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Les Paradis Étranges présentent… « Psychedelic Disco » (une mixtape de Mathieu Barbe)

C’est un incommensurable honneur pour moi de vous partager cette DÉLICIEUSE mixtape de disco atypique montée par mon bon ami Mathieu Barbe et ce, avec un amour débordant et un flair de digging assez impressionnant merci. Je laisse le principal intéressé vous présenter cette merveille ci-bas. Merci Mathieu !

– Salade d’endives

Plus de 40 ans après l’explosion du disco dans la culture populaire, le genre est malheureusement resté associé à une poignée d’artistes ou de formations comme ABBA, les BeeGees, Donna Summer, Village People ou Chic. À la toute fin des seventies, le disco était partout, omniprésent, devenant un mode de vie, un phénomène de société étourdissant. Les Rolling Stones troquaient leurs racines blues pour être au goût du jour le temps de quelques hits, Rod Stewart dansait sur une pulsation cocaïnée, même Pink Floyd trouvait le moyen d’emprunter au genre le temps d’une pièce qui deviendra ironiquement l’une de leurs plus célèbres. Pas étonnant que des soirées consacrées à la démolition de disques disco firent leurs apparitions au tournant des années 80. Feu de camp, tronçonneuses, marteaux-piqueurs, perceuses électriques, bains d’acides, lasers militaires. Tous les moyens étaient bons pour faire disparaitre toute trace de cette musique devenue en quelques années l’incarnation du mauvais goût absolu. Cette mission devenait tout simplement impossible à relever tant le marché en était saturé.

Au même moment, à des milliers de kilomètres du célèbre Studio 54, des musiciens d’Italie, de France, de Belgique et d’un peu partout en Europe continuaient à fumer des tonnes de haschich et droppaient de l’acide même si la drogue en vogue était la poudre blanche importée de Colombie. Des musiciens qui voulaient être hip tout en restant accrochés aux belles années du flower power. Dans leurs highs, ils ont enregistré des 45 tours qui mélangeaient disco et quelques éléments de rock psychédélique, expérimentations souvent involontaires, faute de moyen. Trop disco pour les rockers, trop weird pour les adeptes de Saturday Night Fever. Des chansons qui n’ont jamais tourné à la radio. De toute façon, était-ce vraiment le but recherché ? À l’écoute de ces productions, j’en doute fortement. Des pièces bizarres, parfois malaisantes, des tounes produites à la va-vite, qui sont aujourd’hui recherchées par des collectionneurs aventureux, atteignant parfois des sommes astronomiques . Avec le recul, les pièces disco psychédéliques de cette époque sont de véritables documents d’outsider art, des trames pop décalées qui atteignent des sommets d’abstraction et d’excentricité.

Voici donc une sélection de pièces disco sous influences psychédéliques. Le genre de disco que j’aime et qui me fascine, que j’aurais sauvé des flammes du mouvement « disco sucks ». Je vous promets un débordement de flutes mystiques, de boogies transcendantaux, de rythmiques étranges , et surtout, de belles voix sexy.

– Mathieu Barbe

*Mixtape montée de toutes pièces par Mathieu Barbe

critiques

Exuma – Exuma

Année de parution : 1970
Pays d’origine : Bahamas
Édition : CD, Repertoire – 2003
Style : Freak Folk caribéen des ténèbres, Psychedelik-muzik, Junkanoo, Calypso, TRIBAL, Outsider Art, OVNI

Dieu, Satan, Shangô… ils sont dans ma tête à tout jamais ; se délectent de mes péchés, de mon âme tarie, de tout mon être perfide… Les percussions tribales sont terriblement lourdes ; mes visions plus fantasques que jamais. Je perçois les lumières multiples que seul le troisième oeil  peut saisir dans la nuit opaque. Visions de zombies putrides, rituels vaudou, sacrifices humains, fantômes psychédéliques, électriiiiiiiiiictié ET étoiles qui virevoltent à vitesse grand V, se percutent en supernovas, s’inversent en trous noirs qui m’avalent l’esprit un peu plus à chaque fois…. ÇA VA VITE ET LOIN EN MOI. Grand prêtres squelettiques se déhanchants follement autour du feu originel. Grimés comme les morts qu’ils incarnent à merveille. Parfois visibles d’un coin d’iris, parfois indiscernables. Leurs yeux noirs brillant de milles galaxies fabuleuses et pétrifiantes. La grandeur absurde de cet infini qui n’a pas fini de me ravager. Ils marmonnent des merveilles d’obscurantisme, animent la chair faisandée… boivent l’ayahuasca à grande lampées dans ces crânes pas tout à fait décharnées faisant office de coupes… se livrent à des vérités ancestrales que mon pauvre cerveau de blanc-bec peine à comprendre dans leur globalité étourdissante… Ils rigolent et jacassent dans un argot coloré alors que la fumée opiacée recouvrent leurs silhouettes émaciées. Ils rient, crient, pleurent… et ils chantent. Oooooh. Ils chantent mes frères ! Et c’est beau. Inquiétant comme une plaie ouverte et infectée, certes, mais triste, TRISTE…. et beau, surtout. Le spectre des orishas les accompagnent dans cette danse macabre et me vrillent les sens.

Je ne suis plus tout là depuis quelques lunes, prisonnier de cette jungle maudite. Ils sont venus me trouver sur ces rochers, alors que j’étais affaibli, entre la vie et les étoiles. Horribles et délectables souffrances que je traverse présentement grâce à eux… j’ai marché sur les chardons ardents. Mes talons noircies en sont ressortis glacés d’une étrange façon… La peau recouvrant mon entité corporelle n’étant plus une nécessité, ils ont commencé à la retirer petit à petit pour s’en délecter… Des oreilles de criss…. ça sent comme les oreilles de criss alors que ça grésillle sur le feu de bois !!!!!

Les drogues liquides qu’ils me font boire ou m’injectent m’ont donné le 3ème oeil… Et je crois qu’un quatrième me pousse dans la paume droite. Je vois de partout maintenant. Plus de jour. Plus de nuit. Plus de réalité. Plus de spatio-temporalité. Les grands anciens sont venus se nourrir à même mes souvenirs. Je délire grave. Et je sais que cela n’aura pas vraiment de fin car il n’y a plus de début maintenant.


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