Le retour tant attendu (je l’espère !) de la série de mixtapes préférées des zèbres amphigouriques de la planète IKADOR et des hockeyeurs subaquatiques des îles CYPRION-DE-L’ANSE-SEMPITERNELLE. Un autre voyage sonore pour tous vos sens secoués comme des cocotiers par un vent extra-terrestrement salin ; à travers la musique psychédélique de tous les horizons, qu’ils soient géographiques ou temporels. Du lourd, du léger, de l’expérimental, de l’accessible, du fêlé, du jouissif, du flottant, du brumeux, du lumineux, du funné, de l’euphorique (et bien plus encore !!!).
Bonne écoute à tous ceux dont le prénom est Serge (mais aussi aux autres, car c’est une mixtape inclusive) !
Tracklist:
Delia Derbyshire – Mattachin
The Growing Concern – Edge of Time
Legendary Pink Dots – Pennies for Heaven
The Magic Mixture – (I’m so) Sad
The Byrds – Eight Miles High
Gong – Tropical Fish : Selene
Rupert’s People – Reflections of Charles Brown
Lazy Nickels – 35 Design
Kaleidoscope – Faintly Blowing
Robert Charlebois & Louise Forestier – C.P.R. Blues
Cinématographique… La musique d’Ambre Ciel l’est (et à foisons !). Elle m’a littéralement ravi et ensorcelé avec son magnifique album « Vague Distance » paru en janvier 2021. Amalgamant avec finesse et une maitrise évidente musique ambient, néoclassique et dream pop baroque, elle s’est créé son propre petit univers sonore hautement personnel dans lequel il fait bon se perdre et errer, flottant en apesanteur dans une matière bruitative elle aussi en suspension, entre ciel et terre, comme un doux brouillard un peu étrange et bienfaiteur… Musique onirique qui invite au voyage intérieur, à ces moments de contemplation qu’il fait bon de s’accorder le plus souvent possible dans nos vies folles folles folles… « Vague Distance », c’est cette marche extérieure solitaire entre chien et loup, alors que le ciel de décembre rosé/orangé ressemble à une toile impressionniste… Ce sont ces matins hivernaux où les arbres et les plantes se retrouvent couverts d’une mince couche de givre… Cela peut aussi être le sentiment qui nous habite lors d’un après-midi mystique, alors qu’on flâne en forêt, un peu en dehors des sentiers battus, laissant la poésie des lieux environnements nous emplir l’âme et le regard de splendeur infinie.
La mixtape de Jessica Hébert (l’alter égo de ce ciel ambré) est à l’image de sa musique : belle, délicate, méditative, chimérique et hautement cinématographique. On y retrouve deux de mes compositeurs minimalistes américains préférés (Glass et Reich), bon nombre de musiciens scandinaves (qui semblent souvent avoir une prédilection pour le majestueux), le jazzman légendaire Pharoah Sanders faisant équipe avec Floating Points pour une méditation jazz-classique-minimaliste-spirituelle envoûtante, le chanteur indie folk préféré des petits et des grands (Sufjan Stevens) avec une de ses chansons les plus intimistes, le gigantesque Thom Yorke avec une pièce tirée de la superbe bande son du remake de Suspiria et plusieurs autres qui sauront vous éblouir l’appareil auditif.
Merci à Ambre Ciel pour sa participation aux 15 Fréquences Ultimes ! Après avoir passé une agréable écoute à travers ses influences et ses plaisirs sonores, je vous invite à aller plonger tête première dans sa musique. Vous ne serez pas déçus.
Tracklist:
Philip Glass – Suite from ‘The Hours’ : Movement I
Jónsi & Alex Somers – Atlas Song
Balmorhea, Lili Cuzor, Clarice Jensen – Day Dawns in Your Right Eye
Floating Points, Pharoah Sanders, London Symphony Orchestra – Promises : Movement 1
Style : Pop Psychédélique, Sunshine pop, Pop Baroque
Les Morts-Vivants sont surtout connus pour « Time of the Season » (qui est d’ailleurs présente sur cet album) ou l’utilisation de certaines de leurs pièces antérieures dans un film de notre bon ami Wes Anderson (« The Life Aquatic » pour ne pas le nommer), mais il serait dommage de les considérer comme un groupe de seconde zone. Leur sens mélodique imparable, leurs harmonies vocales dignes des Garçons de la Playa et leurs compositions ont de quoi rivaliser avec les Beatles. Oui-oui. Le mot magique est dit. Et cet « Odessey and Oracle » est un grand disque de son époque, aussi essentiel qu’un « Pet Sounds » ou un « Sgt Pepper ».
En partant : la pochette. Pur produit de son époque (dixit). Psyché-bordélique. Toute dégoulinante de couleurs et suintante d’harmonie joyeusement heureuse et toute ce genre de chose. Annonciatrice du genre de trip ensoleillé et foutraquement orgasmique qui nous attend.
On commence en douceur avec « Care of Cell 44 », joyeux pastiche des Beach Boys. Ya plein de « whom bi bom ba-ba-da » et de « Aaaaah, AAAAA-AH-AH-AH ! » et ce petit piano à la Schroeder dans Peanuts (qui demeure un des ancrages de tout le disque). L’album nous montre vraiment sa superbe avec la pièce suivante, « A Rose For Emily », magnifique joyaux pianistique étincelant de milles feux. C’est beau. C’est tendre. Ça me donne le goût d’embrasser une Émilie en l’an de grâce 1968. On retrouve une forte influence Beatles sur le prochain morceau, « Maybe After He’s Gone ». Le suivant, « Beechwood Park », est d’une splendeur toute contrôlée, bien anglaise quoi. C’est du Zombies pur jus. Ces garçons timides qui composent des belles chansons nostalgiques portées par leurs voix pleines d’attente et ce clavier ensorcelant. Sont vraiment les maîtres des refrains accrocheurs et des finales splendissimes aussi. C’est ensuite le temps des brèves chandelles ; encore un hymne mélancolique mais exposé à un Soleil irradiant. J’aime cette tristesse résignée et bizarrement joyeuse qui sévit chez ce groupe.
Vient ensuite un des plus beaux moments discographiques des Zombies, « Hung Up On A Dream », véritable coffre-aux-trésors de 3 minutes. Il y a tout dans cette chanson faussement joviale, où l’on nous dit que « Sometimes I think I never find such purity & peace of mind again. » La fin de l’innocence. La musique faussement optimiste est celle qui me fait le plus pleurer, pas vous ?
« Changes » est une sympathique réminiscence du Flower Power avec cette flûte entêtante. « I Want Her She Wants Me » est un bel écho aux œuvres de jeunesse du band mais orchestrée à la manière du Sergent Poivre. C’est aussi le morceau le moins bien produit du disque, comme à part. Mais je l’aime ainsi. Ensuite, nos joyaux drilles nous disent triomphalement que ce sera leur année (avec leur armée de cuivres), alors qu’à la sortie de « Odessey », le groupe n’existe déjà plus.
« Butcher’s Tale ». L’anomalie du disque. L’OVNI sonore des Zombies. Leur truc le plus expérimental et sombre. Et ma pièce préférée. Un morceau qui aurait fait bonne figure chez White Noise. Une ouverture des plus creepy, tout en voix résonantes, et cet harmonium de carnaval déjanté qui ouvre le bal avec un Chris White qui remplace Colin Blunstone aux vocaux, relatant les horreurs de la Grande Guerre. Un moment étrangement glaçant dans un album pourtant porté sur l’allégresse.
« Friends of Mine » est bon, mais peut-être le seul moment plus faiblounet du disque. Ne reste que l’hymne national des Zombies, l’incroyable « Time of the Season ». Comment résister à applaudir intérieurement en savourant cette petite merveille pleine de basse sexualisante, de notes de piano en forme de goûtes de pluie et ces foutues solo de claviers d’orgues kitschouilles. Du BO-NHEUR auditif, mesdames-messieurs.
Voilà là un GRAND disque de pop qu’il faudrait réhabiliter de toute urgence. Acheter vous une copie. Non. 2 copies. Non. 16. Et donnez cet album à vos proches, vos amis, vos ennemis, des itinérants, des zèbres au zoo. Il faut qu’Odessey and Oracle ait son heure de gloire, enfin.
Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :
The Beatles – Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club BandThe Millenium – BeginNirvana – The Story of Simon Simopath
La pop-muzik faîte perfection… L’enchevêtrement onctueux de la jangle pop britannique 80s et de la pop baroque on ne peut plus sixties… C’est ce que vous propose ce single mirobolant des Fontaines Pâles.
Encore une fois, l’histoire se répète… Groupe encensé des critiques (John Peel en avait la trique pas à peu près) mais qui ne trouve pas la faveur du public anglais qui lui, se délectait plutôt du « Come On Eileen » des Dexy’s Midnight Runners (pièce que j’apprécie pas mal, ceci dit… mais qui n’arrive sincèrement pas au talon de la moindre note émise par les Fountains). Boudé par les radios, le quatuor originaire de Liverpool ne produira que 2 albums (magnifiques) ainsi qu’une ribambelle de singles tous plus magiques les uns que les autres.
Ça s’entend : les Fontaines aiment Love, les Beatles, Scott Walker et surtout ce bon vieux Burt (Bacharach), avec qui ils partagent le goût des arrangements luxuriants, sirupeux, somptueux, délicats… La voix de leur chanteur/guitariste (Michael « Mick » Head) a cette fraîcheur toute printanière et cette émotivité à fleur de peau… Elle coule avec délice dans l’appareil auditif. Ils ont un trompettiste (Andy Diagram) qui vient recouvrir une musique déjà opulente de notes chaudes et cristallines. Nos deux autres lascars, Chris McCaffery (basse) et Thomas Whelan (batterie), ne sont pas en reste et forment une section rythmique toute en douceur et en finesse.
Au delà des habiletés techniques des muzikos, ce qui m’épate au plus au point chez ces jeunes gens, c’est leur talent divin/inné pour composer et orchestrer des chansons pop qui te rendent instantanément nostalgique d’un passé imaginaire et fastueux… d’une époque qui n’a vraiment jamais existé ailleurs que dans ton monde intérieur, mêlant le réel et l’irréel. Ces deux chansons miraculeuses, c’est une clé pour y accéder à cet univers tissé en fils de paradis.
Prenez Thank You… Ce piano enchanteur, ces envolées orchestrales, ces notes de trompettes limpides, cette voix de gamin crooner, ce refrain avec ce falsetto allègre qui te chavire les sens… Bon Dieu que c’est beaaaaaauuuu !!! Si quelqu’un n’a pas un rictus euphorique de scotché au visage à l’écoute de ce petit chef d’oeuvre et bien… euh… il vient probablement d’apprendre que sa grand-mère vient de décéder. Et c’est vrai que c’est assez triste. Je lui conseillerais plutôt d’écouter du Tom Waits ou du Nick Drake.
La Face B, « Meadow of Love », c’est les Fontaines en mode nocturne/bal masqué à Marienbad (avec un passage très James Bond-licieux en ouverture). Un autre délice pop porté par ces cordes vertigineuses, ce piano romantique à souhait, cette trompette jazzy et ces passages de flûte qu’on dirait sortie d’un obscur album d’Exotica. MA-GIS-TRAL.
Je reviendrai probablement sur les albums du groupe dans de futures chroniques mais en attendant, ruez vous sur ces deux pistes pour découvrir un des plus grands groupes (inconnu) de jangle pop de tous les temps !
Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :
Prefab Sprout – Steve McQueenLove – Forever ChangesScott Walker – Scott 2
Nous revoici dans le dirigeable métaphysique du caporal d’endives pour un autre voyage intersidéral à travers milles et unes contrées multicolores, déraisonnables, folichonnes et septentrionales, survolant des mélèzes hallucinatoires, des huttes pygmée de cristal liquide, des ouragans qui arborent un sourire digne du chat de Cheshire, des déserts de sucre rose éblouissants, des mers de volutes incantatoires et des villes émeraudes recouvertes d’herbe folle.
Bonne écoute à tous les laitiers psychédéliques !
Tracklist:
20th Century Zoo – Rainbow
Turquoise – Tales Of Flossie Fillett
Bobb Trimble – Premonitions – The Fantasy
Ill Wind – People of the Night
White Noise – Love Without Sound
Os Mutantes – Ave, Lúcifer
Baker Knight & The Knightmares – Hallucinations
Pink Floyd – Candy and a Currant Bun
King Gizzard & The Lizard Wizard – Sleepwalker
Cerebrum – Eagle Death
Bunalım – Başak Saçlım
The Elastik Band – Spazz
Wildflowers – More Than Me
Moorpark Intersection – I Think I’ll Just Go And Find Me A Flower
Spooky Tooth – Weird
Captain Groovy and His Bubblegum Army – Dark Part of My Mind, Pt. 1
Troisième dose mes chers amis lysergiques ! Celle-ci est vachement forte et hallucinogène, je vous averti ! Ça commence très fort avec nos Japonais bruyants préférés de Boris accompagnés de l’ami des bêtes Masami Akita qui s’amusent en chœur à faire du Beatles en version Stoner-Noise. Et après, on voyage à travers bon nombre de pépites garage, néo-psych, baroque pop, stoner rock, tropicália, early electronics, yé yé… en passant par les Z’états-Unis, l’Angleterre mais aussi le Brésil, Les Pays-Bas, la France et même la Corée du Sud.
Bonne écoute mes petits capuchons de mélamine rôtis !
Tracklist:
Boris With Merzbow – Walrus
The Open Mind – Magic Potion
Jacques Dutronc – Hippie Hippie Hourrah
The Goody Box – Blow Up
Silver Apples – Confusion
Gal Costa – Objeto sim, objeto não
Inside Experience – Be on My Way
Leaf Hound – Drowned My Life in Fear
Olivia Tremor Control – Green Typewriters IV
Ramases – Earth People
Twink – Fluid
The United States of America – The American Metaphysical Circus
Déjà sur « The Kink Kontroversy », l’écriture de Ray Davies s’était raffinée… On savait qu’on avait maintenant affaire à un des plus grands compositeurs/paroliers britanniques de sa génération (et je mets de l’emphase sur le mot « britannique » ; parce qu’il y a pas plus british que Ray frickin Davies). Face to Face sera l’album de la consécration de son génie ; le premier quasi chef d’oeuvre de Ray et ses plis (ouais, ça a définitivement plus de gueule en anglais). On quitte ici le garage où les Kinks tous jeunots s’amusaillaient à se la jouer rockers… On tombe maintenant dans le psychédélisme, les deux pieds délicieusement enfouis dans une pop baroque riche et sucrée ; mais sans perdre le côté bon enfant, ni l’aspect beat/mod, ni l’humour typiquement anglais. De la satire, il y en a même plus. De la critique sociale aussi. Des textes forts, pertinents, percutants, parfois rigolos, parfois « gratte-bobo » en diable (« Too Much on My Mind » fesse toujours aussi fort à chaque écoute). Et tout ça est juste terriblement catchy (du début à la fin).
Cela débute avec un « Party Line » festif et entrainant. Un putain de bon opener efficace que vous chanterez sous la douche jusqu’à la fin de vos jours (c’est une promesse). Puis on découvre l’aspect nouvellement baroque-rococo des Kinks avec un « Rosie Won’t You Please Come Home » mélancolique, mi-tempo, légèrement endormi et affable ; avec les vocaux si typiques de ce cher Ray. Voilà une bien belle rencontre entre mod rock et gentle psychedelia (ce clavecin !). « Dandy » c’est un Soleil qui ne finit plus de briller dans un azur bleuté jusqu’à plus soif… Et pourtant, pourquoi j’ai presque le moton en l’écoutant ? La musique des Kinks me file souvent le cafard ; mais un cafard confortable et ouaté, comme si je revis des beaux souvenirs d’un passé qui n’a jamais vraiment existé, qui n’est pas mien mais qui a pourtant un impact tellement singulier sur ma petite personne.
Le moton, je l’ai pour vrai cependant avec « Too much on my mind »… La perle sous-estimée de l’album (et possiblement de la discographie complète du groupe). Une pièce de pop baroque absolument parfaite et essentielle, avec un petit côté folky (on dirait presque du Gene Clark solo). Ici, Ray laisse tomber l’ironie et est brutalement honnête. « There’s too much on my mind / And there’s nothing I can do about it ». Tombent les masques… Touchant, à filer des frissons sur l’échine ; tout ça avec une mélodie évidemment imparable.
Parlons un peu de quelques autres merveilles du disque (qui ne contient pratiquement que cela)… « Rainy Day in June » est vraiment cool avec ses effets sonores, sa guitare enfumée et son espèce de côté gospel. « House in the Country », « Session Man » et « Holiday in Waikiki », c’est du Kinks pur jus. Trois morceaux accrocheurs, burlesques, désopilants. De la pop comme seule la bande des Davies pouvait en faire. « Fancy » c’est un genre de raga similaire aux pièces de George Harrison de la même époque. C’est beau, flottant, dronesque. Un morceau superbe. Et bien sûr, impossible de passer sous silence « Sunny Afternoon », le gros hit de l’album (et aussi l’un des meilleurs titres ici présent). Une genre de réplique rêveuse au Taxman des Beatles. Un refrain beau comme un gros nuage blanc qui se promène mollement dans le ciel bleu évoqué ci-haut.
Un très grand disque de pop. Et un très grand disque anglais.
Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :
Small Faces – Small FacesThe Beatles – RevolverThe Move – Move
Deuxième épisode de cette série de mixtapes qui vous offre une forte dose (lysergique) de plaisir sonore. EN JOIE mes chères et chers mesdames, messieurs, enfants indigo, bulletins scolaires zombifiés, théières volantes péruviennes ; sans oublier mes amies les pieuvres multicolores de la baie galaxique étoilée de Saint-Fulgence !
Tracklist:
Me and The Rest – Mark Time
Thee Oh Sees – Carrion Crawler
The Generation Gap – Plastic Faces
The Bermuda Jam – Good Trip Lollipop
Sagittarius – My World Fell Down
Linda Perhacs – Parallelograms
Ginette Bellavance & YUL – Mister Canada
Acid Mothers Temple & the Melting Paraiso U.F.O. – Amphetamine A Go Go/Pink Lemonade
Déjà le troisième épisode des 15 Fréquences Ultimes, cette fois avec les choix musicaux de la talentueuse auteure-compositrice Rachel Leblanc. Celle qu’on connaît sous le savoureux nom de Vanille nous assène une irrésistible dose de douceur directement dans les tympans ; ces derniers se retrouvant gorgés de liesse sonore brute et absolue. C’est une mixtape que je qualifierais de forestière et d’automnale. Ça lorgne du côté du folk psychédélique, du pop baroque, sunshine pop et autres déliciosités du genre… Bref, du psychédélisme « gentil » qu’il fait bon écouter le dimanche matin, café à la main, alors qu’on vient à peine d’émerger du monde des songes opiacés, l’esprit encore tout engourdi.
C’est aussi totalement à l’image de la musique ravissante de Vanille ; en particulier son plus récent opus « La clairière », un disque que vous devez absolument vous procurer à la vitesse grand V (et qui sera assurément dans mon Top Albums Québec de la fin de l’année).
Bonne écoute messieurs-dames et aussi aux cerfs de virginie, oiseaux de toutes les couleurs possibles et impossibles, coatis à nez blanc et tous les amateurs d’orchestrations voluptueuses et de flûte traversière !
Tracklist:
The Millennium – 5 a.m.
Kevin Ayers – Town Feeling
The Beach Boys – Wonderful
Buffalo Springfield – Expecting to Fly
Sibylle Baier – Colour Green
Fairport Convention – Who Knows Where The Time Goes?
Style : Chanson/Narration française (suprême!), Pop Baroque
Et oui ! Moi aussi j’ai succombé jadis aux charmes de la Melody de sieur Gainsbourg… Comment ne pas tomber éperdument amoureux de cette ligne de basse ronde et funky qui ouvre ce chef d’oeuvre ? On réalise dès les premiers instants de ce disque que la production bute absolument TOUT sur son passage. C’est peut-être l’album qui SONNE le mieux de ma discographie (avec ses quelques 3500 cds/vinyles). Qu’est-ce qui fait la magie du son de cet album, me direz-vous ? Premièrement, ya les arrangements singulièrement parfaits du tandem d’architectes sonores que sont Gainsbourg / Jean-Claude Vannier (ce dernier étant aussi responsable d’un obscur OVNI sonore sorti l’année suivante, l’élégant « L’enfant assassin des mouches »)… Nos deux messieurs tissent ici des ambiances enfumées, tantôt aériennes (ces cordes splendides sur la sublime « Valse de Melody »), tantôt groovy au possible (cette pièce d’ouverture avec sa section rythmique transcendante). D’ailleurs, le son de cet album était tellement en avance sur son temps. Ce n’est pas pour rien qu’il s’agit là d’un des albums les plus samplés de tous les temps (Portishead étant récidivistes dans le domaine, sur leur second album surtout). Et est-ce que quelqu’un peut me confirmer si Serge et Jean-Claude avaient accès à une machine à voyager dans le temps ? Parce que l’album est bourré de beats quasi hip-hop, 10 ans avant l’apparition de ce courant musical. Bande de sacrés avant-gardistes, va ! J’adore aussi l’amalgame sinueux d’influences sonores de l’époque qu’on retrouve ici sous une forme bien personnelle et unique… musique classique, funk, soul, folk, prog, psychédélisme, jazz… Tout cela est synthétisé à merveille sur ce Melody Nelson.
Ensuite, il y a le verbe de Gainsbourg. Cet album n’est vraiment pas en reste dans le département et contient possiblement les meilleurs textes de notre homme (bien que… « L’homme à la tête de chou », ça te dépareille aussi l’appareil cognitif que t’as entre les 2 oreilles bien comme il faut). Comme d’habitude, Serge narre plus qu’il chante. De sa voix grave et pernicieuse, notre narrateur nous raconte sa brève idylle interdite avec une fillette de 14 ans (ajustez votre pédo-mètre les amis !), cette Melody Nelson qui donne son nom à l’album. Mais Melody n’est qu’un fantôme ici, une vision surréaliste et lointaine… Un peu comme la Nadja d’André Breton. On ne sait rien sur cette Melody, à part son âge et la couleur de ses cheveux. On ne l’entend que murmurer son nom à quelques reprises… Ici, le personnage principal, c’est le narrateur ; où plutôt son obsession pour sa nymphette qui disparaîtra rapidement dans ce crash d’avion en Nouvelle-Guinée, son sentiment de manque, ses réminiscences folles et vicieuses de ce qui a été et ce qui aurait pu être…
L’album est aussi un vibrant hommage à la nouvelle déesse dans la vie de Gainsbourg : la magnifique Jane Birkin. L’amour peut amener de grandes choses et L’histoire de Melody Nelson en est la preuve. Les 29 minutes les plus parfaites de l’histoire de la musique ? Peut-être bien…
Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :
Jean-Claude Vannier – L’Enfant Assassin Des MouchesGerard Manset – La Mort D’OrionJean-Pierre Ferland – Jaune