Léon LeCamé, précieux collaborateur des Paradis Étranges, nous présente ici ses morceaux préférés d’Halloween ! Au menu : trames sonores de films d’épouvantes, électro-industriel, keller synth, black metal symphonique, dark nü-jazz, illbient post-industriel, dungeon synth gothico-métallique, ambient rituel, psychobilly, doomy Neue Deutsche Welle, Rhythm & Blues diabolique et horror synth.
Bonne écoute !
Tracklist
Evol – The Present Age
I Am The Way, extrait de Hellraiser II
Ben Lovett – Blood Box(Hellraiser)
Jerry Goldsmith – The Sentence(Warlock)
Elliot Goldenthal – Lestat´s Tarantella(Interview With The Vampire)
Evol – Through Foggy Plains and Mystic Woods He Rides
Hexentanz – Mark Of The Witch
Scorn – Delivered
The Electric Hellfire Club – Invocation/Age of Fire
Charles Bernstein – Main Title (Nightmare On Elm Street)
Warning – Wild Roses For The Exit
DKMD – Mirrorball Massacre
Southern Culture On The Skids – Zombified
Nekromantix – Murder for Breakfast
Danny Elfman – Carnival Underground (Nightbreed)
Energie Noire & FZR Sethi – Wrac’h Noz I / Entering The Spells
Screamin’ Jay Hawkins – I Put A Spell on You
Cradle of Filth – The Rape And Ruin Of Angels (Hosannas In Extremis)
Hexenmeister – Daum Des Geistes
*Mixtape montée Salade d’endives / sélections de sieur LeCamé.
Style : Trame Sonore, Musique de chambre, Psychédélique, Impressionnisme
La nouvelle vague tchèque de la fin des années 60, c’était quelque chose. Des films éclatés, profondément originaux/expérimentaux, qui mélangeaient allègrement surréalisme et psychédélisme au folklore typique de ce pays de l’est si intriguant pour votre humble serviteur. On n’a qu’à penser à l’incroyable « Valerie and her week of Wonders » de Jaromil Jires (décidément le film d’horreur le plus lumineux/magique que j’ai vu de ma vie… et aussi l’un de mes 10 films préférés, toute époque confondue)… ou encore au très monochrome « The Cremator » de Juraj Herz, un genre de pastiche de film expressionniste allemand d’une étrangeté aussi flottante que glaçante/surannée…
On doit au compositeur émérite Luboš Fišer la trame sonore culte de « Valerie ». Mais aussi celle, moins connue (mais pas moins fascinante), de ce « Morgiana », thriller gothico-psychédélique réalisé par Herz. Morgiana, sortie en salles le 1er septembre 1972, est souvent cité comme le dernier film de cette nouvelle vague. C’est une trame sonore assez courte ; elle figure d’ailleurs dans son entièreté sur ce joli disque 10 pouces paru chez nos amis de chez Finders Keepers (évidemment, qui d’autre ?)
Les amateurs de la BO de « Valerie » ne seront pas dépaysés ici… On retrouve cette même ambiance un brin irréelle ; entre rêves opiacés et cauchemars obtus. On navigue doucereusement à travers cette série de piécettes surnaturelles ; une sortie de musique de chambre hors du temps qui marie allègrement les genres et les époques : valses fantomatiques déglinguées, musique folklorique tchèque, orfèvreries baroques-goth-rococo, impressionnisme, musique classique de l’ère romantique, classique contemporain, psychédélikeries discrètes et musique de bibliothèque… C’est absolument magnifique. Et comme chez Valerie, on passe souvent de la lumière la plus éblouissante aux ténèbres les plus confuses en deux temps trois mouvements. Cela procure à la musique (et au film) ce côté toujours surprenant et confondant.
Petite différence cependant par rapport à la bande son de « Valerie » : comme Morgiana a un aspect « film noir / thriller », cela s’entend aussi dans sa musique, qui semble puiser ses inspirations du côté des trames sonores de giallos (bonjour messieurs Morricone, Nicolai, Alessandroni et compagnie). Et cela n’est définitivement pas pour me déplaire, moi qui raffole du genre en question.
Voilà là une superbe bande son pour un film qui ne l’est pas moins. Je vous promets de vous parler un jour de mon amour pour celle de « Valerie », le chef d’oeuvre de sieur Fiser… Mais je dois encore réfléchir à la manière optimale d’aborder cette oeuvre colossale avec de vulgaires mots… Une oeuvre que j’aime comme on peut aimer un beau secret enfoui en soi.
Dans un même état d’esprit, Salade vous recommande :
Luboš Fišer – Valerie and her week of wondersEnnio Morricone – Lizard In A Woman’s SkinFrançois de Roubaix – Les Lèvres Rouges
Commencez-vous à le sentir ? Le sol humide jonché de feuilles mortes, les journées qui raccourcissent, les ciels d’octobres aux teintes impossibles, le feu dans l’âtre, la fin progressive de la CALISS de TABARNAK de période de l’herbe à poux… Commencez-vous à sentir le basculement insolite du début d’automne caniculaire vers ma saison préférée : le vrai de vrai automne, celui, frais et venteux, qui se prolonge petit à petit vers le mois des morts (sa magnifique apothéose funéraire et pluvieuse), celui où les marches extérieures nocturnes deviennent des épopées mystiques et brumeuses, celui où il fait bon d’aller se réfugier dans notre chaumière devant un bon film d’épouvante.
Pour initier le début de mon bout préféré de l’année de belle façon, voici donc cette mixtape dédiée aux trames sonores de films d’épouvante (avec quelques petits giallos par ci par là ; pourquoi se priver ?). L’horreur AT LARGE est pas mal mon genre filmographique préféré et je ne me fais pas prier, hiver, automne, printemps ou été, pour me taper des perles horrifiques de tous genres (et toutes époques… en particulier celles des 70s et 80s !) ainsi que leurs bandes sonores respectives. Mais il y a quelque chose de particulièrement plaisant à naviguer dans ces zones d’ombre à ce moment précis de l’année.
C’est avec un sourire carnassier que je vous invite donc à écouter cette petite compilation qui regroupent certains de mes morceaux préférés tirés de ces films qui m’ont hanté longuement… Il y en a pour tous les goûts ou presque : compositions de facture classique, dark ambient, lounge-pop-exotica, rock psychédélique enfumé, dark jazz, synthwave damné, drone, piécettes de piano romantico-tragiques, morceaux de rock progressif funky et assombris, ballades pour enfants possédés, musique concrète, etc…
Ah ouais… Je ne publierai pas la track-list non plus. On va s’amuser un peu. Je défie les auditeurs (qui seront surement LÉGION…. aheum) à tenter de découvrir de quels films proviennent les extraits sonores glanés un peu partout. Vous pouvez publier vos trouvailles dans les commentaires ci-bas. Celui ou celle qui aura trouvé la provenance du plus grand nombre d’extraits se méritera mon respect éternel (faute de mieux ; je suis fauché !)… Et disons, un t-shirt avec le logo des Paradis Étranges (merci Guillaume P. Trépanier) quand nous les imprimerons enfin (vers 2038).