loterie pour avoir ta place dans un des abris. Du temps passe encore. Et encore un peu. Tu penses à tes amours, ta famille, tes amis, ta vie machinale, au goût de ton repas préféré, à des animaux, aux atomes, aux protons et neutrons, à ce film d’Antonioni qui t’avait marqué et à cette nuit où les étoiles semblaient si proches qu’on pouvait les toucher. Septembre 2007. Ce sera l’image que tu voudras garder avec toi à la fin. Tu regardes maintenant le ciel actuel si vide et morne.

C’est l’heure. La lumière blanche vient soudainement pourfendre cette masse immobile et bizarrement, tu n’as pas peur quand elle t’englobe toute. Tu souris même alors que ta peau fond et que ton être tout entier se désintègre en un éclair, s’en allant retrouver la nuit des temps.


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