15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 22 – Ambre Ciel

Cinématographique… La musique d’Ambre Ciel l’est (et à foisons !). Elle m’a littéralement ravi et ensorcelé avec son magnifique album « Vague Distance » paru en janvier 2021. Amalgamant avec finesse et une maitrise évidente musique ambient, néoclassique et dream pop baroque, elle s’est créé son propre petit univers sonore hautement personnel dans lequel il fait bon se perdre et errer, flottant en apesanteur dans une matière bruitative elle aussi en suspension, entre ciel et terre, comme un doux brouillard un peu étrange et bienfaiteur… Musique onirique qui invite au voyage intérieur, à ces moments de contemplation qu’il fait bon de s’accorder le plus souvent possible dans nos vies folles folles folles… « Vague Distance », c’est cette marche extérieure solitaire entre chien et loup, alors que le ciel de décembre rosé/orangé ressemble à une toile impressionniste… Ce sont ces matins hivernaux où les arbres et les plantes se retrouvent couverts d’une mince couche de givre… Cela peut aussi être le sentiment qui nous habite lors d’un après-midi mystique, alors qu’on flâne en forêt, un peu en dehors des sentiers battus, laissant la poésie des lieux environnements nous emplir l’âme et le regard de splendeur infinie.

La mixtape de Jessica Hébert (l’alter égo de ce ciel ambré) est à l’image de sa musique : belle, délicate, méditative, chimérique et hautement cinématographique. On y retrouve deux de mes compositeurs minimalistes américains préférés (Glass et Reich), bon nombre de musiciens scandinaves (qui semblent souvent avoir une prédilection pour le majestueux), le jazzman légendaire Pharoah Sanders faisant équipe avec Floating Points pour une méditation jazz-classique-minimaliste-spirituelle envoûtante, le chanteur indie folk préféré des petits et des grands (Sufjan Stevens) avec une de ses chansons les plus intimistes, le gigantesque Thom Yorke avec une pièce tirée de la superbe bande son du remake de Suspiria et plusieurs autres qui sauront vous éblouir l’appareil auditif.

Merci à Ambre Ciel pour sa participation aux 15 Fréquences Ultimes ! Après avoir passé une agréable écoute à travers ses influences et ses plaisirs sonores, je vous invite à aller plonger tête première dans sa musique. Vous ne serez pas déçus.

Tracklist:

  1. Philip Glass – Suite from ‘The Hours’ : Movement I
  2. Jónsi & Alex Somers – Atlas Song
  3. Balmorhea, Lili Cuzor, Clarice Jensen – Day Dawns in Your Right Eye
  4. Floating Points, Pharoah Sanders, London Symphony Orchestra – Promises : Movement 1
  5. Sufjan Stevens – Should Have Known Better
  6. JFDR – Taking A Part Of Me
  7. Steve Reich – Music for 18 Musicians: Pulses
  8. Nils Frahm – Says
  9. múm – Toothwheels
  10. Daniel Herskedal – The Lighthouse
  11. Agnes Obel – The Curse
  12. Thus Owls – White Night
  13. Patrick Watson – Wild Flower
  14. Colleen – I’m Kin
  15. Thom Yorke – Suspirium

Quelques liens pour entendre/suivre Ambre Ciel:
Site web officiel – Ambre Ciel
Bandcamp – Ambre Ciel
Instagram – Ambre Ciel
Soundcloud – Ambre Ciel
Page d’artiste sur Fair Enough Publishing
Page Facebook – Ambre Ciel

15 Fréquences, Mixtapes

15 Fréquences Ultimes – Épisode 11 – Lysandre

Hey les cocos ! C’est l’heure de votre régal sonore hebdomadaire ! Et cette semaine, je suis complètement euphorique car j’ai la chance inouïe de vous présenter les sélections musicales fort éclatées de l’éblouissante Lysandre Ménard. En plus d’être une personne hautement sympathique, Lysandre est musicienne de formation classique (en piano, qu’elle a notamment étudié au Royal Academy of Music, à Londres) et une comédienne de talent. Elle nous a gratifié d’un premier disque solo dangereusement magnifique l’an passé : « Sans Oublier » (mon meilleur album québécois de 2022). Sinon, elle joue aussi du clavier dans le groupe de gamer jazz Ping Pong Go et accompagne souvent notre Klô Pelgag chérie en pestak. Et ça, c’est sans compter toutes ses autres collaborations musicales… Elle trouve même le temps d’accueillir avec bienveillance mes (trop) nombreuses suggestions musicales dans nos épisodiques conversations Messenger. Bref, voilà la une femme occupée et on ne s’en plaindra pas quand le résultat est aussi fabuleux pour nos tympans gorgées jusqu’à plus soif de toute cette liesse sonore généreuse et abondante.

Fun fact : Lysandre a inspiré (subliminalement) le nom du présent blogue musical. Vous irez écouter sa superbe pièce « La pointe du monde » où elle les chantaient déjà ces paradis étranges (avant même que ce petit coin du web n’existe)…

La mixtape de Lysandre, c’est un peu comme un beau film insolite. Au début, ya un générique un peu space et new agey, gracieuseté de Beverly-Glenn Copeland, ce génie qu’on a eu la chance de redécouvrir ces dernières années avec les belles rééditions qui sont sortis (quelle voix !). Notre film s’ouvre sur un plan de nature fantasque et un brin surréaliste (Arthur Russell en fond sonore). Puis, notre protagoniste principale apparaît à l’écran. Situation initiale : on découvre sa personnalité, sa famille, ses amis à travers la musique de la Galloise Cate Le Bon ; et son monde intérieur, ses joies, ses peines, ses rêves (parfaitement illustrés par Steve Reich)… Élément déclencheur : Oneohtrix Point Never (annonciateur des dangers futurs) commence à faire chavirer notre héroïne dans la tourmente. Succession de plans expérimentaux, autant diurnes que nocturnes, parfois urbains, parfois forestiers… Après quoi, c’est le point de rupture avec Messiaen. Obsédante, ensorcelante, troublante Oraison que voilà. Dur de se sortir de cet espèce de trou noir où s’entremêlent doute et torpeur languissante… Mais l’amour salvateur (via les garçons du bus mielleux) arrive sans crier gare et réussit à élever notre personnage principal ; du moins provisoirement. Moment de bonheur furtif, hélas, car voilà le moment un tantinet ÉPEURANT du film. Un monstre art rock nommé SUUNS fait irruption ! Dans la fuite crépusculaire sonorisée par Beak>, nos amants sont séparés. Retour à l’incertitude, à la mélancolie et aux regrets du passé (Molly Drake)… Au terme de cet épisode mélodramatique, l’espoir renaît avec du Mbira ravissant et solennel. On s’approche petit à petit du dénouement, où notre héroïne adorée réussi à conquérir ses démons intérieurs et à devenir la meilleure version d’elle-même (avec l’aide de Björk). Elle arrive toute bad-ass, en dansant sur du Jeanette, et s’apprête à botter le cul du monstre (désolé SUUNS de vous faire porter le chapeau du méchant). Après un combat pour le moins épique (au travers duquel un taille-bordure, une paire de mocassins, une flûte et un pédalo sont utilisés), le mal est enfin vaincu ! Place au calme miséricordieux de Linda Perhacs. Et ça fini avec le plus grand Soleil du monde, alors que l’épais linceul d’une nuit qu’on croyait éternelle se retrouve transpercé par un jour nouveau (Ravel). Générique. FIN.

Écoutez cette mixtape les amis ! Vous allez voir que c’est LA MEILLEURE AFFAIRE !!!

Tracklist:

  1. Beverly Glenn-Copeland – Ever New
  2. Arthur Russell – A Little Lost
  3. Cate Le Bon – Home to You
  4. Steve Reich – Music for 18 Musicians (extrait)
  5. Oneohtrix Point Never – Zebra
  6. Olivier Messiaen – Oraison
  7. Honeybus – Be Thou by My Side
  8. SUUNS – Translate
  9. Beak> – When We Fall
  10. Molly Drake – I Remember
  11. Mbira dzeNharira – Toputika Neshungu
  12. Björk – Human Behaviour
  13. Jeanette – Porqué te vas
  14. Linda Perhacs – Dolphin
  15. Maurice Ravel – Ma Mère L’Oye, Apothéose: Le Jardin Féerique

Vous pouvez suivre et encourager Lysandre sur son Bandcamp, son Instagram ou encore sa page Facebook.