
| Année de parution : 1994 |
| Pays d’origine : Pologne |
| Édition : CD, No Colours – 1996 |
| Style : Pagan Black Metal, Black Metal atmosphérique |
Raaaah…. Cette démo/EP !!! Pour moi, elle représente la quintessence du son Graveland des débuts. Le Graveland cru, mystique, obtus, rageur, lunatique, rêveur, véloce… J’ai beau apprécier grandement l’évolution du son des Polonais au travers des années, reste que parfois, ça me prend une dose de early Graveland pour me replonger dans les premiers émois adolescents de ma découverte du black metal ; le grand vertige initial en somme. Cette galette en particulier, avec sa pochette ensorcelante, aura longtemps hanté mes songes incubes. On dirait qu’elle m’appelle, qu’elle m’invite dans cet univers médiévalo-celtique-surréaliste gris-terne, où un ciel lourd et enneigé surplombe diverses scènes fantasques : la forêt brumeuse qui, en son sein, abrite des divinités pas si bienveillantes que ça… les épées maculées de sang qui s’entrechoquent sur un champ de bataille couvert de corps décharnés et transis… Des villages fantômes ayant été pillés ou visités par la faucheuse qui revêt le masque déformé de la peste noire… Bref, ce genre de choses joyeuses qui excitaient le jeune homme avide de sensations fortes que j’étais.

Ça part avec la meilleure intro synthé-donjonnée de l’histoire du Black Metal (juste ça). Les claviers (glacés) du jeune Robbie-le-raciste instaurent déjà toute l’atmosphère vaporeuse du disque. Les quelques samples viennent raffiner et parfaire le tableau funeste. Ça donne des frissons. Nous sommes dans une ère de sang, de famine et de froid. L’homme est un loup pour l’homme. Et c’est sans compter les autres dangers (le climat polaire, la maladie, les bêtes affamées, la colère des Dieux anciens) qui font de l’existence quelque chose de bref, de brutal et de souffreteux.
Et puis ça part pour vrai. 5 morceaux d’un black metal mid-tempo hargneux et vorace (+ un petit « Prolog » tribalo-païen-sympathique qui initie ce qui était la Face B de la cassette). C’est cru, granuleux et bien croustillant ; comme mon métal noir préféré. C’est bourré de riffs simples mais bigrement efficaces. La voix est très très râpeuse et écorchée. Darken était encore dans sa phase « hurlements fantomatique de canis lupus » (c’était avant qu’il développe ses espèces de croassements de guerrier batracien, par la suite). La batterie, distante et binaire, vient appuyer judicieusement la machine à riffs. Et il ne faut surtout pas oublier ces foutus synthés atmosphérico-orgasmiques qui viennent conférer aux compositions une teinte ambient des plus succulentes. J’adore aussi quand ça vire « orgue gothique rococo vampirique » dans ces moments où les mecs veulent vraiment appuyer l’ambiance cauchemardesque. Comme Vargounet de Burzum, les mecs de Graveland ne sont pas des grands musiciens ; mais en tant que créateurs d’atmosphères cafardeuses, ils sont pas loin d’être des génies.
La démo se conclue sur un « The Return of Funeral Winds » magistral qui demeure un de mes morceaux préférés du groupe, toutes époques confondues. On tient vraiment là une des 10 meilleures démos de l’histoire du Black Métal et une des sorties les plus cultes de la discographie de Graveland.
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